«Montmirail, le 15 février 1814.
«Mon cher duc, je m'empresse de vous prévenir que, depuis ce matin, un
corps de Bavarois, de douze escadrons, et autant de bataillons, avec de
l'artillerie, venant de Sézanne, sont sur les hauteurs, entre Mauringe
et Martaunay, et tiraillent avec la division Leval, qui est en position
ici. Ce corps pourrait bien être l'avant-garde de Wrede.
«Le général Montesquiou, qui se trouvait à Montmirail, en est parti en
toute hâte pour prévenir Sa Majesté. J'ignore quels ordres elle croira
devoir donner, mais je compte rester ici jusqu'à leur réception.
«Peut-être pensez-vous que devant avoir ce corps sur vos derrières, du
moment où j'abandonnerai Montmirail (si j'en reçois l'ordre), il
conviendrait que vous vinssiez ici, vous mettant en marche de manière à
ce que nous puissions combattre dès demain ces Bavarois et leur donner
une poussée avant de nous réunir à l'Empereur.
«Recevez, mon cher maréchal, l'expression de ma fidèle amitié et
faites-moi bien vite part de ce que vous allez faire.
«Comte de GROUCHY.»