LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.

«Metz, le 12 janvier 1814.

«J'ai eu l'honneur de vous rendre compte hier de la marche du corps de

Sacken et de l'engagement que j'avais eu hier au soif avec son

avant-garde. L'ennemi opère aussi, ainsi que je vous l'ai mandé, par la

route de Sarrelouis à Metz, ce qui a rendu nécessaire de me rapprocher

de l'embranchement des routes, afin de ne pas perdre ma communication

avec Metz. Nous avons eu dans la soirée des engagements de cavalerie

assez vifs dans les directions de Boulay et de Courcelles; l'ennemi a

montré de chaque côté un millier de chevaux. Je calcule que demain

j'aurai devant moi de fortes avant-gardes, et après-demain toutes les

forces ennemies. Je me dispose à faire tout ce qui sera convenable pour

défendre le plus possible la Moselle.

«Je suis venu de ma personne, ce soir, ici, afin de connaître dans quel

état se trouve la place, et de prendre toutes les dispositions que

commandent les circonstances: elles sont arrêtées et seront exécutées

sans retard. J'ai formé la garnison, et, à cet effet, j'ai disposé d'un

bataillon du sixième corps, et des bataillons des 22e, 69e et 28e léger,

qui étaient destinés au onzième corps et n'ont pas pu s'y rendre par

suite de la position de l'ennemi. Avec les bataillons qui sont ici et

les conscrits qui sont arrivés, la place aura suffisamment de monde.

Elle va être complétement pourvue de toutes sortes de moyens. En

conséquence, je fais partir pour Châlons tous les dépôts qui encombrent

cette place et qu'il est si nécessaire de conserver pour la

réorganisation de l'armée. J'en informe le ministre de la guerre, pour

qu'il puisse leur donner une destination définitive. Je me suis occupé

également de la place de Thionville, qui recevra demain un supplément de

garnison. D'après cela, la vieille garde part demain matin pour la

destination qui lui a été assignée.

«Comme je m'affaiblis beaucoup, le général Curial consent à me laisser

la division de voltigeurs qui sort de Thionville, mais qui, étant en

campagne, sera toujours à même d'exécuter les ordres de Sa Majesté.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 65 / 213 题