«Longueville, le 12 janvier 1814.
«J'ai l'honneur de vous rendre compte que le corps de Sacken suit la
même route que moi, tandis que le corps d'York, qui a passé la Sarre à
Rehling, marche par la route directe de Sarrelouis à Metz. Les premières
troupes de cavalerie de ce dernier corps d'armée ont couché hier à
Boulay, dont elles ont chassé mes postes, et ont paru ce matin à Condé,
marchant dans la direction de Metz. L'arrière-garde du corps de Sacken
est arrivée dans la journée à Saint-Avold, que j'occupais également par
une avant-garde. Ces forces se sont pelotonnées, et elles nous ont
forcés, après un petit engagement, à abandonner cette ville.
«D'après la certitude que j'ai, que j'aurai demain matin le corps de
Sacken en présence et le corps prussien plus près que moi de Metz, je
pars cette nuit pour me rapprocher de cette ville, où j'arriverai demain
soir, et je tiendrai position derrière la Moselle tout le temps que je
pourrai.
«Sa Majesté peut juger de l'esprit qui règne parmi les conscrits par ce
qui vient de se passer. Sur un détachement de trois cent vingt hommes
armés, parti avant-hier de Metz, il en est arrivé ici, ce matin, deux
cent dix.
«Il paraît constant que voilà la disposition des corps ennemis qui sont
en présence. Le corps Saint-Priest sur Trèves et Luxembourg; le corps de
Sacken, venant de Sarrebrück; le corps prussien, dans lequel se trouve
le prince Guillaume de Prusse, ayant un détachement devant Sarrelouis et
marchant sur Metz. Le corps de Langeron (russe) et le corps de Kleist
autour de Mayence.
«J'ignore ce qu'est devenue la colonne bavaroise et badoise, environ dix
mille hommes, qui était aux environs de Wissembourg. Toutes ces troupes
sont sous les ordres du feld-maréchal Blücher.»