LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.

«Forbach, le 9 janvier 1814, midi.

«J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ennemi a forcé le passage de

la rivière à Rehling, au-dessous de Sarrelouis, et qu'il débouche en

force avec infanterie, cavalerie et artillerie. J'ai reçu également le

rapport que les ennemis se sont beaucoup augmentés du coté de

Sarreguemines, tandis que les rapports du pays annoncent que l'ennemi

est entré avant-hier à Saverne. Ces différentes circonstances me

déterminent à me porter demain matin à Saint-Avold, avec la plus grande

partie de mes forces, en laissant mon avant-garde à Forbach; je me

rapprocherai ensuite de Metz en manoeuvrant suivant les circonstances.

«Le duc de Valmy m'écrit que je ne puis recevoir de secours en vivres de

Metz. Cependant, dans la circonstance où je me trouve, il faut que mes

subsistances soient assurées d'une manière régulière, et, certes, la

chose est aussi pressante que facile. Il paraît que le duc de Valmy

brouille tout au lieu de mettre l'ordre. Je redoute beaucoup les

entraves que je vais éprouver par son voisinage. D'un autre côté, on

m'assure que l'ennemi est entré à Épinal, et j'ignore ce que devient le

duc de Bellune, dont la position influe beaucoup sur la mienne. Sa

Majesté appréciera les inconvénients graves de cet état de choses, et

combien il serait nécessaire de le faire cesser.

«Votre Altesse Sérénissime connaît les intentions de Sa Majesté,

relativement à la formation de la garnison de Metz. Si j'y dois fournir

des troupes, il faudrait y employer de préférence celles du général

Durutte, qui sont peu en état de tenir la campagne, leurs magasins et

leurs officiers payeurs étant à Mayence.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 62 / 213 题