aboutit au coin des rues Transnonain et Beaubourg, vis-à-vis la rue
Michel-le-Comte. L'usage des siècles passés l'avoit fait appeler _rue
Grenier-Saint-Ladre_: c'est ainsi qu'on nommoit alors Saint-Lazare.
Toutefois le premier nom avoit été altéré; car anciennement on disoit
_Garnier-Saint-Lazare, vicus Garnerii de sancto Lazaro_. C'étoit le nom
d'une famille connue à la fin du douzième siècle, et la rue qui le porte
étoit déjà habitée au milieu du siècle suivant.
Au coin de cette rue, et un peu en-deçà, étoit la porte Saint-Martin de
l'enceinte de Philippe-Auguste.
_Rue de Lancry._ Cette rue, ouverte depuis 1780, traverse de la rue de
Bondi dans celle des Marais, en face de la rue Grange-aux-Belles.
_Rue Neuve-Saint-Laurent._ Elle aboutit à la rue du Temple, à l'angle de
celles de la Croix et du Pont-aux-Biches. On l'a ouverte sur la culture
de Saint-Martin, et elle étoit connue dès le quinzième siècle sous ce
nom qu'elle a toujours conservé depuis. Dans un terrier de 1546, elle
est appelée rue Neuve-Saint-Laurent, dite du Verdbois.
_Rue du Faubourg-Saint-Laurent._ Elle fait la continuation du
Faubourg-Saint-Martin, depuis l'égout jusqu'au chemin qui conduit au
village de la Chapelle. Sur quelques plans on trouve l'extrémité de ce
faubourg désignée sous le nom de _Faubourg-de-Gloire_.
Il y a dans cette rue un cul-de-sac, un peu au-dessus de l'hospice des
Récollets, nommé le _cul-de-sac de Saint-Michel_. Ce nom lui vient
probablement d'une enseigne.
_Rue de l'Hôpital-Saint-Louis._ Elle est située à l'extrémité de la rue
des Récollets, et aboutit à la rue Saint-Maur ou du chemin de
Saint-Denis. Elle doit ce nom à l'hôpital Saint-Louis qui en est voisin.
_Rue au Maire._ Elle commence à la rue Saint-Nicolas et aboutit à la rue
Frepillon et au petit cul-de-sac du puits de Rome. Le nom de cette rue
n'a varié que dans l'orthographe. On disoit rue au Maire dès le
treizième siècle, et au _Mayre_ en 1450 et 1560: c'étoit son véritable
nom, _vicus Majoris sancti Martini_. On l'a défigurée depuis en écrivant
_Omer_, _Aumaire_, _Aumère_ et _Aumaire_, comme on le voit sur
plusieurs plans et dans les nomenclatures. Ce nom lui vient du maire ou
juge de la justice de Saint-Martin-des-Champs, qui avoit son domicile
affecté dans cette rue, et y tenoit sa juridiction. Elle se prolongeoit
autrefois jusqu'à la rue du Temple. Sur un plan manuscrit de 1546, cette
dernière partie est désignée sous le nom de _rue de Rome_.
Il y a dans cette rue un petit cul-de-sac nommé _cul-de-sac du Puits de
Rome_. Ce nom lui vient de l'enseigne d'une maison qui étoit ainsi
appelée. Auparavant on la nommoit _rue aux Cordiers_ et _des Cordiers_.
Les titres de Saint-Martin, de 1382 et de 1386, _énoncent une maison rue
aux Cordiers y séant delez de la rue au Maire, et une autre faisant le
coin de la rue Frepillon et de la rue des Cordiers_.
_Rue Saint-Marcou._ Cette rue, ouverte depuis 1765, dans le marché
Saint-Martin, est située à l'orient de la rue Saint-Hugues, et dans la
même direction.
_Rue Saint-Martin._ Cette rue, qui commence au coin des rues de la
Verrerie et des Lombards, et vient finir à la porte Saint-Martin, doit
son nom au prieuré de Saint-Martin-des-Champs qui y étoit situé. Dans
les anciens titres, on trouve désignée, sous les noms de _rue
Saint-Merri_ et de _l'Archet-Saint-Merri_, la partie de la rue
Saint-Martin comprise entre la rue Neuve-Saint-Merri et celle de la
Verrerie. Nous avons déjà fait connoître l'origine de cette
dénomination; cependant, dans un petit terrier latin de
Saint-Martin-des-Champs, dont l'écriture est au moins du treizième
siècle, cette partie de la rue est déjà désignée par son nom actuel,
_vicus sancti Martini juxta portam sancti Mederici_. Et, dans le même
terrier, toute la rue Saint-Martin est énoncée _extra et intra
muros_[145]. On la trouve également indiquée, dans toute son étendue
actuelle, sous le même nom de _vicus sancti Martini de Campis_, dans le
cartulaire de Saint-Maur, en 1231 et en 1247[146]. On a ouvert dans
cette rue un passage qui donne à travers une maison, dans le marché
Saint-Jacques-de-la-Boucherie.
[Note 145: Dès le commencement de la révolution, l'on
s'empressa de bâtir dans cette rue une salle de spectacle, où
l'on n'a joué que par intervalles, et qui est maintenant
abandonnée. On la nommoit _Théâtre de Molière_.]
[Note 146: _Cart. S. Mauri ex bibliot. Reg._, nº 5414, fº 368.
Guillot indique une _rue de la porte Saint-Merri_, mais ce nom
n'a rien de commun avec aucune partie de la rue Saint-Martin,
et ne convient qu'au bout de la rue de la Verrerie, du côté de
la rue Neuve-Saint-Merri, ou au cul-de-sac de Saint-Fiacre,
comme l'abbé Lebeuf l'a pensé.]
_Rue du Faubourg-Saint-Martin._ Cette rue doit également son nom à
l'abbaye de Saint-Martin. Elle commence à la porte Saint-Martin, et
finit à l'endroit où commence celle du Faubourg-Saint-Laurent.
Il y a dans cette rue un cul-de-sac nommé _des Égouts_, à cause des eaux
qui se rendent dans cet endroit.
_Marché Saint-Martin._ Ce marché qui se tenoit autrefois dans la rue
Saint-Martin, où il causoit beaucoup d'incommodité au public, fut
transporté, en 1765, dans le territoire du prieuré, sur un espace
d'environ cinq cents toises, qui en fut séparé à cet effet. On y arrive
par les rues Frepillon, au Maire et Saint-Martin.
_Rue du Marché-Saint-Martin._ Elle commence rue Frepillon, et finit au
marché qui lui a donné son nom. Ouverte en même temps que ce marché fut
construit, elle n'a reçu sa dénomination que depuis 1780.
_Rue Neuve-Saint-Martin._ Elle commence à la rue Saint-Martin et finit
à la rue Notre-Dame-de-Nazareth, au coin de celle du Pont-aux-Biches.
Cette rue tire son nom du territoire sur lequel elle est située, lequel
s'appeloit autrefois la _Pissote de Saint-Martin_[147]. Elle portoit sa
dénomination actuelle dès le commencement du quinzième siècle. On
l'appeloit aussi rue du _Mûrier_; et, dans un procès-verbal de 1638, on
lit _la rue du Mûrier_, dite rue _Neuve-Saint-Martin_.
[Note 147: On entend par ce mot, des échoppes, de petites
chaumières, ou lieux couverts de branchages.]
_Rue des Marais du Faubourg-Saint-Martin._ Elle traverse de la rue du
Faubourg-Saint-Martin à celle du Faubourg-du-Temple, et tire son nom des
marais ou jardins sur lesquels elle a été ouverte.
_Rue Maubué._ Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Martin, et de
l'autre au coin de la rue du Poirier, vis-à-vis la rue Simon-le-Franc,
dont elle fait la continuation. Elle étoit connue sous le nom qu'elle
porte, dès le commencement du quatorzième siècle. On la trouve aussi en
1357 sous celui de _la Fontaine Maubué_, à cause de la fontaine qu'on a
fait construire au coin de cette rue, et qui fut rebâtie à neuf en 1734.
Suivant les censiers de Saint-Merri, on la nommoit aussi rue de la
_Baudroirie_ dans les quatorzième et quinzième siècles, parce qu'elle
faisoit le retour d'équerre de la rue du Poirier, qui portoit alors ce
nom.
_Rue Saint-Maur._ Elle commence à la rue du Faubourg-du-Temple, et fait
la continuation du chemin de Saint-Denis, dont on lui donne quelquefois
le nom par extension; elle a pris celui qu'elle porte du lieu où elle
est bâtie, indiqué dans tous les titres anciens sous la dénomination de
_Chemin de Saint-Maur_.
_Rue des Ménétriers_[148]. Elle aboutit à la rue Saint-Martin et à la
rue Beaubourg. Cette rue ne doit pas son nom, comme on pourroit le
penser, à l'église de Saint-Julien des Ménétriers, qui n'en est pas
éloignée, mais aux joueurs de vielle qui demeuroient dans cet endroit.
On trouve dans le grand pastoral de Notre-Dame un acte du mois de mai
1225[149], un chapitre intitulé _vicus Viellatorum_, dans lequel est
énoncée une maison sise _in vico des Jugleours_; et, dans un terrier de
Saint-Martin-des-Champs, du treizième siècle, cette rue est nommée
_vicus Joculatorum_. Au commencement du quinzième siècle, on disoit rue
des _Menestrels_. Elle étoit connue en 1482 sous celui de Ménétriers.
[Note 148: Par le mot de _ménétriers_ on entend aujourd'hui
les joueurs de vielle ou de violon qui vont dans les
guinguettes et dans les villages. Celui de _jongleurs_ n'a pas
une signification plus noble; mais, dans l'origine, c'étoient
des poètes qui alloient réciter leurs vers dans les châteaux
des grands, où ils étoient honorablement reçus. On donna
ensuite ce nom à des bateleurs ou farceurs qui chantoient les
poésies des _trouvères_ ou _troubadours_, et accompagnoient
ces chants ou récits sur différents instruments.]
[Note 149: Past. A, fº 805.]
_Rue du Cloître-Saint-Merri._ Elle aboutit dans la rue Saint-Martin et
dans celle de la Verrerie. Ce cloître comprenoit autrefois les rues
Taille-Pain et Brise-Miche, et étoit fermé à toutes ses issues. À
l'entrée, du côté de la rue Saint-Martin, il y avoit une porte et une
barrière, et cet endroit en avoit pris le nom de _la Barre-Saint-Merri_.
Ce nom pouvoit aussi venir de la juridiction temporelle que les
chanoines de Saint-Merri faisoient exercer dans cette enceinte: car leur
auditoire et les prisons du chapitre y étoient situés, et c'étoit là
qu'on tenoit encore, dans les derniers temps, les assemblées
capitulaires. La partie de ce cloître qui donne dans la rue de la
Verrerie a reçu depuis le nom de rue des _Consuls_, nom qu'elle doit au
tribunal qui, jusqu'à ces derniers temps, y a tenu ses séances.
_Rue Neuve-Saint-Merri._ Elle commence à la rue Saint-Martin, et finit à
la rue Barre-du-Bec, vis-à-vis celle de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie.
Cette rue étoit déjà bâtie au commencement du treizième siècle, et peu
après la nouvelle enceinte ordonnée par Philippe-Auguste[150]. On lui
donna le surnom de Neuve, non-seulement parce qu'elle étoit nouvellement
bâtie, mais encore pour la distinguer de la rue de la Verrerie, qu'on
appeloit, en 1284[151], rue Saint-Merri dans sa partie occidentale. Elle
est indiquée sous son nom actuel dans l'accord fait entre
Philippe-le-Hardi et le chapitre Saint-Merri, en 1273, et l'a toujours
conservé depuis.
[Note 150: _Cartul. Livriac.--Gall. christ._, t. VII, col.
93.]
[Note 151: _Cart. S.-Magl._, fol. 407.]
À l'extrémité de cette rue est un cul-de-sac appelé _du Boeuf_. Dans les
actes les plus anciens des archives de Saint-Merri il est nommé _de
Bec-Oye_; dans les titres subséquents de _Beuf et Oë_, de _Beuf et Oué_,
enfin, _cul-de-sac de la rue Saint-Merri_.
_Rue Meslai._ Elle traverse de la rue Saint-Martin à celle du Temple. Au
commencement du dernier siècle, il n'y avoit encore dans cette rue que
quelques maisons bâties du côté de la rue du Temple. La principale étoit
l'hôtel _Meslai_, dont, par la suite, la rue a pris le nom: car alors
elle s'appeloit _rue des Remparts_. Du côté de la rue Saint-Martin étoit
une butte sur laquelle étoient placés trois moulins. On abattit cette
butte; on aligna la rue qu'on y ouvrit, avec celle de Sainte-Apolline,
et elle fut nommée d'abord _rue Sainte-Apolline_ ou _de Bourbon_. En
1726, cette rue ayant été continuée et couverte de maisons des deux
côtés, elle prit le nom de _rue Meslai_ dans toute son étendue.
Il y a dans cette rue un cul-de-sac nommé de _la Planchette_. C'étoit le
commencement d'une rue ouverte en 1680, et qu'on n'a pas continuée. Dans
un compte de 1423, rapporté par Sauval, on trouve l'indication d'une
maison rue Saint-Martin, _devant la Planchette_; et dans un contrat de
vente du 15 octobre 1614, consigné dans les archives de l'archevêché, on
fait mention d'une maison rue Saint-Martin, où pendoit pour enseigne _la
Planchette_. On conjecture que ce nom pouvoit venir de la planche
établie sur l'égout, qui passoit à découvert en cet endroit depuis la
rue du Temple jusqu'à celle de Saint-Martin.
_Rue Michel-le-Comte._ Elle donne d'un bout dans la rue Beaubourg,
vis-à-vis la rue Grenier-Saint-Lazare, dont elle fait la continuation,
et de l'autre dans la rue du Temple, au coin de celle de Sainte-Avoie.
Dès le milieu du treizième siècle, elle portoit ce nom, _vicus Michaelis
comitis_, et n'en a pas changé depuis.
_Rue de Montmorenci._ Elle commence à la rue Saint-Martin et finit à
celle du Temple. Cette rue se bornoit ci-devant à la rue Transnonain, et
sa prolongation s'appeloit _Cour-au-Villain_, et par corruption
_Court-au-Villain_; mais, à la requête des habitants, le roi rendit un
arrêt en son conseil, au mois de mars 1768, par lequel il supprima le
nom de _Cour-au-Villain_, et ordonna qu'elle seroit appelée _de
Montmorenci_ dans toute son étendue. On la nommoit anciennement _rue au
seigneur de Montmorenci_, parce que son hôtel y étoit situé. C'est sous
ce nom qu'elle est indiquée dans les censiers de Saint-Martin-des-Champs
du quatorzième siècle. Sauval dit qu'elle étoit habitée dès 1297.
_Rue des Morts._ Cette rue étoit autrefois un chemin sans nom, qui
donnoit d'un bout dans la rue Saint-Maur, de l'autre dans celle du
Faubourg-Saint-Laurent. Elle n'a reçu que depuis 1780 le nom qu'elle
porte, et peut-être le doit-elle au cimetière des protestans situé à son
extrémité orientale.
_Rue des Moulins._ C'est une ruelle ou chemin qui conduisoit autrefois
de la rue Saint-Maur aux moulins qui sont sur la butte de Chaumont, et
c'est de là qu'elle avoit tiré son nom. Elle est indiquée sur quelques
plans sous le titre de ruelle des _Cavées_, nom qu'elle avoit pris d'un
clos nommé _Cavon_, sur lequel elle a été ouverte. Il est fait mention
de ce clos dans les titres de Saint-Martin.
_Rue Notre-Dame-de-Nazareth._ Elle donne d'un bout dans la rue du
Pont-aux-Biches, et de l'autre dans celle du Temple. C'est une
continuation de la rue Neuve-Saint-Martin, dont elle portoit autrefois
le nom. Celui qu'on lui a donné depuis vient des religieux du
tiers-ordre de Saint-François, connus sous le nom des _Pères de
Notre-Dame-de-Nazareth_, lesquels possédoient une maison dans son
voisinage; elle n'a pu, par conséquent, le porter que depuis 1630.
_Rue du Cimetière-Saint-Nicolas._ Elle commence à la rue Saint-Martin et
finit à la rue Transnonain. Cette rue, ouverte en 1220, conduisoit à
l'emplacement que les religieux de Saint-Martin avoient cédé à la
paroisse de Saint-Nicolas, pour y établir son cimetière. Elle en prit
dès lors le nom qu'elle a toujours conservé depuis.
_Rue Neuve-Saint-Nicolas._ Cette rue, sans nom avant 1780, donne d'un
bout dans celle du Faubourg-Saint-Martin, de l'autre dans la rue Sanson.
_Rue Saint-Paxant._ Cette rue, ouverte depuis 1765 dans le marché
Saint-Martin, et dans la même direction que la rue Saint-Marcou, mais
plus à l'orient, doit son nom à saint Paxant, dont le prieuré de
Saint-Martin possédoit les reliques, et célébroit annuellement la fête.
_Rue Phelipeaux._ Elle aboutit dans la rue du Temple et au coin des rues
Frepillon et de la Croix. Son véritable nom est _Frépaut_. Elle le
portoit en 1397. On l'a depuis altéré et défiguré. Elle est nommée sur
différents plans _Frapaut_, _Fripaux_, _Frépaux_, _Frippau_, _Phelipot_,
_Philipot_. On a enfin adouci ce nom en l'appelant rue _Phelipeaux_, et
ce changement a prévalu.
_Rue Pierre-Aulard._ Elle commence à la rue Saint-Merri, et, retournant
en équerre, aboutit à la rue du Poirier. Elle formoit autrefois deux
rues distinctes, et désignées, dans les anciens titres, sous différents
noms. La partie qui donne dans la rue Saint-Merri s'appeloit en 1273
_vicus Aufridi de Gressibus_, et au siècle suivant la rue _Espaulart_.
L'autre partie, aboutissant dans la rue du Poirier, étoit nommée _vicus
Petri Oliart_. Elles sont toutes deux distinguées dans le rôle de taxe
de 1313. Ce nom ne tarda pas à changer. Elle est indiquée dans un acte
de 1303 sous le nom de _Pierre Allard_. Guillot écrit _Pierre o lard_,
d'autres _au lard_ et _Aulart_. En 1500 cette rue n'étoit plus
distinguée de la rue Espaulart, et depuis on la trouve toujours sous le
nom qu'elle porte aujourd'hui.
_Rue du Poirier._ Elle traverse de la rue Neuve-Saint-Merri à la rue
Maubué. Cette rue s'appeloit autrefois _de la Petite-Bouclerie_, _Parva
Bouclearia_[152]. Elle porte ce nom dans un acte de 1302. Guillot
l'appelle aussi la Bouclerie. À ce nom succéda celui de la _Baudroirie_,
qu'elle portoit encore en 1512, et même en 1597, quoique avant cette
dernière époque on lui eût donné, d'après une enseigne, le nom de rue du
_Poirier_.
[Note 152: Sauval, qui donne à cette rue le nom de _Petite
Boucherie_, a été induit en erreur par une copie inexacte de
l'accord fait, en 1273, entre Philippe-le-Hardi et le chapitre
de Saint-Merri.]
_Rue du Pont-aux-Biches._ Elle fait la continuation de la rue de la Croix
jusqu'au coin des rues Notre-Dame-de-Nazareth et Neuve-Saint-Martin. Ce nom
lui vient d'un petit pont construit sur l'égout pour faciliter la
communication des deux rues auxquelles elle aboutit, et d'une enseigne
représentant des biches.
Vis-à-vis l'extrémité de cette rue est un petit cul-de-sac qui porte le
même nom; il a été aussi appelé _cul-de-sac de la Chiffonnerie_ par ceux
qui donnoient ce nom à la rue Neuve-Saint-Martin.
_Rue des Récollets._ Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Laurent,
et finit à celle du Carême-Prenant, vis-à-vis l'hôpital Saint-Louis. Ce
n'étoit autrefois qu'une ruelle à laquelle on a donné le nom des
religieux dont elle côtoyoit l'enclos.
_Rue du Renard._ Elle traverse de la rue Neuve-Saint-Merri dans celle de
la Verrerie. Elle s'appeloit anciennement _la Cour Robert de Paris_, ou
_la Cour Robert_. On trouve, dans les archives de Saint-Merri, des
titres où elle est énoncée sous ce nom en 1185, ainsi que dans l'accord
de 1273 et dans d'autres actes. Guillot lui donne le même nom. Corrozet
l'appelle _rue du Regnard qui prêche_.
_Rue Royale._ Cette rue, qui traverse le marché Saint-Martin de l'orient
au couchant, a été ouverte dès l'origine de ce marché, mais n'a reçu le
nom qu'elle porte que depuis 1780.
_Rue Sanson._ Cette rue, ouverte depuis 1780, donne d'un côté dans la
rue de Bondi, sur le boulevart, de l'autre dans celle des Marais.
_Rue Simon-le-Franc._ Elle aboutit à la rue Sainte-Avoie et à la rue
Maubué qui en fait la continuation. Cette rue est très-ancienne. Sauval
parle d'un Simon Franque, mort avant 1211. Ce qu'il y a de certain,
c'est que, suivant les cartulaires de Saint-Maur et de Saint-Éloi, il y
avoit une rue portant ce nom dès 1237. Elle l'a toujours conservé
jusqu'à ce jour.
_Rue Taille-Pain._ Elle aboutit au cloître de Saint-Merri et à la rue
Brise-Miche, avec laquelle on l'a souvent confondue, ainsi que nous
l'avons remarqué à l'article de cette dernière rue. Sur un plan
manuscrit de 1512, elle est nommée _Brise-Pain_; dans le retour
d'équerre, _Baillehoë_; et _Brise-Miche_ depuis la rue Neuve-Saint-Merri
jusqu'au cloître. Le nom de Brise-Pain a été successivement changé en
celui de _Mâche-Pain_, _Tranche-Pain_, _Planche-Pain_; enfin
_Taille-Pain_ qui lui est resté.
_Rue Transnonain._ Elle aboutit à la rue au Maire, et au coin des rues
Grenier-Saint-Lazare et Michel-le-Comte. Le premier nom que cette rue
ait porté est celui de _Châlons_. Elle le devoit à l'hôtel des évêques
de Châlons, qui y étoit situé: on le lui donnoit encore en 1323 et en
1379; mais, depuis la rue Chapon jusqu'à la rue au Maire, on la nommoit
_Trace-Nonain_. La mauvaise réputation des femmes qui demeuroient dans
la rue Chapon fit donner à celle-ci, par le bas-peuple, des noms peu
décents auxquels a succédé celui qu'elle porte aujourd'hui.
_Rue de la Verrerie._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier
commence à la rue Saint-Martin, et finit au coin de la rue Barre-du-Bec.
Nous avons observé précédemment qu'en cet endroit on l'appeloit _rue
Saint-Merri_. On ignore quand elle a quitté ce nom pour prendre dans sa
totalité celui de la Verrerie, que portoit l'autre partie; mais il est
certain qu'elle étoit ainsi désignée dès 1380[153].
[Note 153: Plusieurs titres font mention d'une rue nommée
_Helliot de Brie_, qui devoit aboutir dans celle-ci, et qui ne
subsiste plus. Sauval dit que, si ce n'est pas la rue
_Jean-Pain-Mollet, il ne sait quelle elle peut être_. Jaillot
pense que Sauval s'est trompé dans sa conjecture, parce que la
rue Jean-Pain-Mollet existoit sous ce nom en 1261; il lui
semble que la rue Helliot de Brie étoit située entre les rues
Saint-Bon et de la Poterie; les cartulaires de Saint-Maur et
de Sainte-Geneviève ne permettent pas, dit-il, d'en douter;
ils énoncent _Domum D. Helyoti de Braia in quadrivio sancti
Mederici, in stratâ quæ tendit versus orientem_.]
_Rue des Vertus._ Elle traverse de la rue des Gravilliers à la rue
Phelipeaux. On n'a de renseignements ni sur l'origine ni sur
l'étymologie du nom de cette rue. Jaillot la trouve indiquée pour la
première fois dans un papier-censier de Saint-Martin, en 1546.
_Rue du Verdbois._ Elle commence à la rue Saint-Martin, et finit au
Pont-aux-Biches. Il paroît qu'anciennement on ne la distinguoit pas de
la rue Neuve-Saint-Laurent, dont elle fait la continuation; car dans le
censier de Saint-Martin, de 1546, cité ci-dessus, on lit rue
Neuve-Saint-Laurent, dite du _Verdbois_. Comme cet endroit étoit en
marais et en jardinages, il est assez vraisemblable que le nom de
_Verdbois_ qu'on lui a donné vient des arbres qui environnoient de ce
côté l'enclos du prieuré Saint-Martin avant qu'on eût percé la rue.
Quelques plans la désignent sous le nom du _Gaillard-Bois_.
_Rue des Vinaigriers._ Elle commence à la rue Saint-Martin, et, se
divisant ensuite en deux branches, elle aboutit à la rue de
Carême-Prenant et à celle des Marais-Saint-Martin. Ce n'est qu'une
ruelle ou chemin serpentant, dont le commencement est désigné sur la
plupart des plans sous le nom de rue de _Carême-Prenant_. Elle doit
celui qu'elle porte à un champ appelé _des Vinaigriers_, qu'elle
côtoie, et dont elle suit les irrégularités. Sur un plan de 1654, elle
est nommée _ruelle de l'Héritier_.
MONUMENTS NOUVEAUX
ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789.
_L'église Saint-Merri._ Cette église est décorée d'un nouveau tableau
représentant saint Charles Borromée qui donne la communion aux
pestiférés, par _Colleton_. Ce tableau lui a été donné par la ville en
1819. Auprès de ce tableau ont été placées deux statues, l'une de saint
Jean, l'autre de saint Sébastien.
_L'église Saint-Nicolas-des-Champs._ La chapelle de la Vierge a été
ornée d'un tableau nouveau représentant le Repos en Égypte, par
_Caminade_, et donné par la ville en 1817. Ce tableau est d'une bonne
exécution. Dans une des chapelles à droite de la nef est un autre
tableau dont le sujet est saint Bruno enlevé au Ciel par deux anges.
_L'église de Saint-Laurent._ Cette église possède un tableau donné de
même par la ville en 1817; il représente ce saint diacre revêtu des
habits sacerdotaux et au moment où les bourreaux vont le saisir pour le
traîner au supplice. C'est un bon tableau.
_L'église Saint-Martin-des-Champs._ Nous avons dit que cette église et
tous les bâtiments qui en dépendoient sont maintenant occupés par le
Conservatoire des arts et métiers. La portion du jardin qui a été
conservée est fermée par une grille au niveau des bâtiments; sur l'autre
on a construit un nouveau marché.
_L'hôpital Saint-Louis._ Cet hôpital a été augmenté de plusieurs salles
que l'on a construites à l'angle de la rue Saint-Louis et à celui de la
rue Carême-Prenant. Au-dessus de la porte d'entrée est une inscription
qui porte ces mots: _Traitements externes et Consultations gratuites_.
_Nouveau Marché Saint-Martin._ Ce marché, établi, comme nous venons de
le dire, sur la plus grande portion du jardin de l'abbaye
Saint-Martin-des-Champs, se compose de deux corps de bâtiments percés
d'arcades et recouverts en tuiles. Ces bâtiments, liés ensemble par deux
grilles de fer, sont situés au nord et au midi; contre la grille du
levant s'élèvent deux pavillons avec porches ornés de deux colonnes et
de deux piliers: l'un sert de corps-de-garde, et l'autre de bureau.
_Le Château-d'Eau du boulevart de Bondi._ Cette fontaine, achevée en
1811, s'élève sur l'esplanade qui est entre la porte Saint-Martin et la
rue du Faubourg-du-Temple, et forme un point de partage, d'où les eaux
du canal de l'Ourcq vont alimenter les fontaines du quartier. C'est en
raison de cette destination qu'on lui a donné le nom de _Château-d'eau_,
bien que l'aspect de ce monument ne justifie pas complètement une telle
dénomination.