ayant été autorisséz par un réquisitoire de la municipalité de
Versailles signéz Richaud maire, Couturier procureur de la Commune,
Gaucher municipal, ce sont transportez en la maison de la soeur du
ci-devant Roi, avenuë de Paris, est ont apposez les scellés sur toutes
les portes extérieur de la sudite maison et du jardin. Le sieur
Heuber, suisse et gardien, nous ayant représentéz de ne point apposéz
le scelléz sur la porte extérieur de la vacherie en nous disant qu'ils
étoit nécessaire que les animeaux sortent pour aller aux champs, ce
que nous avons vûe raisonnable cela ne nous nous (_sic_) a pourtant
pas empêchéz de les poser sur toutes les portes intérieur qui
communiquent de la susdite vacherie au jardin, afin d'empêcher toutes
les communications. Nous nous sommes transportéz de là à une petite
maison qui n'est séparéz que d'une porte en treilliage fermant à clef,
n'ayant pas trouvéz cette fermeture suffisante, nous avons voulut
apposer le scelléz sur la porte de clôture qui donne sur une petite
rüe. Le citoyen Pélican et la dame Piout cetant présentéz à l'instant
nous ont exibéz une oppositions de leurs part en nous représentant
que cette petite maison appartenoit à la ci-devant baronne de Mackau;
sur les représentations du citoyen Heuber, suisse et gardien qu'il
sufisoit seulement de poser le scelléz sur la sudite porte de
treilliage, ce que nous avons fait à l'instant, le sieur Sulleau
s'étant aussi présentéz avec le jardinier, n'ayant point parût
satisfaits de notre opération, même nous exibant en plusieurs pièces,
nous disant qu'ils étoient les ministres de l'intérieur et nous disant
d'une voix foible qu'ils croyoient être suffisamment autorissez par le
moyens de ces pieces de s'opposer au scelléz nous avons regardez cela
comme des mots qui ne peuvent convenirent qu'à des hommes foibles.
Nous lui avons dits que s'il avoit des droits qui les fassent valoir à
la maison comune, pour nous, cela ne nous empècheroient pas de
continuer nos opérations. C'est ce que nous avons fait s'en crainte,
est avons signées le présent à Versailles, ce 8 octobre 1792, l'an
premier de République françoise.
BOISSY. BORET.
Faite en présence des citoyens HEUBER, BONIFACY, _garde-bosquet_.
* * * * *
VIII.
_État de ce que nous avons trouvéz dans la vacherie._
Cinq vaches est une genise, un cheval est une petite voiture d'osier
couverte, avec tous ces harnois; nous avons crue devoir prendre ce
détail à cause que ces animeaux sont sujette à la sortie pour leurs
subsistance. A Versailles, le 8 octobre 1792, l'an premier de la
République françoise.
BOISSY. BORET.
* * * * *
IX.
Sur la réprésentation que les citoyens Heuber, suisse et gardien,
Bonifacy, garde-bosquet, que l'on dévastoient tout les jours les
jardins par la coupe journailliere des arbres et la pêche qui si fait
continuellement par des gens de la maison, ainsi que des étrangers
qu'ils introduisent à leurs compagnies, croyant toujours être sous la
protection de la soeur du ci-devant Roi, nous ont dits qu'ils seroient
bien aise d'être autorisséz d'un pouvoir de la municipalités qui les
autorisent à pouvoir empêcher tous ces desordres, est ont signées.
HEUBER, BONIFACY, _garde-bosquet_,
PRÉVOT, _commissionnaire du sieur Fleury, garçon tapissier_.
* * * * *
X.
MESSIEURS,
Noël Gauthier et Julien Gauthier frères, tous deux frotteurs des
appartements de la petite maison de Madame Élisabeth, avenuë de Paris,
Ont l'honneur de vous représenter que depuis le départ de cette
princesse, ils sont resté gardien l'un de l'aile droite et l'autre de
l'aile gauche de laditte maison, couchant dans les appartements,
ignorent le motif pour lequel M. Suleau concierge vient de nommer et
faire recevoir deux autres gardiens, au préjudice des exposants qui
osent se flatter qu'on ne peut rien leur reprocher,
Pendant les trois mois qu'ils ont gardés le premier scellé les jours
et nuits par ordres du sieur Suleau dont il en ont point été payé.
Ils vous supplient, Messieurs, de vouloir bien leur rendre justice.
* * * * *
XI.
_Procès-verbal._
Aujourd'hui le 9 octobre 1792, l'an premier de la République, en vertu
d'un réquisitoire du bureau municipal, signé des citoyens Couturier
procureur de la commune, Huvé et Gauchez officiers municipaux, qui ont
nommé les citoyens Boissy et Geoffroy comissaires a l'apposition des
scellées dans la maison de la Damme Élisabeth, soeur du ci-devant Roi,
ont pris pour témoins l'apposition desdits scellées, le citoyens Flury,
attaché à la conciergerie du Garde-meuble de ladite maison, ainsi que le
nommé Prévot, journallier employé par le citoyen Sulleau, qu'il a été
posé quatre-vingt et tant de scellées dont quatre-vingt-une clef, il est
resté ouvert et à la jouissance des personnes dénommées ci-apprès et qui
sont meublés conformément aux inventaires dont la minute est déposé au
bureau du Garde-meuble national à Versailles, dont le citoyen le Clerc
se charge de la représenter à la première réquisition de la
municipalité; lesdits logements actuellement occuppées par les personnes
susdites, consiste savoir celui du citoyen Sullau, concierge du
Garde-meuble; Fleury, garçon du Garde-meuble attaché au concierge, et le
représentant en son absence; la veuve du Coudray, femme de charge et
lingerie; la demoiselle Simon, ouvrière; Marie, laitièrre, Prévot,
journallier; Noël, frotteur, Juillien, second frotteur, Doré, garçon
jardinier, le suisse de la porte, nommé Ubert, Boniface, suisse
garde-bosquet; Cadeau, balayeur, demeurant sur l'ancienne cour basse,
sur l'avenuë, et dans le pavillon, ruë ci-devant Champ-la-Garde; Jaques
Bosson, vacher; Coupry, maître jardinier.
Lesdits commissaires ont nommé les citoyens Flury et Prévots ci-dessus
dénommés gardiens de l'intérieur et extérieur de ladite maison, qu'ils
l'ont acceptés et signés avec nous le présent procès-verbal, et est
comparu au moment où l'on posoit les scellées, le citoyen Sullau
ci-devant dénommé, et qui a signé avec nous.
De plus, avons établi les citoyens Ubert suisse des portes, et
Bonifacy garde-bosquet, a qui nous avons délivré des pouvoirs comme
gardiens des scellées extérieurs et sureté générale dans leurs postes.
Clos le présent présent (_sic_) procès-verbal en présence des citoyens
Sullau, Fleury, Prévot, Ubert, Boniface, le Clerc.
SULLEAU. FLURY. LECLERC. HEUBER.
BONIFACY, _garde-bosquet_.
BOISSY. GEOFFROY. HEUBER.
* * * * *
XII.
A Versailles, le 5 mars 1793, l'an II de la République.
CITOYEN,
J'ai ordonné ce matin, en conséquence de votre lettre d'hier, la
fermeture de deux portes à la maison cy-devant de Madame Élisabeth,
mais on m'a observé que si l'on condamnoit celle de la petite cour
côté de l'avenuë de Paris, le gardien de ce côté-là ne pourroit plus
sortir d'aucun côté.
Il n'y auroit d'autre moyen, en persistant de lui interdire le passage
par le jardin, que de lui faire ouvrir le guichet de la grande porte,
après en avoir levé les scellés, car ils sont sur toutes les portes
intérieures qui conduisent à la grande cour; mais il y communiqueroit
par dehors.
J'ai appris, cher concitoyen, que vous étiez débarassé de votre rhume,
j'en suis bien aise, mais moi je suis pris par tous les bouts, au pied
par une reculade imprévue, à la tête par un rhume oppiniâtre, et par
tout le corps je ne scais pourquoi.
Je suis votre frère en patriotisme,
_Le maire de Versailles_, HUVÉ.
Vu par nous administrateurs composant le directoire du district de
Versailles, pour être exécuté par le citoyen inspecteur des bâtiments
de l'arrondissement, en présence du citoyen Gazard, commis de
l'administration, chargé de lever et apposer les scellés où besoin
sera.
A Versailles, 9 mars 1793, l'an deux de la République.
BOYELLEAU, BÉZARD, _v. p._ DEVEZE, _pr. s._ CHAILLIOU.
COURRAUT.
* * * * *
XIII.
A Versailles, le 7 mars 1793, l'an II de la République.
CITOYEN,
Je vous prévient que Madame Élisabeth, avoit une chien de sûreté a sa
maison, elle faisoit donner six livres de pain par jour, le citoyen
Thierry, boulanger du ci-devant Roi, est m'en avoit donnez la garde
comme étant le gardien de ladite maison, mais trouvant qu'un seul
chien ne suffisoit pas pour la sûreté de la maison, Madame Élisabeth
m'a ordonnez en différentes fois d'en élever plusieurs, comme il
plaisoit à Madame Élisabeth d'en disposer à sa volonté, et quel en
faisoit des cadots, laqu'elle m'avoit promis un dedomagement, mais
comme n'étant point revenuë, je n'ai toujours eut que la nouriture du
premier, dont ledit citoyen Thierry a cessez de fournir le pain le 1er
mars de la présente année 1793; est je me trouve avoir trois gros
chiens à ma charge, est des frais d'en avoir elever et nourries
plusieurs dont deux jusqu'à présent s'en avoir eut aucun dédomagement;
est ayant prévenüe les citoyens qui ont posez les scellés, comment est
que je pouroit faire avec ces chiens, s'il falloit m'en défaire, où en
prévenir la municipalité, ils monts ordonnez de les garder jusqu'à la
levée des scellés. Mais n'ayant plus le pain est n'ayant aucun
dédomagement pour les nourirents je ne peut pas garder trois gros
chiens à ma charge.
HEUBER, _gardien de la maison ci-devant Madame Élisabeth_.
* * * * *
_Avis du directeur de la régie nationale de l'enregistrement._
Le directeur de la régie nationale qui a pris communication de la
pétition de l'autre part, est d'avis:
1º Que le citoyen Hubert soit autorisé à conserver un chien de
basse-cour pour la garde de la maison Élisabeth Capet, située à
l'extrémité de l'avenüe de Paris;
2º Qu'il lui soit tenu compte de cet objet de dépense à compter du 1er
de ce mois, sur le pied qui sera déterminé par le directoire du
district;
3º Enfin, que ledit Hubert vende, s'il est possible, ou donne les
autres chiens qui sont inutiles. Le directeur observe au surplus que
si les meubles existants dans cette maison étoient vendus ou
transportés ailleurs, on trouveroit sans doute à la louer, ce qui
produiroit le double avantage de supprimer toute espèce de dépense, et
de procurer à la République un revenu dont elle est privée.
Versailles, 18 mars 1793, le deuxième de la République françoise.
DESCHESNE.
* * * * *
XIV.
_Extrait du registre des délibérations du directoire du département de
Seine-et-Oise._
Séance publique du 8 juin 1793, l'an II de la République française.
Vu par le directeur la réclamation de sept ouvriers jardiniers,
employés au jardin ci-devant appartenant à la soeur de Louis Capet,
dépendant de la liste civile et situé au grand Montreuil, qui a pour
objet le payement de trente-six livres chacun, qu'ils déclarent avoir
ci-devant été dans l'usage de recevoir annuellement à titre de
gratification, et n'avoir pas touché depuis 1791 inclusivement;
Le certificat du jardinier de ce jardin qui atteste cet usage;
Le renvoi de ladite demande de la part du district au directeur de la
régie;
L'avis du directeur de la régie du 2 janvier dernier;
L'avis au district de Versailles du 11 dudit mois de janvier;
Ouï le procureur général sindic,
Le directoire, attendû que les sept ouvriers réclamants n'étoient pas
mis en oeuvre de l'ordre direct de la ci-devant Madame Élisabeth, mais
bien pour le jardinier personnellement, et que c'est conséquemment à
celui-ci de pourvoir tant à leurs salaires qu'à leurs gratifications
s'il le juge à propos;
Arrête qu'il n'y a pas lieu d'accorder les gratifications requises.
Pour expédition, signés Richaud et Bocquet, secrétaire.
Pour copie conforme:
GAZARD, _secrétaire_.
* * * * *
XV.
Aujourd'hui lundi cinq août mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an
deux de la République une et indivisible, nous, J. M. Musset,
Claude-Étienne Contant et Nicolas Monjardet, commissaires de la
Convention nationale du district de Versailles et de la municipalité
de ladite ville, nous sommes transportés dans la maison ci-devant
occupée par Élisabeth Capet, avenue de Paris, à l'effet d'examiner si
les meubles des appartements de cette maison n'étoient point
endommagés par les vers ou autrement. Nous nous sommes fait
accompagner dans la visite que nous avons faite de plusieurs de ces
appartements par le citoyen Hubert, l'épouse du citoyen Fleury et le
citoyen Prévost, tous trois gardiens des scellés de ladite maison.
Les meubles que nous avons examinés sont ceux des appartements dont
les portes d'entrée sont numérotées 1 et 2, -- 16 et 17, -- 12 et 13,
-- 14, 15, -- 18 et 20, desquelles portes nous avons levé les scellés,
trouvés intacts.
Voyant que ces meubles étoient tout neufs et fort peu endommagés des
vers, nous avons jugé inutile d'en examiner un plus grand nombre, et
nous nous sommes bornés à en faire battre plusieurs couchers et
chaises sortis à cet effet dans la cour, en en prenant note; après
quoi nous avons fait exactement replacer chacun à sa place, avons fait
entièrement refermer lesdits appartements, et les scellés ont été
réapposés par le commissaire du district sur chacune desdites portes.
Ensuite nous avons cru devoir, avant de terminer, visiter aussi les
meubles de l'appartement d'Élisabeth Capet. Nous avons à cet effet
levé les scellés mis sur la porte d'entrée, et après avoir entré dans
l'antichambre, nous avons trouvé déchiré dans le milieu, et vis-à-vis
la jonction des deux battants de la porte, le papier des scellés mis
sur la porte à gauche qui est celle de l'appartement; et cette porte
ouverte, le pesne de la serrure étant hors de la gâche, sur quoi il
nous a été observé par lesdits gardiens que cette porte, fermée ainsi
peut-être par inadvertance, pouvoit avoir été la cause du déchirement
de ce papier dans quelque moment où il y aura eu du vent.
Nous avons vérifié que les meubles de cet appartement, qui sont
précieux, n'étoient nullement endommagés. Nous avons refermé ladite
porte trouvée ouverte, mais sans y apposer de nouveaux scellés,
observant que ceux de la porte d'entrée suffisoient, et les scellés
ont été réapposés sur celle-ci.
De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, fait double
pour être déposé au district et l'autre entre les mains des
représentants du peuple, et avons signé avec lesdits gardiens
présents, l'un d'eux représentés par son épouse, les an, mois et jour
susdits. Et avons remis à la maison commune les clefs desdits
appartements où elles étoient déposées.
MONJARDET, J. M. MUSSET, _commissaire national_, PRÉVOST, COUTANT,
_commissaire du district_, HEUBER, Femme FLURY.
* * * * *
XVI.
_Aux citoyens administrateurs du directoire du district de
Seine-et-Oise._
CITOYENS,
Coupry, jardinier dans la ci-devant maison d'Élisabeth Capet, est
décédé hier 8 nivôse à la suite d'une maladie; comme j'ai toujours
veillié autant qu'il a dependû de moi aux interest de la République,
si j'ai pû obtenir quelque confiance, je prie les citoyens
administrateurs de vouloir bien me maintenir dans l'emploi provisoire
de la surveillance du jardin et orangerie, ou il ce trouve maintenant
beaucoup de plantes appartenant à la nation auxquelles j'ai toujours
donné mes soins.
LACOLONGE.
A Versailles, ce 9 nivôse, l'an second de la République françoise (29
décembre 1793).
Salut et fraternité.
* * * * *
_Avis du directeur de la régie nationale._
Le directeur de la régie observe que, vû la vigilance et la probité
bien reconnues du citoyen Lacolonge, l'administration adoptera une
mesure fort sage, en lui confiant provisoirement le soin de veiller à
la conservation des jardins, orangerie, plantes et arbustes de la
maison d'Élisabeth Capet: il avoit la confiance de Coupry; personne ne
connoît mieux que lui les détails de cette maison, il n'est donc pas
possible de faire meilleur choix.
Il est vraisemblable que des anciens ouvriers, qui ont travaillé dans
le jardin dépendant de ladite maison, feront des démarches pour
remplacer Coupry; mais il seroit contraire à l'intérêt de la
République de les laisser s'immiscer dans une administration où il
régnoit une foule d'abus qu'on a attribués à plusieurs d'entr'eux.
Versailles, ce 21 nivôse de l'an II de la République une et
indivisible (10 janvier 1794).
DESCHESNE.
* * * * *
XVII.
Aujourd'hui sept ventôse, an second de la République françoise une et
indivisible (25 février 1794), à quatre heures de relevée, moi,
soussigné, comissaire nommé par l'administration du district de
Versailles, département de Seine-et-Oise, par comission en datte du 24
pluviôse, pour la levée des scellés apposés au local du palais
National et autres lieux dépendants de la ci-devant liste civile,
assisté du citoyen Tissot, notable, comissaire pour la municipalité,
nous nous sommes transporté au local dit Maison Élisabeth, où, après
vérification faite des scellés apposés sur différentes portes
environnant le jardin et autres issues de la maison, nous en avons
fait la levée ainsi qu'il suit, savoir:
Pº A une porte de la cour des cuisines;
2º Une grande porte donnant sur l'avenue de Paris;
3º Une porte donnant sous la voûte qui conduit à l'avenue de Paris;
4º Une porte donnant sur la ruelle, au bout du jardin Lemonier;
5º A la porte de communication du jardin dudit Lemonier;
6º A la porte de communication du jardin de la citoyenne Makau;
7º A la porte donnant à la maison de la femme Diane Polignac;
8º A la porte du jardin du petit bâtiment détaché;
9º A la porte cochère du petit bâtiment id.
Plus, le citoyen Flury, concierge de laditte maison, nous a fait voir
des chassis de couche vitré, au nombre de soixante-dix-sept de 4 pieds
carrés, et huit de 18 pouces sur 4 pieds, dont il a donné note au
citoyen L'Oiseleur, inspecteur de laditte maison.
La levée des scellés étant terminés, nous donnons décharge aux
gardiens ci-après dénommés, savoir:
Le citoyen Flury,
Prévost,
Heubert,
Bonifacy.
Et a ledit citoyen Flury signé avec nous, comme restant concierge, ce
jour et an que dessus.
TISSOT, _notable_. COSTAR, _commissaire du district_. FLURY.
* * * * *
XVIII
_Aux citoyens administrateurs composant le directoire du district de
Versailles._
CITOYENS,
Le citoyen Jean-Philippe Quadot, ci-devant balayeur de la maison de
ci-devant Élisabeth Capet, soumets sous vos yeux sa triste position,
etant pere de famille: est peu favorisez de la fortune, il ose espérer
de votre justices le soutien que tous citoyen doit attendre de vous
magistrats, lorsque la demande d'un réclamant ce trouve fondé; c'est
dans cette espoir qu'ils vous soumets les reclamations suivante.
Jean-Philippe Quadot, âgé de soixante ans, pere de famille et
indigent, a servie sous le règne du tyran Louis quinzième du nom, dans
le ci-devant régiment de Normandie, où il fit cinq campagne durant les
guerres d'Hanôvre; sortie du service militaire en 1757 (v. stile) il
entra l'année ensuite au ci-devant château, en qualité de garçon
marbrier pour l'entretien et la propreté de toute les marbres qui
dépendoient des appartements dudit château, ainsi que de ceux de la
chapelle; ayant de paye vingt sols par jour; ce qui ne pouvoit qu'à
peine le faire subsanter lui est sa famille, mais dans lespoir où le
réclamant étoit que l'on prendroit son sort et son ancien service en
considération fait qu'il a toujours espérez jusqu'en 1789 (v. stile)
où la ci-devant Élisabeth le prit à son service en qualité de
balayeur, ordonnant qu'il fut habillez logez chauffez et eclairez, lui
accordant aussi trente sols par jours de gage. Ce qui ne fut pas
exécuté t'elle qu'elle l'avoit ordonnée, n'ayant étté logez qu'un an
après etre entrée à son service, est n'ayant point étté habillez du
tout, pour les trente sols par jour de gage la première année nayant
étté payéz par le citoyen Sulleau concierge de la maison qui en etoit
chargéz à raison de vingt quatre sols la seconde à raison de vingt six
sols et la troisième à raison de vingt huit sols par jour jusqu'aux
premier novembre; où ayant fait observer audit citoyen Sulleau que ce
n'étoit point là les ordres de la maîtresse de le payer depuis vingt
quatre sols jusqu'à vingt huit sols puisqu'elle avoit ordonné de le
payer à raison de trente sols par jour; sur quoi le dit concierge lui
dit qu'il n'étoit jamais content et comment faisoit-il au château
lorsqu'il n'avoit que vingt sols, à quoi le citoyen Quadot a répondu
qu'il avoit des Bonnes-âmes qui l'aidoit lui est sa famille, est que
sa femme travailloit mais que n'étant plus jeune ni lui non plus ils
seroit bien malheureux qu'ils fussent obligéz d'aller mendier leurs
pains, tandis que lui concierge ne ce contentant pas de sa place
cherchoit encor à retenir le salaire d'un malheureux. Cependant
d'après cette explication il le paya à raison de trente sols par jour
depuis le mois de novembre 1792 (v. style); quand au bois et la
chandelle, il n'en avoit pas la moitié de son besoin.
Voici le précis de son état qu'il vous a exposéz.--Actuellement voici
où ce borne sa demarche auprès de vous citoyens administrateurs.
Le citoyen Flüry garçon du citoyen Sulleau, ordonna le 18 ventôse au
citoyen Quadot dévacuer le logement qu'il occupe dans la maison de
rendre les meubles dans le délai de vingt-quatre heures; le malheureux
Quadot malade d'un coup de pied de cheval qu'il a reçue dans lestomac,
s'en le sols s'en lit pour ce coucher lui et sa famille...
Je pase sous silence a votre humanité le tableau douloureux d'une
famille abandonnée, réduite au désespoir.
N'ayant aucunes resources que de votre justices et ayant une conduite
s'en reproche.
Vous fait la demande de son logement jusqu'au moment où l'on
disposeroit de la maison autrement: en titre de charité après
trente-six ans de service; est vous demande aussi de lui faire avoir
son lit à la prissez un sixième en sus de l'estimation.
Justices qu'il attend de vous citoyens administrateurs ce qui le
pénétrera de la plus vive reconnoissance.
Le citoyen Quadot ne schachant point signée à fait une
X
_La demande du sieur Quadot est appuyée ainsi par sa section._
Les président et secrétaires de la treizième section au nom de leurs
concitoyens atestent que le citoyen Kadot est un bon citoyen, qu'il
est père de quatre enfans dont trois à sa charge et un dans l'armée
révolutionnaire, qu'en outre il est privé de toute fortune. En
conséquence, il invite les membres du district de prendre en
considération son honnêteté, les besoins de sa famille, et de
permettre qu'il reste dans le logement qu'il occupe jusqu'à ce qu'il
plaise à la justice du district d'en ordonner autrement.
Versailles, le 21 ventôse, l'an deuxième de la République une et
indivisible. (11 mars 1794.)
TARDIF, _secrétaire_.
Le registre des délibérations de l'administration du district de
Versailles nous apprend que,
Dans la séance publique du 16 germinal an II (5 avril 1794),
«Ouï l'agent national provisoire,
»L'administration considérant que la position du réclamant exige des
égards; que l'humanité souffrante ne peut qu'engager à secourir les
infortunés;
»Considérant que les intérêts de la République ne doivent pas être
compromis;
»Arrête que le citoyen Kadot jouira provisoirement du logement qu'il
occupe à la ci-devant maison d'Élisabeth Capet, jusqu'à ce qu'il ait
été pris un parti par l'administration pour la vente ou la location de
cette maison.
»Pour expédition,
»BOURNIZET, _Américain_.
»LECLERC, _p._ {le} _s._»
* * * * *
XIV
LETTRE DES PRINCES AU ROI.
SIRE, NOTRE FRÈRE ET SEIGNEUR,
Lorsque l'assemblée qui vous doit l'existence, et qui ne l'a fait
servir qu'à la destruction de votre pouvoir, se croit au moment de
consommer sa coupable entreprise; lorsqu'à l'indignité de vous tenir
captif au milieu de votre capitale, elle ajoute la perfidie de vouloir
que vous dégradiez votre trône de votre propre main; lorsqu'elle ose
enfin vous présenter l'option, ou de souscrire des décrets qui
feroient le malheur de vos peuples, ou de cesser d'être roi, nous nous
empressons d'apprendre à Votre Majesté que les puissances dont nous
avons réclamé pour elle le secours, sont déterminées à y employer
leurs forces; que l'Empereur et le roi de Prusse viennent d'en
contracter l'engagement mutuel. Le sage Léopold, aussitôt après avoir
assuré la tranquillité de ses États et amené celle de l'Europe, a
signé cet engagement à Pilnitz, le 29 du mois dernier, conjointement
avec le digne successeur du grand Frédéric; ils en ont remis
l'original entre nos mains, et pour le faire parvenir à votre
connoissance nous le ferons imprimer à la suite de cette lettre, la
publicité étant aujourd'hui la seule voie de communication dont vos
cruels oppresseurs n'aient pu nous priver.