Ce n'est pas sans mille bonnes raisons que le jeune M. Gaston de
Gandelu, ce miroir de la nouvelle chevalerie parisienne, s'était récrié,
lorsqu'il avait découvert qu'André, un peintre de genre, ignorait
jusqu'à l'existence du sieur Van Klopen.
Ce surprenant industriel jouit, on peut le dire, d'une renommée
européenne.
Pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur ses factures,
illustrées de médailles conquises à toutes les expositions.
On lit d'un côté: _Breveté de S. M. C. la reine d'Espagne_, et de
l'autre: _Fournisseur des cours du Nord_.
Mais Van Klopen n'est pas Alsacien, ainsi que le disait l'intelligent
Gandelu, lequel estime, probablement, que l'Allemagne est un
arrondissement de l'Alsace; Van Klopen est bel et bien Hollandais.
Vers 1850, cet homme intelligent, établi tailleur au centre de sa ville
natale, coupait dans des draps achetés à crédit ces vastes habits et ces
redingotes monumentales qui prêtent aux bourgmestres de Rotterdam une
dignité si particulière.
Le métier ne lui réussit pas.
Déclaré en faillite après des opérations troubles, il fut forcé de
fermer boutique et de fuir pour échapper à la rancune de ses créanciers.
A Paris, ce centre fiévreux de toutes les concurrences, il semblait
destiné à mourir de faim. Point.
On le vit, un matin, louer, rue de Grammont, un appartement de 26,000
francs par an, écrire fièrement sur deux plaques de marbre, de chaque
côté de la porte: