Travlang est un site dédié à la fois aux voyages et aux langues. Créé par

Michael C. Martin en 1994 sur le site de son université alors qu'il était

étudiant en physique (il est maintenant chercheur au Lawrence Berkeley National

Laboratory, en Californie), Foreign Languages for Travelers (Langues étrangères

pour les voyageurs), inclus dans Travlang en 1995, donne la possibilité

d'apprendre 60 langues différentes sur le Web. Translating Dictionaries

(Dictionnaires de traduction) donne accès à des dictionnaires gratuits dans

diverses langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois,

français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais et

tchèque). Le site offre aussi de nombreux liens vers des dictionnaires de

langue, services de traduction, écoles de langue, librairies multilingues, etc.

Michael C. Martin a répondu à mes questions dans son courrier électronique du 25

août 1998.

ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"

MCM: "Je pense que le Web est un endroit idéal pour rapprocher les cultures et

les personnes, et ceci inclut d'être multilingue. Notre site Travlang est très

populaire pour cette raison, et les gens souhaitent se sentir en contact avec

d'autres parties du monde."

ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre activité?"

MCM: "Et bien, nous en avons fait une petite affaire! Internet est vraiment un

outil important pour communiquer avec des gens avec lesquels vous n'auriez pas

l'occasion de dialoguer autrement. J'apprécie vraiment la collaboration générale

qui a rendu possibles les pages de Foreign Languages for Travelers (Langues

étrangères pour les voyageurs)."

ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"

MCM: "Je pense que les traductions intégrales informatisées vont devenir monnaie

courante, et qu'elles permettront de communiquer à la base avec davantage de

gens. Ceci aidera aussi à amener davantage Internet au monde non anglophone."

La LINGUIST List est la section linguistique de la WWW Virtual Library. Elle

donne une série complète de liens sur les ressources linguistiques: profession

(conférences, associations linguistiques, programmes, etc.), recherche et

soutien à la recherche (articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies,

dossiers, textes), publications, pédagogie, ressources linguistiques (langues,

familles linguistiques, dictionnaires, information régionale), et soutien

informatique (polices de caractères et logiciels).

Helen Dry, modératrice de la LINGUIST List, expliquait dans son courrier

électronique du 18 août 1998:

"La LINGUIST List, que je modère, a pour politique d'accepter les informations

dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour linguistes. Nous ne

souhaitons cependant pas que le message soit publié dans plusieurs langues, tout

simplement à cause de la charge de travail que cela représenterait pour notre

personnel de rédaction (nous ne sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste

modérée: avant d'être publié, chaque message est classé par nos

étudiants-rédacteurs dans une section comprenant des messages du même type).

Notre expérience nous montre que pratiquement tout le monde choisit de publier

en anglais. Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui

présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne lit

LINGUIST en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi d'avoir au moins

un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue, afin que les lecteurs

puissent correspondre avec nous dans d'autres langues que l'anglais."

Géré par le Yamada Language Center de l'Université d'Oregon (USA), Yamada WWW

Language Guides (Guides Yamada de langues sur le WWW) est un répertoire de

ressources linguistiques par famille géographique et par ordre alphabétique. Il

comprend des organismes, des écoles de langues, du matériel d'enseignement, des

références culturelles, et des liens WWW.

Language today (La langue aujourd'hui) est un nouveau magazine pour ceux qui

travaillent dans les langues appliquées: traducteurs, interprètes,

terminologues, lexicographes et rédacteurs techniques. C'est une réalisation

commune de Logos, qui procure le site web, et Praetorius, service d'expertise

britannique qui suit l'actualité des développements concernant les langues

appliquées. Le site procure des liens vers des associations de traducteurs, des

écoles de langues et des dictionnaires.

Geoffrey Kingscott, directeur général de Praetorius, a répondu à mes questions

dans son courrier électronique du 4 septembre 1998.

ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"

GK: "Les caractéristiques propres au Web sont la multiplicité de générateurs de

sites et le bas prix de l'émission de messages. Ceci favorisera donc le

multilinguisme au fur et à mesure du développement du Web. Comme celui-ci a vu

le jour aux Etats-Unis, il est encore principalement en anglais, mais ce n'est

qu'un phénomène temporaire. Pour expliquer ceci plus en détail, je dirais que

quand nous comptions sur l'imprimé ou l'audiovisuel (film, télévision, radio,

vidéo, cassettes), l'information ou le divertissement que nous attendions

dépendait d'agents (éditeurs, stations de télévision ou de radio, producteurs de

cassettes ou de vidéos) qui devaient subsister commercialement et, dans le cas

de la radiotélédiffusion du service public, avec de sévères contraintes

budgétaires. Ceci signifie que la quantité de clients est primordiale, et

détermine la nécessité de langues autres que l'omniprésent anglais. Ces

contraintes disparaissent avec le Web. Pour ne donner qu'un exemple mineur tiré

de notre expérience, nous publions la version imprimée de Language Today

uniquement en anglais, dénominateur commun de nos lecteurs. Quand nous utilisons

un article qui était originellement dans une langue autre que l'anglais, ou que

nous relatons un entretien mené dans une langue autre que l'anglais, nous le

traduisons en anglais et nous ne publions que la version anglaise, pour la

raison suivante: le nombre de pages que nous pouvons imprimer est limité, et

déterminé en fonction de notre clientèle (annonceurs et abonnés). Par contre,

dans notre version Web, nous proposons aussi la version originale."

ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre activité?"

GK: "Internet n'a pas apporté de changement majeur dans notre société. C'est un

médium de plus plutôt qu'un médium visant à remplacer les autres."

ML: "Quelle est l'évolution prévue dans les prochaines années?"

GK: "Nous continuerons d'avoir un site web pour notre société, et de publier une

version de notre revue sur le Web, mais ceci ne sera qu'un secteur de notre

travail. Nous utilisons Internet comme une source d'information que nous

distillons ensuite à nos lecteurs, qui autrement seraient confrontés au problème

majeur du Web: faire face à un flux incontrôlé d'informations."

3.2. Répertoires linguistiques

The Ethnologue est la version électronique deThe Ethnologue, 13e éd., (éditrice:

Barbara F. Grimes, avec la collaboration de Richard S. Pittman and Joseph E.

Grimes), publié en 1996 par le Summer Institute of Linguistics (Dallas, Texas,

USA). Ce catalogue de plus de 6.700 langues parlées dans 228 pays est accessible

au moyen de deux outils de recherche: le Ethnologue Name Index (Index des noms

de l'Ethnologue), qui donne la liste des noms de langues et de dialectes et de

leurs synonymes, et le Ethnologue Language Family Index (Index des familles

linguistiques de l'Ethnologue), qui organise les langues en fonction des

familles linguistiques.

Barbara F. Grimes, éditrice de The Ethnologue, écrivait dans son courrier

électronique du 18 août 1998:

"Les pages web multilingues sont de plus en plus utiles, mais elles sont plus

onéreuses à gérer. Nous avons eu des demandes nous demandant l'accès à The

Ethnologue dans plusieurs autres langues, mais nous n'avons pas le personnel ni

les fonds pour la traduction ou la réactualisation, indispensable puisque notre

site est constamment mis à jour.

Internet nous est utile, c'est un outil pratique qui apporte un complément à

notre travail. Nous l'utilisons principalement pour le courrier électronique.

C'est aussi un moyen commode pour mettre notre documentation à la disposition

d'une audience plus large que celle de The Ethnologue imprimé.

D'un autre côté, The Ethnologue sur Internet n'atteint en fait qu'une audience

limitée disposant d'ordinateurs. Or, dans les personnes que nous souhaitons

atteindre, nombreux sont ceux qui n'ont pas accès à des ordinateurs. Je pense

particulièrement aux habitants du dit 'Tiers-monde'."

Créé en décembre 1995 par Yoshi Mikami, de Asia Info Network , The Languages of

the World by Computers and the Internet (Les langues du monde par ordinateur ou

sur Internet), communément appelé Logos Home Page ou Kotoba Home Page, donne,

pour chaque langue, un bref historique, les caractéristiques, le système

d'écriture, le jeu de caractères et la configuration du clavier pour

l'utilisation de l'ordinateur et d'Internet dans la langue donnée.

Dans son courrier électronique du 17 décembre 1998, Yoshi Mikami écrivait:

"Ma langue maternelle est le japonais. Comme j'ai suivi mes études de troisième

cycle aux Etats-Unis et que j'ai travaillé dans l'informatique, je suis devenu

bilingue japonais/anglais américain. J'ai toujours été intéressé par différentes

langues et cultures, aussi j'ai appris le russe, le français et le chinois dans

la foulée. A la fin de 1995, j'ai créé sur le Web The Languages of the World by

Computers and the Internet et j'ai tenté de donner - en anglais et en japonais -

un bref historique de toutes ces langues, ainsi que les caractéristiques propres

à chaque langue et à sa phonétique. Suite à l'expérience acquise, j'ai invité

mes deux associés à écrire un livre sur la conception, la création et la

présentation de pages web multilingues, livre qui fut publié en août 1997 sous

le titre: The Multilingual Web Guide (édition japonaise), le premier livre au

monde sur un tel sujet.

Il y a des milliers d'années de cela, en Egypte, en Chine et ailleurs, les gens

étaient plus sensibles au fait de communiquer leurs lois et leurs réflexions non

seulement dans une langue mais dans plusieurs. Dans notre monde moderne, chaque

Etat a adopté plus ou moins une seule langue de communication. A mon avis,

Internet verra l'utilisation plus grande de langues différentes et de pages

multilingues (et pas seulement une gravitation autour de l'anglais américain) et

un usage plus créatif de la traduction informatique multilingue. 99% des sites

web créés au Japon sont en japonais!"

Disponible sur le site de l'Institut Sabhal Mór Ostaig (Ile de Skye, Ecosse) et

géré par Caoimhín P. Ó Donnaíle, European Minority Languages est une liste de

langues minoritaires - ou rendues minoritaires - disponible par ordre

alphabétique et par famille linguistique. Ce site procure aussi des liens avec

des sites du même type dans le monde entier.

Caoimhín P. Ó Donnaíle écrivait dans son courrier électronique du 18 août 1998:

"Internet a contribué et contribuera au développement fulgurant de l'anglais

comme langue mondiale.

Internet peut grandement aider les langues minoritaires. Ceci ne se fera pas

tout seul, mais seulement si les gens choisissent de défendre une langue.

Le Web est très utile pour dispenser des cours de langues, et la demande est

grande.

La norme UNICODE (ISO 10646) pour les jeux de caractères est très importante et

elle va grandement favoriser le multilinguisme sur le Web."

3.3. Dictionnaires et glossaires

Les dictionnaires en ligne sont de plus en plus nombreux. Voici trois exemples

(francophone, anglophone et multilingue).

Le Dictionnaire francophone en ligne, corpus lexical du Dictionnaire universel

francophone, est publié conjointement par Hachette et l'Agence universitaire de

la Francophonie (AUPELF-UREF), qui expliquent sur le site:

"Voici enfin présentés, sur un pied d'égalité, le français dit 'standard' et les

mots et expressions en français tel qu'on le parle sur les cinq continents.

Voici les termes de la flore et de la faune qui apportent vie et couleur à cet

ouvrage. Ce dictionnaire s'adresse à tous ceux qui, à travers le monde, veulent

voir dans la Francophonie une réalité que l'on désire qualifier de charnelle."

Dans Merriam-Webster Online: the Language Center (Merriam-Webster en ligne: le

centre linguistique), un grand éditeur britannique de dictionnaires met en accès

libre sa collection de ressources en ligne pour la langue anglaise: définition

des mots, orthographe, prononciation, synonymes, exercices de vocabulaire, etc.

Les ouvrages de référence disponibles en ligne sont le WWWebster Dictionary, le

WWebster Thesaurus, le Webster's Third (lexique), le Guide to International

Business Communications, le Vocabulary Builder (questions de vocabulaire

interactives), et le Barnhart Dictionary Companion (nouveaux mots).

Le Logos Dictionary est un dictionnaire multilingue d'environ 8 millions

d'entrées dans toutes les langues. Logos, une société de traduction

internationale dont le siège est à Modène (Italie), met en accès libre les

outils linguistiques utilisés par ses traducteurs: 200 traducteurs sur place,

2.500 traducteurs en ligne dans le monde, environ 200 textes traités

quotidiennement. Outre le Logos Dictionary, ces outils comprennent la

Wordtheque, une base de données multilingue de 325 millions de mots provenant de

romans, documents techniques et textes traduits et présentés dans leur contexte,

Linguistic Resources (Ressources linguistiques), qui regroupe 536 glossaires, et

le Universal Conjugator (Conjugaison universelle), qui propose des tableaux de

conjugaison dans 17 langues différentes.

Dans Les mots pour le dire, un article du quotidien Le Monde en date du 7

décembre 1997, Annie Kahn écrivait:

"Le site de Logos est beaucoup plus qu'un dictionnaire ou qu'un répertoire de

liens vers d'autres dictionnaires en ligne. L'un des piliers du système est un

logiciel de recherche documentaire fonctionnant sur un corpus de textes

littéraires disponibles gratuitement sur Internet. Lorsque l'on recherche la

définition ou la traduction d'un mot, 'didactique' par exemple, on trouve non

seulement le résultat recherché, mais aussi une phrase d'une oeuvre littéraire

utilisant ce mot (en l'occurence, un essai de Voltaire). Un simple clic permet

d'accéder au texte intégral de l'oeuvre ou de commander le livre grâce à un

partenariat avec Amazon.com, le libraire en ligne bien connu. Il en est de même

avec les traductions étrangères. Si aucun texte utilisant ce mot n'a été trouvé,

le système fonctionne alors comme un moteur de recherche et renvoie aux sites

web concernant ce mot. Pour certains termes, il est proposé d'en entendre la

prononciation. Si une traduction manque, le système fait un appel au peuple. A

chacun d'enrichir la base, les traducteurs de l'entreprise valident ensuite les

traductions proposées."

Logos a été créé par Rodrigo Vergara, un réfugié politique chilien qui a émigré

en Italie quand il était étudiant en agronomie pour échapper au régime Pinochet.

Aujourd'hui, à 45 ans, il dirige une entreprise de traduction offrant des

services dans plus de 35 langues, avec un réseau de 300 traducteurs dans le

monde et un chiffre d'affaires de 60 millions de FF.

Dans le même article, Rodrigo Vergara expliquait:

"Nous voulions que nos traducteurs aient tous accès aux mêmes outils de

traduction. Nous les avons donc mis à leur disposition sur Internet, et tant

qu'à faire nous avons ouvert le site au public. Cela nous a rendus très

populaires, nous a fait beaucoup de publicité. L'opération a drainé vers nous de

nombreux clients, mais aussi nous a permis d'étoffer notre réseau de traducteurs

grâce aux contacts établis à la suite de cette initiative."

Les répertoires de dictionnaires sont des outils inappréciables pour les

linguistes. Voici par exemple Dictionnaires électroniques, OneLook Dictionaries

et A Web of Online Dictionaries.

Préparé par la Section française des Services linguistiques centraux (SLC-f) de

la Chancellerie fédérale suisse, Dictionnaires électroniques est classé en cinq

secteurs: dictionnaires monolingues, dictionnaires bilingues, dictionnaires

multilingues, abréviations et acronymes, et informations géographiques.

Dans son courrier électronique du 14 janvier 1999, Marcel Grangier, responsable

de cette section, répondait à mes questions.

ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"

MG: "Le multilinguisme sur Internet peut être considéré comme une fatalité

heureuse et surtout irréversible. C'est dans cette optique qu'il convient de

creuser la tombe des rabat-joie dont le seul discours est de se plaindre d'une

suprématie de l'anglais. Cette suprématie n'est pas un mal en soi, dans la

mesure où elle résulte de réalités essentiellement statistiques (plus de PC par

habitant, plus de locuteurs de cette langue, etc.). La riposte n'est pas de

'lutter contre l'anglais' et encore moins de s'en tenir à des jérémiades, mais

de multiplier les sites en d'autres langues. Notons qu'en qualité de service de

traduction, nous préconisons également le multilinguisme des sites eux-mêmes."

ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre activité?"

MG: "Travailler sans Internet est devenu tout simplement impossible: au-delà de

tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de

la presse électronique, activités de services au profit de la profession des

traducteurs). Internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable

d'informations dans ce que j'appellerais le 'secteur non structuré' de la toile.

Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information

organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de

recherche permettent dans la plus grande partie des cas de retrouver le chaînon

manquant quelque part sur le réseau."

ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"

MG: "La multiplication des langues présentes sur Internet est inévitable, et ne

peut que bénéficier aux échanges multiculturels. Pour que ces échanges prennent

place dans un environnement optimal, il convient encore de développer les outils

qui amélioreront la compatibilité: la gestion complète des diacritiques ne

constitue qu'un exemple de ce qui peut encore être entrepris."

Disponible depuis avril 1996, OneLook Dictionaries (Dictionnaires tous-dans-un),

de Robert Ware, est un moteur de recherche rapide puisant dans plus de 2

millions de mots disponibles dans 425 dictionnaires traitant des domaines

suivants: affaires, informatique/Internet, médecine, divers, religion, sciences,

sports, technologie, généralités et argot.

Dans son courrier électronique du 2 septembre 1998, Robert Ware expliquait:

"A titre personnel, je suis presque uniquement en contact avec des gens qui ne

pratiquent qu'une langue et qui n'ont pas beaucoup de motivation pour développer

leurs aptitudes linguistiques. Etre en contact avec le monde entier change cette

approche des choses. Et la change en mieux! [...] J'ai été long à inclure des

dictionnaires non anglophones (en partie parce que je suis monolingue). Mais

vous en trouverez maintenant quelques-uns."

Le Web of Online Dictionaries (Le Web des dictionnaires en ligne), de Robert

Beard, est un index de plus de 800 dictionnaires en ligne dans 150 langues

différentes, auquel s'ajoutent d'autres sections: dictionnaires multilingues,

dictionnaires anglophones spécialisés, thésaurus et vocabulaires, grammaires en

ligne, et outils linguistiques pour non spécialistes.

Robert Beard a répondu à mes questions dans son courrier électronique du 1er

septembre 1998.

ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"

RB: "On a d'abord craint que le Web représente un danger pour le multilinguisme,

étant donné que le HTML [hypertext markup language] et d'autres langages de

programmation sont basés sur l'anglais et qu'on trouve tout simplement plus de

sites web en anglais que dans toute autre langue. Cependant, les sites web que

je gère montrent que le multilinguisme est très présent et que le Web peut en

fait permettre de préserver des langues menacées de disparition. Je propose

maintenant des liens vers des dictionnaires dans 150 langues différentes et des

grammaires en 65 langues différentes. De plus, comme ceux qui développent les

navigateurs manifestent une attention nouvelle pour la diversité des langues

dans le monde, ceci favorisera la présence de davantage encore de sites web dans

différentes langues."

ML: "Quel a été le bénéfice de l'utilisation d'Internet dans votre vie

professionnelle?"

RB: "En tant que professeur de langues, je pense que le Web présente une

pléthore de nouvelles ressources disponibles dans la langue étudiée, de nouveaux

instruments d'apprentissage (exercices interactifs Java et Shockwave) et de

test, qui sont à la disposition des étudiants quand ceux-ci en ont le temps ou

l'envie, 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Aussi bien pour mes

collègues que pour moi, et bien sûr pour notre établissement, Internet nous

permet aussi de publier pratiquement sans limitation."

ML: "Comment voyez-vous l'évolution vers un Internet multilingue?"

RB: "Internet nous offrira tout le matériel pédagogique dont nous pouvons rêver,

y compris des notes de lecture, exercices, tests, évaluations et exercices

interactifs plus efficaces que par le passé parce que reposant davantage sur la

notion de communication. Le Web sera une encyclopédie du monde faite par le

monde pour le monde. Il n'y aura plus d'informations ni de connaissances utiles

qui ne soient pas diponibles, si bien que l'obstacle principal à la

compréhension internationale et interpersonnelle et au développement personnel

et institutionnel sera levé. Il faudrait une imagination plus débordante que la

mienne pour prédire l'effet de ce développement sur l'humanité."

Depuis 1995, à l'initiative du WorldWide Language Institute (Institut des

langues du monde entier), NetGlos (The Multilingual Glossary of Internet

Terminology) (Le glossaire multilingue de la terminologie d'Internet) est le

projet commun d'un certain nombre de traducteurs et autres professionnels. Ce

glossaire est préparé dans les langues suivantes: allemand, anglais, chinois,

croatien, espagnol, français, grec, hébreu, hollandais/flamand, italien, maori,

norvégien et portugais.

Brian King, directeur du WorldWide Language Institute, a répondu à mes questions

dans son courrier électronique du 15 septembre 1998.

ML: "Comment voyez-vous le multilinguisme sur le Web?"

BL: "Bien que l'anglais soit la langue la plus importante du Web et d'Internet

en général, je pense que le multilinguisme fait inévitablement partie des

futures orientations du cyberespace.

Voici quelques-uns des éléments qui, à mon sens, permettront que le Web

multilingue devienne une réalité:

a) La popularisation de la technologie de l'information

La technologie des ordinateurs a longtemps été le seul domaine d'une élite

'technicienne', à l'aise à la fois dans des langages de programmation complexes

et en anglais, la langue universelle des sciences et techniques. A l'origine,

les ordinateurs n'ont jamais été conçus pour manier des systèmes d'écriture ne

pouvant être traduits en ASCII. Il n'y avait pas de place pour autre chose que

les 26 lettres de l'alphabet anglais dans un système de codage qui, à l'origine,

ne pouvait même pas reconnaître les accents aigus et les trémas, sans parler de

systèmes non alphabétiques comme le chinois.

Le multilinguisme sur le Web · 第 2 / 7 段