LES ANNALES POLITIQUES ET LITTÉRAIRES du 19 septembre 1897 commencent

la publication de _Denise_, cette nouvelle dont je parle au début de

cet article, en laissant planer, par un Avertissement, un doute sur le

véritable auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se

reporter à la REVUE DE PARIS du 2 mai 1841; on y trouvera, page 5,

_Denise_, avec la signature de Paul, son seul et véritable auteur.

Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul dans

une lettre publiée par le JOURNAL DES DÉBATS du 1er juillet 1897. Le

même journal donnait le lendemain une autre note rectificative (qui

émanait de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à

Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je faisais

allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset à un de ses

éditeurs pour se plaindre de cela. Voici cette lettre:

«Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.

«Lundi, 30 septembre [1850].

«Mon cher ami,

«Je vous envoye le catalogue de l'_Assemblée_, où vous trouverez

quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés sous mon nom. Vous

m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification.

J'aimerais mieux en effet que vous me rendissiez ce service,

attendu qu'il est délicat pour moi de parler de mon frère.

«D'ailleurs, votre position, étant _mon éditeur_, vous donne, il

me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du compte,

une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable: le public peut

nous croire complices.

«Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce

que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire dans

d'autres journaux.

«Tout à vous.

«ALFRED DE MUSSET.»

Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'ASSEMBLÉE NATIONALE du 26

juillet 1850, et paraît pour la première fois dans le numéro du 28

juillet; il est fréquemment reproduit, notamment dans le numéro du 21

septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce est ainsi

faite:

«Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.

Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.

Tête et Coeur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.

Les Amours de Planoche et de Mme de Laguette, par Paul de Musset.

2 vol. in-8º.

Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8º.»

Dans ce numéro, qui est probablement celui qui accompagnait la lettre,

le catalogue occupe toute la troisième page et la moitié de la

quatrième. Toutefois, si M. Charpentier a demandé une rectification,

il ne fut pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue à

paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé tel jusque dans le

numéro du 7 décembre 1850.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET

La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des détails biographiques

qu'elle renferme et de sa valeur littéraire, offre ceci de

particulier, que le poète se laisse voir tel qu'il était dans la vie

intime: obéissant à l'impression du moment, il écrit sans affectation,

sans pose, mettant son coeur et son esprit à nu. Le jour où ses

lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui devront être

réformés.

Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses oeuvres complètes

qu'il faut aller chercher cette correspondance. Les trente-cinq

lettres publiées par les soins de son frère Paul, en 1866, à la fin du

tome X de l'édition dite de souscription (OEuvres posthumes), ne

donnent qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et n'en

représentent qu'une partie bien minime.

Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète existent éparses

dans des journaux, des revues ou des livres. Voici, avec l'indication

du recueil dans lequel je les ai trouvées imprimées pour la première

fois, celles qui sont parvenues à ma connaissance.

ARAGO (Alfred).

1.--Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui avait une demoiselle

de compagnie». _Le Monde Illustré_, 27 septembre 1862. Fragment.

AUGIER (Émile).

2.--Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher Augier, une bien

ridicule créature». _Le Gaulois_, 7 août 1893. Je n'ai pu vérifier si,

comme on me l'a dit, c'est cette lettre qui est donnée en fac-similé

d'autographe dans l'_Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne,

en 1892. Paris, 1894. In-folio._

BELGIOJOSO (Mme la princesse Christine Trivulce de).

3.--S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute fausse modestie à

part». _Inventaire des Autographes de M. Fillon. Séries V à VIII.

Étienne Charavay, 1878. In-8º_, page 148, fragment.

BELMONT (Marquis Alfred de).

4.--Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend dans ses _Études et

Récits_ (Plon, 1891, in-12, p. 217) que M. de Belmont «essaya à

plusieurs reprises d'enrôler son ami Alfred de Musset dans la

poursuite du surnaturel, mais il ne put le persuader. Ils avaient eu

entre eux une correspondance suivie que M. de Belmont brûla peu de

temps avant sa mort», survenue en 1857.

BLANC (Edmond).

5.--4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général, lorsque vous

m'avez fait l'honneur de me recevoir». _La Nouvelle Revue_, 15 janvier

1899.

BONNAIRE (Félix), éditeur.

6.--S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes épreuves».

_Bibliographie des OEuvres d'Alfred de Musset par M. Clouard.

Rouquette, 1883. In-8º_, p. XII.

BOUCOIRAN (Jules).

7.--7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame Sand et on

m'apprend qu'elle est à Nohant». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.

BROHAN (Mme Augustine).

8.--15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan, je suis dans les

fers». _Le Parlement_, 6 avril 1883. _Annuaire des Amis des Livres,

11e année. 1890. In-8º_, p. 94.

9.--S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan, de dîner chez

vous». _Catalogue de la bibliothèque de feu M. Yver, 2e partie. Paris,

E. Paul et L. Huart, 1893. In-8º_, no 740. Ne manque que le

post-scriptum.

10.--S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux fois aimable».

_Catalogue d'autographes, vente hôtel Drouot le 13 juin 1890. Paris,

Gabriel Charavay. In-8º,_ No 94, fragment.

11.--S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout hasard». _Alfred de

Musset par Eugène de Mirecourt. Havard, 1854. In-32._ Fragment en

fac-similé d'autographe. _Le Gaulois_, 18 août 1896.

BULOZ (François), directeur de la _Revue des Deux-Mondes_.

12.--Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller

aux Pyrenées». _La Revue de Paris_, 15 août 1896.

13.--(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez la bonté de prier

Mme Dudevant, lorsque vous la verrez». _Revue Bleue_, 3 avril 1897.

14.--S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me rendre le service de

faire donner 200 francs». _Catalogue de la Collection Dentu.

Autographes, tome II, 3e fascicule. 1888. In-8º_, p. 223.

15.--S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant de répondre à

cette simple parole». _Catalogue d'autographes, vente le 8 décembre

1891, hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. In-8º._ No 117. Fragment.

16.--S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la pièce dont je vous

ai parlé. Les uns voudraient que je la fisse siffler». _Bulletin de la

maison Étienne Charavay, no 286. Avril-mai 1898. In-8_, no 42096.

Fragment.

CANTEL (Henri).

17.--23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier des hasards,

il m'a été donné d'apprécier votre charmant talent». _La Revue de

France_, 1er mars 1881. A tenir pour douteuse jusqu'à production de

l'original.

CARJAT (Étienne).

18.--Simple billet répondant à une demande d'autorisation de publier

un portrait-charge dans le _Diogène_: «Monsieur, la gaieté des gens

d'esprit ne m'a jamais fait peur; faites de moi ce qu'il vous

plaira.--Alfred de Musset». _Polichinelle à Paris_, 22 janvier 1857.

CHARPENTIER (Gervais), éditeur.

19.--30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé le catalogue de

l'«Assemblée» où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère».

_Les Héritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour_

_M Charpentier. Paris, 1867, In-8º_, p. 17.--_Revue d'Histoire

littéraire de la France_, 15 janvier 1898.

20.--27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer hier par

Berrurier de vous remettre». _Les Héritiers d'Alfred de Musset contre

M. Charpentier. Mémoire pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8º_, p.

16.

21.--19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai réfléchi depuis que

je vous ai vu...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet.

Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 98.

CLÉSINGER, statuaire.

22.--16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé pour vous voir

ce matin à Madrid». _Catalogue des Autographes de M. A. Bovet, vente

19-21 juin 1884. Paris, Étienne Charavay. In-4º,_ no 910, en

fac-similé.

COLIN (Adèle), devenue Mme Martellet, gouvernante

d'Alfred de Musset.

23.--16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous puissiez vous

éloigner ainsi de moi...» _Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme

Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12_, page 16 et en

fac-similé.

24.--S. D. «Je n'ai pas fermé l'oeil; j'ai les premières attaques de

mes délires».--_Revue de Paris et Saint-Pétersbourg_, décembre 1887,

p. 43.

Mme Martellet prépare en ce moment une deuxième édition de ses

souvenirs, où se trouveront certainement d'autres lettres.

DAVID D'ANGERS, statuaire.

25.--Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service demain pour

presque toute la journée». _Revue de l'Art Français_, 1893, p. 204.

26.--1832? «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de

vos médailles». _David d'Angers et ses relations littéraires

par Henri Jouin, Plon, 1890. In-8º_, p. 67.

DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE.

27.--Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé Latour-Landry,

décerné à Alfred de Musset dans la séance du 17 août. _Le Moniteur

Universel_, 25 août 1848.

DIRECTEUR DU CONSTITUTIONNEl.

28.--Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé de chroniques, de

légendes et de ballades». Sert de préface à la nouvelle «Les frères

Van-Buch». _Le Constitutionnel_, 27 juillet 1844.

DIRECTEURS DE L'EUROPE LITTÉRAIRE.

29.--23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très heureux de pouvoir

entrer pour quelque chose dans la rédaction de votre nouveau journal».

_Supplément au Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8º_, p.

7.--_Revue d'Histoire littéraire de la France_, 15 janvier 1898.

DIRECTEUR DU NATIONAL.

30.--Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal «l'Événement»

à propos des élections de l'Académie». _Le National_, 13 janvier 1849.

DIRECTEUR DE LA PATRIE.

31.--Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par

erreur que j'étais destitué de la place de Bibliothécaire». _La

Patrie_, 20 juin 1848.--_La Presse_, 20 juin 1848. Souvent réimprimée.

DUC D'ORLÉANS.

32.--1838. «Monseigneur, les journaux annoncent que M. Vatout,

bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé». _Catalogue des autographes

de M. Charles Keissner, 12 mars 1889. Gabriel Charavay. In-8º_, no

126, fragment.--_La Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.

DU CAMP (Maxime).

33.--1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers vous.» _Souvenirs

littéraires par Maxime Du Camp. Hachette, 1882. In-8º._ Tome I, p.

153.

DUMAS père (Alexandre).

34.--16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de lire «La France

Nouvelle» et j'irai vous serrer la main». _La France Nouvelle_, 21

juin 1848.

FORTOUL (Hippolyte), ministre de l'Instruction

publique.

35.--27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne puis assez remercier

Votre Excellence des paroles de bonté». _Bibliographie des OEuvres

d'Alfred de Musset, par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8º_, p. XVI.

FOUCHER (Paul).

36.--Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon cher ami, jeudi

prochain». _L'Amateur d'Autographes_, 1er janvier 1867.

GIRARDIN (Mme Émile de), née Delphine Gay.

37.--7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le _Catalogue

d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel Drouot. Paris, Gabriel

Charavay. In-8º_, no 140.

38.--Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que je ne suis pas

conservé en qualité de conservateur». _Études et Récits sur Alfred de

Musset, par Mme de Janzé. Plon, 1891. In-12_, p. 93.

GRENIER (Édouard).

39.--Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps de 1843 et

détruite accidentellement pendant la Commune en 1871. Voir à ce sujet

la _Revue Bleue_ des 3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492.

GUTTINGUER (Ulric).

40.--1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai jamais tenté de

faire une hymne à mon Dieu». _L'Événement_, 12 juin 1885.

HOUSSAYE (Arsène).

Quatre lettres publiées dans: _Les Confessions, par Arsène Houssaye.

Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8º._

41.--1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous me faites, mon

cher maître, honneur et plaisir». Tome I, planche de fac-similé XVII.

42.--1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois par semaine».

Tome I, planche de fac-similé XVII.

43.--1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets». Tome III, p.

253, et précédemment dans le _Figaro_, 2 novembre 1882.

44.--1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de Mme Brohan». Tome V,

planche de fac-similé III.

JANIN (Jules).

45.--(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché hier soir au

Théâtre Français». _L'Événement_, 28 janvier 1886. Souvent réimprimée,

traduite en allemand dans _Frankfurter Zeitung_, 17 janvier 1890.

JAUBERT (Mme Caroline), la «Marraine».

J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié environ des

lettres adressées à «la Marraine» et publiées soit dans les _Souvenirs

de Mme Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12_, soit dans les _OEuvres

posthumes d'Alfred de Musset. Charpentier, 1867. 1 vol. in-12_[88].

Dans cette moitié vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques

lettres imprimées sans changement, le plus grand nombre offre des

retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus que celles

non vérifiées sont dans les mêmes conditions: aussi vais-je donner mes

indications pour tout ce qui est publié[89].

[88] Quelques-unes de ces dernières lettres avaient été publiées

antérieurement dans la _Revue Nationale et Étrangère_ du 1er

avril 1866.

[89] Les lettres dont je n'ai pas retrouvé les autographes sont

précédées d'une astérisque (*).

46.--1er avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je suis enfermé de

nouveau». _Le Clairon_, 27 novembre 1881. Textuel.

A.--(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort, Madame, de n'être

pas venue ce soir au Théâtre Français». _OEuvres posthumes_, p. 203.

Dix lignes et un dessin supprimés à la fin. (Mlle Plessy dans le

_Barbier de Séville_).

B.--27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse m'écrit

qu'elle ne peut me bâtir un sujet». _OEuvres posthumes_, p. 204.

Post-scriptum de cinq lignes supprimé.

47*.--28 juin 1837. «Madame, comme votre départ m'avait un peu vexé».

_Souvenirs_, p. 165.

48.--17 octobre 1837. «Le bruit court que madame Jaubert revient à

Paris». _Souvenirs_, p. 139. Textuel.

49.--(1837). «Marraine, le fieux est déconfit». _Souvenirs_, p. 191.

Deux mots changés sans importance.--_Le Temps_, 12 janvier 1881.

50.--27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le vrai nom du

sentiment qui nous unit». _Souvenirs_, p. 160. Textuel, sauf le mot

«Marraine» mis plusieurs fois à la place de «Amie».

C.--(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement de loge a manqué ce

soir». _OEuvres posthumes_, p. 205. Une phrase changée.

D.--17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma chère marraine, en

croyant que c'était sur vous que je comptais». _OEuvres posthumes_, p.

206. Plusieurs phrases supprimées ou changées.

E.--(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première édition des

_OEuvres posthumes_ (_Charpentier, 1860. In-12_, p. 101), sous le

titre de: _Un souper chez Mlle Rachel_, et dont le texte est

complètement remanié par Paul de Musset. Comme terme de comparaison,

en voici le début, auquel ressemble toute la suite:

MANUSCRIt TEXTE IMPRIMÉ

«J'avais perdu l'adresse «Merci d'abord, madame

exacte d'Angerville; je viens et chère marraine, pour la

de la retrouver trop tard. lettre que vous me communiquez

Merci d'abord de la lettre de de l'aimable _Paolita_.

_Paolita_. Elle est bien gentille, Cette lettre est bien remarquable

mais moins que vous, qui ne et bien gentille; mais

manquez jamais une occasion que dirais-je de vous qui ne

d'envoyer un moment de joie manquez jamais une occasion

à ceux qui vous aiment? Vous d'envoyer un peu de joie à

êtes la seule créature humaine, ceux qui vous aiment? Vous

mâle ou femelle, que êtes la seule créature humaine

je connaisse faite ainsi. Un que je connaisse faite

bienfait n'est jamais perdu: ainsi. Un bienfait n'est jamais

en réponse à votre lettre de perdu. En réponse à votre

Desdémone, je veux vous lettre de Desdémone, je veux

servir un souper chez mademoiselle vous servir un souper chez

Rachel, qui vous Mlle Rachel, qui vous amusera,

amusera peut-être, si nous si nous sommes toujours

sommes toujours du même du même avis, et si

avis. Ma petite scène sera vous partagez encore mon

pour vous _seule_, d'abord admiration pour cette sublime

parce que la noble enfant fille. Ma petite scène

déteste les indiscrétions et sera pour vous seule, d'abord

ensuite parce que, depuis parce que la noble enfant

que je vais quelquefois chez déteste les indiscrétions et

elle, on a fait tant de can-cans, ensuite parce qu'on a fait,

de bavardages et de depuis que je vais quelquefois

niaiseries, que j'ai pris le chez elle, tant de sots

parti de ne pas seulement propos et de bavardages,

dire que je l'avais vue au que j'ai pris le parti de ne

Français. On avait joué pas même dire que je l'ai vue

_Tancrède_, etc...» au Théâtre Français. On avait

joué _Tancrède_, etc...»

[Illustration: Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique,

croquis à la plume par Alfred de Musset.

(transcription)

et alors--l'infortuné est rentré chez lui

et a fumé un grand nombre de cigarettes.

Priez pour lui.

Je vous serre la main en désespéré.]

Dans le dialogue entre Rachel et sa mère, puis entre la tragédienne et

l'auteur, il n'y a pas une seule phrase qui n'ait subi quelque

changement, soit par retranchement, soit par addition. La fin manque

dans l'original et Paul de Musset l'a remplacée par une phrase de sa

façon[90].

[90] Le Catalogue de la Bibliothèque de M. Paul Eudel, 1re

partie, vente du 12 au 14 mai 1898, Paris, Em. Paul et fils,

1898, in-8º, no 243, renferme une curieuse notice sur le

manuscrit et donne p. 105 le fac-similé des huit premières

lignes.

51*.--Lundi, nuit (1839?). «Ma chère marraine, je suis allé deux fois

chez vous aujourd'hui». _Souvenirs_, p. 183.

52*.--Mardi (1839). «Je vous avais écrit une lettre qui commençait

ainsi». _Souvenirs_, p. 185.

53.--Mercredi soir (1839?). «J'ai profondément réfléchi et j'ai

découvert que ce n'était pas la peine». _Souvenirs_, p. 194. Textuel.

54*.--S. D. (1839?). «Votre conseil était bon, chère marraine; venant

de vous, il devait l'être». _Souvenirs_, p. 187.

F.--(Fin mars 1840). «Comment allez-vous, ma chère marraine, et que

faites-vous?» _OEuvres posthumes_, p. 208. Textuel.

G.--Jeudi soir (juin 1840). «Voilà comme vous êtes, vous autres

femmes». _OEuvres posthumes_, p. 211. Nombreuses coupures; plus de la

moitié de la lettre est supprimée.

H.--31 juillet 1840. «Si vous savez pourquoi vous répondez vite et

bien». _OEuvres posthumes_, p. 213. Nombreuses coupures et un dessin

supprimé. (Tombeau d'un homme qui est allé à l'Opéra-Comique).

55.--9 octobre 1840. «Vous êtes à la campagne, vous, je suis à Paris,

moi.» _Souvenirs_, p. 202. Quelques mots changés.--_Illustration_, 22

mai 1880.

56.--19 octobre 1840. «Encore une raison qui fait que je vous réponds

tard». _Souvenirs_, p. 203. Seulement les vingt premières lignes de

cette lettre, qui a huit pages et est ornée d'un dessin. (Rachel me

lance un coup d'oeil à la Hermione).

57*.--Lundi matin (janvier 1841?).--«Madame, je rentre de ma garde,

et, à propos d'une baliverne». _Souvenirs_, p. 220.

I.--13 avril 1841. «Je ne puis aller ce soir chez vous, ma chère

marraine». _OEuvres posthumes_, p. 222. Textuel.

58.--(Juin 1841?). «Ai-je besoin de vous dire, ma petite et blonde

marraine, qu'une note de vous». Cette lettre est publiée dans les

_Souvenirs_, p. 218, comme étant une lettre complète; mais sur une

copie écrite par Paul de Musset, en outre des nombreuses variantes,

cela ne formerait que la seconde partie d'une autre lettre, du 28

octobre 1844, que l'on, trouvera p. 204 des mêmes _Souvenirs_ (no 64).

59.--(2 avril 1842). «Madame, si un atome de moi vivait encore».

_Souvenirs_, p. 108. Textuel.

60*.--(Juin ou juillet 1842?). «Eh bien, madame, vous ne vouliez pas

le croire». _Souvenirs_, p. 196.

J.--Mardi, 26 (juillet 1842). «J'ai grogné tout mon saoul, mais je ne

veux pas écrire». _OEuvres posthumes_, p. 167. Nombreux changements,

plusieurs suppressions.

61*.--Lundi (octobre 1842). «Il faut que je vous aime terriblement,

madame». _Souvenirs_, p. 212.

62*.--Vendredi (octobre 1842). «Ainsi Uranie n'a pas lu la Revue».

_Souvenirs_, p. 209.

63*.--(Novembre 1842?). «Voilà mon frère qui me dit:--Aujourd'hui

vendredi». _Souvenirs_, p. 215.

K.--23 novembre (1842). «Je remercie d'abord la plus petite de toutes,

de n'avoir pas oublié son ancienne coutume». _OEuvres posthumes_, p.

225. Nombreuses coupures.

[Illustration: _Alfred de Musset et Rachel_, croquis à la plume par

Alfred de Musset.]

64*.--Vendredi, 28 (octobre 1844). «Ce qui fait qu'on n'a pas répondu

plus tôt à sa marraine, c'est que le fieux». _Souvenirs_, p. 204. Voir

no 58.

65.--(1851). Billet. _Souvenirs_, p. 224.

66*.--S. D. «Est-ce que nous sommes brouillés aussi, marraine».

_Souvenirs_, p. 207.

67*.--S. D. Dimanche. «Je ne suis pas content, marraine, je suis

ennuyé et dérangé». _Souvenirs_, p. 217.

68*. S. D. «Madame, il vous est arrivé certainement très souvent de

souffler dans un ballon sec». _Souvenirs_, p. 194. _Le Temps_, 12

janvier 1881.

69*.--S. D. «J'ai besoin d'un renseignement musical que ma soeur me

dit ne pas pouvoir me donner». _Souvenirs_, p. 176.

70*.--S. D. «Mon grand-père avait fait un jour acquisition de deux

petits boeufs d'airain». _Souvenirs_, p. 180. Une phrase changée.

71.--S. D. «Voulez-vous, madame, être assez bonne pour me renvoyer les

romances de M. Cervini». _Inventaire des Autographes Fillon. Séries V

à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8º_, p. 147.

LEVRAULT (Mme), banquier, à Strasbourg.

Trois lettres publiées dans les _Annales de l'Est_, no 4, octobre

1887.

72. Bade, 18 septembre 1834. «Madame, vous avez peut-être déjà reçu du

directeur de la _Revue des Deux-Mondes_ un mot d'avis».

73.--Bade, septembre 1834. «Madame, j'ai écrit à Paris pour qu'on me

fasse passer quelqu'argent».

74.--Strasbourg, octobre 1834. «Madame, je pars à l'instant et je ne

puis vous remercier moi-même».

LISZT (Frantz).

Deux lettres publiées dans _Études et Récits sur Alfred de Musset,

par Mme la vicomtesse de Janzé. Plon, 1871. 1 vol. in-12._

75.--20 juin 1836. «Votre lettre, mon ami, m'a fait double plaisir»,

p. 20.

76.--Novembre 1836. «Je voulais aller vous voir aujourd'hui, mon cher

Liszt», p. 192.

MARETTE (Monsieur), à Paris.

77.--31 mars 1840. Billet par lequel il le prie de remettre ses

appointements au porteur. _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.

MÉRIMÉE (Prosper).

78.--1832. «Au moment de terminer mes épreuves, j'ai oublié de vous

demander une autorisation». _Revue rétrospective_, 1er mai 1891.

MONTALIVET (le Comte de).

79.--23 octobre 1838. «Monsieur le Comte, permettez-moi de vous

témoigner la vive reconnaissance». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899.

MUSSET (Mme Edmée de), sa mère.

80.--14 septembre 1848. «Je ne pouvais, ma chère mère, recevoir une

meilleure nouvelle». _Nouvelle Revue_, 15 janvier 1899, fragment.

MUSSET (Paul de), son frère.

81.--1er décembre 1842. «Je te remercie de tout mon coeur, mon cher

ami, de la bonne lettre que tu m'écris». _Biographie d'Alfred de

Musset par Paul de Musset. Charpentier, 1877. In-12_, p. 283. Deux

coupures.

PÉHANT (Émile), à Nantes.

82.--29 novembre 1854. «Monsieur, je n'avais point oublié votre nom,

mais je ne savais pas que vous habitiez Nantes.» _Jeanne la Flamme,

par Émile Péhant. Hachette, 1872. In-12_, p. IX.

RENDUEL (Eugène), éditeur.

Deux lettres, publiées dans _Le Romantisme et l'éditeur Renduel_, _par

Adolphe Jullien_. _Charpentier, 1897_, 1 vol. in-12.

83.--9 septembre 1832. «Monsieur, je voudrais bien que vous

m'écrivissiez franchement», p. 172.

84.--Lundi, 1832. «Voilà qui s'appelle agir d'une façon aimable», p.

174.

SAINTE-BEUVE.

Documents Inédits sur Alfred de Musset · 第 14 / 17 段