UN TREMBLEMENT DE TERRE DANS LES BALKANS

De brèves dépêches, qui ont passé un peu inaperçues, ont annoncé, voici

trois semaines, qu'un tremblement de terre s'était produit en Bulgarie,

et avait eu une légère répercussion jusqu'à Bucarest, à Salonique et à

Temesvar, en Hongrie.

Ces informations n'avaient pu laisser prévoir l'étendue de la

catastrophe, qui, à ce moment critique de l'histoire bulgare, a été

considérée par les populations superstitieuses comme un fléau de Dieu:

on imagine l'impression qu'a dû faire parmi elles l'écroulement de la

vénérable église Sainte-Bogoroditza, où fut couronné, en 1908, le roi

Ferdinand: il n'en reste aujourd'hui que des ruines lamentables.

A Sofia, le tremblement de terre, faiblement ressenti, ne causa, par les

rues, qu'une assez vive panique, rapidement calmée. C'est à Tirnovo, la

vieille capitale bulgare, et dans ses environs, qu'il a exercé ses plus

grands ravages.

[Illustration: Ce qui reste de l'église Sainte-Bogoroditza, à

Tirnovo.--_Phot. Tolnai Vilaglapja._]

Nos photographies--qui furent prises à grand'peine et, nous dit-on,

malgré la défense des autorités peu désireuses de voir se répandre de

trop impressionnantes images--attestent, mieux qu'aucun récit,

l'importance de la catastrophe. A Tirnovo, outre l'église

Saint-Bogoroditza, le gymnase, qu'une première secousse avait endommagé

fortement, comme le montre un de nos clichés, fut anéanti par une

seconde: des blessés de la guerre, pour la plupart officiers, qui y

étaient soignés, périrent, ensevelis sous les décombres.

La ville voisine de Gorna-Oréchovitza a été également très éprouvée. A

lui seul, l'effondrement du lycée de jeunes filles a fait près de

soixante victimes, dont dix-huit furent tuées sur le coup. Et c'est un

sentiment de profonde pitié que provoque le spectacle de ces petites

mortes couchées en leurs cercueils fleuris, auprès desquels les parents

agenouillés viennent une dernière fois pleurer.

[Illustration: UN DEUIL NATIONAL EN BULGARIE.--Après l'effondrement du

lycée de jeunes filles, à Gorna-Oréchovitza: les cercueils fleuris des

victimes.]

[Illustration: Un iceberg de 280 mètres de long sur 160 mètres de large

et 70 mètres de hauteur apparente, rencontré, sur la route du Havre à

Québec, par le steamer français _Caroline._]

L'Illustration, No. 3671, 5 Juillet 1913 · 第 26 / 47 题