[Note 97 : Il ne semble pas que cette caisse soit parvenue à

destination. On en est ainsi réduit à la note géologique sommaire

qu’on trouvera à la fin de ce volume.]

[Note 98 : Il y avait là, évidemment, une extorsion concertée. La

caravane étant allée, selon l’usage, camper la veille de son

départ loin de la ville, il fallait à tout prix la rejoindre avec

les bagages le même soir.]

[Note 99 : Voir, pour cette partie du voyage, les feuilles 12

(Mourzouk) et 19 (Agadez) de la carte d’Afrique au 1/2.000.000 de

M. de Lannoy de Bissy.]

[Note 100 : Erwin de Bary avait observé en dessous des couches

de grès brun qui forment les terrasses supérieures du plateau de

Tayta, au nord-est de Ghât, des affleurements de couches également

horizontales de marnes et schistes argileux en feuillets très minces,

de couleur jaune clair, rouge, brune ou grise, alternant avec des

calcaires gris (_Zeitschrift der Gesellsch. für Erdkunde in Berlin_,

1877, XII, p. 77-79).]

[Note 101 : Nous avons supprimé ici et dans les pages qui suivent

une série de lectures de boussole et autres indications qui n’ont

d’intérêt que pour la construction de l’itinéraire.]

[Note 102 : En arabe _cheggaa_, en touareg _djemda_. (Foureau, _Essai

de catalogue des noms arabes et berbères_, etc., Paris, 1896, p. 12.)]

[Note 103 : _Cornulaca monacantha_ Del. C’est une des plantes

favorites des chameaux.]

[Note 104 : Nom inconnu. Il faut sans doute lire Ghât.]

[Note 105 : Nous employons le terme aujourd’hui admis de _reg_,

bien que de Bary n’en use pas lui-même (il dit _Kiesebene_),

pour désigner cette forme particulière de terrain à surface plane

et ferme, constituée par des graviers roulés plus ou moins gros,

auxquels se mêlent parfois de petits débris de roche.]

[Note 106 : L’oued Tarhareben de la carte de Barth (_Reisen_, I,

pl. 5).]

[Note 107 : Groupe de puits où bifurquent les routes de l’Aïr à

Ghadamès et de l’Aïr au Touât.]

[Note 108 : Erwin de Bary se plaint plus haut de l’incohérence des

renseignements fournis par les Kel-Ouï, en voici un exemple. On sait

que le pays des Tibbous est à l’est de l’Aïr, et que celui des

Aouélimiden à l’ouest du même pays.]

[Note 109 : Le vrai nom de cet arbre est _teborak_ (Foureau, _Catalogue

des noms arabes et berbères_, etc., p. 42). C’est le _Balanites

aegyptiaca_ Del., en arabe _hadjilidj_, arbre caractéristique du

Soudan septentrional. Barth, dont l’itinéraire reste un peu plus à

l’ouest, a signalé son apparition sous la même latitude (_Reisen_,

I, p. 294).]

[Note 110 : Acacias gommiers.]

[Note 111 : Campement des Touareg Azdjer situé dans l’Anahef,

sur une route plus occidentale (carte de Barth).]

[Note 112 : Drine des Arabes (_Arthratherum pungens_).]

[Note 113 : _Pulicaria undulata_ L. (Foureau, _Essai de catalogue

des noms arabes_, etc., p. 5).]

[Note 114 : _Leptadenia pyrotechnica_ R. Br.]

[Note 115 : Ne s’agirait-il pas du séné, _Cassia obovata_,

dont Barth a noté la limite nord sur sa carte, presque sous la

même latitude ? C’est ce qu’il est difficile de dire, attendu

que, comme l’a déjà remarqué Ascherson (_Pflanzen des mittlern

Nord-Afrika_. p. 474), de Bary n’a nommé nulle part le séné,

qui existe cependant dans l’Aïr.]

[Note 116 : _Euphorbia calyptrata_ Coss.]

[Note 117 : Le voyageur a évidemment confondu avec des basaltes des

roches éruptives anciennes, telles que des porphyrites.]

[Note 118 : C’est-à-dire : c’est là que finissent les terrains

de parcours des Touareg du Nord, et que commencent ceux des Touareg

d’Aïr. Barth, qui a passé plus à l’ouest, place cette limite

à Asiou, sous la même latitude. Quant aux districts habités,

ils sont situés bien plus loin au sud.]

[Note 119 : D’après Duveyrier et le _Catalogue_ Foureau, ce

nom s’applique tantôt au _Maerua rigida_ R. Br., observé par

Duveyrier à Ouererat, au nord de Ghât, tantôt un arbre différent,

encore indéterminé. Ascherson ne cite pas le _Maerua rigida_ parmi

les espèces de l’Aïr déterminées avec certitude. Mais de Bary

nomme le _Maerua rigida_ en toutes lettres, et comme il avait avec

lui l’ouvrage de Duveyrier, qui en donne la description détaillée,

il n’est guère admissible qu’il ait pu s’y tromper.]

[Note 120 : Ici l’itinéraire de de Bary rejoint celui de Barth.]

[Note 121 : Sans doute l’_alouet_ du catalogue Foureau. Désigne

probablement la _Moricandia suffruticosa_ Coss., en arabe

_foul-el-djemel_, signalée comme fréquente dans l’Ahaggar et

très recherchée des chameaux (v. Duveyrier, _les Touareg du Nord_,

p. 150).]

[Note 122 : Semble être une variété de l’_Arthratherum pungens_,

le _drine_ du Sahara algérien (Foureau, _Catalogue des noms arabes

et berbères_, etc., p. 36).]

[Note 123 : Cette plante est répandue dans toutes les oasis du

Sahara, jusqu’en Tripolitaine, mais nulle part, sauf au Soudan,

elle n’atteint pareille taille.]

[Note 124 : E. de Bary le nomme plus loin : c’est Iferouane.]

[Note 125 : La véritable dénomination est _Serki-n-touraoua_, ce qui

veut dire en langue haoussa « consul des blancs » (Barth). On appelle

ainsi au Haoussa le fonctionnaire chargé de servir d’intermédiaire

aux Arabes dans leurs rapports avec les sultans noirs.]

[Note 126 : Pièce de cotonnade blanche d’environ 22 mètres.]

[Note 127 : Cette observation a son importance. Elle prouve qu’à

l’ouest des massifs que Barth a portés sur sa carte (Timgué,

Boundaï, etc.), il en existe d’autres, non moins élevés

peut-être, et que la zone montagneuse de l’Aïr est plus large

qu’on ne se le figure généralement.]

[Note 128 : Plante non déterminée.]

[Note 129 : Il est visible que le chef de la caravane a évité

les endroits habités, afin que le voyageur arrivât sans encombre

jusqu’à la résidence de son protecteur, le hadj Bilkhou.]

[Note 130 : Le Boundaï de Barth.]

[Note 131 : Probablement l’Adjouri de Barth.]

[Note 132 : Les sangliers sont inconnus dans les autres oasis du

Sahara. Ils représentent dans l’Aïr, comme les crocodiles dans

le massif central, une faune de survivants, aujourd’hui isolés

par le désert.]

[Note 133 : Les Stapélies appartiennent à la flore de l’Afrique

du Sud ; c’est la première fois qu’une espèce de ce genre est

signalée au Sahara, où d’autres plantes grasses de la famille

des asclépiadées (ex. _Calotropis procera_) sont fréquentes.]

[Note 134 : Le jujubier (_Zizyphus lotus_ L.) est en effet un arbuste

nettement méditerranéen, qui ne dépasse pas vers le Sud la hamada

el-Homra. Par contre, on le retrouve dans le massif central du Sahara,

où les Touareg l’appellent _tabaket_, _tazzougart_ (_Catalogue_

Foureau, p. 37).]

[Note 135 : Barth n’avait signalé dans l’Aïr que des cônes

trachytiques.]

[Note 136 : Qui resta lettre morte, le serki étant parti faire un

séjour à Sokoto.]

[Note 137 : Tribu touareg redoutée à cause de ses habitudes de

pillage, et le plus souvent alliée aux Aouélimiden contre les

Kel-Ouï (voir Barth, _Reisen_, I, p. 383). « Les Kel-Ouï, écrivait

E. de Bary plus tard, sont en guerre continuelle avec les Aouélimiden

et les Kel-Fadé, de sorte que, depuis des années, aucune caravane

d’Agadès n’a pris la route de l’ouest. Des bandits recrutés

chez les Kel-Guérès, les Aouélimiden et les Kel-Fadé infestent

de même la route d’Agadès à Sokoto, et seules de très grandes

caravanes peuvent s’y risquer. » (Lettre d’Adjiro, 1er avril

1877, publiée dans les _Verhandl. der Geselsch. für Erdkunde_,

1877, p. 246.)]

[Note 138 : C’est la première fois qu’il en est fait mention.]

[Note 139 : Barth dit au contraire que les Kel-Ouï sont venus du

Nord-Ouest (_Reisen_ I, p. 372).]

[Note 140 : Il ne s’agit évidemment ici que de la partie de la

région qui confine à Agadès.]

[Note 141 : Il y a là un renseignement à retenir. Il est vrai que

la mode est changeante, et que tel article demandé en 1877 peut ne

plus l’être aujourd’hui. Les agates ne figurent pas sur la liste

des marchandises importées par les caravanes en 1862, d’après le

rapport du commandant Mircher (_Mission de Ghadamès_, p. 39).]

[Note 142 : Au dire des Touareg Taïtoq faits prisonniers en 1889,

Talabe est situé à quatre jours au nord-ouest d’Agadès. C’est

un bas-fond, récepteur de plusieurs oueds venant de l’est,

et couvert d’une véritable forêt d’arbres divers (Bissuel,

_les Touareg de l’Ouest_, p. 191). Si l’information donnée à

E. de Bary est exacte, l’oued Aouderas, dont Barth a traversé la

vallée supérieure en allant à Agadès, se prolongerait donc dans

la direction du nord-ouest sur une distance de plusieurs journées

de marche.]

[Note 143 : Cette évaluation est plus forte que celle de

l’informateur de Richardson, qui estimait les forces réunies

du Gober et du Maradé à 1500 hommes (_A Narrative of a Mission

to Central-Africa_, II, p. 104). Les autres renseignements cadrent

parfaitement avec ceux de Richardson, Barth, Staudinger, et Monteil sur

ce mystérieux peuple gober, ennemi acharné des peuples de Sokoto.]

[Note 144 : Voir plus haut.]

[Note 145 : Allusion aux Touareg Taïtoq de l’Ahenet, qui vont se

ravitailler dans l’oued Telak. E. de Bary mentionne ailleurs encore

un autre grief : « Depuis trois ans, aucun Hoggar n’est venu dans

l’Aïr. Cela tient à leur refus obstiné de rendre des chameaux

volés au marabout El-Bakkay de Tombouctou, et cela malgré les

représentations du hadj Bilkhou, qui a pris fort mal la chose. »

(Lettre citée, _Verhandl. der Ges. für Erdkunde_, p. 246). Les

Hoggar pouvant se ravitailler au Touât se souciaient peu, évidemment,

du mécontentement des Kel-Ouï.]

[Note 146 : L’autorité du sultan d’Agadès est purement

nominale. « Tout son rôle, dit encore E. de Bary, se borne à faire

percevoir un tribut sur les caravanes qui viennent du Nord. (De

là ce nom de serki-n-touraoua, consul des blancs, que portait le

malandrin qui avait dépouillé le voyageur.) Quant aux Kel-Ouï,

ils ne paient de tribut ou de redevance d’aucune sorte, et chaque

cheikh traite à sa guise les affaires intérieures de sa tribu. »

(Lettre citée, p. 251.)]

[Note 147 : La même information a été recueillie récemment

par le lieutenant de vaisseau Hourst (_la Mission Hourst_, Paris,

p. 225, 1897).]

[Note 148 : Renseignement erroné, que le voyageur a rectifié plus

tard (voir plus loin p. 139).]

[Note 149 : Et non en sténographie.]

[Note 150 : Cette nécessité d’aller chercher des vivres au Soudan

n’était pas un fait anormal. L’Aïr ne suffit pas à nourrir la

population qui l’habite. « Sans le commerce du sel, dit Richardson,

la population se verrait dans l’alternative de périr ou d’émigrer

au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_, II,

p. 138).]

[Note 151 : Les rapports des Kel-Guérès avec les Kel-Ouï d’Aïr

sont des plus curieux. « Bien qu’ils soient nominalement les uns

et les autres sous la suzeraineté du sultan d’Agadès, ils sont

très souvent en guerre, et ne font d’armistice que lorsque leurs

intérêts commerciaux l’exigent. Alors les Kel-Ouï apportent le sel

de Bilma à Agadès et l’échangent auprès des Kel-Guérès contre

les produits du Soudan. Les Kel-Guérès ne restent que peu de jours

à Agadès, et retournent ensuite dans leur région de l’Ader. »

(E. de Bary, lettre citée, p. 251.)]

[Note 152 : Ce renseignement n’était pas plus exact que

l’autre. Erwin de Bary découvrit plus tard qu’il n’y avait pas

eu de successeur, par l’excellente raison que le sultan n’était

pas mort. Il avait simplement fait un séjour à Sokoto pour recueillir

la succession d’une de ses femmes.]

[Note 153 : La question de savoir d’où vient l’eau des salines

de Bilma est actuellement insoluble.

Rohlfs mentionne un courant souterrain allant d’est en ouest (_Quer

durch Afrika_, I, p. 249). Nachtigal et Monteil ne parlent que d’une

nappe abondante, très proche de la surface du sol.]

[Note 154 : Richardson (_A Narrative of a Mission to Central-Africa_,

p. 117) et Barth (_Reisen_, I, p. 572) nous ont décrit l’_Aïri_

ou caravane du sel que les Kel-Ouï organisent chaque année pour

chercher le sel de l’oasis de Bilma. Mais on n’avait jusqu’ici

aucun détail sur l’itinéraire suivi. Barth donne seulement un

itinéraire d’Agadès à Bilma, par une route plus méridionale et

plus pénible encore, puisqu’on y compte huit jours de marche sans

eau (_Reisen_, I, p. 532).]

[Note 155 : Voir plus haut p. 124.]

[Note 156 : Cette décadence n’est pas récente : elle a commencé

dès la fin du siècle dernier. Alors, dit Barth, la majeure partie

des habitants émigra à Katsena, à Tessaoua, à Maradé et à

Kano. Agadès, qui, d’après l’évaluation faite par Barth sur

place, a pu contenir jusqu’à 50.000 âmes, n’en comptait plus

qu’environ 7000 en 1850 (_Reisen_, I, p. 518-520).]

[Note 157 : On peut se demander si cette crainte était réelle. Voir

p. 172, ce que dit l’auteur des rapports du hadj Bilkhou avec le

sultan d’Agadès.]

[Note 158 : Infidèle.]

[Note 159 : Ce nom ne figure ni dans le _Catalogue_ Foureau, ni dans

celui d’Ascherson.]

[Note 160 : On voit qu’en 1877 les esclaves continuaient à

être un des articles principaux du commerce transsaharien à

Ghât. Avant même d’arriver dans cette ville, E. de Bary en avait

eu d’ailleurs la preuve. Le 3 octobre 1876, dans l’oued Lajâl,

il avait vu passer un de ces convois d’esclaves, qui allait de Ghât

en Tripolitaine. Le 1er septembre, son compagnon de voyage, le marchand

tripolitain Mustapha Sammit, associé avec un Italien pour le commerce

du Soudan, avait vendu un nègre sans en faire mystère. (Reisebriefe

aus Nord-Afrika, _Zeitsch. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, XII,

p. 167 et XV, p. 56.)]

[Note 161 : Acacia gommier (_Acacia tortilis_, ou _Acacia Seyal_).]

[Note 162 : Evidemment le _tadjdjart_ de Duveyrier, qui le signale

dans l’Ahaggar (_les Touareg du Nord_, p. 166).]

[Note 163 : Espèce non déterminée.]

[Note 164 : Située d’après Barth à cinq jours d’Agadès

(_Reisen_, I, p. 527).]

[Note 165 : La Teguidda de Barth, située à trois journées de

marche d’Ingal et à cinq journées dans l’ouest-sud-ouest

d’Agadès. Barth dit également qu’on y recueille du sel

de très bonne qualité et a cru pouvoir l’identifier avec la

ville de Takedda, célèbre au XIVe siècle par ses mines de cuivre

(Ibn-Batoutah). Mais ni Barth, ni Duveyrier, ni E. de Bary n’ont

recueilli la moindre information au sujet de cette ancienne cité

et de ces mines. Il y a là un intéressant problème réservé aux

explorateurs de l’avenir.]

[Note 166 : Probablement Alimsar, qui, d’après les récentes

informations du lieutenant de vaisseau Hourst, fut le prédécesseur

de l’amenokal actuel des Aouélimiden (_la Mission Hourst_, p. 229).]

[Note 167 : Nom donné par les gens de l’Aïr aux Taïtoq de

l’Adrar Ahenet.]

[Note 168 : Touareg du Fezzan.]

[Note 169 : Voir plus haut, p. 107.]

[Note 170 : Allusion à une information curieuse fournie à Duveyrier

par des Tibbous. Il existerait à Anaï, sur la hamada, à peu près

à mi-chemin entre la route de Ghât à l’Aïr et la route de Bilma,

des traces de roues et des sculptures rupestres « représentant un

convoi de chars traînés par des bœufs à bosse et conduits par

des hommes » (_les Touareg du Nord_, p. 458). E. de Bary revient

plus loin sur cette question.]

[Note 171 : On remarquera le changement d’humeur du cheikh, depuis

que le voyageur avait décidé de retourner à Ghât, au lieu d’aller

vers le sud.]

[Note 172 : Duveyrier avait signalé de même, d’après ses

informateurs, des ruisseaux permanents dans le haut de l’Ahaggar

(_les Touareg du Nord_, p. 88). On sait que la mission Flatters

avait trouvé un filet d’eau et des poissons dans l’oued Amguid,

sur le Haut-Igharghar (_Documents relatifs à la mission Flatters_,

Paris, 1885, p. 330). Rien ne montre mieux l’action bienfaisante

des montagnes, qui jouent le rôle de condensateurs dans le désert.]

[Note 173 : L’Aïr est jusqu’ici la seule oasis saharienne où

le lion ait été signalé. On ne l’a retrouvé qu’au Soudan,

au delà des plateaux arides qui séparent le Soudan de l’Aïr.]

[Note 174 : Observation de grande importance pour l’histoire

des races de l’Afrique dans l’antiquité. En effet, sur un mur

du temple de Medinet-Habou, près de Thèbes, on voit Ramsès III

amenant devant Ammon et la déesse Moût, parmi d’autres vaincus,

les représentants enchaînés des peuplades libyennes de l’ouest,

lesquels ont tous, d’un côté de la tête, la longue tresse ou

boucle recourbée, tombant sur le cou par-devant l’oreille (de

Rougé). De tous les peuples dont les anciens Egyptiens nous ont

conservé l’image, _ceux-là seuls sont ornés de cette coiffure

singulière_. D’autre part, nous savons par Hérodote que les

Maxyes, une des principales tribus libyennes, avaient coutume de

tresser leurs cheveux sur le côté droit de la tête (_Histoires_,

IV, chap. 191), et l’on s’accorde à reconnaître en ces Maxyes la

tribu des Machouach, la principale de celles qui, sous Ramsès III,

envahirent l’Egypte. La facilité avec laquelle les sons _s_,

_z_, _ch_ se substituent l’un à l’autre dans les dialectes

berbères, avait permis de se demander si ces Machouach, Maxyes, ces

barbares de l’Ouest n’étaient pas tout simplement des Mazigh,

des Berbères. Et le général Faidherbe remarquait à ce sujet que

les Zenaga, restes d’une antique tribu berbère, qui occupait le

Sahara occidental au moyen âge, ont conservé l’emploi de la tresse

libyenne. D’autre part, la chronique mzabite d’Abou-Zakaria,

publiée par M. Masqueray, nous montre le fils de l’imam de la

vieille cité berbère de Tahert (Tiaret) occupé à faire tresser

ses cheveux par sa sœur. Mais ces indices étaient trop peu nombreux

pour qu’on en pût tirer une conclusion positive.

Jusqu’ici, on n’avait pu constater chez les Touareg la survivance

d’une pareille coutume. L’observation d’Erwin de Bary, suivie

d’une autre plus précise (voir le 6 juin), prend d’autant

plus d’importance que les Kel-Fadé sont une des tribus touareg

chez qui la pureté de la race n’a pas été altérée (Barth,

I, p. 384). Erwin de Bary a vu un peu plus tard (13 août) des

Ifoghas d’Es-Souk coiffés de même. Or, Es-Souk (Tadmekka), au

nord-est du coude du Niger, est désignée comme un des endroits

où les Touareg étaient primitivement établis. Il est assurément

significatif de voir que l’usage de la tresse libyenne s’est

conservé précisément chez les tribus touareg restées en place,

ou indemnes de toute intrusion de sang étranger.]

[Note 175 : Tombeau de pierres brutes. Voir plus haut.]

[Note 176 : Il s’agit soit de la grande tribu des Beraber, qui a ses

terrains de parcours dans le Sahara marocain, soit plutôt de la tribu

arabe des Berabich, qui tient la route des caravanes entre Araouan et

Tombouctou. Les Berabich sont en hostilité constante avec les Touareg

Hoggar, et notamment avec les Taïtoq. La participation des Ifoghas à

cette razzia est une nouvelle preuve des instincts pillards de cette

tribu, dont Duveyrier avait fait trop exclusivement une communauté de

marabouts pacifiques, qui ne portent les armes que pour se défendre.]

[Note 177 : _Tarakate_ du _Catalogue_ Foureau. _Grewia spec. ?_]

[Note 178 : Dans le Tibesti.]

[Note 179 : Nom inconnu.]

[Note 180 : _Balanites aegyptiaca_ Del.]

[Note 181 : M. Foureau cite en effet dans son vocabulaire une solanée

(_Solanum sodomaeum_) qui porte le nom arabe de _tefah-en-noum_

(p. 43).]

[Note 182 : Barth a observé une crue semblable à la date du 1er

septembre (_Reisen_, I, p. 356).]

[Note 183 : Le texte original ne permet pas de savoir si ces tresses

pendent du même côté de la tête.]

[Note 184 : Barth écrit Arar dans son livre, Adar sur sa

carte. Il parle également de la puissance de leur cavalerie

(I, p. 388). L’Adar est situé au nord du Sokoto, et certains

auteurs le mettent à tort au nombre des provinces de cet empire

: les Kel-Guérès n’ont jamais cessé d’être parfaitement

indépendants.]

[Note 185 : C’est une opinion courante dans l’Aïr, car Barth

avait déjà recueilli la même information : « Toutes les vallées

descendant vers l’ouest s’élargissent dès qu’elles sortent

de la montagne, et se perdent peu à peu, sans se réunir (_Reisen_,

I. p. 587). Mais il faut tenir compte de l’ignorance relative

des habitants de l’Aïr, ayant peu ou point de rapports avec leurs

voisins de l’ouest. Et si l’on considère que le cheikh Othman des

Ifoghas avait donné à Duveyrier une version contraire (selon lui,

l’oued Tafassasset recevait dans son cours inférieur de nombreux

affluents venant de l’Aïr), on ne peut regarder la question comme

tranchée.]

[Note 186 : Les Kel-Atarar de Barth. Barth dit seulement qu’ils

habitent au voisinage d’Agadès et n’ont pas la meilleure

réputation (_Reisen_, I, p. 382).]

[Note 187 : Richardson et Barth avaient dit la même chose : « La

caravane du sel, écrit Richardson, est pour l’Aïr une question de

vie ou de mort... Sans ce sel (qu’on échange contre les vivres du

Soudan), la population se verrait bientôt dans l’alternative de

périr ou d’émigrer au Soudan. » (_A Narrative of a Mission to

Central-Africa_, II, p. 138). « On pourrait planter beaucoup plus

de mil, mais la culture, restreinte aux fonds étroits des vallées,

ne pourra jamais fournir assez de grains pour les besoins de ceux

qui les habitent. » (Barth, I, p. 588.)]

[Note 188 : Espèce non déterminée.]

[Note 189 : Voir plus haut, p. 161.]

[Note 190 : _Rhezer_ n’est pas un nom propre. On appelle Kel-Rhezer

ou Kel-Rhazar, « gens de la vallée », les habitants de la grande

vallée de Seloufiet et Tintarhodé (Barth, I, p. 380).]

[Note 191 : C’est pour cela sans doute que Hadj Bilkhou empêcha

le voyageur d’aller à Agadès.]

[Note 192 : En faisant dresser la note des vivres qu’on lui avait

fournis, avec l’intention de la solder une fois revenu à Ghât,

E. de Bary ne tenait nul compte des coutumes sahariennes, qui veulent

qu’un homme bien élevé ne paye pas les vivres qu’on lui offre,

mais réponde par un cadeau de valeur supérieure à ce qu’on lui

a offert.]

[Note 193 : Ou Tekindouhir.]

[Note 194 : Voir plus loin, appendice I.]

[Note 195 : Il y a très peu de juifs au Sahara ; c’est à peine

si l’on en trouve quelques-uns au Touât, et ce Touareg de l’Aïr

n’en avait peut-être jamais vu.]

[Note 196 : Il eût été intéressant de savoir quels pouvaient

être ces livres, qui avaient pénétré jusque dans l’Aïr.]

[Note 197 : _Acacia albida_ Del. Espèce du Soudan.]

[Note 198 : Ces hostilités entre Hoggar et Aouélimiden semblent

fréquentes. Barth, en 1853, avait déjà entendu parler d’une

grande razzia opérée par 400 Aouélimiden chez les Hoggar

(_Reisen_, IV, p. 503). En 1862, Duveyrier apprenait qu’il y

avait « en ce moment trêve d’hostilités, mais plutôt tendance

à l’antipathie. » (_Les Touareg du Nord_, p. 371.) En 1881,

Kenan-ag-Tissi, un des Taïtoq internés plus tard en Algérie,

a fait partie d’une razzia dirigée contre les Aouélimiden, qui

avaient précédemment razzié les Taïtoq (Bissuel, _les Touareg

de l’Ouest_, p. 7). Aujourd’hui que nous sommes établis à

Tombouctou, on pourrait essayer d’utiliser cette antipathie ancienne

des Aouélimiden contre les Hoggar.]

[Note 199 : Emir des Hoggar.]

[Note 200 : Ceci prouve l’erreur de certains auteurs, qui

transforment le sultan d’Agadès en vassal du sultan de Sokoto. Le

chef d’Agadès ménage son puissant voisin, mais ne lui doit pas

obéissance. E. de Bary a défini plus haut (p. 159) le genre de

respect que les Touareg d’Aïr professent pour ce « commandeur des

croyants ». En 1886, Staudinger a dit très nettement la même chose

: « Le souverain de Sokoto ne possède aucune autorité réelle, ni

même apparente sur la partie de l’Aïr où est située Agadès. En

général, les farouches Touareg peuvent bien, il est vrai, lui payer

une redevance commerciale lorsqu’ils vont commercer dans son royaume,

mais ils sont aussi dangereux qu’indispensables, et les Haoussa ont

intérêt à les ménager » (_In Herzen der Haussaländer_, Berlin,

1889, p. 518).]

[Note 201 : L’auteur l’appelle ailleurs Sidi-eg-Guerradji.]

[Note 202 : Erwin de Bary parle plus loin d’une de ces tribus

(p. 181).]

Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr · 第 11 / 12 段