[Note 203 : Les Touareg du Nord donnent d’autres

explications. D’après eux l’institution des _Imrhad_ ou

vassaux date de l’époque où le Sahara méridional était

encore exposé aux invasions des rois noirs. C’est alors que des

familles faibles auraient réclamé la protection des guerriers

berbères, en se constituant leurs sujets. D’autres _Imrhad_,

ceux de couleur, tirent leur origine d’esclaves noires, et comme,

d’après la coutume targuie, l’enfant suit la condition de

sa mère, la condition d’imrhad aurait été pour lui une sorte

d’affranchissement. Enfin, les Touareg avouent que certaines tribus

d’Imrhad blancs sont simplement des congénères asservis par la

force des armes. (Duveyrier, _les Touareg du Nord_, p. 336-337.)]

[Note 204 : Barth cite la tribu des Kel-Aguelal, sans savoir qu’elle

se confond avec celle des Kel-Rhazar (I, p. 380).]

[Note 205 : Il y a d’autres exemples de tribus arabes établies au

milieu des Touareg, dont elles deviennent alors les vassales. C’est

ainsi que les Sekakna et les Mazil, qui fournissent des chameaux aux

caravanes entre le Touât et Tombouctou, sont des Arabes vivant sous

la protection des Touareg Taïtoq (Bissuel, _les Touareg de l’Ouest_,

p. 24.)]

[Note 206 : Nous avons supprimé ici et aux pages suivantes une série

d’indications de route et d’informations sur l’Adamaoua, qui

n’ont plus d’intérêt aujourd’hui.]

[Note 207 : _Calotropis procera_.]

[Note 208 : C’est la première fois qu’il est fait mention par un

voyageur de razzias d’esclaves exécutées sur des populations de

race blanche. On sait que le Koran défend formellement de réduire

en esclavage les musulmans. Les serfs de cette partie reculée du

Sahara seraient-ils encore regardés comme à demi païens ? Il n’y

en aurait pas moins là une violation flagrante des coutumes touareg ;

les _Imrhad_, dit Duveyrier, se transmettent par héritage ou donation,

mais ne se vendent pas, c’est ce qui les distingue de l’esclave.]

[Note 209 : Cette occupation n’a jamais été réalisée. Lorsqu’en

1892 le colonel Monteil a passé à Bilma, l’oasis était toujours

encore gouvernée par un chef Tibbou, sous la dépendance des Kel-Ouï

d’Aïr.]

[Note 210 : Voir Barth, _Reisen_, I, p. 599. La coutume d’engraisser

les femmes par une nourriture appropriée est un trait de mœurs

nègres, et non berbères.]

[Note 211 : Cette information est certainement plus vraisemblable

que celle relatée plus haut, p. 142.]

[Note 212 : Ceci semble indiquer que les phénomènes diluviens de

ruissellement, qui ont été si intenses dans le Sahara septentrional,

n’ont pas non plus fait défaut dans le Sahara méridional. Voir

plus loin une observation analogue.]

[Note 213 : Il s’agit ici d’une fraction des Ifoghas, les

N’Iguedadh, restée campée aux environs de son lieu d’origine

Tadmekket ou Es-Souk, une des plus anciennes places de commerce du

Sahara, aujourd’hui en ruines. Il est curieux de constater que ces

Touareg restés en place sont de ceux qui ont gardé l’usage de la

tresse berbère. (Voir plus haut, p. 157.)]

[Note 214 : Taxe de protection.]

[Note 215 : Cette déférence des nobles pour l’hôte du marabout

est très digne de remarque. En somme, E. de Bary a eu affaire dans

l’Aïr à trois sortes de pouvoirs différents :

1o Le _serki-n-touraoua_, représentant du sultan d’Agadès,

homme peu estimé, dont le seul rôle était de percevoir la taxe

des caravanes pour son maître, et qui, à l’égard du voyageur,

s’est conduit en simple brigand ; le chef touareg dont il avait

violé l’hospitalité lui aurait certainement fait rendre gorge,

si le rusé compère n’avait quitté Agadès pour faire un tour au

Soudan ;

2o Le cheikh Bilkhou, sans fonction officielle, mais qui, dans ce

monde du désert, où la fonction n’est rien, et où l’ascendant

personnel est tout, est devenu, en 1877, le chef le plus influent des

Kel-Ouï d’Aïr ; c’est lui qui, en des circonstances critiques,

les a menés à la guerre contre les Aouélimiden et les Ouled-Sliman

(voir p. 127). Quant à l’_amenokal_ ou sultan légal des Kel-Ouï,

qui déjà du temps de Barth n’était que l’ombre d’un prince

(« _das Schattenbild eines Fürsten_ »), son rôle, en 1877, est

tellement effacé, que de Bary ne le nomme pas une seule fois dans son

journal de voyage ; c’est seulement par une de ses lettres que nous

apprenons qu’il s’appelle Anastafidet et qu’il réside à Asodi

(_Verhandl. der Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 251) ;

3o Les marabouts Kel-Rhezer de Tintarhodé et de Tin-Telloust,

qui semblent, en 1877, les personnages les plus influents de tout

l’Aïr. C’est chez eux (p. 121) qu’on délibère, après le

scandale causé par le _serki-n-touraoua_ ; chez eux qu’on trouve le

bien-être et la richesse ; ce sont eux qui, de leur propre mouvement,

vont négocier la paix entre Kel-Ouï et Hoggar, et même entre Hoggar

et Azdjer. Il serait imprudent de juger la situation politique actuelle

d’après ce qui s’est passé il y a vingt et un ans, mais il est

probable qu’une mission transsaharienne aura à compter avant tout

avec ces marabouts de l’Aïr.]

[Note 216 : Ce qui indique combien ces pillards invétérés attachent

d’importance à rester en bons termes avec le Touât, qui est leur

lieu de ravitaillement.]

[Note 217 : Les Azdjer de leur côté ne faisaient pas preuve

de moins d’audace. En décembre 1876, une bande d’Oraghen et

d’Imanghasaten alliés s’était avancée jusqu’aux portes

d’Insalah, avait attaqué une caravane de Hoggar qui en revenait

avec des vivres, tué 15 hommes et enlevé 400 chameaux. Le même

mois, une autre bande avait pénétré par Dider dans l’Ahaggar,

enlevé 200 chameaux des Taïtoq, et tué 5 hommes, dont un frère

de Sidi-eg-Guerradji. Ces 5 hommes s’étaient trouvés en face de

150 Azdjer : ils n’en furent pas moins tués. Dans ces razzias,

les vainqueurs ne font pas de prisonniers. (E. de Bary, lettre

adressée au président de la Soc. de Géog. de Berlin, _Verhandl. der

Gesellsch. für Erdkunde_, 1877, IV, p. 250.)]

[Note 218 : Allusion à une information recueillie par Duveyrier au

sujet de cette ancienne route de Djerma à l’Aïr : « A Anaï,

dit-il, la voie, _avec ses anciennes ornières_, est encore assez

caractérisée pour que des Tébous, mes informateurs, qui en

arrivaient, n’aient laissé dans mon esprit aucun doute à ce

sujet. D’ailleurs, ajoutaient-ils, les anciens ont pris la peine

de buriner dans le roc, sur une des berges de la voie, des tableaux

représentant un convoi de chars, avec des roues, traînés par des

bœufs à bosse et conduits par des hommes » (_Les Touareg du Nord_,

p. 458.) Duveyrier en concluait que c’était la route carrossable

suivie par l’armée romaine lorsqu’elle était allée de Garama à

l’Agisymba. Malheureusement, la déclaration du cheikh des Ihadanaren

ne permet pas de conclure d’une façon aussi nette. Les Tébous sont

des informateurs sujets à caution, et il n’est pas impossible que,

pressés de question, ils n’en aient dit plus qu’ils n’avaient

vu. De Bary, pas plus que Richardson et Barth, n’a vu de trace du

passage des Romains dans l’Aïr. En tout cas, l’exploration de

cette route d’Anaï constitue un des plus intéressants desiderata

de la géographie ancienne de l’Afrique.]

[Note 219 : Ce ne serait donc pas le léopard, qui est bien connu

dans les pays du Soudan, et qui porte le nom de _damousa_ (pluriel

_damissa_ chez les Haoussa du Sokoto). (Staudinger, _Im Herzen der

Haussaländer_, p. 693.)]

[Note 220 : Sultan du Gober.]

[Note 221 : Il est impossible de rien déduire de cette description,

qui rappelle par certains traits l’hyène, et par d’autres la

panthère ou le serval. Staudinger dit qu’en dehors des peaux de

léopard les Touareg d’Aïr apportent au Soudan des dépouilles

d’autres félins, dont il n’a pas pu déterminer l’espèce :

« Quelques-unes m’ont semblé avoir appartenu au lynx du désert,

d’autres à une sorte de serval ou de guépard. » (Ouv. cité,

p. 693.)]

[Note 222 : Overweg distinguait toutefois, entre l’oued El-Hassi

et l’oued Châti, des grès bruns ferrugineux et des grès à

cassure blanche, seulement revêtus d’une mince carapace noire,

ferrugineuse, dans les parties exposées à l’air. (Geognostische

Bemerkungen auf der Reise von Philippeville über Tunis nach Tripoli,

und von hier nach Marzuk in Fezzan, _Zeitsch. der d. Geol. Gesellsch._

1851, III, p. 101).]

[Note 223 : Il y en a de semblables au milieu de la large vallée

d’érosion de l’oued Châti (Overweg, art. cité, p. 102).]

[Note 224 : Publiée par ce dernier dans la _Zeitsch. der

Gesellsch. für Erdk._, 1878, XIII, p. 350. Cette lettre est en quelque

sorte la conclusion des observations botaniques faites par l’auteur

jusqu’au 11 avril. La netteté de ces vues donne la mesure de ce

qu’il aurait pu faire, s’il avait eu le temps de mettre en œuvre

ses autres matériaux. Le professeur Ascherson a enrichi le texte de

quelques remarques précieuses, que nous reproduisons en les signalant

par la lettre A.]

[Note 225 : D’après Duveyrier (_les Touareg du Nord_, p. 225) et

R. Hartmann (_Zeitsch. der Gesellsch. für Erdk._, 1868, III, p. 56),

_fehed_, _fehad_ est le nom arabe des guépards (_Felis jubata_). (A.)]

[Note 226 : Probablement un _Hyrax_. Klunzinger (_Bilder aus

Oberägypten_, p. 241) et Schweinfurth ont signalé une espèce de

ce genre (_Hyrax syriacus_ Schreb.) dans le désert arabique. (A.)]

[Note 227 : Je puis certifier la même chose. Jamais je n’ai été

incommodé par cet insecte dans les oasis du désert libyque, tandis

que c’était trop souvent le cas dans les demeures de la vallée

du Nil. (A.)]

[Note 228 : Le sédra de la Tripolitaine et celui de l’Aïr

représentent certainement deux espèces différentes du genre

_Zizyphus_ : 1o _Zizyphus Lotus_ Lmk. ; 2o _Z. Spina Christi_ L.,

déjà connu au Fezzan sous le nom kanori de _korna_. (A.)]

[Note 229 : Probablement une _Boscia_ (_Boscia senegalensis_

Lmk. ?) _Cf._, Schweinfurth, _Zeitsch. für allg. Erdk._, 1865, XIX,

p. 389 et suiv. (A.)]

[Note 230 : Sans aucun doute le palmier-doum (_Hyphaene Thebaïca_

Mart) dont Barth mentionne la présence dans l’Aïr (I, p. 349,

419). Ce voyageur remarque qu’il n’a pu savoir le nom indigène

de l’arbre. Ce nom de _Faraoun_, qui rappelle d’une façon si

évidente (tout au moins dans l’esprit des indigènes) l’origine

égyptienne de la plante, est très digne d’attention. (A.)

Si l’on se rappelle, en effet, une autre tradition recueillie par

Barth au coude de Bourroum sur le Niger, et d’après laquelle un

Pharaon d’Egypte serait venu jusque-là (_Reisen_ V, p. 194), si

d’autre part on considère, qu’à la différence des autres peuples

nègres, les Sonrhaï établis dans ce coude du Niger embaumaient

leurs morts à la manière égyptienne, avant d’être convertis

à l’Islam (Ahmed-Baba, Tarikh-es-Soudan, _Zeitsch. der deutschen

morgenländ, Gesellsch._, IX, p. 532) ; que le nom des Atarantes,

connus des anciens Égyptiens pour habiter dans le désert à

dix journées de marche des Garamantes, rappelle le terme haoussa

_atara_ signifiant les « hommes assemblés » (Barth, _Sammlung

und Bearbeitung central-Afrikanischer Vokabularien_, p. c-c II), et

que d’après une ancienne tradition le peuple du Gober, premier

occupant de l’Aïr, doit son origine à des Coptes d’Égypte

(Denham, _Voyages et découv._, III, p. 202) ; qu’enfin le nom de

Tagama, une des cités placées par Ptolémée sur le dix-septième

parallèle, se retrouve chez la tribu des Tagama, établie au sud

de l’Aïr, on ne peut s’empêcher de voir en ce nom de palmier

Faraoun un indice de plus en faveur de l’ancienneté des relations

de l’Egypte avec l’Aïr.]

[Note 231 : _Panicum turgidum_ Forsk., en arabe _bou-rekouba_ (Foureau,

_Catal._, p. 2).]

[Note 232 : Une _Bucerosia_ ? (A.)]

Note du transcripteur :

Page 24, note 20, " des chétifs du Touât " a été remplacé par

" chérifs "

Page 25, " hauteur d’envion " a été remplacé par " d’environ "

Page 84, " _19 déc._ " a été remplacé par " _10 déc._ "

Page 92, note 94, " _Reisen und Entdeckungen in Nord- und

Central-Africa_ " a été remplacé par " _Central-Afrika_ "

Page 95, " _5 janvier 1897._ " a été remplacé par " _1877_ "

Page 98, " par de souadi sableux " a été remplacé par " des ouadi "

Page 105, note 115, " _Pflanzen des mittern Nord-Africa_ " a été

remplacé par " _mittlern Nord-Afrika_ "

Page 106, " ou dirait qu’une zone " a été remplacé par " on dirait "

Page 141, " l’air moins satifait " a été remplacé par " satisfait "

Page 147, " bordées de de rouge " a été remplacé par

" bordées de rouge "

Page 180, " _9 juil._ " a été remplacé par " _19 juil._ "

Page 186, " au nord de l’Aghelal " a été remplacé par " l’Aguelal "

Page 188-189 note 215, " » « (_das Schattenbild eines Fürsten_) "

a été remplacé par " (« _das Schattenbild eines Fürsten_ ») "

Page 193, la référence à la note 220, après " très dangereux "

à été changé à la note 219.

Page 202, la référence absente à la note 225, à été placé après

" _fehed_ ".

Page 207, " Le _talba_ et le _sedra_ " a été remplacé par

" _talha_ "

Page 219, " Aghelal, 181. " a été remplacé par " Aguelal "

Page 218, " Solanum sodomacum " a été remplacé par " sodomaeum "

De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et

d’orthographe ont été apportés.

Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr · 第 12 / 12 段