La loi qui décrète la construction des chemins de fer en France est
celle du 11 juin 1842.
Nous ne voulons faire ici ni l'éloge ni la critique de cette loi; nous
la prenons comme un fait heureux, puisqu'elle a déjà des résultats
visibles, puisqu'elle a fait cesser l'état d'incertitude qui pesait sur
le pays, et que du jour de sa promulgation datent les études sérieuses
qui en ce moment sillonnent la France entière.
Nous voulons seulement aujourd'hui faire connaître le réseau voté, et
les conditions du concours de l'État et des compagnies à la construction
et à l'exploitation des lignes de ce réseau.
Le ministre, dans son exposé de motifs, pose ainsi la question: «L'État,
c'est l'ensemble du royaume; les lignes de l'État, les lignes
gouvernementales, si je puis m'exprimer ainsi, sont donc celles qui
intéressent le royaume entier, qui le traversent d'une extrémité à
l'autre, qui joignent le nord au midi, l'est à l'ouest, l'Océan à la
Méditerranée.»
Voilà donc défini le réseau des grands chemins de fer, ceux à la
confection desquels l'État est plus directement intéressé, et c'est sur
ceux-là que vont se porter d'abord tous ses efforts, toutes ses
ressources.
En jetant les yeux sur la carte ci-après, on reconnaîtra aisément que
toutes les lignes votées répondent bien à cette dénomination de lignes
gouvernementales. L'art. 1er de la loi du 11 juin est ainsi conçu: «Il
sera établi un système de chemins de fer se dirigeant: