Un des doyens des lettres françaises, Paul Meurice, s'est éteint
subitement, pendant la nuit de dimanche à lundi, dans son petit hôtel de
la rue Fortuny. Il était âgé de quatre-vingt-cinq ans.
[Illustration: M. Paul Meurice.--_Phot. Studio_.]
[Illustration: Les obsèques de M. Zadoc-Kahn: le service religieux dans
la synagogue de la rue de la Victoire.]
[Illustration: Sur la berge de la Seine, à Asnières: M. Gustavus Nordin,
venu de Stockholm en canoë.]
Auteur dramatique, romancier, journaliste, il a beaucoup écrit, et l'on
est loin d'avoir épuisé la liste de ses ouvrages quand on a cité parmi
les pièces: _Benvenuto Cellini, Fanfan la Tulipe, Schamyl, les Beaux
Messieurs de Bois-Doré, le Songe d'une nuit d'été, Antigone_; parmi les
livres: _la Famille Aubry, Césara, les Chevaliers de l'esprit_. Au
théâtre surtout, Paul Meurice avait connu des succès éclatants et
justifiés; mais il semblait avoir abandonné le soin de sa propre
renommée pour se vouer au culte fervent de Victor Hugo, avec lequel, dès
sa jeunesse, son ami Auguste Vacquerie l'avait mis en relation.
Exécuteur testamentaire du grand poète, il employa, on le sait, le
labeur incessant d'une verte vieillesse à la revision de l'oeuvre
posthume du maître, et il avait commencé la publication d'une édition
définitive en quarante volumes de son oeuvre complète.