M. Zadoc-Kahn, grand rabbin du consistoire central des israélites de
France, a succombé, le 8 décembre, dans sa soixante-septième année, aux
suites de la maladie dont il souffrait depuis deux mois.
Il était né à Mommonheim, en Alsace, le 18 février 1839. Après de
brillantes études au lycée de Metz, il entrait à l'école rabbinique de
cette ville, puis il venait en 1859 achever sa préparation à Paris, où,
à peine âgé de vingt-trois ans, il conquérait le grade de grand rabbin
avec une remarquable thèse théologique, _l'Esclavage suivant la Bible et
le Talmud_, qui fut traduite dans presque toutes les langues
européennes. En 1868, lorsqu'il fut appelé à remplacer M. Isidor en
qualité de grand rabbin de Paris, il n'avait pas trente ans, l'âge
minimum requis, et il fallut différer de quelques mois la signature du
décret de nomination. C'est également à M. Isidor qu'il devait succéder,
le 25 mars 1890, comme grand rabbin de France.
Dans cette haute fonction, M. Zadoc-Kahn déploya durant quinze ans
beaucoup de zèle et d'activité. Chevalier de la Légion d'honneur depuis
1879, il avait été promu officier en 1901.
[Illustration: M. Zadoc-Kahn.--_Phot. Cerschel_.]
Ses obsèques ont eu lieu mardi matin, au milieu d'une assistance
considérable réunie dans la synagogue de la rue de la Victoire, dont le
grand rabbin habitait les dépendances. Le temple où a été célébré le
service religieux était entièrement tendu de draperies noires lamées
d'argent; mais c'est derrière un char très simple, dépourvu de fleurs et
de couronnes, que le long cortège funèbre s'est dirigé vers le cimetière
Montparnasse.