Il vient d'arriver à Paris un voyageur de qui l'on peut dire qu'il n'a
vraiment pas froid aux yeux. C'est M. Gustavus Nordin, qui a fait tout
le voyage, avec ses propres moyens, dans un fragile canoë de sapin,
ponté en toile. Il affirmait d'autre part son endurance physique, son
beau mépris des intempéries, en n'arborant, dans la majeure partie du
trajet, pour tout costume, qu'une simple culotte de flanelle, restant le
torse et les jambes nus. C'est dans cet équipage, se nourrissant très
frugalement, qu'il a traversé le détroit, suivi les canaux de Danemark,
d'Allemagne, de Hollande et de France pour arriver enfin à bon port, à
Asnières, où il abordait, la semaine dernière, au garage de la Société
de la Basse-Seine. Inutile de dire si les rowingmen français lui ont
fait un accueil enthousiaste et l'ont complimenté pour ce bel exploit
sportif.