Le sorbier des oiseleurs est un arbre qui commence à prendre une
certaine place dans quelques vergers: on en a trouvé en Moravie des
pieds perfectionnés, à fruit très supérieur à celui que donne
communément cette espèce; et plusieurs pieds, greffés avec ces sujets
d'élite, ont été répandus en Suisse, en Allemagne, et en France même.
Les modes d'utilisation possibles du fruit du sorbier amélioré sont
divers. On peut le consommer cru, frais ou conservé. Pour le conserver,
on le cueille après maturité et on le met sécher en branches, comme les
cerises, dans un endroit à température régulière. Il peut, de cette
manière, durer jusqu'au printemps suivant. On en fait des confitures
aussi, mais il faut cueillir le fruit avant maturité pour avoir des
confitures se conservant bien: en septembre, au lieu d'octobre qui est
le moment où le fruit, devenu sucré, est le plus agréable pour le
consommateur qui l'absorbe cru. Depuis longtemps on fait, avec le fruit
du sorbier sauvage, de l'eau-de-vie: une fabrique fonctionne à Izaebnik
près Krakau depuis 1884, et de grandes plantations de sorbier doux ont
été faites dans la même localité en 1889, pour l'utilisation alcoolique
des fruits améliorés. Le sorbier se recommande encore à l'ami des
animaux: il donne au gibier et aux oiseaux un aliment très apprécié en
hiver.