Chaque année, depuis quelque temps, nous avons à enregistrer un nombre
de naissances inférieur à celui de l'année précédente. En 1904,
l'excédent des naissances sur les décès n'est que de 57.026, nombre
inférieur d'un quart à celui de 1903: 73.106.
Non seulement, en effet, il y a eu, en 1904, 8.483 naissances de moins
que l'année précédente, mais il y a eu, en outre, une légère
augmentation--7.597 unités--du nombre des décès.
De là un taux d'accroissement de 0,15% inférieur à tous les précédents,
depuis 1900.
La diminution du nombre des naissances est assez générale: elle s'étend
à 56 départements. Mais elle est le plus sensible dans le Nord, le Var,
le Rhône, le Morbihan, la Gironde, la Corse et la Loire.
Le Pas-de-Calais, la Meurthe-et-Moselle, les Alpes-Maritimes et la
Vienne se font remarquer au premier rang des 31 départements où la
natalité a augmenté.
Par contre, la Seine a enregistré, en 1904, 2.051 décès de plus qu'en
1903; le Finistère, 1.233; le Pas-de-Calais, 1.026; la Seine-et-Oise,
865, et le Nord, 833. Les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, le Var,
la Corse, l'Ain, le Gers, se font remarquer par l'amélioration de leurs
chiffres obituaires.
Toutefois, si les naissances se font rares, les mariages sont cependant
chaque année plus nombreux. Il y en a eu 298.721 en 1904, soit 2.725 de
plus qu'en 1903. C'est surtout dans la Seine que l'accroissement a été
relevé (834 en plus). D'ailleurs, il en est de même des divorces: 9.860
en 1904 au lieu de 8.919 en 1903.
Le nombre des naissances a été de 818.229, soit 2,20% de la population
légale. De ces enfants, 416.812 étaient des garçons et 401.417 des
filles, soit environ 1.038 garçons pour 1.000 filles. Cette proportion
reste à peu près invariable.