On peut apprécier aujourd'hui les conséquences des incendies de Bakou
sur l'industrie pétrolifère du Caucase. La production du naphte, égale à
50 millions de quintaux en 1904, accusait, pour le premier semestre de
1905, une diminution de 6 millions de quintaux. Depuis les émeutes du
mois de septembre, elle s'est abaissée à un chiffre que l'on n'a pas
encore fait connaître. L'augmentation des cours, seule, permet de
supputer l'importance du déficit. Le poid de 16 kilos n'avait jamais
valu, à Bakou, plus de 17 kopecks; depuis longtemps il était descendu à
7 kopecks. Il est aujourd'hui de 21 kopecks et, à Nijni-Novgorod, il
atteint 30 kopecks. Les armateurs et les usiniers du Volga, qui
employaient tous le pétrole pour produire la force motrice, songent à
utiliser désormais la houille; certaines lignes de chemin de fer ont
déjà effectué la substitution. Le manque de wagons rend la solution
générale difficile, sinon impossible.
D'autre part, le bureau de statistique des industriels de Bakou, tout en
évaluant les pertes à 27 millions de roubles, estime que, grâce aux
énormes capitaux dont disposent les propriétaires de puits, le désastre
est assez facilement réparable. Sur les 1.512 puits existant naguère
dans les quatre districts de Bakou, il en reste 580. Parmi les 932
brûlés, quelques-uns étaient abandonnés. L'établissement d'un puits
coûte 75.000 roubles; mais si, comme on le suppose, les trous de forage
n'ont pas souffert, le dommage se réduirait aux 10.000 roubles
représentant la valeur des machines et des appareils.
[Illustration: Illumination intérieure du 8e Salon de l'automobile au
Grand Palais des Champs-Elysées.]