C'est une conséquence forcée de l'évolution économique et sociale que
les pays les plus arriérés, au point de vue industriel, arrivent peu à
peu à s'affranchir de certains tributs payés aux nations étrangères,
toutes les fois que des circonstances locales n'y apportent pas un
obstacle absolu. Il y a quelques années, un grand industriel hindou,
nommé Tata, songea à utiliser sur place les charbons et les minerais de
fer indigènes. Il est mort avant d'avoir pu réaliser son projet; mais le
consul américain à Bombay signale que ses fils sont en train de
constituer une société au capital de 6.480.000 livres (162 millions de
francs) pour établir des hauts fourneaux, des aciéries, des laminoirs et
pour exploiter les mines. Si l'entreprise réussit, la métallurgie
européenne et américaine trouvera sur le marché asiatique une
concurrence contre laquelle la lutte pourra devenir singulièrement
difficile.