La tendance générale va vers une baisse sensible des prix. Sous réserve
des réflexions que j'aurai à formuler tout à l'heure sur ce sujet, voilà
une nouvelle qui réveillera l'espoir dans le coeur de bien des gens! De
très grosses maisons ont descendu tout leur catalogue 1905 de 2.000 et
3.000 francs pour en faire le catalogue 1906. Si l'on rapproche ce fait
de celui que j'ai relaté tout à l'heure, à savoir que la plupart des
constructeurs demandent qu'on leur laisse, entre deux Salons, du répit,
c'est-à-dire le temps de fabriquer par grandes séries, par conséquent de
produire à meilleur compte, on reconnaîtra qu'un vent de sagesse
commence à souffler dans le Grand Palais!
On rapprochera encore de ces deux faits ce troisième, la propension très
caractérisée qu'a aujourd'hui l'acheteur à ne plus acquérir de moteurs
énormes, de «monstres» dont la consommation d'essence et de gomme (car
un moteur très fort entraîne très vite la voiture et consomme parfois
plus de caoutchouc que d'essence) déroute les budgets les mieux
constitués! Il semble vraiment que l'ère des grandes folies de dépenses
et de vitesses soit à son déclin et que l'automobile commence, mais bien
doucement encore, à se diriger vers son vrai but, le transport rapide
des hommes et des choses, et à se détourner de son but factice, le
sport. Les gens sensés attendaient depuis longtemps cette évolution.