MADEMOISELLE,

_Je suis persuadé que, si je ne vivois entièrement pour vous, je

n'aurois pu vous voir enlever à mes yeux sans mourir. Encore si

j'eusse pu avoir l'honneur de prendre congé de vous, et de

savoir vos sentiments, je m'en serois consolé. Faites-moi donc

la grâce que je vous puisse parler en quelque lieu. Ha! qui

l'auroit cru, si près de nous voir, être si cruellement separés!

Il n'importe, et j'espère que votre bonté réparera la perte que

nous avons faite. Adieu, ma chère; faites-moi savoir de vos

nouvelles, et vous fiez entièrement au porteur, car il est de

nos amis._

Elle ne balança point sur sa réponse. Il y avoit du temps qu'elle

souffroit de cette nouvelle maîtresse, et elle en vouloit sortir

absolument, à quelque prix que ce fût; ainsi elle fit la réponse

suivante, qu'elle glissa subtilement dans la poche du paysan:

Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome III · 第 41 / 114 题