Au coin de Cheyne Walk et de la rue qui débouche sur le vieux pont de
la Chelsea, une maison à balcons de treillage vert, coiffés de petits
toits à la chinoise, se dissimule sous le lierre et les arbustes de
son jardinet. C’est là que je veux me rappeler, vivant affairé et
endormi, l’artiste délicieux, l’ami parfait que nous venons de perdre.
En été, ce coin de la Tamise est inondé de soleil; les fenêtres des
demeures riveraines dominent une grande étendue de ce fleuve qui va,
quelques milles plus loin, devenir rivière. A Cheyne Walk, le fleuve
est encore presque un bras de mer et ses rives sont comme la «Marine
Parade» de Brighton, si ce n’est que la circulation assez restreinte
de ce quartier retiré rappellerait plutôt une station moins fréquentée
que la grande plage de l’Est. Vers midi, en juin, par un temps chaud,
comme il y en a si souvent à Londres, arriver chez Conder, c’était
comme débarquer aux bains de mer en venant de la Capitale. Joyeux,
inoubliables midis, que j’ai goûtés dans le parloir où je peignis le
portrait de Conder, alors que la mousseline des rideaux, gonflée par
les courants d’air perpétuels, se relevait sur ce paysage grandiose,
tout imprégné de sel marin; la tête de mon ami, rouge, mais amaigrie,
les cheveux longs, se séparant en baguettes, comme au sortir du tub,
se détachait en sombre sur les lambris jaunes que tachaient de noir
quelques vieilles gravures en mezzotinte.
Ses doux yeux bleu foncé au travers de la fumée de la cigarette,
regardaient vaguement au loin, comme perdus dans un rêve, sans doute
quelqu’un de ces sites indiens ou australiens, _coloniaux_ en tous
cas, qui étaient le décor habituel de ses hallucinations. Il sentait
proches, comme à portée de sa main, là, de l’autre côté du pont, au
delà des Océans, ces palais enchantés, ces bayadères, ces fontaines
et ces esclaves noirs, dont il avait rapporté de son enfance passée
là-bas, l’enivrement. Il «posait» comme une statue, par politesse,
s’efforçant de me donner le moins de mal possible, me racontant
seulement de sa voix lassée, en mots difficiles à percevoir, des
faits sans importance, de soi-disant grossièretés de ses camarades,
d’imaginaires manques d’égard, des disputes de sociétés et de clubs
artistiques; puis passait à la description d’un meuble aperçu chez
le bric-à-brac, d’un nouveau dessin de «Chintz», d’une toilette de
femme, de Mlle Adeline Genée, la ballerine de «l’Empire»; ou encore me
parlait de la «Fille aux yeux d’or», de son cher Balzac ou d’Anquetin
qu’il admirait comme à vingt ans. La cendre de ses cigarettes couvrait
le tapis. A chaque repos, il montait à son atelier où il allait
barbouiller et détruire en une seconde quelque admirable esquisse jetée
sur la toile, dès sept heures du matin; il redescendait tout tremblant,
dans cette agitation fiévreuse qui le consumait, parce qu’il sentait
sans doute qu’il n’avait plus que peu de mois à vivre; et il avait tant
de projets!
A deux heures, un lunch excellent était servi dans la salle à manger,
fraîche sous ses voûtes sombres. Il y faisait honneur en véritable
ogre, toujours reprochant à Mrs. Conder qu’il n’y eût pas sur la
table plus encore de bonnes choses. Walter Sickert ou George Moore
entrait, à qui l’on faisait place, et des anecdotes de notre jeunesse
nous conduisaient jusqu’à l’instant où, n’y résistant plus, Charles
s’élançait au deuxième étage et se remettait à peindre ou à dessiner.
Ce printemps-là, j’avais un atelier à Londres et j’y exécutais des
portraits. Pénibles heures de la «Season»: dans la chaleur écrasante
d’une vaste pièce sous le toit, des hommes et des femmes, beaucoup
trop occupés pour être exacts, entraient, sortaient, amenaient des
parents et des amis, prenaient le thé, critiquaient les ressemblances.
C’est dans un défilé de ces aimables importuns que Conder dit un soir
à ma femme, en regardant le portrait d’une dame avec qui il était lié:
«Comment? Jacques fait encore poser Mrs. X?» Et il nommait une personne
aussi rose et blonde, que brune et jaune était mon modèle: ma femme est
surprise de l’erreur et alors le pauvre garçon répond: «Je me trompe
peut-être; ne vous étonnez pas, je ne sais plus toujours bien ce que je
dis!...» Il perdait la raison; c’étaient les prodromes de l’horrible
maladie où il s’est débattu deux longues années.
* * * * *
Charles Conder et Aubrey Beardsley sont, dans ma mémoire, comme
seraient deux frères. J’avais connu le premier, il y a très longtemps
à Paris, mais je l’y avais peu vu, car il sortait surtout la nuit à
Montmartre, dans des milieux où je n’étais pas attiré. C’est à Dieppe
que nous nous liâmes, le premier été surtout, où Beardsley et sa suite
y passèrent. Avant cela, Conder était plutôt, pour moi, un garçon qui
s’occupe de bibelots et a de bonnes adresses d’antiquaires; surtout
Conder était _l’élève d’Anquetin_. Pourtant, j’avais été frappé, au
premier jury d’examen auquel j’assistai comme membre de la Société
Nationale, par des paysages printaniers animés de personnages modernes,
à l’allure romantique. Du temps se passa, sans que j’entendisse
parler de ce jeune Australien dont j’avais perdu la trace. Nul
catalogue d’exposition ne mentionnait plus son nom. J’ignorais ce
qu’il était devenu et pourtant il vivait en plein Paris, où si souvent
les circonstances séparent ceux qui seraient le mieux faits pour
s’entendre.
Or, je fus bien surpris de le retrouver chez les Fritz Thaulow,
hébergé, soigné, recueilli comme le serait un petit orphelin, par
ces excellentes gens, après une de ses crises. Les deux artistes
avaient dû se rapprocher dans «la maison de l’Art Nouveau» chez Bing.
Ce japonisant était un peu perdu quand il quittait l’Extrême-Orient
pour s’aventurer parmi nos compatriotes et, à tort et à travers,
commandait à Maurice Denis, à Besnard, à Cottet, de Feure, Thaulow ou
Conder, tableaux, décorations de pièces, tapis ou modèles de meubles.
Sa tentative eut le sort réservé aux enfants trop intelligents: elle
ne vécut pas. Avouons cependant qu’il y eut à la rue de Provence
quelques réussites; l’une des plus remarquables, mais assurément la
moins remarquée, fut le boudoir de soie, blanc crémeux, que Charles
Conder illustra de capricieuses aquarelles, bordées de franges de
perles blanches, d’un exquis raffinement de composition et de couleur,
ingénieuse transposition dans une langue moderne, des bergeries, des
galants décamérons poudrés du dix-huitième siècle.
Le nom de Watteau fut prononcé (Watteau, pourquoi Watteau?), on cria
au pastiche et le frêle ouvrage fut mis de côté comme non avenu.
Ces quelques panneaux, achetés ensuite par Mme Thaulow, puis mis en
vente à la mort du mari de celle-ci, j’ai maintes fois voulu les
faire remarquer par quelqu’un qui construisit un hôtel: personne
n’en a voulu. Ils attendent de passer un jour sous le marteau du
commissaire-priseur, chez Christie, et d’être couverts de banknotes,
quand la gloire de Conder, qui commence à rayonner dans son pays,
aura fait de l’original artiste un maître précieux. Les dessins de
Beardsley, qu’on ne peut déjà plus se procurer, à quelque prix que ce
soit, ne sont pas d’une qualité plus rare que les aquarelles de Conder,
dont il subit si fort l’influence; il n’avait pas, d’Aubrey, la sûreté
de main et le fini; mais son art est bien plus naturel, plus varié,
plus sain.
Cette œuvre est considérable comme nombre. Peintures à l’huile (les
plus imparfaites de son bagage), peintures sur soie, éventails (il
y excella), pastels, sanguines, lithographies (illustrations pour
un Balzac), châles, robes peintes, meubles, décorations de chambres
entières (maisons de Edmond Davis Esq., de Mrs. Halford, etc., etc.),
je ne sais où cette œuvre s’est répandue dans les cinq dernières
années où mon ami travaillait jour et nuit, dans une sorte de rage
inconsciente, remplissant ses énormes armoires de projets, de croquis,
dont pas un n’est banal ni insignifiant.
Ses éventails sont presque tous des chefs-d’œuvre. A quoi pourrais-je
les comparer? nullement aux éventails français du dix-huitième
siècle. Le style de Conder est purement anglais. Le côté ornemental
rappellerait les festons et les astragales des frères Adam, ces
artistes de génie classique et grec qui renouvelèrent l’art décoratif
de l’autre côté de la Manche et l’anoblirent. La couleur, de multiples
harmonies, si osées dans la douceur, je ne les ai vues que chez Conder.
Celui-ci a, comme tant de ses compatriotes, une maladresse dans la
construction du corps humain, un «tremblé» dont le moindre artisan
français aurait souri; cependant, la forme a du style, une étrange
originalité, on reconnaîtrait cette écriture entre mille. Cette forme
est, avant tout, du dessin senti, nerveux dans sa faiblesse, comme
celle d’un Constantin Guys ou, dirais-je, d’un Goya. Il faut s’entendre
sur le sens de ce mot «dessin». La «forme» est l’opposé de ce que
nomment dessin, les braves gens pour qui Bouguereau fut un dessinateur.
Les incorrections d’un Goya, d’un Manet, même de l’ingénu Cézanne, sont
de la forme. Je ne veux pas dire que la déformation systématique des
néo-impressionnistes et des symbolistes soit seule du dessin, car je
suis convaincu du contraire: mais une déformation nécessaire, à quoi,
sans s’en rendre compte, le peintre est toujours conduit, en face de la
Nature: la déformation qui est la vision et le dialecte d’un individu,
voilà ce qui, presque toujours, est, sinon beau, du moins intéressant;
et c’est souvent le _style_.
Donc Charles Conder eut cette qualité si rare. Elle ne fut pas perçue
par nos critiques d’avant-garde, dont le pauvre garçon attendait
toujours les suffrages, étonné de ce que la redingote de M. Charles
Morice ne se déboutonnât pas en un grand geste de sympathie pour
lui et de n’avoir pas les honneurs d’un paragraphe louangeur dans
le _Mercure de France_ auquel il attribuait une grande importance,
assez plaisamment d’ailleurs. Conder ne démêla jamais les raisons
pour lesquelles il n’était pas reçu à Paris dans le milieu «avancé»
où l’attiraient ses sympathies, où il avait sa place. Son exposition
tenue chez Durand-Ruel, il y a quatre ans, et pour le catalogue de
laquelle il m’avait imprudemment demandé une préface, fut sa dernière
manifestation publique dans son «dear old Paris», et le signal de ses
premiers troubles cérébraux. Cet échec le désola. Ensuite, de son subit
et retentissant succès à Londres, il se rendit à peine compte, car les
applaudissements s’adressaient alors à un égaré.
Étrange personnalité que celle du jeune Australien; il fut bizarre
et déréglé jusqu’à la fin, malgré son amour pour le travail; mais
ses excentricités, selon la coutume anglaise, plaideront plus en sa
faveur que n’aurait fait une existence normale. On voit déjà comment sa
légende se façonnera. Dès aujourd’hui, il est classé dans la phalange
des «hors la loi», des «outcast», pour lesquels ses compatriotes
ont une inclination toute romantique. Quoique la Mort ait arrêté sa
carrière à l’âge de tantôt quarante ans, il est, à côté d’Aubrey
Beardsley, une sorte d’enfant prodige malade, mais sans la poétique
agonie de cet adolescent poitrinaire qu’a touché la Foi; il fut
suffisamment désordonné, pour que son joli génie enchante des amateurs
de l’exceptionnel et du cocasse.
Jusqu’à son heureux mariage avec la femme tendre et dévouée qui mit sa
fortune à la disposition de Conder, celui-ci fut, tant à Paris qu’à
Londres, une sorte de Verlaine, un irrégulier, passant de l’état
d’ébriété à l’état lucide, comme du sommeil à la veille, ne travaillant
jamais avec plus d’inspiration que s’il était excité par l’alcool.
Je ne saurais retracer ses pérégrinations dans les divers quartiers
des deux grandes cités, où il connut la misère et l’abandon, lui qui
attachait tant de prix à toutes les raretés d’un joli intérieur et
à l’élégance de ses habits. Il était fait pour un siècle enrubanné,
galant--et je ne puis m’empêcher de me l’imaginer soupirant une
sérénade sous la fenêtre de sa belle, coiffé du béret à la Watteau et
la cape striée sur l’épaule.
Je viens d’assister, dans son quartier de Chelsea, à une de ces
mascarades qu’il savait si bien monter et je ne pouvais détacher
ma pensée de Conder, pendant qu’un orchestre d’instruments à vent
accompagnait des Cydalises et des Corisandes. Jamais la fiévreuse
musique de Gabriel Fauré ne me parut plus passionnée qu’ainsi mise
en action sous les guirlandes de fleurs, parmi les jets d’eau et les
bosquets qu’éclairait la pleine lune de juin. Le ciel de minuit,
toujours si pur à Londres, même après une journée brumeuse, dressait
une coupole bleu sombre sur les murs des «mews» et des maisons dont le
jardin est encadré. Quelques vieux camarades de Conder et moi, nous
étions émus en écoutant le flûtiste Fleury jouer en plein air, retirés
comme nous l’étions dans un salon où nous avaient attirés des éventails
de notre ami. Nous le sentions présent, il aurait dû être là, parmi
ceux de l’orchestre ou du chœur, tous comme sortis de la Galerie Lacaze.
Les personnages de la Comédie Italienne, de Molière et de Balzac,
tous un peu confondus dans le kaléidoscope de son cerveau, un mélange
de l’époque de Louis XV et de 1830; un joli bric-à-brac de chaises
à porteur, de berlines, de cabinets de laque Vénitien rococo; des
gondoles, des portiques de treillages, des rideaux de Quinze-seize
contorsionnés «par Zéphir»; tels sont les modèles et les accessoires
qui reviennent sans cesse, dans l’œuvre de Conder, où le chapeau de
Rastignac s’aplatit presque en tricorne, où la souquenille du valet
poudré a presque les mêmes pans que la rheingrave de la Restauration.
Postillons au fouet claquant, facchini, soubrettes, jeunes seigneurs
courtisant une almée à la Coypel, nègres au turban empenné, fifres
et tambours, vous êtes tous les invités au bal d’Esther, dans la
Chaussée-d’Antin, et vous êtes les favoris de Charles Conder.
La maison de Cheyne Walk, Conder l’avait achetée et il y avait entassé
tous les objets pittoresques, les vieux tableaux et les meubles dont il
aimait à faire un décor riant à sa vie de labeur. Certaines pièces de
cette vieillotte demeure étaient, réalisées et vécues, les aquarelles
mêmes du maître de céans. Un sens des couleurs acides et criant fort
animait ces vieux lambris, ces chambres foncées que les après-midi
brumeuses de l’hiver obscurcissent encore. Un salon bleu, tout
miroitant de satins drapés et de glaces vénitiennes, était dédié à ses
dieux: Watteau et Whistler.
* * * * *
L’apogée de la vie du cher artiste, ce fut la redoute qu’il donna
pendant le carnaval de 1904. J’eus le regret de ne pas y être; mais on
me dit que cette fête, dont le thème était une mise en action de «The
Rape of the Lock» de Beardsley, fut une réussite extraordinaire. Chacun
de ses admirateurs s’était imposé d’y venir dans un équipage qui plût
à Conder et le souper, au matin, réunit sous les guirlandes du plafond
et les arcs de «treillis» la plupart des jeunes peintres, musiciens et
littérateurs pour qui l’amphitryon était alors devenu un maître.
On était loin, déjà, des jours de lutte où Conder, à Dieppe, chez
Thaulow, payait l’hospitalité reçue, en brossant sur le gros coutil des
sièges et de lourdes portières, des compositions délicates ou robustes,
mièvres ou un peu théâtrales, improvisations charmantes d’un décor à
bon marché; et, dans le jardin de la villa, dessinant des parterres ou
accrochant aux arbres des grappes de lanternes en papier, dont la lueur
n’éclaira que les tristes repas où Conder, après l’une de ses premières
attaques, misérable, s’attablait auprès d’Oscar Wilde, tragique à sa
sortie de prison.
A ce moment-là, j’avais redouté que Conder ne glissât sur la pente
fatale comme le pauvre Lélian, vers des bas-fonds que son génie
illuminait fantastiquement. La maladie déjà avait saisi son corps
surmené. Mais la généreuse Mme Thaulow et son enthousiaste Fritz
étaient là, prêts à secourir, à protéger tous ceux qui étaient
des «artistes». Wilde, réfugié à Berneval, près Dieppe, venait
clandestinement se réchauffer à leur foyer, contant certaines de ses
belles histoires symboliques, dans un cercle de petits enfants qui
l’écoutaient bouche béante. Conder suivait un régime réconfortant et,
enfermé dans la villa de Caude-Côte, reprenait des forces. Je me le
rappelle un jour quand j’entrai, agenouillé aux pieds de notre hôtesse
dans une attitude que je ne m’expliquai pas au premier abord; et la
dame, le dominant de toute sa stature de cariatide, était vêtue d’une
étrange robe: Conder essayait sur elle une draperie de sa façon qu’il
avait agrémentée de médaillons, de rinceaux, dont la finesse est plus
de mise pour un dessus de bonbonnière, que pour les formes plantureuses
d’une Walkyrie scandinave.
Mon ami me parlait souvent de Miss X... qu’il croyait à Paris et dont
il comptait faire son épouse. J’avoue que dans ces inquiétants jours
de Dieppe j’écoutais avec mélancolie les projets du malade. Pourtant,
il devait rebondir encore une fois, se marier et connaître, pour de
trop courts instants, mais en jouir pleinement aussi, la sécurité et
une totale liberté de réaliser ses rêves de peintre et d’amateur. Il
connut, enfin, le succès.
Aubrey Beardsley, Oscar Wilde, Charles Conder, Dowson, Arthur Symons,
ces protagonistes du Yellow Book et du Savoy, sont aujourd’hui tous
disparus, après avoir, chacun dans son genre, accompli une œuvre
originale: bien différents les uns des autres, une parenté artistique
les a unis. Ils eurent tous le culte et l’intelligence de l’esprit
français, entendirent notre langue que Whistler leur apprit à aimer.
Ils forment une petite phalange indissolublement liée dans la mémoire
et la reconnaissance de ceux d’entre nous qui fréquentèrent assidûment
l’Angleterre dans les dernières années du dix-neuvième siècle. Le
mouvement littéraire et musical, la peinture, enfin tout ce qu’il y
eut de plus significatif et de plus neuf chez nous, trouva en eux des
cerveaux pleins de réceptivité et des voix enthousiastes pour nous
célébrer.
J’aurais voulu ajouter ici un portrait de l’un des plus doués d’entre
eux, de mon vieil ami Walter Sickert, l’admirable peintre de paysages
urbains et des music-halls; mais heureusement, il est encore parmi
nous, bien vivant, et je me suis imposé le devoir de ne parler que des
disparus.