--Monsieur le curé, le curé protestant est là dans le corridor. Il veut
vous voir, cet homme.
Ainsi parla Prudence, un soir, vers huit heures. Je sursautai et je dis:
--M. Asseler! mais faites entrer!
Je quittai prestement ma chaise et allai à la rencontre de M. Asseler
qui pénétrait dans ma chambre.
--Comment allez-vous, monsieur le pasteur? demandai-je avec un sourire
de bienvenue, en lui tendant la main.
--Je vais mal, monsieur le curé, me répondit M. Asseler, et c’est
pourquoi je viens à vous.
J’approchai de la cheminée le grand fauteuil de reps rouge et je priai
le ministre protestant d’y prendre place.
--Monsieur le curé, dit-il, dès qu’il fut assis, je ne me dissimule pas
ce que ma présence chez vous peut avoir d’étrange. Vous le premier, avez
le droit de vous étonner.
--Oh! monsieur le pasteur, j’ai passé l’âge des étonnements! Et, du
reste, une visite qui vous est agréable ne vous étonne jamais!