VI

Joséphine apporte un cuissot de chevreuil et le Riquevihr circule à

nouveau.

--Süzele, dit Mme Deck, raconte voir un peu Plashke et sa femme.

Et Suzanne raconte Plashke et sa femme.

--Lui est né en Alsace, de parents Allemands: il a la carte B. Elle est

une Badoise authentique. Au temps des Allemands, Plashke était un grand

homme. Inspecteur pour la Basse-Alsace d'une compagnie d'assurances de

Berlin, il recevait beaucoup. Des officiers venaient prendre le thé

chez lui et les médecins militaires ont trouvé ce thé si bon, qu'au

moment de la mobilisation Herr Plashke s'est trouvé malade. Il s'est

dévoué pour les blessés et a été proposé pour l'Aigle rouge de

quatrième classe.

Vers le mois d'août 1918, Frau Plashke, une personne énergique, a

commencé à apprendre le Français. Herr Plashke est venu demander à

papa les noms des meilleures Compagnies d'Assurances françaises. Quand

le 172e de ligne est entré, ils ont sorti un drapeau français.

Maintenant Plashke est inspecteur pour la Basse-Alsace d'une grande

Compagnie d'Assurances de Paris. L'autre jour, Frau Plashke est venue

nous faire une visite et, croyez-moi, son accent français est meilleur

que le nôtre. Sa grande ambition, dit-elle, est que sa fille épouse un

officier français. Ils sont déjà nombreux à ses thés. Quant à Herr

Plashke, ayant raté son Aigle rouge, il voudrait les palmes

académiques. Il les aura.

--Oui, dit Roth, peut-être même avant le Directeur de la musique des

pompiers.

--Les palmes académiques! Vous ne direz pas que celui-là n'est pas

assimilé.

--Iô!... Assimilé!... dit M. Deck, Inspecteur d'assurances, voilà

ce qu'il est.

[Illustration 07]

Les Bourgeois de Witzheim · 第 12 / 17 题