On sait que, chez tous les peuples civilisés, c'est le sexe féminin qui
domine. Les naissances masculines sont toujours un peu plus nombreuses
que les naissances féminines, mais il meurt plus de petits garçons que
de petites filles et, de 15 à 25 ans, le sexe masculin est en minorité.
Les victimes que fait la maternité lui rendent ensuite la majorité
jusque vers cinquante ans. Finalement, la durée de la vie étant moindre
chez l'homme que chez la femme, le sexe féminin finit par dominer. Ceci
est la loi classique en démographie. Mais voici que le dernier
recensement des États-Unis semble apporter à cette loi un démenti fort
grave. Dans la totalité de la nation, on a, en effet, enregistré un
excédent de 1.638.621 individus mâles.
Sans doute, dans certains États, il y a un peu moins d'hommes que de
femmes: de 47 à 49 pour 100 habitants; mais dans quelques autres, par
exemple dans le Wyoming et le Montana, on constate un excès masculin
parfois considérable, pouvant aller jusqu'à 63.
Toutefois, cette contradiction avec la loi reconnue n'est peut-être
qu'apparente; car il est certain que l'émigration, si importante aux
États-Unis, et qui n'y introduit guère que des éléments masculins, est
sans doute la cause de cette inversion numérique des sexes.
D'ailleurs, les femmes sont en grand excès dans les villes. Dans 1.861
villes, on compte un excédent de plus de 200.000 femmes.
La mortalité des hommes est, aux États-Unis comme partout, supérieure à
celle des femmes, dans la proportion de près d'un septième.