Mon oncle, quoique morose, avoue que les choses vont mieux qu’autrefois.
Il dit que d’abord notre race fut sauvage, et qu’il y a encore dans les
bois des chats pareils à nos premiers ancêtres, lesquels attrapent de
loin en loin un mulot ou un loir, plus souvent des coups de fusil.
D’autres, secs, le poil ras, trottent sur les gouttières et trouvent que
les souris sont bien rares. Pour nous, élevés au comble de la félicité
terrestre, nous remuons flatteusement la queue à la cuisine, nous
poussons de petits gémissements tendres, nous léchons les plats vides,
et c’est tout au plus si par journée nous emboursons une douzaine de
claques.