II.

Orthez, au quatorzième siècle, était une capitale; de cette grandeur il

reste quelques débris: des murs ruinés et la haute tour d’un château où

pendent des lierres. Les comtes de Foix avaient là un petit État presque

indépendant, fièrement planté entre les royaumes de France, d’Angleterre

et d’Espagne. Les gens y ont gagné, je le sais: ils ne haïssent plus

leurs voisins et vivent tranquilles; ils reçoivent de Paris les

inventions et les nouvelles; la paix, l’échange et le bien-être sont

plus grands. On y a perdu pourtant; au lieu de trente capitales actives,

pensantes, il y a trente villes de province inertes, dociles. Les femmes

souhaitent un chapeau, les hommes vont fumer au café; voilà leur vie;

ils ramassent de vieilles idées creuses dans des journaux imbéciles.

Autrefois ils avaient des pensées politiques et des cours d’amour.

Voyage aux Pyrénées · 第 43 / 176 题