Orthez, au quatorzième siècle, était une capitale; de cette grandeur il
reste quelques débris: des murs ruinés et la haute tour d’un château où
pendent des lierres. Les comtes de Foix avaient là un petit État presque
indépendant, fièrement planté entre les royaumes de France, d’Angleterre
et d’Espagne. Les gens y ont gagné, je le sais: ils ne haïssent plus
leurs voisins et vivent tranquilles; ils reçoivent de Paris les
inventions et les nouvelles; la paix, l’échange et le bien-être sont
plus grands. On y a perdu pourtant; au lieu de trente capitales actives,
pensantes, il y a trente villes de province inertes, dociles. Les femmes
souhaitent un chapeau, les hommes vont fumer au café; voilà leur vie;
ils ramassent de vieilles idées creuses dans des journaux imbéciles.
Autrefois ils avaient des pensées politiques et des cours d’amour.