NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 3 octobre 1813.

«Mon cousin, tous les bruits que l'on fait courir sont controuvés. Il

n'y a pas de corps d'armée ennemi sur Géra; il n'y en a pas sur

Altenbourg: il n'y a de ce côté que le corps de l'hetman Platow et de

Thielmann. Il faut mettre une grande circonspection dans vos mouvements.

Avant tout, il faut soutenir le prince de la Moskowa. Le roi de Naples,

avec le deuxième, le cinquième et le huitième corps, qui sont entre

Freyberg, Chemnitz et Altenbourg, se trouve, dans l'ordre naturel,

opposé à tout ce qui arriverait de Bohême. D'ailleurs, un officier que

vous m'enverriez en poste pourrait, en moins de vingt heures, vous

rapporter ma réponse. Je vous le répète: couvrir Leipzig, puisque vous y

êtes, empêcher le passage de l'Elbe de Wittenberg à Torgau, secourir

Torgau, appuyer le prince de la Moskowa, voilà le premier but que vous

devez vous proposer: le reste viendra après. J'attends aujourd'hui des

nouvelles du prince Poniatowski et l'arrivée de mes troupes à Chemnitz,

ce qui me mettra à même de prendre un parti.

«NAPOLÉON.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (5/9) · 第 119 / 167 题