NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 3 octobre 1813.

«Mon cousin, le prince Poniatowski est arrivé à Altenbourg le 2

octobre.--Voici ce qui s'est passé:--Dans les premiers jours de

septembre, le colonel Münsdorf est arrivé à Altenbourg avec un

détachement de mille à onze cents chevaux.--Thielmann est venu le

rejoindre avec trois mille chevaux. D'Altenbourg, ces troupes poussèrent

des partis sur Zeitz, Borna, Freybourg, Weissenfels, Mersebourg et Géra.

Le général Lefebvre-Desnouettes les repoussa, les rejeta sur Altenbourg,

et ensuite sur Zwickau. Mais, le 28, l'hetman Platow déboucha sur

Altenbourg avec ses Cosaques, trois mille hommes d'infanterie

autrichienne et deux mille cavaliers autrichiens. Le général Lefebvre

fut attaqué de front dans le temps que Thielmann le tournait sur Zeitz.

Le 28 au soir, Platow était de retour à Altenbourg; le 29, Thielmann y

était également revenu. Platow rentra avec sa troupe à Chemnitz, en

partie le 29 et en partie le 30.--Thielmann et le comte Münsdorf

restèrent à Altenbourg; mais, le 2, au moment où ils faisaient leur

mouvement de retraite sur Zwickau, la cavalerie du prince Poniatowski

les chargea, leur sabra cinq à six cents hommes, et fit trois cents

prisonniers. En faisant ses adieux aux magistrats d'Altenbourg,

Thielmann leur a dit qu'il jugeait que les Français venaient sur lui,

que la ville serait occupée par eux, et qu'il s'en allait. Il paraît que

l'infanterie autrichienne que Platow avait sous ses ordres était du

corps de Klenau; que ce corps de Klenau n'est que de six mille hommes de

cavalerie et au plus de quinze mille hommes d'infanterie; qu'il occupe

Chemnitz, Marienberg et Augustenbourg.--Le prince Poniatowski occupe

Frohbourg et Windischleybe.--J'attends à chaque instant des nouvelles de

l'entrée du roi de Naples à Chemnitz. Vous voyez donc que le mouvement

de vingt mille Autrichiens sur Altenbourg est controuvé.--Faites mettre

dans les journaux de Leipzig que le général Thielmann a été battu par le

prince Poniatowski, qui lui a fait six cents prisonniers et lui a tué et

sabré beaucoup de monde.

«NAPOLÉON.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (5/9) · 第 120 / 167 题