LES PERSONNAGES.

Ôtez les personnages grotesques qui ne sont là que pour occuper de la

place et pour faire rire, vous trouverez que tous les caractères de

Dickens sont compris dans deux classes: les êtres sensibles et les

êtres qui ne le sont pas. Il oppose les âmes que forme la nature aux

âmes que déforme la société. L'un de ses derniers romans, _Hard

Times_, est un résumé de tous les autres. Il y préfère l'instinct au

raisonnement, l'intuition du coeur à la science positive; il attaque

l'éducation fondée sur la statistique, sur les chiffres et sur les

faits; il comble de malheurs et de ridicules l'esprit positif et

mercantile; il combat l'orgueil, la dureté, l'égoïsme du négociant et

du noble; il maudit les villes de manufactures, de fumée et de boue,

qui emprisonnent le corps dans une atmosphère artificielle et l'esprit

dans une vie factice. Il va chercher de pauvres ouvriers, des

bateleurs, un enfant trouvé, et accable sous leur bon sens, sous leur

générosité, sous leur délicatesse, sous leur courage et sous leur

douceur, la fausse science, le faux bonheur et la fausse vertu des

riches et des puissants qui les méprisent. Il fait des satires contre

la société oppressive; il fait des élégies sur la nature opprimée, et

son génie élégiaque, comme son génie satirique, rencontre à propos

dans le monde anglais qui l'entoure la carrière dont il a besoin pour

se déployer.

I

Le premier fruit de la société anglaise est l'hypocrisie. Il y mûrit

au double souffle de la religion et de la morale; on sait quels sont

leur popularité et leur empire au delà du détroit. Dans un pays où il

est scandaleux de rire le dimanche, où le triste puritanisme a gardé

quelque chose de son ancienne animosité contre le bonheur, où les

critiques qui étudient l'histoire ancienne insèrent des dissertations

sur le degré de vertu de Nabuchodonosor, il est naturel que

l'apparence de la moralité soit utile. C'est une monnaie qu'il faut

avoir; ceux qui n'ont pas la bonne en fabriquent de la fausse, et plus

l'opinion publique la déclare précieuse, plus on la contrefait. Aussi

ce vice est-il anglais. M. Pecksniff ne peut pas se rencontrer en

France. Ses phrases nous dégoûteraient. S'il y a chez nous une

affectation, ce n'est pas celle de vertu, c'est celle de vice; pour

réussir, on aurait tort d'y parler de ses principes; on aime mieux

confesser ses faiblesses, et s'il y a des charlatans, ce sont des

fanfarons d'immoralité. Nous avons eu jadis nos hypocrites; mais c'est

lorsque la religion était populaire. Depuis Voltaire, Tartufe est

impossible. On n'essaye plus d'affecter une piété qui ne trompe

personne et qui ne mène à rien. L'hypocrisie vient, s'en va et varie

selon l'état des moeurs, de la religion et des esprits; aussi voyez

comme l'hypocrisie de Pecksniff est conforme aux dispositions de son

pays! La religion anglaise est peu dogmatique et toute morale.

Pecksniff ne lâche pas comme Tartufe des phrases de théologie; il

s'épanche tout entier en tirades de philanthropie. Il a marché avec le

siècle. Il est devenu philosophe humanitaire. Il a donné à ses filles

les noms de _Mercy_ (compassion) et _Charity_. Il est tendre, il est

bon, il s'abandonne aux effusions de famille. Il offre innocemment en

spectacle, lorsqu'on vient le voir, de charmantes scènes d'intérieur;

il étale le coeur d'un père, les sentiments d'un époux, la

bienveillance d'un bon maître. Les vertus de famille sont en honneur

aujourd'hui; il faut s'en affubler. Jadis Orgon disait, instruit par

Tartufe:

Et je verrais périr parents, enfants et femme,

Que je m'en soucierais autant que de cela.

La vertu moderne et la piété anglaise pensent autrement; il ne faut

pas mépriser ce monde en vue de l'autre; il faut l'améliorer en vue de

l'autre. Tartufe parlera de sa haire et de sa discipline; Pecksniff,

de son confortable petit parloir, du charme de l'intimité, des beautés

de la nature. Il essayera de mettre la concorde entre les hommes. Il

aura l'air d'un membre de la _Société de la paix_. Il développera les

considérations les plus touchantes sur les bienfaits et sur les

beautés de l'harmonie. Il sera impossible de l'écouter sans avoir le

coeur attendri. Les hommes sont raffinés aujourd'hui, ils ont lu

beaucoup de poésies élégiaques; leur sensibilité est plus vive; on ne

peut plus les tromper avec la grossière impudence de Tartufe. C'est

pourquoi M. Pecksniff aura des gestes de longanimité sublime, des

sourires de compassion ineffable, des élans, des mouvements d'abandon,

des grâces, des tendresses qui séduiront les plus difficiles et

charmeront les plus délicats. Les Anglais, dans leurs parlements, dans

leurs _meetings_, dans leurs associations et dans leurs cérémonies

publiques, ont appris la phrase oratoire, les termes abstraits, le

style de l'économie politique, du journalisme et du prospectus. M.

Pecksniff parlera comme un prospectus. Il en aura l'obscurité, le

galimatias et l'emphase. Il semblera planer au-dessus du monde, dans

la région des idées pures, au sein de la vérité. Il aura l'air d'un

apôtre élevé dans les bureaux du _Times_. Il débitera des idées

générales à propos de tout. Il trouvera une leçon de morale dans les

beefsteaks qu'il vient d'avaler. Ce beefsteak a passé, le monde

passera aussi; souvenons-nous de notre fragilité et du compte qu'un

jour nous aurons à rendre. En pliant sa serviette, il s'élèvera à des

contemplations grandioses: «L'économie de la digestion, dira-t-il, à

ce que m'ont appris certains anatomistes de mes amis, est un des plus

merveilleux ouvrages de la nature. Je ne sais pas ce qu'éprouvent les

autres, mais c'est une grande satisfaction pour moi de penser, quand

je jouis de mon humble dîner, que je mets en mouvement la plus belle

machine dont nous ayons connaissance. Il me semble véritablement, en

de tels instants, que j'accomplis une fonction publique.--Quand j'ai

remonté cette montre intérieure, si je puis employer une telle

expression, dit M. Pecksniff avec une sensibilité exquise, et quand je

sais qu'elle va, je sens que la leçon offerte par elle aux hommes fait

de moi un des bienfaiteurs de mon espèce.» Vous reconnaissez un

nouveau genre d'hypocrisie. Les vices changent à chaque siècle en même

temps que les vertus.

L'esprit pratique, comme l'esprit moral, est anglais; à force de

commercer, de travailler et de se gouverner, ce peuple a pris le goût

et le talent des affaires; c'est pourquoi ils nous regardent comme des

enfants et des fous. L'excès de cette disposition est la destruction

de l'imagination et de la sensibilité. On devient une machine à

spéculation en qui s'alignent des chiffres et des faits; on nie la vie

de l'esprit et les joies du coeur; on ne voit plus dans le monde que

des pertes et des bénéfices; on devient dur, âpre, avide et avare; on

traite les hommes en rouages; un jour on se trouve tout entier

négociant, banquier, statisticien; on a cessé d'être homme. Dickens a

multiplié les portraits de l'homme positif: Ralph Nickleby, Scrooge,

Antony Chuzzlewit, Jonas, l'alderman Cute, M. Murdstone et sa soeur,

Bounderby, Tom Gradgrind; il y en a dans tous ses romans. Les uns le

sont par éducation, les autres le sont par nature; mais ils sont tous

odieux, car ils prennent tous à tâche de railler et de détruire la

bonté, la sympathie, la compassion, les affections désintéressées, les

émotions religieuses, l'enthousiasme de l'imagination, tout ce qu'il y

a de beau dans l'homme. Ils oppriment des enfants, ils frappent des

femmes, ils affament des pauvres, ils insultent des malheureux. Les

meilleurs sont des automates de fer poli qui exécutent méthodiquement

leurs devoirs légaux et ne savent pas qu'ils font souffrir les autres.

Ces sortes de gens ne se trouvent pas dans notre pays. Leur rigidité

n'est point dans notre caractère. Ils sont produits en Angleterre par

une école qui a sa philosophie, ses grands hommes, sa gloire, et qui

ne s'est jamais établie chez nous. Plus d'une fois, il est vrai, nos

écrivains ont peint des avares, des gens d'affaires et des

boutiquiers; Balzac en est rempli. Mais il les explique par leur

imbécillité, ou il en fait des monstres curieux comme Grandet et

Gobseck. Ceux de Dickens forment une classe réelle et représentent un

vice national. Lisez ce passage de _Hard Times_, et voyez si, corps et

âme, M. Gradgrind n'est pas tout Anglais.

«À présent, ce qu'il me faut, ce sont des faits. N'enseignez à

ces filles et à ces garçons que des faits; on n'a besoin que de

faits dans la vie. Ne plantez rien autre chose en eux; déracinez

en eux toute autre chose. Vous ne pouvez former l'esprit d'un

animal raisonnable qu'avec des faits. Aucune autre chose ne

pourra leur être utile. C'est le principe d'après lequel j'élève

mes propres enfants, et c'est là le principe d'après lequel je

veux que les enfants soient élevés. Attachez-vous aux faits,

monsieur!»

La scène était la voûte nue, unie, monotone d'une école, et le

doigt carré de l'orateur donnait de l'autorité à ses

observations, en soulignant chaque sentence par un trait sur la

manche du maître d'école. Cette autorité était accrue par le

front de l'orateur, sorte de mur carré, ayant les sourcils pour

base, pendant que ses yeux trouvaient une cage commode dans deux

caves noires qu'ombrageait le mur. Cette autorité était accrue

par la bouche de l'orateur, qui était grande, mince et dure.

Cette autorité était accrue par la voix de l'orateur, qui était

inflexible, sèche et impérative. Cette autorité était accrue par

les cheveux de l'orateur, qui se dressaient sur les côtés de sa

tête chauve, sorte de plantation de pins ayant pour but de

protéger contre le vent la surface luisante, toute couverte de

protubérances, ainsi qu'une croûte de pâté aux prunes, comme si

la tête eût été un magasin insuffisant pour la dure masse de

faits accumulés dans son intérieur. L'attitude obstinée de

l'orateur, son habit carré, ses jambes carrées, ses épaules

carrées, jusqu'à sa cravate, qui le prenait à la gorge de son

noeud roide, comme un fait entêté qu'elle était, tout ajoutait à

cette autorité.

«Dans cette vie, il ne nous faut que des faits, monsieur; rien

que des faits!»

L'orateur et le maître d'école et la troisième grande personne

présente reculèrent tous un peu et parcoururent des yeux le plan

incliné des petits vases qui étaient là rangés en ordre pour

recevoir les grandes potées de faits qu'on allait verser en eux,

afin de les remplir jusqu'au bord[11]!

«--Thomas Gradgrind, monsieur! Homme de réalités, homme de faits

et de calculs, homme qui part de ce principe que deux et deux

font quatre, et rien de plus, et qui sous aucun prétexte et pour

aucune raison n'accordera rien de plus! Thomas Gradgrind,

monsieur! Thomas lui-même, Thomas Gradgrind avec une règle et une

paire de balances, et la table de multiplication toujours dans sa

poche, monsieur, prêt à peser et à mesurer n'importe quel

fragment de la nature humaine, et à vous dire exactement ce qu'on

peut en tirer. C'est une pure question de chiffres, un simple cas

d'arithmétique. Vous pourriez espérer de faire entrer quelque

autre croyance dans la tête de Georges Gradgrind, ou d'Auguste

Gradgrind, ou de John Gradgrind, ou de Joseph Gradgrind (toutes

personnes fictives, non existantes), mais dans la tête de Thomas

Gradgrind,--non, monsieur!»

C'est dans ces termes que M. Gradgrind se présentait toujours

lui-même mentalement, soit au cercle de ses relations

particulières, soit au public en général. C'est dans ces termes

évidemment, en substituant le mot «jeunes élèves» au mot

«monsieur,» que Thomas Gradgrind présentait en ce moment Thomas

Gradgrind aux petits vases rangés devant lui, lesquels devaient

être si fort remplis de faits[12].

Un autre défaut que donne l'habitude de commander et de lutter est

l'orgueil. Il abonde dans un pays d'aristocratie, et personne n'a

raillé plus durement une aristocratie que Dickens; tous ses portraits

sont des sarcasmes: c'est celui de James Harthouse, dandy dégoûté de

tout, principalement de lui-même, et ayant parfaitement raison; c'est

celui de sir Frederick, pauvre sot dupé, abruti par le vin, dont

l'esprit consiste à regarder fixement les gens en mangeant le bout de

sa canne; c'est celui de lord Feenix, sorte de mécanique à phrases

parlementaires, détraquée, et à peine capable d'achever les périodes

ridicules où il a soin de toujours tomber; c'est celui de mistress

Skewton, hideuse vieille ruinée, coquette jusqu'à la mort, demandant

pour son lit d'agonie des rideaux roses, et promenant sa fille dans

tous les salons de l'Angleterre, pour la vendre à quelque mari

vaniteux; c'est celui de sir John Chester, scélérat de bonne

compagnie, qui, de peur de se compromettre, refuse de sauver son fils

naturel et refuse avec toutes sortes de grâces en achevant de manger

son chocolat. Mais la peinture la plus complète et la plus anglaise de

l'esprit aristocratique est le portrait d'un négociant de Londres, M.

Dombey.

Ce n'est pas là qu'en France nous irons chercher nos types; c'est là

qu'on les trouve en Angleterre, aussi énergiques que dans nos plus

orgueilleux châteaux. M. Dombey, comme un noble, aime sa maison autant

que lui-même. S'il dédaigne sa fille et s'il souhaite un fils, c'est

pour perpétuer l'ancien nom de sa banque. Il a ses ancêtres en

commerce, il veut avoir ses descendants. Ce sont des traditions qu'il

soutient, et c'est une puissance qu'il continue. À cette hauteur

d'opulence et avec cette étendue d'action, c'est un prince, et, comme

il a la situation d'un prince, il en a les sentiments. Vous voyez là

un caractère qui ne pouvait se produire que dans un pays dont le

commerce embrasse le monde, où les négociants sont des potentats, où

une compagnie de marchands a exploité des continents, soutenu des

guerres, défait des royaumes, et fondé un empire de cent millions

d'hommes. L'orgueil d'un tel homme n'est pas petit, il est terrible;

il est si tranquille et si haut, que, pour en trouver un semblable, il

faudrait relire les _Mémoires_ de Saint-Simon. M. Dombey a toujours

commandé, et il n'entre pas dans sa pensée qu'il puisse céder à

quelqu'un ou à quelque chose. Il reçoit la flatterie comme un tribut

auquel il a droit, et aperçoit au-dessous de lui, à une distance

immense, les hommes comme des êtres faits pour l'implorer et lui

obéir. Sa seconde femme, la fière Édith Skewton, lui résiste et le

méprise; l'orgueil du négociant se heurte contre l'orgueil de la fille

noble, et les éclats contenus de cette inimitié croissante révèlent

une intensité de passion que des âmes ainsi nées et ainsi nourries

pouvaient seules contenir. Édith, pour se venger, s'enfuit le jour

anniversaire de son mariage, et se donne les apparences de l'adultère

C'est alors que l'inflexible orgueil se dresse dans toute sa roideur.

Il a chassé sa fille, qu'il croit complice de sa femme; il défend

qu'on s'occupe de l'une ni de l'autre; il impose silence à sa soeur et

à ses amis; il reçoit ses hôtes du même ton et avec la même froideur.

Désespéré dans le coeur, dévoré par l'insulte, par la conscience de sa

défaite, par l'idée de la risée publique, il reste aussi ferme, aussi

hautain, aussi calme qu'il fut jamais. Il pousse plus audacieusement

ses affaires et se ruine; il va se tuer. Jusqu'ici tout était bien:

la colonne de bronze était restée entière et invaincue; mais les

exigences de la morale publique pervertissent l'idée du livre. Sa

fille arrive juste à point. Elle le supplie; il s'attendrit; elle

l'emmène; il devient le meilleur des pères, et gâte un beau roman.

[Note 11: "Now, what I want is, Facts. Teach these boys and girls

nothing but Facts. Facts alone are wanted in life. Plant nothing else,

and root out everything else. You can only form the minds of reasoning

animals upon Facts: nothing else will ever be of any service to them.

This is the principle on which I bring up these children. Stick to

Facts, Sir!"

The scene was a plain, bare, monotonous vault of a school-room, and

the speaker's square forefinger emphasised his observations by

underscoring every sentence with a line on the school-master's sleeve.

The emphasis was helped by the speaker's square wall of a forehead,

which had his eyebrows for its base, while his eyes found commodious

cellarage in two dark caves, overshadowed by the wall. The emphasis

was helped by the speaker's mouth, which was wide, thin, and hard set.

The emphasis was helped by the speaker's voice, which was inflexible,

dry, and dictatorial. The emphasis was helped by the speaker's hair,

which bristled on the skirts of his bald head, a plantation of firs to

keep the wind from its shining surface, all covered with knobs, like

the crust of a plum-pie, as if the head had scarcely warehouse room

for the hard facts stored inside. The speaker's obstinate carriage,

square coat, square legs, square shoulders,--nay, his very neckcloth,

trained to take him by the throat with an unaccommodating grasp, like

a stubborn fact, at it was,--all helped the emphasis.

"In this life, we want nothing but Facts, Sir; nothing but Facts!"

The speaker, and the schoolmaster, and the third grown person present,

all backed a little, and swept with their eyes the inclined plane of

little vessels then and there arranged in order, ready to have

imperial gallons of facts poured into them until they were full to the

brim.]

[Note 12: "THOMAS GRADGRIND. Sir! A man of realities. A man of

facts and calculations. A man who proceeds upon the principle that two

and two are four, and nothing over, and who is not to be talked into

allowing for anything over. Thomas Gradgrind, Sir--peremptorily

Thomas--Thomas Gradgrind. With a rule and a pair of scales, and the

multiplication table always in his pocket, Sir, ready to weigh and

measure any parcel of human nature, and tell you exactly what it comes

to. It is a mere question of figures, a case of simple arithmetic. You

might hope to get some other nonsensical belief into the head of

George Gradgrind, or Augustus Gradgrind, or John Gradgrind, or Joseph

Gradgrind (all suppositious, non-existant persons), but into the head

of Thomas Gradgrind--no, Sir?

In such terms Mr. Gradgrind always mentally introduced himself,

whether to his private circle of acquaintance, or to the public in

general. In such terms, no doubt, substituting the words "boys and

girls," for "Sir," Thomas Gradgrind now presented Thomas Gradgrind to

the little pitchers before him, who were to be filled so full of

facts. (_Hard Times_, p. 4.)]

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 5 de 5) · 第 28 / 109 题