II

Le lecteur prévoit déjà quelles violentes émotions ce genre

d'imagination va produire. La manière de concevoir règle en l'homme la

manière de sentir. Quand l'esprit, à peine attentif, suit les contours

indistincts d'une image ébauchée, la joie et la douleur l'effleurent

d'un attouchement insensible. Quand l'esprit, avec une attention

profonde, pénètre les détails minutieux d'une image précise, la joie

et la douleur le secouent tout entier. Dickens a cette attention et

voit ces détails; c'est pourquoi il rencontre partout des sujets

d'exaltation. Il ne quitte point le ton passionné; il ne se repose

jamais dans le style naturel et dans le récit simple; il ne fait que

railler ou pleurer; il n'écrit que des satires et des élégies. Il a la

sensibilité fiévreuse d'une femme qui part d'un éclat de rire ou qui

fond en larmes au choc imprévu du plus léger événement. Ce style

passionné est d'une puissance extrême, et on peut lui attribuer la

moitié de la gloire de Dickens. Le commun des hommes n'a que des

émotions faibles. Nous travaillons machinalement et nous bâillons

beaucoup; les trois quarts des objets nous laissent froids; nous nous

endormons dans l'habitude, et nous finissons par ne plus remarquer les

scènes de ménage, les minces détails, les aventures plates qui sont le

fond de notre vie. Un homme vient qui, tout d'un coup, les rend

intéressantes; bien plus, il en fait des drames; il les change en

objets d'admiration, de tendresse et d'épouvante. Sans sortir du coin

du feu ou de l'omnibus, nous voilà tremblants, les yeux pleins de

larmes ou secoués par les accès d'un rire inextinguible. Nous nous

trouvons transformés, notre vie est doublée; notre âme végétait; elle

sent, elle souffre, elle aime. Le contraste, la succession rapide, le

nombre des sentiments ajoutent encore à son trouble; nous roulons

pendant deux cents pages dans un torrent d'émotions nouvelles,

contraires et croissantes, qui communique à l'esprit sa violence, qui

l'entraîne dans des écarts et des chutes, et ne le rejette sur la rive

qu'enchanté et épuisé. C'est une ivresse, et sur une âme délicate

l'effet serait trop fort; mais il convient au public, et le public l'a

justifié.

Cette sensibilité ne peut guère avoir que deux issues: le rire et les

larmes. Il y en a d'autres; mais on n'y arrive que par la haute

éloquence; elles sont le chemin du sublime, et l'on a vu que pour

Dickens il est fermé. Cependant il n'y a pas d'écrivain qui sache

mieux toucher et attendrir; il fait pleurer, cela est à la lettre;

avant de l'avoir lu, on ne se savait pas tant de pitié dans le coeur.

Le chagrin d'une enfant qui voudrait être aimée de son père et que son

père n'aime point, l'amour désespéré et la mort lente d'un pauvre

jeune homme à demi imbécile, toutes ces peintures de douleurs secrètes

laissent une impression ineffaçable. Les larmes qu'il verse sont

vraies, et la compassion est leur source unique. Balzac, George Sand,

Stendhal ont aussi raconté les misères humaines; est-il possible

d'écrire sans les raconter? Mais ils ne les cherchent pas, ils les

rencontrent; ils ne songent point à nous les étaler; ils allaient

ailleurs, ils les ont trouvées, sur leur route. Ils aiment l'art

plutôt que les hommes. Ils ne se plaisent qu'à voir jouer les ressorts

des passions, à combiner de grands systèmes d'événements, à construire

de puissants caractères; ils n'écrivent point par sympathie pour les

misérables, mais par amour du beau. Quand vous finissez _Mauprat_,

votre émotion n'est pas la sympathie pure; vous ressentez encore une

admiration profonde pour la grandeur et la générosité de l'amour.

Quand vous achevez _le Père Goriot_, vous avez le coeur brisé par les

tortures de cette agonie; mais l'étonnante invention, l'accumulation

des faits, l'abondance des idées générales, la force de l'analyse,

vous transportent dans le monde de la science, et votre sympathie

douloureuse se calme au spectacle de cette physiologie du coeur.

Dickens ne calme jamais la nôtre; il choisit les sujets où elle se

déploie seule et plus qu'ailleurs, la longue oppression des enfants

tyrannisés et affamés par leur maître d'école, la vie de l'ouvrier

Stephen, volé et déshonoré par sa femme, chassé par ses camarades,

accusé de vol, languissant six jours au fond d'un puits où il est

tombé, blessé, dévoré par la fièvre, et mourant quand enfin on arrive

à lui. Rachel, sa seule amie, est là, et son égarement, ses cris, le

tourbillon de désespoir dans lequel Dickens enveloppe ses personnages

ont préparé la douloureuse peinture de cette mort résignée. Le seau

remonte un corps qui n'a presque plus de forme, et l'on voit la figure

pâle, épuisée, patiente, tournée vers le ciel, tandis que la main

droite, brisée et pendante, semble demander qu'une autre main vienne

la soutenir. Il sourit pourtant et dit faiblement: «Rachel!» Elle

vient et se penche jusqu'à ce que ses yeux soient entre ceux du blessé

et le ciel, car il n'a pas la force de tourner les siens pour la

regarder. Alors, en paroles brisées, il lui raconte sa longue agonie.

Depuis qu'il est né, il n'a éprouvé que misère et injustice: c'est la

règle; les faibles souffrent et sont faits pour souffrir. Ce puits où

il est tombé a tué des centaines d'hommes, des pères, des maris, des

fils qui faisaient vivre des centaines de familles. Les mineurs ont

prié et supplié les hommes du parlement, par l'amour du Christ, de ne

point permettre que leur travail fût leur mort, et de les épargner à

cause de leurs femmes et de leurs enfants, qu'ils aiment autant que

les _gentlemen_ aiment les leurs: tout cela pour rien. Quand le puits

travaillait, il tuait sans besoin; abandonné, il tue encore. Stephen

dit cela sans colère, doucement, simplement, comme la vérité. Il a

devant lui son calomniateur; il ne s'indigne pas, il n'accuse

personne; il charge seulement le père de démentir la calomnie tout à

l'heure, quand il sera mort. Son coeur est là-haut, dans le ciel où il

a vu briller une étoile. Dans son tourment, sur son lit de pierres, il

l'a contemplée, et le tendre et touchant regard de la divine étoile a

calmé, par sa sérénité mystique, l'angoisse de son esprit et de son

corps. «J'ai vu plus clair, dit-il, et ma prière de mourant a été que

les hommes puissent seulement se rapprocher un peu plus les uns des

autres, que lorsque moi, pauvre homme, j'étais avec eux.--Ils le

soulevèrent, et il fut ravi de voir qu'ils allaient l'emporter du côté

où l'étoile semblait les conduire. Ils le portèrent très-doucement, à

travers les champs et le long des sentiers, dans la large campagne,

Rachel tenant toujours sa main dans les siennes. Ce fut bientôt une

procession funèbre. L'étoile lui avait montré le chemin qui mène au

Dieu des pauvres, et son humilité, ses misères, son oubli des injures,

l'avaient conduit au repos de son rédempteur[7].»

Ce même écrivain est le plus railleur, le plus comique et le plus

bouffon de tous les écrivains anglais. Singulière gaieté du reste!

C'est la seule qui puisse s'accorder avec cette sensibilité

passionnée. Il y a un rire qui est voisin des larmes. La satire est

soeur de l'élégie: si l'une plaide pour les opprimés, l'autre combat

contre les oppresseurs. Blessé par les travers et par les vices,

Dickens se venge par le ridicule. Il ne les peint pas, il les punit.

Rien de plus accablant que ces longs chapitres d'ironie soutenue où le

sarcasme s'enfonce à chaque ligne plus sanglant et plus perçant dans

l'adversaire qu'il s'est choisi. Il y en a cinq ou six contre les

Américains, contre leurs journaux vendus, contre leurs journalistes

ivrognes, contre leurs spéculateurs charlatans, contre leurs femmes

auteurs, contre leur grossièreté, leur familiarité, leur insolence,

leur brutalité, capable de ravir un absolutiste, et de justifier ce

libéral qui, revenant de New-York, embrassa les larmes aux yeux le

premier gendarme qu'il aperçut sur le port du Havre. Fondations de

sociétés industrielles, entretiens d'un député avec ses commettants,

instructions d'un député à son secrétaire, parade des grandes maisons

de banque, inauguration d'un édifice, toutes les cérémonies et tous

les mensonges de la société anglaise sont gravés avec la verve et

l'amertume de Hogarth. Il y a des morceaux où le comique est si

violent, qu'il a l'air d'une vengeance, par exemple le récit de Jonas

Chuzzlewit. Le premier mot qu'épela cet excellent jeune homme fut

«gain.» Le second (quand il arriva aux dissyllabes) fut «argent.»

Cette belle éducation avait produit par hasard deux inconvénients;

l'un, c'est qu'habitué par son père à tromper les autres, il avait

pris insensiblement le goût d'attraper son père; l'autre, c'est

qu'instruit à considérer tout comme une question d'argent, il avait

fini par regarder son père comme une sorte de propriété, qui serait

très-bien placée dans le coffre-fort appelé bière. «Voilà mon père

qui ronfle, dit M. Jonas. Pecksniff, ayez donc la bonté de marcher sur

son pied. C'est celui qui est contre vous qui a la goutte.» Il entre

en scène par cette attention: vous jugez du reste. Dickens est triste

au fond comme Hogarth; mais, comme Hogarth, il fait rire aux éclats

par la bouffonnerie de ses inventions et par la violence de ses

caricatures. Il pousse ses personnages dans l'absurde avec une

intrépidité rare. Son Pecksniff invente des phrases morales et des

actions sentimentales si grotesques qu'il en est extravagant. Jamais

on n'a entendu de telles monstruosités oratoires. Sheridan a déjà

peint un hypocrite anglais, Joseph Surface; mais celui-là diffère

autant de Pecksniff qu'un portrait du dix-huitième siècle diffère

d'une vignette du _Punch_. Dickens fait l'hypocrisie si difforme et si

énorme, que son hypocrite cesse de ressembler à un homme; on dirait

une de ces figures fantastiques dont le nez est plus gros que le

corps. Ce comique outré vient de l'imagination excessive. Dickens

emploie partout le même ressort. Pour mieux faire voir l'objet qu'il

montre, il en crève les yeux du lecteur; mais le lecteur s'amuse de

cette verve déréglée; la fougue de l'exécution lui fait oublier que la

scène est improbable, et il rit de grand coeur en entendant

l'entrepreneur des pompes funèbres, M. Mould, énumérer les

consolations que la piété filiale, bien munie d'argent, peut trouver

dans son magasin. Quelle douleur n'adouciraient pas les voitures à

quatre chevaux, les tentures de velours, les cochers en manteaux de

drap et en bottes à revers, les plumes d'autruche teintes en noir,

les acolytes à pied habillés dans le grand style, portant des bâtons

garnis de cuivre? Oh! ne disons pas que l'or est une boue, puisqu'il

peut acheter des choses comme celles-là? «Que de bénédictions, s'écrie

M. Mould, que de bénédictions j'ai versées sur l'humanité au moyen de

mes quatre grands chevaux caparaçonnés, que je ne caparaçonne jamais à

moins de 10 livres 10 shillings la course[8]!»

Ordinairement Dickens reste grave en traçant ses caricatures. L'esprit

anglais consiste à dire en style solennel des plaisanteries folles. Le

ton et les idées font alors contraste; tout contraste donne des

impressions fortes. Dickens aime à les produire, et son public à les

éprouver.

Si parfois il oublie de donner les verges au prochain, s'il essaye de

s'amuser, s'il se joue, il n'en est pas plus heureux. Le fond du

caractère anglais, c'est le manque de bonheur. L'ardente et tenace

imagination de Dickens se prend trop fortement aux choses pour glisser

légèrement et gaiement sur leur surface. Il appuie, il pénètre, il

enfonce, il creuse; toutes ces actions violentes sont des efforts, et

tous les efforts sont des souffrances. Pour être heureux, il faut être

léger comme un Français du dix-huitième siècle, ou sensuel comme un

Italien du seizième; il ne faut point s'inquiéter des choses ou en

jouir. Dickens s'en inquiète et n'en jouit pas. Prenez un petit

accident comique, comme on en rencontre dans la rue, un coup de vent

qui retrousse les habits d'un commissionnaire. Scaramouche fera une

grimace de bonne humeur; Lesage aura le sourire d'un homme amusé; tous

deux passeront et n'y songeront plus. Dickens y songe pendant une

demi-page. Il voit si bien tous les effets du vent, il se met si

complétement à sa place, il lui suppose une volonté si passionnée et

si précise, il tourne et retourne si fort et si longtemps les habits

du pauvre homme, il change le coup de vent en une tempête et en une

persécution si grandes, qu'on est pris de vertige, et que tout en

riant on se trouve en soi-même trop de trouble et trop de compassion

pour rire de bon coeur.

C'était un endroit aéré, qui bleuissait le nez, qui rougissait

les yeux, qui faisait venir la chair de poule, qui gelait les

doigts du pied, qui faisait claquer les dents, que l'endroit où

Toby Veck attendait en hiver, et Toby Veck le savait bien. Le

vent arrivait en se démenant autour du coin,--principalement le

vent d'est,--comme s'il était parti des confins de la terre pour

tomber sur Toby. Et souvent on aurait dit qu'il arrivait sur lui

plus tôt qu'il n'avait pensé, car tournant d'un bond autour du

coin et dépassant Toby, il revenait soudain sur lui-même en

tourbillonnant, comme s'il criait: Ah! le voilà! À l'instant, son

tablier blanc était relevé par dessus sa tête, comme la blouse

d'un enfant méchant, et l'on voyait sa faible petite canne lutter

et s'agiter inutilement dans sa main; ses jambes subissaient une

agitation terrible, et Toby lui-même tout courbé, faisant face

tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, était si bien souffleté et

battu, et rossé, et houspillé, et tiraillé, et bousculé, et

soulevé de terre, que c'était presque positivement un miracle

s'il n'était pas enlevé en chair et en os en haut de l'air, comme

l'est parfois une colonie de grenouilles, ou d'escargots, ou

d'autres créatures portatives, pour tomber en pluie, au grand

étonnement des indigènes, dans quelque coin reculé du monde où

l'espèce des commissionnaires est inconnue[9].

Si l'on veut maintenant se figurer d'un regard cette imagination si

lucide, si violente, si passionnément fixée sur l'objet qu'elle se

choisit, si profondément touchée par les petites choses, si uniquement

attachée aux détails et aux sentiments de la vie vulgaire, si féconde

en émotions incessantes, si puissante pour éveiller la pitié

douloureuse, la raillerie sarcastique et la gaieté nerveuse, on se

représentera une rue de Londres par un soir pluvieux d'hiver. La

lumière flamboyante du gaz brûle les yeux, ruisselle à travers les

vitres des boutiques, rejaillit sur les figures qui passent, et sa

clarté crue, s'enfonçant dans leurs traits contractés, met en relief,

avec un détail infini et une énergie blessante, leurs rides, leurs

difformités, leur expression tourmentée. Si dans cette foule pressée

et salie vous découvrez un frais visage de jeune fille, cette lumière

artificielle le charge de tons excessifs et faux; elle le détache sur

l'ombre pluvieuse et froide avec une auréole étrange. L'esprit est

frappé d'étonnement: mais on porte la main à ses yeux pour les

couvrir, et en admirant la force de cette lumière, on pense

involontairement au vrai soleil de la campagne et à la tranquille

beauté du jour.

[Note 7: "It ha' shined upon me," he said reverently, "in my pain

and trouble down below. It ha' shined into my mind. I ha' lookn at't

an thowt o' thee, Rachael, till the muddle in my mind have cleared

away, above a bit, I hope. If soom ha' been wantin' in unnerstan'in me

better, I, too, ha' been wantin' in unnerstan'in them better.

In my pain an trouble, lookin up yonder,--wi' it shinin' on me.--I ha'

seen more clear, and ha' made it my dyin prayer that aw th' world may

on'y coom toogether more, an get a better unnerstan'in o'one another,

than when I were in't my own weak seln.

"Often as I coom to myseln, and found it shinin on me down there in my

trouble, I thowt it were the star as guided to Our Saviour's home. I

awmust think it be the very star!"

They carried him very gently along the fields, and down the lanes, and

over the wide landscape; Rachael always holding the hand in hers. Very

few whispers broke the mournful silence. It was soon a funeral

procession. The star had shown him where to find the God of the poor;

and through humility, and sorrow, and forgiveness, he had gone to his

Redeemer's rest. (_Hard Times_, p. 345.)]

[Note 8: "It can give him," said Mr. Mould, waving his watch-chain

slowly round and round, so that he described one circle after every

item; "it can give him four horses to each vehicle; it can give him

velvet trappings; it can give him drivers in cloth cloaks and

top-boots; it can give him the plumage of the ostrich, dyed black; it

can give him any number of walking attendants, drest in the first

style of funeral fashion, and carrying batons tipped with brass; it

can give him a place in Westminster Abbey itself, if he choose to

invest it in such a purchase. Oh! do not let us say that gold is

dross, when it can buy such things as these, Mrs. Gamp."

"Ay, Mrs. Gamp, you are right," rejoined the undertaker. "We should be

an honoured calling. We do good by stealth, and blush to have it

mentioned in our little bills. How much consolation may I--even

I"--cried Mr. Mould, "have diffused among my fellow-creatures by means

of my four longtailed prancers, never harnessed under ten pound ten!"

(_Martin Chuzzlewit_, p. 349.)]

[Note 9: And a breezy, goose-skinned, blue-nosed, red-eyed,

stony-toed, tooth-chattering place it was, to wait in, in the

winter-time, as Toby Veck well knew. The wind came tearing round the

corner--especially the east wind--as if it had sallied forth, express,

from the confines of the earth, to have a blow at Toby. And

often-times it seemed to come upon him sooner than it had expected,

for bouncing round the corner, and passing Toby, it would suddenly

wheel round again, as if it cried: "Why, here he is!" Incontinently

his little white apron would be caught up over his head like a naughty

boy's garments, and his feeble little cane would be seen to wrestle

and struggle unavailingly in his hand, and his legs would undergo

tremendous agitation, and Toby himself all aslant, and facing now in

this direction, now in that, would be so banged and buffeted, and

touzled, and worried, and hustled, and lifted off his feet, as to

render it a state of things but one degree removed from a positive

miracle, that he wasn't carried up bodily into the air as a colony of

frogs or snails or other portable creatures sometimes are, and rained

down again, to the great astonishment of the natives, on some strange

corner of the world where ticket-porters are unknown. (_Chimes_, p.

7.)]

§ 2.

Histoire de la Littérature Anglaise (Volume 5 de 5) · 第 26 / 109 题