Trouvé à Résine, en 1759

Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.

PLANCHE XX.

(_P. 29, 30, t. V de l'Edition royale_.)

On ne trouve à faire, dans les monumens connus, aucun rapprochement

assez exact pour déterminer quel est ce personnage. Le seul rapport

qu'on croyait y saisir était avec Architas de Tarente. Cette

dénomination n'était appuyée que sur l'ajustement de la coiffure,

qui paraissait ressembler à celle d'une tête que l'on voyait sur une

médaille attribuée par Fulvius Ursinus à ce philosophe. Il a été prouvé

postérieurement, que la tête représentée sur la médaille ne pouvait pas

être le portrait d'Architas: d'ailleurs, nous observerons, en adoptant

l'opinion de M. _Visconti_, que la coiffure en question, ou cette espèce

de turban, ne se voit ordinairement que sur les têtes d'Esculape. Il a

cru pouvoir en inférer que ce buste et le portrait en marbre du Capitole

ayant la même coiffure, mais une physionomie bien différente, sont les

portraits de quelques médecins célèbres. Ce bonnet leur a été donné

comme à des personnes obligées de marcher malgré l'intempérie des

saisons, et aux heures de la nuit, ayant, d'ailleurs, particulièrement

soin de leur santé; par cette même raison, Galien a le bonnet sur la

tête dans un médaillon de Commode, du cabinet impérial.

Hauteur, 1 pied 10 p°.

PLANCHE XXI.

(_P. 31, 32, t. V de l'Edition royale_.)

Le caractère sombre, farouche et méprisant de cette tête, est à-peu-près

la seule autorité qui puisse la faire attribuer à _Héraclite_; cette

expression, plutôt qu'une ressemblance marquée dans les traits, est le

seul rapport que ce bronze ait avec les figures antiques que l'on croit,

et non sans beaucoup d'incertitude, celles de ce personnage. Trouvé dans

les fouilles de Résine, en 1723, dans un même lieu avec le buste de la

planche suivante, qui lui servait de pendant, et qu'on a dit être

un _Démocrite_, on peut encore déduire de cette opposition quelque

vraisemblance, pour faire de celui-ci un Héraclite. Ce philosophe,

fils de Blison d'Ephèse, florissait vers la 69e olympiade, et mourut

d'hydropisie à l'âge de 60 ans (_Laërce, X, 1 et 3_). Il affecta

d'écrire avec obscurité; ce qui lui fit donner le nom de _Scoteinos_,

obscur, auquel Lucrèce (_I, 640_) fait allusion par ce jeu de mots,

_Clarus ob obscuram linguam_. Son système se réduisait établir le

feu pour principe de tout. Laërce le peint comme un homme altier,

dédaigneux, atrabilaire «portant par-tout des yeux inquiets, prêt fuir

à la moindre trace des pas humains»; une dureté inflexible semble avoir

fait le fond de son caractère. Il jugeait tous ses compatriotes dignes

de mort, pour avoir exilé Hermodore, son ami: on sait avec quel mépris

il rejeta les prières des Ephésiens, qui lui demandaient des lois.

Comment concilier une telle misanthropie avec ces sentimens de pitié et

de compassion, partant d'une âme généreuse, qui l'auraient fait pleurer

sur les folies des hommes! On ne doit voir, dans cette opinion, qu'une

métaphore adoptée par le vulgaire, dont Lucien et Juvénal se sont

emparés, comme d'une arme tranchante du ridicule; qu'une erreur déjà

reçue par les peintres du temps de Sidonius Apollinaris, qui rapporte

(_l. IX, p. 9_) qu'on peignait Héraclite les yeux fermés, à cause de ses

pleurs continuels. Plutarque regarde ce récit comme une fable, et Bayle

en démontre l'invraisemblance.

Hauteur, 2 pieds 9 lig.

PLANCHE XXII.

(_P. 33, 34, t. V de l'Edition royale._)

Ce buste mis en opposition avec le précédent, pourrait, comme nous

l'avons annoncé, représenter un _Démocrite_. Les artistes et les poètes

satyriques ont pris plaisir à opposer un rieur au pleureur atrabilaire.

Suivant Sidonius Apollinaris, déjà cité, on peignait Démocrite les

lèvres ouvertes par le rire. Ce philosophe vraîment grand, d'un

caractère gai et plaisant, fut regardé comme un fou par ses

compatriotes, les Abdéritains, qui cependant l'aimaient beaucoup, et

lui érigèrent des statues de bronze. On n'en connaît point d'images

authentiques. La tête de Démocrite et celle d'Héraclite étaient des

sujets de caprice, et pour ainsi-dire de convention, pour exprimer une

opposition morale. Laërce rapporte que le philosophe d'Abdère vécut cent

neuf ans; il paraît du-moins certain qu'il arriva à un âge très-avancé.

Les statues érigées en l'honneur des hommes célèbres, après leur mort,

portent le caractère du dernier âge du personnage. Les artistes se

faisaient un devoir d'une fidélité scrupuleuse, et suivaient les

premiers modèles, ou du-moins la tradition. La jeunesse de notre buste

paraîtrait donc peu convenir à Démocrite. D'après cette remarque, on a

cherché d'autres rapprochemens, et l'on a imaginé que la physionomie

de ce buste pouvait se rapporter à Aristippe: si l'expression de

gaîté qu'on y remarque ne répugne point au caractère de ce voluptueux

philosophe, on doit considérer que les portraits attribués à ce dernier

n'ont aucun degré d'authenticité; et nous croyons plus sage de demeurer

dans l'incertitude, que d'adopter une opinion erronée.

Trouvé à Résine avec les deux précédens, en 1753.

Hauteur, 2 pieds 1 pouce 10 lig.

PLANCHE XXIII.

(_P. 35, 36, t. V de l'Edition royale_.)

L'extrême ressemblance de ce buste avec les têtes antiques, que l'on

croit être celles de Sénèque, peut faire reconnaître ici cet illustre

philosophe. On n'en connaît point de très-authentiques, et les

Antiquaires n'ont guère eu pour comparaison que le portrait dont ils ont

pris les traits dans ses écrits même, et dans ceux des auteurs qui en

ont parlé. Cependant on a cité un médaillon du genre des _Contorniates_,

qui portait le nom de Sénèque, avec une tête semblable à celle que

nous examinons. On peut voir les rapprochemens donnés pour éclaircir la

question, dans le musée _Capitolin_ (_t. II, p. 6_). On a aussi élevé

quelques doutes sur les têtes qui portaient la barbe, en raison de ce

que Sénèque vivait à la cour, dans un temps où tout le monde se rasait;

cependant la barbe peut se trouver dans les images de Sénèque, comme un

attribut philosophique et, en quelque sorte, conventionnel.

Trouvé à Résine, en 1754.

Hauteur, 1 pied 4 p.º 9 lignes.

PLANCHE XXIV.

(_P. 37, 38, t. V de l'Edition royale_).

On a cru, sur de faibles conjectures, voir dans ce bronze l'image de la

célèbre _Sapho_ de Mytilène, également renommée par l'excellence de ses

poésies et par ses amours. Si l'on doit, avec quelques auteurs anciens,

reconnaître une autre Sapho de la ville d'Erèse en l'île de Lesbos; si

l'on sépare celle dont les vers de feu ont été dictés par Apollon et par

l'Amour, de celle qui éteignit, dans les flots de Leucade, sa funeste

passion pour Phaon; c'est toujours la première qui doit s'offrir à nos

yeux dans les images attribuées à Sapho, tel que le bronze que nous

publions. La ville de Mytilène voulut attacher sa propre gloire à Sapho,

en en faisant frapper la figure sur sa monnaie: mais la tête de profil

qui se voit sur quelques rares médailles, n'a pas, pour faire preuve,

une ressemblance assez décidée avec les têtes en sculpture, auxquelles

un ciseau moderne a ajouté le nom de cette femme célèbre. Elle

florissait vers la 42e. olympiade. Fille de Scamandronyme, elle demeura

encore jeune, veuve d'Arcolas, homme riche, dont elle eut une fille,

nommée Chlidé. Dans un passage conservé par Stobée (_Serm. XLIX_)

elle-même se dit _vieille_, expression qu'on doit, peut-être, regarder

comme métaphorique, et désignant qu'elle avait passé le premier âge des

amours. On croit qu'elle cessa de vivre vers l'âge de trente-cinq ans;

elle fut aimée d'Alcée, d'Anacréon, d'Archiloque et d'Hipponacte. Il

n'est resté de ses poésies que deux Odes et quelques passages conservés

par les Rhéteurs. Il n'est personne qui ne connaisse cette peinture si

vive, si profonde et si vraie des tourmens de l'amour, que Boileau a

fait passer dans notre langue. On peut encore chercher quelque trace

du génie de Sapho dans l'Héroïde d'Ovide (_Epist. XV_): les érudits la

croient formée de traits empruntés à la Muse Grecque; on l'a dit petite,

très-brune, ayant les yeux étincelans et l'air mâle. Une épigramme de

l'Anthologie nous réconcilie avec son visage, dont on a supposé trop

gratuitement la laideur (_IV, 27, Ep. 19._). «Peintre, la nature même

devenue en toi artisan, a fait la Muse de _Mytilène_; le feu s'élance

de ses yeux et découvre cette libre pensée, féconde en vives images; la

carnation vraie et sans recherche conserve sa simplicité native; et ce

visage où la vivacité se confond avec la gravité, nous montre une Muse

dans une Vénus».

Trouvé à Résine, en 1758.

Hauteur, 1 P. 8 p°. 10 lig.

PLANCHE XXV.

(_P. 39, 40, t. V de l'Edition royale._)

En commençant la série des bustes, nous avons exposé les images de

plusieurs personnages illustres dans les lettres et dans la philosophie,

que des inscriptions ou des autorités nous ont fait reconnaître avec

plus de certitude que nous n'en apporterons dans l'explication des

figures qui en forment la suite; celles-ci peuvent généralement être

attribuées à des personnages recommandables par leurs vertus guerrières,

par leur rang ou par leur fortune. Le bronze que nous avons sous les

yeux, comparé avec une tête en marbre noir, expliquée par _Fabri_ (n°.

49) peut, comme ce monument, représenter Scipion l'Africain l'ancien

(_P. Cornelius_) qui vainquit Annibal, rendit Carthage tributaire; qui,

cité dans sa vieillesse par les tribuns du peuple, refusa de répondre

à une accusation dont la honte retombait sur ses concitoyens, et vint

mourir à _Liternum_, près de Cumes, aujourd'hui _Patria_. Fabri n'a pas

laissé connaître les motifs qui l'avaient déterminé à croire que la

tête en question était le portrait de ce grand homme. Le seul motif

de l'avoir trouvée à Liternum, où, selon le témoignage de Tite-Live

(_XXXVIII, 56_) on voyait le monument de Scipion avec sa statue, n'avait

pas paru suffisant aux académiciens d'Herculanum pour leur faire adopter

cette dénomination. Ils penchaient, comme a fait depuis Winckelmann, à

reconnaître dans les deux antiques, l'Emilien, destructeur de Carthage.

M. Carlo Fea, dans ses notes à l'Histoire des Arts de Winckelmann (_t.

II, p. 365, Paris, 1802_) a développé d'une manière judicieuse

toutes les raisons qui peuvent dissiper les doutes; et, d'après ses

discussions, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître dans les têtes

en question, le portrait certain de Scipion l'Africain l'ancien.

Hauteur, 1 pied 9 pouces.

PLANCHE XXVI.

(_P. 41, 42, t. V de l'Edition royale._)

Les traits de ce bronze offrent une grande ressemblance avec les

médailles de Sylla et avec quelques autres monumens antiques qu'on

rapporte à ce personnage (_Tesoro. br. tom. II, p. 168.--Fabri, n°.

50.--Morelli, fam. corn. pl. 4, nº 1 et 2.--Mus. rom. sect. II, pl.

56_). Seulement ici on le retrouve plus jeune, différence qui peut

rappeler une époque antérieure au consulat auquel il parvint à l'âge de

49 ans. Il s'était déjà rendu célèbre par la guerre contre les alliés,

dans laquelle il ruina les mêmes villes où nous avons trouvé tant

d'objets précieux, Herculanum, Pompéia et Stabia. Il avait obtenu la

couronne civique de _gramen_, pour avoir défait une nombreuse armée

avec la perte d'un seul homme, s'il en faut croire ce trait et plusieurs

autres semblables d'un bonheur extraordinaire. Ce bonheur frappa

tellement ses contemporains, que Sylla en reçut le nom de _Felix_; et,

certes, on peut regarder comme la preuve d'un bonheur bien rare, que

l'inventeur des proscriptions, celui qui fit périr dans les guerres

civiles soixante mille citoyens romains, qui fit massacrer froidement,

dans Rome, sept mille de ses concitoyens supplians et désarmés, vécût et

mourût tranquillement au milieu de tant d'ennemis, après avoir abdiqué

l'autorité. «Jamais sa fortune, dit Salluste (_Bell. Jug. p. 129_) ne

fut au-dessus de son habileté, et on a douté s'il fut plus fort ou

plus heureux». On remarque bien dans notre bronze l'expression de cette

audace et de cette présence d'esprit qui rendirent Sylla victorieux

dans toutes ses entreprises, et pour achever de se le figurer, on peut

ajouter à ces traits ce qu'en a dit un ancien: «Ses yeux bleus avaient

quelque chose de farouche, que la couleur de son visage rendait encore

plus terrible; c'était une rougeur âpre comme semée de blanc, ce

qui donna lieu à ce mot d'un bouffon d'Athènes: Sylla est une mûre

saupoudrée de farine (_Plut. in Syll._)».

Hauteur, 1 pied 10 pouces 6 lig.

PLANCHE XXVII.

(_P. 43, 44, t. V de l'Edition royale._)

On ne peut donner sur ce bronze qu'une conjecture très-hasardée, en

s'attachant à une ressemblance éloignée avec les médailles de M. Emilius

Lépidus, l'un des triumvirs (_voyez Vaillant, fam. Rom., t. I, fam. Æm.

6.--Morelli, fam. Æm. 2. Fabri, n°. 1_). La faveur de César, proclamé

dictateur par Lépide, lorsque celui-ci n'était encore que préteur, fut

la source de sa fortune. Sans aucun mérite personnel, il fut deux fois

consul, triompha sans avoir jamais combattu, se trouva à la tête de plus

de vingt légions, incapable de les commander; non-seulement triumvir,

mais arbitre de la fortune de ses deux compagnons, il sut si peu faire

usage de son pouvoir, qu'il fut dépouillé du commandement par Antoine,

qui s'était jeté dans ses bras en suppliant, et réduit ensuite par

Octave, qui, seul et désarmé, entra dans son camp et déchira ses

drapeaux, à demander qu'il lui laissât seulement la vie. C'est bien à ce

personnage qu'on peut appliquer cette épigramme de l'Anthologie: «Non,

la fortune n'a point voulu t'élever pour son plaisir, mais seulement

pour montrer qu'elle peut tout, puisqu'elle a pu t'élever».

Hauteur, 2 pieds.

PLANCHE XXVIII.

(_P. 45, 46, t. V de l'Edition royale._)

Ce beau bronze offre assez de ressemblance avec la figure très-connue

d'Auguste, pour faire reconnaître ici cet Empereur (_voyez mus. Cap. t.

II, pl. 2_). Octave, neveu de C. César par sa mère, prit le nom de

C. Cæsar Octavianus, après avoir été adopté par son oncle, et, par la

suite, celui d'Auguste, qui lui fut décerné par le sénat. Le portrait

qu'en donne Suétone (_Oct. 79_) peut compléter l'idée qu'on s'en forme

d'après les monumens. Ses traits, d'une grande beauté, avaient encore

une grâce que l'âge n'altéra jamais; son visage était calme et serein,

soit qu'il parlât, soit qu'il gardât le silence; il avait les yeux

clairs et brillans, les dents rares, petites et cariées, les cheveux

légèrement bouclés et tirant sur le roux, les sourcils réunis, les

oreilles médiocres; son nez saillant par le haut, fléchissait par

le bas. Il avait le teint brun-clair et était petit de stature.

L'inscription grecque qu'on lit sur notre bronze (_Apollonius, fils

d'Archias, Athénien_, le _fit_) nous offre un nom que plusieurs artistes

ont rendu célèbre. Les principaux sont Apollonius de Rhodes, qui fit,

avec Tauriscus, le groupe fameux, dit vulgairement le taureau Farnèse;

l'Athénien, auteur du torse du Belveder, mais fils de Nestor et non

d'Archias; et un autre Apollonius, dont on lit le nom sur une gemme du

musée Farnèse (_Stosch. Pierres gr. pl. 12_) représentant une Diane.

Si le nôtre n'est pas le même que ce dernier, il mérite au-moins, au

jugement des connaisseurs, de prendre place dans cette liste honorable.

On peut remarquer que l'artiste s'est exprimé dans l'inscription au

temps parfait _fit_, et non _faisait_, ainsi qu'on le voit le plus

souvent; on a regardé cette locution comme une preuve de confiance que

d'habiles artistes se permettaient rarement, comme s'ils n'osaient point

croire leurs ouvrages parfaits ou finis; cependant elle n'est pas si

rare qu'on a paru le croire d'après Pline, qui n'en reconnaissait que

trois exemples, et il serait facile d'en citer un assez grand nombre.

Hauteur, 1 pied 11 pouces 4 lig.

PLANCHE XXIX.

(_P. 47, 48, t. V de l'Edition royale._)

Ce buste, trouvé avec le précédent dans les fouilles de Portici, en

1753, semble lui servir de pendant; et si, dans le premier, on reconnaît

Auguste, on peut voir dans celui-ci son épouse Livie. Parmi les

médailles assez rares qui portent le nom de cette princesse (_Patin, à

Suet. cap. 63, XI, n°. 4. Vaillant, num. col. t. I, p. 77_). Plusieurs

offrent un rapport assez exact avec les traits et la coiffure de cette

figure, pour favoriser cette opinion. La jeunesse qui brille dans les

deux têtes, nous offrirait ce couple illustre à l'époque de son union.

_Livie Drusilla_, fille de Livius Drusus Claudianus, épousa, à peine

sortie de l'enfance, Tibère Néron, dont elle eut Tibère, qui fut ensuite

empereur. Son premier fils avait trois ans, et elle était enceinte de

son second fils Drusus, quand son mari fut obligé de la céder à Auguste,

avec lequel elle avait déjà une intrigue amoureuse. L'oracle consulté

sur ce mariage, si nous devions nous en rapporter à Prudence, poète

chrétien du 5.e siècle, ne contraria point la suprême puissance, et fit

cette réponse adroite qui renferme autant de sel que de complaisance:

«Que les torches de l'hyménée ne pouvaient jamais s'allumer plus à

propos que lorsque la nouvelle épouse apportait dans l'union conjugale,

des marques de sa fécondité». En conciliant les opinions différentes des

écrivains, on trouve que Livie n'avait pas plus de vingt ans quand elle

passa dans les bras d'Auguste, qui en avait alors vingt-cinq; l'âge des

personnages dans les deux bronzes, se rapporte assez à cette remarque.

D'autres ont cru voir dans le dernier, Julie, fille d'Auguste et de

Scribonia, souvent confondue dans les médailles avec sa belle-mère;

mais en laissant des conjectures qui peuvent toujours être combattues,

peut-être devrait-on plutôt reconnaître dans ces bustes en forme

d'Hermès, quelques divinités, à-moins que l'on ne se plût à considérer

cette forme même, comme un signe d'adulation, comme l'indice de

l'apothéose.

Hauteur, 1 P. 4 p°. 4 lignes.

PLANCHE XXX.

(_P. 49, 50, t. V de l'Edition royale._)

Sans recourir à des conjectures recherchées, on pourrait reconnaître

dans ce bronze une tête de Mercure; les cheveux crépus, l'inclinaison de

la tête; le rapport facile à saisir entre ses traits et ceux du Mercure

précédemment dénommé l'_Antin_, favoriseraient cette explication. On

a vu dans la sévérité de cette figure, une expression mélancolique

qui convenait au portrait moral de ce neveu chéri d'Auguste, son fils

adoptif, ce prince vertueux, digne de la fortune à laquelle il était

destiné, moissonné dans la fleur de la jeunesse, les amours du peuple

romain: «_Marcellus_ adolescent, dit Sénèque, d'un esprit vif, d'un

génie puissant, d'une frugalité et d'une retenue bien admirables dans

son temps et dans sa fortune, patient dans le travail, éloigné des

voluptés, capable de porter tout le poids que son oncle lui aurait

imposé, et pour parler ainsi, tout l'édifice de la grandeur qu'Auguste

eut voulu fonder sur lui (_Sen. ad Marc. 2_). Il tomba, et sa vingtième

année s'arrêta devant lui (_Prop. III, E. XII, 35_). Jeune homme

distingué par sa beauté et ses armes brillantes; mais le front peu

joyeux et le visage abattu (_Virg. Æn. VI, 863_)». Si rien ici ne

répugne à ce portrait touchant, si quelques gemmes antiques ayant

avec notre bronze un grand degré de ressemblance, ont mérité la même

application (_Fabri, n°. 87.--Mus. Fiorent, t. I, tav. II, n° 5.--Mus.

Cap. t. II, tav. IV, etc._); nous devons dire aussi qu'aucune autorité

suffisante ne l'a confirmée, et nous ne rapportons cette opinion que

parce que la mémoire se repose agréablement sur un prince regretté de

son siècle, et dont la conservation eut peut-être sauvé le peuple romain

de l'oppression et de l'avilissement où il tomba sous ses maîtres après

Auguste.

Hauteur, 1 pied 7 p°.

PLANCHE XXXI.

(_P. 51, 52, t. V de l'Edition royale._)

On a trouvé, dans ce buste, quelques traits de ressemblance avec le

buste de _Caïus Cæsar_, fils aîné de M. Agrippa, et de Julie, fille

d'Auguste. Ces rapprochemens incertains cèdent à un examen plus exact

qui nous fait reconnaître la figure de _Drusus_, fils unique de Tibère.

Les traits de ce jeune prince sont bien assurés par les médailles

romaines qui présentent sa tête de profil, et ils se rapportent d'une

manière évidente à ceux représentés par notre bronze. Né violent et

cruel, il a pu, dans le cours d'une vie peu glorieuse, abrégée par le

poison, être jugé plus digne de son père que de son rang. Il s'exposa au

mépris du peuple, en prostituant sa dignité dans les danses publiques,

dans les spectacles et dans la débauche. Indigné de l'élévation

monstrueuse de Séjan, il sut trop peu le ménager, et, s'étant emporté

jusqu'à le frapper, il augmenta, par la soif de la vengeance, la fureur

du ministre, déjà irrité de rencontrer un tel obstacle à son ambition.

Séjan s'associa dans son crime, l'épouse adultère du prince, et Drusus

mourut empoisonné. Tibère crut long-temps, ou parut croire que la mort

de son fils avait été causée par ses excès; et telle était l'opinion

qu'on avait de cette cour infâme, que l'on soupçonna l'empereur

d'avoir eu part à un crime si odieux; et si, par la suite, ce soupçon

s'évanouit, ce fut moins par l'horreur qu'il devait inspirer, que par la

connaissance de la vérité, qui éclata par l'aveu de la femme répudiée

de Séjan. Tibère déploya alors une sévérité qui ne parut en lui qu'un

prétexte de cruauté. Il voulut cependant épargner Livie, mais en vain;

Antonia, la mère de la perfide adultère, la fit mourir de faim.

Hauteur, 2 pieds.

PLANCHE XXXII.

(_P. 53, 54, t. V de l'Edition royale._)

COMME on avait penché à voir dans le bronze précédent la figure de Caïus

Cæsar, on s'attachait à saisir dans celui-ci les traits de ressemblance

qu'il pouvait offrir avec les médailles de Lucius Cæsar, son frère puîné

(_Noris, p. 86, 92, 164, Patin. Vaill. Morelli_). Ce dernier, mort

à Marseille à l'âge de 18 ans, partagea avec son frère, qui ne lui

survécut que deux ans, les regrets de l'empereur, regrets si vifs,

qu'Auguste ne put s'empêcher de les témoigner dans son testament, en

instituant Tibère son successeur, bien qu'il appelle ce dernier moitié

de lui-même. C'est à cette affection, plutôt qu'au mérite des deux

frères, qu'on doit attribuer cette marque insigne d'adulation que

leur donna la colonie de Nîmes, en leur dédiant le beau monument,

vulgairement nommé la _Maison quarrée_, qu'on admire encore de nos

jours dans cette même ville. On peut voir à ce sujet les savantes

dissertations publiées par M. Legrand dans la magnifique édition des

Antiquités de la France, sur les dessins de M. Clérisseau, page 64

(_Paris, Didot aîné_, 1804).

En montrant un Drusus à la place de Caïus, nous avons, en partie,

détruit l'analogie qui militait en faveur du présent bronze. L'autorité

tirée des médailles est, comme on le voit, très-difficile à appliquer

aux monumens que le défaut d'inscriptions rend incertains. Sans ce

secours, les médailles mêmes exigent une critique très-sévère et

très-approfondie. La diversité des artistes, la différence de leur

habileté, l'âge successif des personnages représentés, concourent à

multiplier les difficultés, et à augmenter l'incertitude. Au-lieu d'un

personnage romain, M. Visconti ne serait pas éloigné de reconnaître dans

cette antique une tête d'Hercule jeune.

Hauteur, 1 P. 8 p°. 3 lignes.

PLANCHE XXXIII.

(_P. 55, 56, t. V de l'Edition royale._)

Si l'induction qu'on a tirée de la comparaison avec plusieurs médailles,

rencontre juste (_Haym. t. I, p. 240.--Séguin, Sel. num. p. 319 et

autres_), ce buste pourrait être celui de la première Agrippine, dite

_majeure_, pour la distinguer de celles qui l'ont suivie, d'Agrippine,

fille de M. Agrippa, et de Julie, épouse de Germanicus, femme d'un

courage et d'une habileté supérieurs à son sexe: ayant ensemble les

vertus d'un grand homme et celles d'une honnête femme, on la vit

remplir, contre les Germains, la charge d'un bon capitaine, et sauver

l'armée; d'une chasteté impénétrable suivant l'expression de Tacite, son

âpre fermeté servit de sauve-garde à sa famille, et la défendit contre

Séjan. Exilée par Tibère dans l'île Pandataire, elle donna, en se

laissant périr de faim, une dernière preuve de cette rare constance qui

fit le fonds de son caractère. Mère trop féconde cependant, et digne

d'une meilleure postérité, elle compta parmi ses enfans le farouche

Caligula et trois filles incestueuses, dont l'une fut cette infâme

Agrippine, mère de Néron. Notre bronze offre encore une ressemblance peu

légère avec l'image de cette dernière, bien connue par les médailles, et

encore quelque rapport avec le buste suivant de Caligula, circonstances

qui viennent à l'appui de notre conjecture.

Hauteur, 7 p°.

PLANCHE XXXIV.

(_P. 57, 58, t. V de l'Edition royale._)

Nous avons, dans l'explication précédente, annoncé ce buste comme

celui de C. Caligula. Cette dénomination est également confirmée par

la comparaison des médailles et par le portrait que les historiens ont

laissé de cet empereur, portrait qui s'applique parfaitement au bronze

que nous avons sous les yeux. Tout l'extérieur de Caligula répondait à

la cruauté brutale et farouche de son âme.

«Il était d'une taille élevée et disproportionnée, ayant le corps

énorme, le cou et les jambes extrêmement minces, les tempes enfoncées,

les yeux creux et fixes, le front large et irrégulier, les cheveux

rares, et manquant sur le sommet de la tête; ajoutez qu'il affectait de

rendre atroce une physionomie que la nature n'avait déjà rendu que trop

affreuse (_Suet. Calig._ 50); en un mot, son seul aspect était le plus

horrible des tourmens (_Sen. de irâ, III_, 18)». Ce monstre, dont aucun

autre n'égale l'insolence et la brutalité, qui osa prononcer l'horrible

vœu que le peuple romain n'eût qu'une seule tête pour la trancher d'un

seul coup, termina sa vie sous les poignards d'une conjuration à l'âge

de 28 ans. Élevé dans les camps, Caïus avait reçu le nom de Caligula de

celui d'une chaussure, espèce de brodequin, qu'il affectait de porter

pour plaire à la soldatesque.

Hauteur, 1 pied 2 pouces.

PLANCHE XXXV.

_(P. 59, 60, t. V de l'Édition royale._)

La noblesse égyptienne portait les cheveux bouclés, comme on le voit

ici, jusqu'à l'âge de puberté: mais par une fausse application du

costume et d'autres remarques, on a attribué des têtes semblables à

Ptolomée Apion, roi de Cyrène; cette dénomination s'est trouvée dénuée

de fondement, et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en prenant

pour terme de comparaison les médailles connues de la première Bérénice,

dite la grande, qui, femme d'un obscur Macédonien, devint celle du

premier Ptolomée, surnommé Soter. Ne laissant rien à la fortune des

faveurs qu'elle put obtenir, elle fixa la couronne sur la tête de son

fils Ptolomée Philadelphe, que le roi, par complaisance pour elle, au

mépris des enfans qu'il avait eus de ses trois premières femmes, plaça

lui-même sur son trône; ce grand prince en descendit après un règne

glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il était plus beau d'être père

d'un roi, que roi lui-même. Les médailles de Bérénice acquièrent toute

l'authenticité possible par l'effigie de Ptolomée Soter qu'on voit au

revers (_Musée du baron Ronchi_); et en remarquant le rapport qu'elles

ont avec notre bronze, nous ajouterons encore que la physionomie de

cette figure a une expression douce et délicate, qui ne décèle rien

de viril, et qui paraît appartenir à la célèbre reine, avec plus de

vraisemblance qu' Ptolomée Appion.

Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig.

PLANCHE XXXVI.

(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)

Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle tête et celle de

Ptolomée Philadelphe, se trouve dénué de fondement. Les médailles de ce

prince offrent un portrait tout différent: on se rangera donc avec plus

de raison, du sentiment de ceux des académiciens d'Herculanum qui ont

cru cette figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion de M.

_Visconti_, qui a démontré le rapport évident qu'elle offre avec les

têtes d'Hercule jeune, et particulièrement avec un herméracle à deux

faces, du musée Pio-Clémentin (_tome 6, p. 22_). Cette double tête

est ceinte d'une couronne _tortillée_, d'où sortent, de distance en

distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des

feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question devient

encore pour nous d'une grande autorité, en ce qu'il était placé dans

un lieu où la jeunesse grecque, après les exercices de la palestre, se

ceignait la tête de cette espèce de couronne qu'on doit reconnaître

pour un ornement athlétique. Si quelque chose rend ici son espèce moins

douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît être celui que

Pline nomme _laurier Delphique_: «Plus vert, à grosses baies rouges,

dont on couronnait à Delphes les vainqueurs, et à Rome les triomphateurs

(_XV, 30_)». Ceci pourrait encore servir à confirmer la remarque que

nous avons faite au sujet des pommes (_mela_) dont parle l'épigramme de

l'Anthologie, rapportée dans cet ouvrage (_tome III, 56_). Ces pommes,

ainsi dites par une dénomination générale, ne sont autre chose que les

baies du laurier Delphique. Les couronnes athlétiques, différentes des

couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans

pendants (_lemniscatœ_), sont quelquefois dites _roulées_; alors on peut

les regarder comme plus semblables à celle d'une autre tête d'Hercule

(_mus. Pio-Clem. à l'endroit cité_) où l'on remarque, de distance

en distance, des nœuds en forme de fleurs, tirés des bandelettes qui

composent la couronne. Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication

qu'en donne Pascalio (_de Coronis, l. III, c. 12_) paraissent désignés

par l'expression de _tori_, dont s'est servi Ciceron (_Orat. §. 6._)

Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes.

PLANCHE XXXVII.

(_P. 63, 64, t. V de l'Edition royale._)

On s'est attaché à saisir quelque ressemblance entre ce beau bronze et

la tête qu'on voit avec le nom de Bérénice sur une médaille publiée

dans l'édition royale. Plusieurs reines ont illustré ce nom; celle de

la médaille serait la seconde Bérénice, femme de Ptolomée Evergète,

princesse vertueuse et guerrière, celle qui, au retour du roi

victorieux, se coupa les cheveux et les déposa, en accomplissement d'un

vœu, dans le temple d'Arsinoé; peu de temps après la chevelure disparut,

et l'astronome Conon publia que la chevelure de Bérénice avait été

transportée au ciel, où elle formait une constellation de sept étoiles,

situées en triangle près la queue du lion, flatterie ingénieuse qui

attacha un souvenir immortel au sacrifice de la vanité d'une bonne

épouse, et le rendit plus sûrement célèbre que des faits éclatans

confiés à des monumens périssables. Si l'on reconnaît ici Bérénice, il

faut supposer que la reine prit soin de l'ornement dont elle avait su

faire un si beau sacrifice, et qu'elle a recouvré sa parure; les tresses

relevées d'une manière élégante viennent former sur la tête une espèce

de diadême. La figure a une espression virginale et sévère: et si l'on

remarque avec nous qu'elle est d'une beauté idéale, on ne sera pas

éloigné, peut-être, de voir dans ce bronze une image de Diane.

Hauteur, 2 pieds 4 lignes.

PLANCHE XXXVIII.

(_P. 65, 66, t. V de l'Edition royale._)

Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir à la race des

Ptolomée; mais les caractères n'en sont pas toujours assez frappans

pour réunir, dans leur dénomination, le sentiment des antiquaires. Les

académiciens d'Herculanum se contentent d'indiquer un léger rapport

des médailles avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolomée. Ce prince,

distingué par des vertus éminentes, est connu sous le nom de Philométor

(_ami de sa mère_), qu'il prit en reconnaissance des soins prudens

et généreux avec lesquels Cléopâtre administra le royaume pendant sa

minorité. M. Visconti reconnaît dans ce buste le portrait de Ptolomée

Ier, fils de Lagus, l'un des généraux d'Alexandre-le-Grand, fondateur

de la dynastie des Lagides, et du royaume grec d'Égypte, si nous pouvons

nous servir de cette expression pour exprimer la révolution qui se fit

dans les mœurs et dans le gouvernement de ce peuple, après la conquête

des Grecs. Chacun des Ptolomée se trouve particulièrement désigné par un

surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de Soter ou de Sauveur, qui

lui fut décerné avec des honneurs divins, par la reconnaissance

des Rhodiens, dont il conserva la liberté contre les entreprises de

Démétrius. Son premier nom, moins fastueux, n'en est pas moins célèbre;

il l'honora lui-même en l'imprimant à sa race; peu sensible au reproche

qu'un grammairien osa lui adresser sur l'obscurité ou le mystère de sa

naissance, il sentit, sans-doute, que le nom du plus grand capitaine

qui servit sous Alexandre, était assez illustre. Il donnait à ce nom un

nouvel éclat par la splendeur de la puissance, par la gloire immortelle

qui résulte de la protection des lettres et des arts, et par cette

véritable grandeur qui naît de la modération: en effet, le fils de Lagus

eut la plus belle part dans l'héritage du conquérant de l'Asie, fonda la

bibliothèque d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son trône

l'un de ses fils, en disant qu'il était plus beau d'être père de roi,

que roi soi-même.

Hauteur, 2 P. 7 p°.

PLANCHE XXXIX.

(_P. 67, 68, t. V de l'Edition royale._)

On a cru voir, dans ce buste, Ptolomée Lathyre, fils de Ptolomée

Physcon, le VIIIe de sa race. Ce surnom de Lathyre, celui que, parmi

plusieurs autres, les historiens emploient le plus généralement, paraît,

par sa signification grecque (_pois-chiche_) tirer son application d'un

signe qu'avait ce prince au visage, comme on vit appeler à Rome, pour

une cause pareille, les ancêtres de M. Tullius, du nom de Cicéron. Ce

prince guerrier passa presque tout son règne à défendre sa couronne,

et principalement contre son frère puîné, Ptolomée Alexandre, qu'au

préjudice de ses droits, Cléopâtre avait investi de la puissance royale.

M. Visconti trouve, dans la comparaison des médailles, une autorité plus

forte en faveur du portrait d'Antiochus Théos _(Dieu)_, roi de Syrie,

fils d'Antiochus, Ier Soter, et père de Séleucus II. Le nom de Théos

fut décerné à ce prince par les Milésiens, qu'il avait délivrés de

leur tyran Timarque. Antiochus II ne couvrit point, par sa gloire

personnelle, cet excès de l'adulation; malheureux dans ses guerres, il

se vit dépouiller, par la révolte des Parthes, de toutes les provinces

qu'il possédait au-delà de l'Euphrate. Cette époque mémorable est celle

de l'établissement de l'empire des Parthes, fondé par Arsace, et

qui devint si redoutable à tout l'Orient, et aux Romains même. Les

historiens placent cette époque trois ans avant la 133e olympiade,

environ trois cents ans avant Jésus-Christ.

Hauteur, 2 pieds 1 p°.

PLANCHE XL.

(_P. 69, 70, t. V de l'Edition royale._)

On reconnaît dans ce bronze, avec quelque vraisemblance, le portrait de

Ptolomée Alexandre, frère de Lathyre. Ce prince n'eut de roi que le

nom, tandis que sa mère Cléopâtre, qui le mit sur le trône pour régner

elle-même, en eut toute l'autorité. Cette Cléopâtre figure parmi les

illustres criminels de l'ambition: après avoir, par un artifice atroce,

attiré la haîne du peuple d'Alexandrie sur son fils Lathyre, qu'elle

fit expulser, elle osa conspirer contre la vie d'Alexandre, qu'elle

soutenait à sa place. Victime elle-même d'un crime aussi affreux, elle

périt assassinée par les ordres de ce même fils. Le parricide fut chassé

du trône où remonta son frère, et il périt en combattant pour s'emparer

du royaume de Cypre, vacant par le retour de Lathyre.

Hauteur, 2 P. 4 lignes.

PLANCHE XLI.

(_P. 61, 62, t. V de l'Edition royale._)

Ce buste, tout-à-fait inconnu, n'a de remarquable que la coiffure. Les

cheveux, qui paraissent naturellement crépus, sont disposés en anneaux

sur le front et sur les tempes; ils sont assujétis sur le sommet de la

tête qui reste lisse, par deux longues tresses partant des oreilles, et

formant un double tour. Ce costume et les traits de la figure, annoncent

un habitant de l'ancienne Mauritanie. Strabon parle du soin extrême

que prenaient ces peuples, de l'arrangement de leurs cheveux. On a

fait cette remarque à l'égard d'une tête du roi Juba; et, quoiqu'on

ait observé que les peuples de l'Asie, les Grecs, les Toscans, et des

Romains même, avaient l'usage de boucler leurs cheveux, le caractère de

notre buste ne peut être attribué qu'à un Maure ou à un Ethiopien.

Antiquités d'Herculanum, Tome IV. Bronzes · 第 7 / 24 题