CLXXXV

Paris, 17 juillet 1870.

Mon cher Panizzi,

Je n'ai pas approuvé plus que vous le premier discours de M. de Gramont.

La seule excuse était la mauvaise humeur que devait donner la répétition

des mêmes mauvais procédés. Cette affaire d'Espagne venait après la

non-exécution du traité de Prague, l'affaire de Roumanie, celle de

Luxembourg et celle des chemins de fer suisses. Si j'avais été appelé au

Conseil, je me serais borné à proposer une dépêche ainsi conçue: «Dans

le cas où le prince de Hohenzollern serait élu roi, je laisserai entrer

en Espagne, carlistes et alphonsistes, fusils, poudre et chevaux.»

Ici, pour le moment, la guerre est très populaire. Il y a beaucoup

d'enrôlements volontaires; les soldats partent avec joie et sont pleins

de confiance. On prétend que nous avons pour l'armement la même

supériorité que les Prussiens avaient en 1866. J'ai peur que les

généraux ne soient pas des génies. Celui qui m'inspire le plus de

confiance est Palikao, et je vois avec plaisir qu'on lui donne un

commandement important.

Adieu, mon cher Panizzi; recommandez-moi à votre saint patron.

Lettres à M. Panizzi, tome II · 第 187 / 206 题