CLXXXIV

Paris, 7 juillet 1870.

Mon cher Panizzi,

Notre belliqueuse nation a pris fort mal l'idée d'une guerre. Vous avez

vu quelle panique il y a eu hier à la Bourse après la déclaration de M.

de Gramont! Je ne comprends pas qu'il y ait possibilité de guerre, à

moins que, pour quelque raison à moi inconnue, M. de Bismark ne la

veuille absolument. Rien qu'en laissant le champ libre aux carlistes et

aux alphonsistes, nous pouvons allumer la guerre civile en Espagne, et,

avec un peu de bien joué, je crois qu'il serait possible de détacher les

provinces basques du reste de la Péninsule et d'en faire un petit État

indépendant sous notre protection. Ce qui me paraît probable, c'est que

l'affaire avortera par l'intervention de toutes les puissances. Le rôle

de notre opposition est bien vilain.

Adieu, mon cher Panizzi; je suis si patraque, que je me sens tout

fatigué de vous avoir écrit ce petit mot. Miss Lagden et mistress Ewer

vous envoient tous leurs compliments. Vous ne sauriez croire toutes

leurs bontés pour moi. Elles me veillent jour et nuit.

Lettres à M. Panizzi, tome II · 第 186 / 206 题