Cannes, 8 mars 1868.
Mon cher Panizzi,
On me parle d'un remède étrange, qui a guéri un de mes amis. Il s'agit
de bains d'air comprimé qu'on donne à Montpellier. Mon ami m'assure
qu'après une douzaine d'heures passées sous une cloche, où l'on comprime
l'air, il s'était trouvé le poumon complètement libre d'un emphysème qui
allait l'obliger à quitter son métier d'avocat, et qui lui faisait
souffrir toutes les misères imaginables. Je pense faire l'expérience ce
printemps. Si vous voulez m'y tenir compagnie, vous aurez une très belle
bibliothèque, celle de la duchesse d'Albany, de beaux tableaux et une
admirable cuisine, outre un assez beau pays.
J'ai la douleur de vous devoir quatorze shillings. Si vous ne venez pas
en France cette année, indiquez-moi comment vous rembourser; autrement,
si la cloche à air comprimé ne fait pas son office, je crains fort de
mourir votre débiteur. J'ai envie, pour m'acquitter, de vous léguer les
ouvrages de dévotion que je possède.
Adieu, mon cher Panizzi. Édouard Fould est venu passer quelques jours
avec nous pendant les vacances de la Chambre. J'attendais Du Sommerard;
mais il est malade des suites de l'Exposition. Je tâcherai de passer ici
le reste du mois; mais cela dépend un peu de ce que décidera Jupiter.