CXXIV

Paris, 5 juillet 1867.

Mon cher Panizzi,

Maximilien a eu le sort de bien des aventuriers. Il est une des victimes

de notre saint-père le pape, qui déjà a fait tant de mal à sa famille.

Le diable, c'est que, quoi qu'on dise et qu'on fasse, une partie de la

responsabilité retombe sur nous. Hier, on disait (mais heureusement sans

qu'on pût dire de quelle source) que les Mexicains avaient assassiné

notre ministre à Mexico, ce qui nous ajouterait des embarras nouveaux.

Ce serait un cas comme celui du consul pris par le roi Théodoros

d'Abyssinie. Il n'y a que les Yankees et le _Lynch Law_ qui puissent

venir à bout des Mexicains. C'est une race tellement pourrie, qu'il n'y

a plus d'espoir de la régénérer. Il faut l'exterminer pour faire quelque

chose du pays. Je crains bien qu'on en soit venu en Espagne à une

situation presque aussi mauvaise. Tout ce que j'apprends tend à prouver

que la gangrène est partout.

Adieu, mon cher Panizzi. Le sultan a eu une peur bleue dans le chemin de

fer. Il disait d'arrêter, il voulait descendre, il a crié et pleuré en

faisant ses trente lieues à l'heure. Il est fort poli ici, et dit des

choses aimables à tout le monde, ou bien Fuad Pacha les lui fait dire.

Lettres à M. Panizzi, tome II · 第 126 / 206 题