Paris, 25 octobre 1866.
Mon cher Panizzi,
Je reviens à l'affaire de lady ***. Elle a tort, cela saute aux yeux;
mais, permettez-moi cependant de vous dire que vous attribuez parfois à
méchanceté, de sa part, ce qui, à moi, me semble n'être que la sottise
d'une pauvre femme livrée aux prêtres, ayant peur du diable, et prête à
tout faire pour n'avoir pas affaire à lui. La dame a toujours prétendu
aux grands sentiments et à l'effet. Je trouve qu'un juge impartial
s'étonnera que vous vous en preniez à des mots de jargon de belle dame.
Une femme en faisant l'amour dit qu'elle _meurt_. Tout cela n'est que
forme de style. Le fond de l'affaire est celui-ci: Une amie que vous
avez connue libérale, bonne enfant, philosophe, est devenue grincheuse,
dévote outrée, vouée aux prêtres et à la racaille courtisanesque. Ce
n'est plus la même femme, laissez-la.
A propos de différends, il paraît qu'il y en a eu de graves entre Sa
Majesté et notre ami Fould. Je pense que cela est raccommodé à présent,
et j'y ai travaillé selon mes petits moyens. Il me semble que tout le
monde y gagnera, particulièrement le maître.
Adieu, mon cher Panizzi. Je suis revenu ici en pas trop mauvaise santé,
sauf un rhume qui est une mauvaise affaire pour moi. L'air de Biarritz
est vraiment très bon. Je regrette de ne pouvoir en dire autant de la
cuisine.