Le conflit entre les conceptions chimériques et les nécessités
économiques.
Bien que souvent invisibles, les nécessités économiques sont les grandes
régulatrices du monde moderne.
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L’État avec son inexpérience, sa rigidité, son irresponsabilité et
l’indifférence de ses employés, ne saurait intervenir dans les rouages
compliqués du commerce sans les fausser entièrement.
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Les théories politiques illusoires exercent parfois plus de ravages que
les canons. Les conceptions socialistes sur le pacifisme, la lutte des
classes, la destruction du capital furent les causes principales
d’erreurs militaires et économiques sous le poids desquelles la France
faillit succomber.
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Oublieux de la puissance des lois économiques qui mènent le monde, la
plupart des hommes politiques restent persuadés que les formules et les
décrets issus de leurs craintes ou de leurs désirs peuvent changer le
cours des choses.
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Une des expériences les plus démonstratives du danger de violer les lois
économiques est fournie par les résultats des taxations pendant la
guerre. Elles contribuèrent à la disette de charbon et de divers
aliments.
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L’activité possible d’un peuple dépend de toute une série de facteurs
indépendants de ses désirs: production de son sol, chiffre de sa
population, aptitudes de sa race surtout.
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Un pays qui, sous prétexte de se suffire à lui-même, refuserait
d’acheter au dehors les matières premières: coton, soie, houille, etc.,
nécessaires à diverses industries, déterminerait la mort de ces
industries et des commerces qui s’y rattachent.
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Certaines exportations d’articles de luxe peuvent être facilitées par
des sympathies internationales. Celles des matières premières
indispensables, telles que la houille ou le coton, dépendent de
nécessités impérieuses supérieures à tous les sentiments.
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Prétendre cesser les relations commerciales avec un peuple qui peut seul
obtenir économiquement certains produits indispensables constitue une
illusion dangereuse. Le boycottage des personnes est utile, celui des
marchandises fabriquées souvent nécessaire, celui des matières premières
impossible.
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Supprimer le risque et la concurrence dans les entreprises
industrielles, comme le rêvent encore les socialistes latins, serait
tarir tous les progrès de la civilisation.
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L’exploitation de nos richesses industrielles et agricoles après la
guerre exigera un développement immense du crédit nécessitant une
décentralisation financière d’où résultera la renaissance des anciennes
banques provinciales que les grandes sociétés firent disparaître. Seules
ces banques régionales peuvent apprécier la valeur des industries
locales et par conséquent le crédit qu’elles méritent.
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La diversité des conseils donnés par les théoriciens sur le sens de nos
futurs efforts montre qu’ils tiennent plus de compte de leurs désirs que
des possibilités économiques.
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En poursuivant l’édification de sociétés imaginaires filles de la raison
pure, les théoriciens préparent la décadence des nations où ils vivent.
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L’établissement d’une ligue pour la paix semble facile parce que, malgré
tous les enseignements de l’histoire, on suppose les alliances capables
de survivre à des intérêts économiques contradictoires.
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L’affirmation des diplomates allemands que les petits États doivent
disparaître au profit des grands dérive d’une conception jadis exacte
mais inapplicable à l’évolution économique actuelle du monde. Une
fédération de petits États gardant leur indépendance est aujourd’hui
possible alors que leur annexion ne saurait être maintenue que par une
oppression militaire fort coûteuse.
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Avec l’évolution des idées résultant de l’observation des faits, la
domination de territoires étrangers, but principal de la guerre
actuelle, apparaîtra bientôt comme une opération ruineuse dans le
présent et sans profit pour l’avenir.
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Développer la production et supprimer tous les obstacles dont les
socialistes cherchèrent à l’entraver, devrait être le but essentiel de
notre future politique.
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Le premier ministre de la Grande-Bretagne disait au Parlement que
l’avenir des peuples dépendra du parti qu’ils sauront tirer des
enseignements de la guerre. Le monde est entré, en effet, dans une phase
de civilisation où l’action des chimères serait aussi funeste que celle
des plus destructives invasions.