Le rôle de la fécondité.
Du microbe jusqu’à l’homme, la fécondité fut toujours une cause, sinon
de supériorité, au moins de prospérité. A l’époque des invasions
germaniques qui détruisirent la civilisation romaine, l’inlassable
fécondité des envahisseurs constitua leur principale condition de
succès. Tués par milliers ils renaissaient toujours.
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Tout peuple qui se développe avec excès devient fatalement envahisseur
et destructeur des peuples dont la fécondité est moindre.
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Un pays est redoutable pour ses voisins quand son sol ne lui procure
plus une nourriture suffisante. La faim fut l’origine des grandes
invasions qui bouleversèrent jadis l’Europe.
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Si les hordes germaniques n’avaient pas autrefois pullulé sur un sol
incapable de les nourrir, le monde n’eût connu ni la destruction de la
civilisation romaine, ni les mille ans du moyen âge, ni la guerre
actuelle.
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Il est dangereux de ne prospérer que lentement auprès d’un peuple
grandissant très vite. La guerre a prouvé l’importance de cette vérité.
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La paix ne devra pas faire oublier les paroles suivantes prononcées au
Reichstag: «Tous les idéals humanitaires sont pour toujours ensevelis.
Nous voulons ce dont nous avons besoin, et surtout de la terre pour
nourrir de plus grandes masses d’hommes.»
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Les Allemands qui avant la guerre voyaient, sous l’influence de causes
identiques à celles agissant en France, leur natalité commencer à
décroître, n’en cherchaient pas le remède dans des procédés fiscaux,
mais considéraient «qu’une politique de repopulation est avant tout une
politique de colonisation des campagnes».
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La rivalité dans la fécondité est devenue pour certains économistes
l’idéal à proposer aux peuples. Toute l’histoire des êtres, de l’insecte
jusqu’à l’homme, et celle des invasions germaniques de l’antiquité à nos
jours, démontrent que la surpopulation fut toujours une cause de guerres
d’extermination et de conquêtes.
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Darwin a insisté sur cette loi générale ne souffrant pas, dit-il,
d’exception: les êtres se reproduisent dans une telle proportion que les
descendants d’un seul couple d’animaux quelconques envahiraient
rapidement le monde s’ils n’étaient pas régulièrement détruits en partie
à chaque génération. Les êtres humains subissant cette loi sont obligés
quand ils se multiplient trop ou de se détruire réciproquement, ou
d’envahir les pays voisins.
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La qualité de la population représente un facteur de progrès fort
supérieur à sa quantité. S’il en était autrement les pays du monde les
plus peuplés, tels que la Russie et la Chine, au lieu de rester
demi-barbares, seraient à la tête de la civilisation.
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Dans les civilisations de type industriel le succès appartient forcément
aux peuples non les plus nombreux, mais les plus travailleurs, les plus
disciplinés, les plus capables d’efforts collectifs, s’ils possèdent en
même temps assez de fer et de houille.
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Un grand pays sans charbon n’a pas intérêt à voir sa population
s’accroître. L’Italie, dépourvue de houille, n’a pu devenir industrielle
et semble destinée à rester pauvre.