Les interprétations de l’histoire.
L’histoire comporte des témoignages, des principes et des méthodes. Il
faut se défier des témoignages, douter des principes et n’accepter que
les méthodes.
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La notion de pourcentage devrait être à la base des observations
psychologiques et sociales. Les faits isolés ne prouvent rien, seul leur
degré de fréquence relative est important à connaître.
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L’histoire de la guerre, telle que les Allemands l’écrivent, montre avec
quelle facilité les auteurs déforment les faits quand ils contredisent
leurs convictions ou leurs principes.
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En attribuant aux intérêts économiques un rôle prépondérant, les
théoriciens de la conception matérialiste de l’histoire oublient que ces
intérêts se trouvent facilement balayés par des forces psychologiques
dont les plus puissantes seront toujours les impulsions mystiques.
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Une vision exacte mais fragmentaire d’un événement conduit à des
interprétations inexactes dès qu’on l’applique à une autre partie du
même événement.
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C’est parce qu’elle se compose surtout de visions fragmentaires
généralisées que l’histoire reste si incertaine.
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Ce que contient souvent de plus sûr un livre d’histoire n’est pas le
récit des événements, mais la mentalité de l’écrivain qui les raconte.
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Les générations qui forgent l’histoire d’une époque ne surent jamais
l’écrire. Les vivants n’ont un peu d’impartialité que pour les morts.
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Les historiens voient généralement les événements passés à travers les
idées du temps où ils vivent. C’est pourquoi les hommes et les doctrines
populaires à une époque semblent exécrables à une autre. Le pape
Alexandre VI et César Borgia furent sympathiques à leurs contemporains.
Machiavel ne devint antipathique qu’après sa mort. La Saint-Barthélemy
provoqua un tel enthousiasme dans divers pays que plusieurs médailles
furent frappées pour la commémorer. Le pape fit reproduire sur les murs
du Vatican, où on les voit encore, les détails du massacre.
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Les textes, les médailles, les monuments permettent de reconstituer le
squelette du passé, mais qui ne sait pas déterminer les sentiments et
les idées dont ils dérivent ignore tout de l’histoire.
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Création du passé, le présent est générateur d’avenir. Étudier les
changements révolus permet souvent de pressentir les événements futurs.
Demain est la floraison d’aujourd’hui et d’hier.
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Un fait historique n’apprend rien, séparé de sa genèse.