Conçu dès octobre 1996 par Pierre Schweitzer, architecte designer à Strasbourg,

@folio (qui se prononce: a-folio) est un support de lecture nomade permettant de

lire des textes glanés sur l’internet. Il cherche à mimer, sous forme

électronique, le dispositif technique du livre, afin de proposer une mémoire de

fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage.

«J’hésite à parler de livre électronique, écrit Pierre Schweitzer en janvier

2001, car le mot "livre" désigne aussi bien le contenu éditorial (quand on dit

qu’untel a écrit un livre) que l’objet en papier, génial, qui permet sa

diffusion. La lecture est une activité intime et itinérante par nature. @folio

est un baladeur de textes, simple, léger, autonome, que le lecteur remplit selon

ses désirs à partir du web, pour aller lire n’importe où. Il peut aussi y

imprimer des documents personnels ou professionnels provenant d’un CD-Rom. Les

textes sont mémorisés en faisant : "imprimer", mais c’est beaucoup plus rapide

qu’une imprimante, ça ne consomme ni encre ni papier. Les liens hypertextes sont

maintenus au niveau d’une reliure tactile. (...) Le projet est né à l’atelier

Design de l’Ecole d’architecture de Strasbourg où j’étais étudiant. Il est

développé à l’Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg

avec le soutien de l’ANVAR-Alsace. Aujourd’hui, je participe avec d’autres à sa

formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation,

environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept en un

objet grand public pertinent.» Pour ce faire, la start-up iCodex est fondée en

juillet 2002.

Quelques années après, l'optique de Pierre Schweitzer reste toujours la même.

«Il ne s’agit pas de transformer le support papier des livres existants, c’est

absurde, écrit-il en janvier 2007. Il s’agit plutôt d’offrir un support de

lecture efficace aux textes qui n’en ont pas, ceux qui sont accessibles sur le

web. Avec @folio, je reste persuadé qu’un support de lecture transportable qui

serait à la fois simple et léger, annotable et effaçable, à bas coût,

respectueux de la page et de nos traditions typographiques, pourrait apporter un

supplément de confort appréciable à tous les usagers du texte numérique. Une

ardoise dont on pourrait feuilleter l’hypertexte à main nue, en lieu et place de

l’imprimante...»

Quelle est la technologie utilisée? Pierre Schweitzer explique en août 2007: «La

technologie d'@folio est très différente de celle des autres "ebooks", actuels

ou passés: elle est inspirée du fax et du classeur à onglets. La mémoire flash

est imprimée comme Gutenberg imprimait ses livres. Ce mode facsimilé ne

nécessite aucun format propriétaire, il est directement lisible à l'oeil nu. Le

facsimilé est un mode de représentation de l'information robuste, pérenne,

adaptable à tout type de contenu (de la musique imprimée aux formules de

mathématique ou de chimie) sans aucune adaptation nécessaire. C'est un mode de

représentation totalement ouvert et accessible à tous: il supporte l'écriture

manuscrite, la calligraphie, les écritures non alphabétiques, et le dessin à

main levée, toutes choses qui sont très difficiles à faire à l'aide d'un seul

outil sur un ordinateur ou un eBook classique. Cette conception technique

nouvelle et très simplifiée permet de recueillir une grande variété de contenus

et surtout, elle permet un prix de vente très raisonnable (100 euros pour le

modèle de base) dans différentes combinaisons de formats (tailles d'écran) et de

mémoire (nombre de pages) adaptées aux différentes pratiques de lecture.»

Outre cette technologie novatrice, quel est l'avantage de la lecture sur @folio

par rapport à la lecture sur ordinateur portable? «La simplicité d'usage,

l'autonomie, le poids, le prix. Quoi d'autre? La finesse n'est pas négligeable

pour pouvoir être glissé presque n'importe où. Et l'accès immédiat aux documents

- pas de temps d'attente comme quand on "allume" son ordinateur portable :

@folio ne s'allume jamais et ne s'éteint pas, la dernière page lue reste

affichée et une simple pression sur le bord de l'écran permet de remonter

instantanément au sommaire du document ou aux onglets de classement.»

= Smartphones et successeurs

Au début des années 2000, le choix des gros consommateurs de documents semble se

porter vers l’ordinateur ultra-portable, du fait de ses fonctions multi-tâches.

Outre le stockage d’un millier de livres sinon plus, selon le format numérique

choisi, celui-ci permet l’utilisation d’outils bureautiques standard, l’accès au

web, l’écoute de fichiers musicaux et le visionnement de vidéos ou de films.

Certains sont également tentés par le webpad, un ordinateur-écran sans disque

dur disposant d’une connexion sans fil à l’internet, apparu en 2001. D’autres

optent pour la tablette PC, une tablette informatique pourvue d’un écran

tactile, apparue fin 2002.

Parallèlement, le marché des assistants personnels (PDA) poursuit sa croissance.

13,2 millions d'assistants personnels sont vendus dans le monde en 2001, et 12,1

millions en 2002. En 2002, Palm est toujours le leader du marché (36,8% des

machines vendues), suivi par la gamme Pocket PC de Microsoft et les modèles de

Hewlett-Packard, Sony, Handspring, Toshiba et Casio. Les systèmes d'exploitation

utilisés sont essentiellement le Palm OS (pour 55% des machines) et le Pocket PC

(pour 25,7% des machines). En 2004, on note une amélioration des machines, une

plus grande diversité des modèles et une baisse des prix chez tous les

fabricants. Les trois principaux fabricants sont Palm, Sony et Hewlett-Packard.

Suivent Handspring, Toshiba, Casio et d'autres. Mais l'assistant personnel est

de plus en plus concurrencé par le smartphone, qui est un téléphone portable

doublé d'un assistant personnel, et les ventes commencent à baisser. En février

2005, Sony décide de se retirer complètement du marché des assistants

personnels.

Le premier smartphone est le Nokia 9210, modèle précurseur lancé en 2001 par la

société finlandaise Nokia, grand fabricant mondial de téléphones portables.

Apparaissent ensuite le Nokia Series 60, le Sony Ericsson P800, puis les modèles

de Motorola et de Siemens. Ces différents modèles permettent de lire des livres

numériques sur le Mobipocket Reader. Appelé aussi téléphone multimédia,

téléphone multifonctions ou encore téléphone intelligent, le smartphone dispose

d’un écran couleur, du son polyphonique et de la fonction appareil photo, qui

viennent s'ajouter aux diverses fonctions de l’assistant personnel: agenda,

dictaphone, lecteur de livres numériques, lecteur de musique, etc. Les

smartphones représentent 3,7% des ventes de téléphones portables en 2004 et 9%

des ventes en 2006, à savoir 90 millions d'unités sur un milliard.

Si les livres numériques ont une longue vie devant eux, les appareils de lecture

risquent de muer régulièrement. Denis Zwirn, président de la société Numilog,

résume bien la situation en février 2003: «L’équipement des individus et des

entreprises en matériel pouvant être utilisé pour la lecture numérique dans une

situation de mobilité va continuer de progresser très fortement dans les dix

prochaines années sous la forme de machines de plus en plus performantes (en

terme d’affichage, de mémoire, de fonctionnalités, de légèreté...) et de moins

en moins chères. Cela prend dès aujourd’hui la forme de PDA (Pocket PC et Palm

Pilot), de tablettes PC et de smartphones, ou de smart displays (écrans tactiles

sans fil). Trois tendances devraient être observées : la convergence des usages

(téléphone / PDA), la diversification des types et tailles d’appareils (de la

montre-PDA-téléphone à la tablette PC waterproof), la démocratisation de l’accès

aux machines mobiles (des PDA pour enfants à 15 euros). Si les éditeurs et les

libraires numériques savent en saisir l’opportunité, cette évolution représente

un environnement technologique et culturel au sein duquel les livres numériques,

sous des formes variées, peuvent devenir un mode naturel d’accès à la lecture

pour toute une génération.»

10.4. Le papier électronique

= Souhaits en l’an 2000

Considéré par beaucoup comme transitoire, l’appareil de lecture ne serait qu’une

étape vers le papier électronique. De l’avis d’Alex Andrachmes, explorateur

d’hypertexte, interviewé en décembre 2000, «c’est l’arrivée du fameux "papier

électrique" qui changera la donne. Ce projet du MIT (Massachusetts Institute of

Technology) qui consiste à charger électriquement une fine couche de "papier" -

dont je ne connais pas la formule - permettra de charger la (les) feuille(s) de

nouveaux textes, par modification de cette charge électrique. Un ebook sur

papier, en somme, c’est ce que le monde de l’édition peut attendre de mieux.»

Lucie de Boutiny, romancière multimédia, écrit pour sa part en juin 2000: «Et

voici le changement que j’attends : arrêter de considérer les livres

électroniques comme le stade ultime post-Gutenberg. L’ebook rétro-éclairé a pour

l’instant la mémoire courte: il peut accueillir par exemple dix livres contenant

essentiellement du texte mais pas une seule oeuvre multimédia riche en son et

images, etc. Donc ce que l’on attend pour commencer: l’écran souple comme une

feuille de papier légère, transportable, pliable, autonome, rechargeable,

accueillant tout ce que le web propose (du savoir, de l’information, des

créations...) et cela dans un format universel avec une résolution sonore et

d’image acceptable.»

Pierre-Noël Favennec, expert à la direction scientifique de France Télécom R&D,

explique en février 2001: «Si l’invention du livre-papier avait été faite après

celle de l’ebook, nous l’aurions tous trouvé géniale, Mais un ebook a un avenir

prometteur si on peut télécharger suffisamment d’ouvrages, si la lecture est

aussi agréable que sur le papier, s’il est léger (comme un livre), s’il est

pliable (comme un journal), s’il n’est pas cher (comme un livre de poche)... En

d’autres mots, l’ebook a un avenir s’il est un livre, si le hard fait croire que

l’on a du papier imprimé... Techniquement, c’est possible, aussi j’y crois. Au

niveau technologique, cela exigera encore quelques efforts (chimie,

électronique, physique...).»

Christian Vandendorpe, professeur à l’Université d’Ottawa et spécialiste des

théories de la lecture, résume les développements probables. «Le livre

électronique va accélérer cette mutation du papier vers le numérique, surtout

pour les ouvrages techniques, prédit-il dès mai 2001. Mais les développements

les plus importants sont encore à venir. Lorsque le procédé de l’encre

électronique sera commercialisé sous la forme d’un codex numérique plastifié

offrant une parfaite lisibilité en lumière réfléchie, comparable à celle du

papier - ce qui devrait être courant vers 2010 ou 2015 -, il ne fait guère de

doute que la part du papier dans nos activités de lecture quotidienne descendra

à une fraction de ce qu’elle était hier. En effet, ce nouveau support portera à

un sommet l’idéal de portabilité qui est à la base même du concept de livre.

Tout comme le codex avait déplacé le rouleau de papyrus, qui avait lui-même

déplacé la tablette d’argile, le codex numérique déplacera le codex papier, même

si ce dernier continuera à survivre pendant quelques décennies, grâce notamment

au procédé d’impression sur demande qui sera bientôt accessible dans des

librairies spécialisées. Avec sa matrice de quelques douzaines de pages

susceptibles de permettre l’affichage de millions de livres, de journaux ou de

revues, le codex numérique offrira en effet au lecteur un accès permanent à la

bibliothèque universelle. En plus de cette ubiquité et de cette instantanéité,

qui répondent à un rêve très ancien, le lecteur ne pourra plus se passer de

l’indexabilité totale du texte électronique, qui permet de faire des recherches

plein texte et de trouver immédiatement le passage qui l’intéresse. Enfin, le

codex numérique permettra la fusion des notes personnelles et de la bibliothèque

et accélérera la mutation d’une culture de la réception vers une culture de

l’expression personnelle et de l’interaction.»

= E Ink

Le développement du papier électronique débute dès 1997. On peut le définir

comme un support souple d’une densité comparable au papier plastifié ou au

transparent. Ce support peut être utilisé indéfiniment et le texte changé à

volonté au moyen d’une connexion sans fil. Si le concept est révolutionnaire, le

produit lui-même est le résultat d’une fusion entre trois sciences : la chimie,

la physique et l’électronique. Plusieurs équipes travaillent à des projets

différents, le plus connu étant E Ink.

Fondée en avril 1997 par des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts

Institute of Technology), la société E Ink met au point une technologie d'encre

électronique. Il s'agit d'une technologie à particules, dites

électrophorétiques. Très schématiquement, on peut la décrire ainsi : prises

entre deux feuilles de plastique souple, des millions de microcapsules

contiennent chacune des particules noires et blanches en suspension dans un

fluide clair. Un champ électrique positif ou négatif permet de faire apparaître

le groupe de particules souhaité à la surface du support, afin d’afficher, de

modifier ou d’effacer les données.

En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette

technologie, un écran de haute résolution à matrice active développé en

partenariat avec les sociétés Toppan et Philips. La commercialisation de cet

écran de 6 pouces est effective en avril 2004 pour le Librié de Sony, suivi

ensuite de l’iLiad d’Irex Technologies puis du Sony Reader en décembre 2006.

Dès ses débuts, E Ink envisage des livres et journaux électroniques sur support

souple, notamment ce que la société appelle provisoirement le RadioPaper, qui

donnera les nouvelles du jour via l'internet sans fil. Un projet qui deviendra

bientôt réalité dans les usines de Plastic Logic en Europe et de LG.Philips LCD

en Asie, avec des produits utilisant tous deux la technologie E Ink.

Fondée en 2000, la société britannique Plastic Logic est spécialisée dans le

développement et la production de papier électronique. Avec un poids infime de

62 grammes (un quotidien imprimé pèse 375 grammes), cet écran souple à matrice

active aura au départ quatre niveaux de gris. Le fait de plier le support souple

déclenchera le chargement d'une nouvelle page. Le téléchargement des livres et

journaux se fera par connexion WiFi. En janvier 2007, Plastic Logic annonce la

construction de son premier site de production de papier électronique dans la

région de Dresde, en Allemagne, avec début de production en 2008. Si l'affichage

des données se fera en noir et blanc dans un premier temps, la couleur est

prévue pour 2010 et la vidéo pour 2012.

La société coréenne LG.Philips LCD travaille quant à elle sur un prototype

d’écran flexible couleur. Un écran souple de 10,1 pouces est d'abord disponible

en noir et blanc en octobre 2005, suivi d'un écran souple de 14,1 pouces en mai

2006 puis d'un écran couleur de même taille en mai 2007. Le groupe japonais

Epson présente lui aussi un papier électronique ultrafin et de haute résolution

en avril 2007.

En mai 2007, la société E Ink présente le successeur de sa technologie E Ink

sous le nom de Vizplex Imaging Film, appelé plus simplement Vizplex, une

technologie EPD (electronic paper display) avec un chargement d’image deux fois

plus rapide (740 microsecondes au lieu de 1200), une image plus constrastée (20%

de plus) et huit niveaux de gris au lieu de quatre. Les premiers modèles

utilisant la technologie Vizplex seront produits dès l’été 2007 par PrimeView

International (PVI), qui est à ce jour le seul fabricant d’écrans EPD à matrice

active. Les futurs écrans souples auront une diagonale de 1,9 pouces, 5 pouces,

6 pouces, 8 pouces et 9,7 pouces. Ils équiperont divers appareils : téléphones

mobiles, lecteurs de MP3, accessoires PC, assistants personnels (PDA),

affichettes commerciales, dictionnaires électroniques, tablettes de lecture et

tablettes PC. La génération précédente (technologie E Ink) se limite aux écrans

de 6 pouces équipant les tablettes de lecture.

= Autres initiatives

Tout comme l'équipe d'E Ink, des chercheurs du Palo Alto Research Center (PARC),

le centre Xerox de la Silicon Valley, travaillent depuis 1997 à la mise au point

d’une technique d’affichage dénommée gyricon. Le procédé est un peu différent de

celui d’E Ink. Très schématiquement, la technologie est la suivante: prises

entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-alvéoles

contiennent des microbilles bicolores en suspension dans un liquide clair.

Chaque bille est pourvue d’une charge électrique. Cette fois, c’est une

impulsion électrique extérieure qui permet la rotation des billes, et donc le

changement de couleur, permettant ainsi d’afficher, de modifier ou d’effacer les

données. Intitulé SmartPaper, le matériau correspondant serait produit en

rouleaux, tout comme le papier traditionnel. La société Gyricon Media est créée

en décembre 2000 pour commercialiser cette technologie. Le marché pressenti est

d’abord celui de l’affichage commercial, qui utilise le système SmartSign,

développé en complément du SmartPaper. La vente d’affichettes fonctionnant sur

piles débute en 2004. Sont prévus ensuite les panneaux de signalisation, puis le

papier électronique et le journal électronique. La société cesse ses activités

en 2005. Les activités de développement se poursuivent ensuite au sein de

Xerox.

Un autre acteur d'importance est Nemoptic. Créée en 1999 en région parisienne

par Alain Boissier et une équipe du CNRS, la société Nemoptic développe et

produit des écrans à cristaux liquides (écrans LCD) bistables pour des

applications mobiles destinées au grand public et aux professionnels. Comme

indiqué sur le site web, «ces écrans fins et légers permettent d’obtenir des

images de haute résolution très contrastées et présentent un confort de lecture

équivalent au papier imprimé. La technologie de rupture BiNem® (Bistable

Nematic) de Nemoptic peut s’appliquer à de nombreux produits portables, comme

les livres éducatifs électroniques, les dictionnaires et journaux électroniques,

les PC ultra-portables, les téléphones portables, les jouets ainsi que les

étiquettes électroniques. Les écrans de Nemoptic possèdent plusieurs avantages :

haute résolution, consommation d’énergie nulle en état de veille, rapidité

d’affichage et faible coût. Les écrans Nemoptic sont déclinables en version noir

et blanc ou couleurs (jusqu’à 32.000).»

La compétition risque d’être rude sur un marché qui s’annonce très prometteur.

Reste à voir quels seront les modèles qui seront retenus par l'usager parce que

solides, légers, économiques et procurant un véritable «confort de lecture»,

sans oublier l'aspect esthétique et les possibilités de lecture en 3 D.

«On progresse», écrit en janvier 2007 Jean-Paul, webmestre du site hypermédia

cotres.net. «Les PDA et autres baladeurs multimédia ont formé le public à

manipuler des écrans tactiles de dimension individuelle (par opposition aux

bornes publiques de circulation et autres tirettes-à-sous). L’hypermédia est

maintenant une évidence. Il ne reste plus qu’à laisser se bousculer les

ingénieurs et les marketteurs pour voir sortir un objet rentable, léger,

attirant, peu fragile, occupant au mieux l’espace qui sépare les deux mains d’un

terrien assis dans le bus ou sur sa lunette WC : la surface d’une feuille A4 en

format italien, soit ± 800x600 pixels. Bien sûr, ce que montrera cette surface

ne sera pas en 2 D mais en 3 D. Comme les GPS prochaine génération, ou les

écrans de visée sur le cockpit d’un A-Win.»

10.5. Chronologie

* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.

1984: Psion Organiser, vétéran des agendas électroniques.

1986: Premier dictionnaire sur machine de poche, par Franklin.

1996 (mars): Palm Pilot, premier assistant personnel (PDA).

1996 (octobre): Projet @folio, baladeur de textes conçu par Pierre Schweitzer.

1997: E Ink développe une technologie de papier électronique.

1997: Gyricon, technologie de papier électronique développée par PARC.

1999: Rocket eBook, tablette de lecture conçue par Nuvomedia.

1999: Softbook Reader, tablette de lecture conçue par Softbook Press.

1999: Nemoptic développe une technologie d’encre électronique.

2000: Création de la société Plastic Logic.

2000 (janvier): Rachat de Nuvomedia et Softbook Press par Gemstar.

2000 (avril): Pocket PC, assistant personnel de Microsoft.

2000 (octobre): Premiers modèles du Gemstar eBook.

2000 (octobre): eBookMan, assistant personnel multimédia de Franklin.

2001 (janvier): Cybook, tablette de lecture de Cytale.

2001 (mars): Mobipocket Reader intégré aux modèles Palm.

2001 (octobre): Modèle européen du Gemstar eBook.

2001 (octobre): Mobipocket Reader intégré à l’eBookMan.

2001: Nokia 9210, premier smartphone du marché.

2002 (juillet): Arrêt de la commercialisation du Cybook par Cytale.

2003 (juin): Arrêt de la commercialisation du Gemstar eBook.

2003: Reprise de la commercialisation du Cybook par Bookeen.

2004 (avril): Librié, tablette de lecture de Sony.

2006 (avril): De Tidj, quotidien en version électronique nomade.

2006 (octobre): Sony Reader, tablette de lecture de Sony.

2007 (avril): Les Echos, quotidien en version électronique nomade.

2007 (avril): Projet de la première usine de papier électronique de Plastic

Logic.

2007 (mai): Vizplex, nouvelle technologie d'encre électronique de la société E

Ink.

11. UNE INFORMATION MULTILINGUE

[11.1. Premiers pas // 11.2. Anglais versus autres langues // 11.3. Langues

minoritaires // 11.4. Traduction // 11.5. Chronologie]

En 1998 et 1999, la nécessité d’un web multilingue occupe tous les esprits. Au

début des années 2000, le web, devenu multilingue, permet une large diffusion

des textes électroniques sans contrainte de frontières, mais la barrière de la

langue est loin d’avoir disparu. La priorité semble être la création de

passerelles entre les communautés linguistiques pour favoriser la circulation

des écrits dans d’autres langues, en améliorant notamment les outils de

traduction.

11.1. Premiers pas

A tort ou à raison, on se plaint souvent de l’hégémonie de l’anglais sur

l’internet. Celle-ci était inévitable au début, puisque le réseau se développe

d’abord en Amérique du Nord avant de s'étendre au monde entier. En 1997, on note

déjà la présence de nombreuses langues, mais il reste aux différentes

communautés linguistiques à poursuivre le travail entrepris. En décembre 1997,

Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web, déclare à Pierre Ruetschi dans la

Tribune de Genève: «Pourquoi les Francophones ne mettent-ils pas davantage

d’informations sur le web? Est-ce qu’ils pensent que personne ne veut la lire,

que la culture française n’a rien à offrir? C’est de la folie, l’offre est

évidemment énorme.» C’est chose faite dans les années qui suivent.

Consultant en marketing internet de produits et services de traduction, Randy

Hobler écrit en septembre 1998: «Comme l’internet n’a pas de frontières

nationales, les internautes s’organisent selon d’autres critères propres au

médium. En termes de multilinguisme, vous avez des communautés virtuelles, par

exemple ce que j’appelle les "nations des langues", tous ces internautes qu’on

peut regrouper selon leur langue maternelle quel que soit leur lieu

géographique. Ainsi la nation de la langue espagnole inclut non seulement les

internautes d’Espagne et d’Amérique latine, mais aussi tous les Hispanophones

vivant aux Etats-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au Maroc.»

En été 2000, les usagers non anglophones dépassent la barre des 50%. Ce

pourcentage continue ensuite d'augmenter, comme le montrent les statistiques de

la société Global Reach, mises à jour à intervalles réguliers. Le nombre

d’usagers non anglophones est de 52,5% en été 2001, 57% en décembre 2001, 59,8%

en avril 2002, 64,4% en septembre 2003 (dont 34,9% d’Européens non anglophones

et 29,4% d’Asiatiques) et 64,2% en mars 2004 (dont 37,9% d’Européens non

anglophones et 33% d’Asiatiques).

Les mutations du livre · 第 18 / 29 段