@folio (qui se prononce: a-folio) est un support de lecture nomade permettant de
lire des textes glanés sur l’internet. Il cherche à mimer, sous forme
électronique, le dispositif technique du livre, afin de proposer une mémoire de
fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage.
«J’hésite à parler de livre électronique, écrit Pierre Schweitzer en janvier
2001, car le mot "livre" désigne aussi bien le contenu éditorial (quand on dit
qu’untel a écrit un livre) que l’objet en papier, génial, qui permet sa
diffusion. La lecture est une activité intime et itinérante par nature. @folio
est un baladeur de textes, simple, léger, autonome, que le lecteur remplit selon
ses désirs à partir du web, pour aller lire n’importe où. Il peut aussi y
imprimer des documents personnels ou professionnels provenant d’un CD-Rom. Les
textes sont mémorisés en faisant : "imprimer", mais c’est beaucoup plus rapide
qu’une imprimante, ça ne consomme ni encre ni papier. Les liens hypertextes sont
maintenus au niveau d’une reliure tactile. (...) Le projet est né à l’atelier
Design de l’Ecole d’architecture de Strasbourg où j’étais étudiant. Il est
développé à l’Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg
avec le soutien de l’ANVAR-Alsace. Aujourd’hui, je participe avec d’autres à sa
formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation,
environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept en un
objet grand public pertinent.» Pour ce faire, la start-up iCodex est fondée en
juillet 2002.
Quelques années après, l'optique de Pierre Schweitzer reste toujours la même.
«Il ne s’agit pas de transformer le support papier des livres existants, c’est
absurde, écrit-il en janvier 2007. Il s’agit plutôt d’offrir un support de
lecture efficace aux textes qui n’en ont pas, ceux qui sont accessibles sur le
web. Avec @folio, je reste persuadé qu’un support de lecture transportable qui
serait à la fois simple et léger, annotable et effaçable, à bas coût,
respectueux de la page et de nos traditions typographiques, pourrait apporter un
supplément de confort appréciable à tous les usagers du texte numérique. Une
ardoise dont on pourrait feuilleter l’hypertexte à main nue, en lieu et place de
l’imprimante...»
Quelle est la technologie utilisée? Pierre Schweitzer explique en août 2007: «La
technologie d'@folio est très différente de celle des autres "ebooks", actuels
ou passés: elle est inspirée du fax et du classeur à onglets. La mémoire flash
est imprimée comme Gutenberg imprimait ses livres. Ce mode facsimilé ne
nécessite aucun format propriétaire, il est directement lisible à l'oeil nu. Le
facsimilé est un mode de représentation de l'information robuste, pérenne,
adaptable à tout type de contenu (de la musique imprimée aux formules de
mathématique ou de chimie) sans aucune adaptation nécessaire. C'est un mode de
représentation totalement ouvert et accessible à tous: il supporte l'écriture
manuscrite, la calligraphie, les écritures non alphabétiques, et le dessin à
main levée, toutes choses qui sont très difficiles à faire à l'aide d'un seul
outil sur un ordinateur ou un eBook classique. Cette conception technique
nouvelle et très simplifiée permet de recueillir une grande variété de contenus
et surtout, elle permet un prix de vente très raisonnable (100 euros pour le
modèle de base) dans différentes combinaisons de formats (tailles d'écran) et de
mémoire (nombre de pages) adaptées aux différentes pratiques de lecture.»
Outre cette technologie novatrice, quel est l'avantage de la lecture sur @folio
par rapport à la lecture sur ordinateur portable? «La simplicité d'usage,
l'autonomie, le poids, le prix. Quoi d'autre? La finesse n'est pas négligeable
pour pouvoir être glissé presque n'importe où. Et l'accès immédiat aux documents
- pas de temps d'attente comme quand on "allume" son ordinateur portable :
@folio ne s'allume jamais et ne s'éteint pas, la dernière page lue reste
affichée et une simple pression sur le bord de l'écran permet de remonter
instantanément au sommaire du document ou aux onglets de classement.»
= Smartphones et successeurs
Au début des années 2000, le choix des gros consommateurs de documents semble se
porter vers l’ordinateur ultra-portable, du fait de ses fonctions multi-tâches.
Outre le stockage d’un millier de livres sinon plus, selon le format numérique
choisi, celui-ci permet l’utilisation d’outils bureautiques standard, l’accès au
web, l’écoute de fichiers musicaux et le visionnement de vidéos ou de films.
Certains sont également tentés par le webpad, un ordinateur-écran sans disque
dur disposant d’une connexion sans fil à l’internet, apparu en 2001. D’autres
optent pour la tablette PC, une tablette informatique pourvue d’un écran
tactile, apparue fin 2002.
Parallèlement, le marché des assistants personnels (PDA) poursuit sa croissance.
13,2 millions d'assistants personnels sont vendus dans le monde en 2001, et 12,1
millions en 2002. En 2002, Palm est toujours le leader du marché (36,8% des
machines vendues), suivi par la gamme Pocket PC de Microsoft et les modèles de
Hewlett-Packard, Sony, Handspring, Toshiba et Casio. Les systèmes d'exploitation
utilisés sont essentiellement le Palm OS (pour 55% des machines) et le Pocket PC
(pour 25,7% des machines). En 2004, on note une amélioration des machines, une
plus grande diversité des modèles et une baisse des prix chez tous les
fabricants. Les trois principaux fabricants sont Palm, Sony et Hewlett-Packard.
Suivent Handspring, Toshiba, Casio et d'autres. Mais l'assistant personnel est
de plus en plus concurrencé par le smartphone, qui est un téléphone portable
doublé d'un assistant personnel, et les ventes commencent à baisser. En février
2005, Sony décide de se retirer complètement du marché des assistants
personnels.
Le premier smartphone est le Nokia 9210, modèle précurseur lancé en 2001 par la
société finlandaise Nokia, grand fabricant mondial de téléphones portables.
Apparaissent ensuite le Nokia Series 60, le Sony Ericsson P800, puis les modèles
de Motorola et de Siemens. Ces différents modèles permettent de lire des livres
numériques sur le Mobipocket Reader. Appelé aussi téléphone multimédia,
téléphone multifonctions ou encore téléphone intelligent, le smartphone dispose
d’un écran couleur, du son polyphonique et de la fonction appareil photo, qui
viennent s'ajouter aux diverses fonctions de l’assistant personnel: agenda,
dictaphone, lecteur de livres numériques, lecteur de musique, etc. Les
smartphones représentent 3,7% des ventes de téléphones portables en 2004 et 9%
des ventes en 2006, à savoir 90 millions d'unités sur un milliard.
Si les livres numériques ont une longue vie devant eux, les appareils de lecture
risquent de muer régulièrement. Denis Zwirn, président de la société Numilog,
résume bien la situation en février 2003: «L’équipement des individus et des
entreprises en matériel pouvant être utilisé pour la lecture numérique dans une
situation de mobilité va continuer de progresser très fortement dans les dix
prochaines années sous la forme de machines de plus en plus performantes (en
terme d’affichage, de mémoire, de fonctionnalités, de légèreté...) et de moins
en moins chères. Cela prend dès aujourd’hui la forme de PDA (Pocket PC et Palm
Pilot), de tablettes PC et de smartphones, ou de smart displays (écrans tactiles
sans fil). Trois tendances devraient être observées : la convergence des usages
(téléphone / PDA), la diversification des types et tailles d’appareils (de la
montre-PDA-téléphone à la tablette PC waterproof), la démocratisation de l’accès
aux machines mobiles (des PDA pour enfants à 15 euros). Si les éditeurs et les
libraires numériques savent en saisir l’opportunité, cette évolution représente
un environnement technologique et culturel au sein duquel les livres numériques,
sous des formes variées, peuvent devenir un mode naturel d’accès à la lecture
pour toute une génération.»
10.4. Le papier électronique
= Souhaits en l’an 2000
Considéré par beaucoup comme transitoire, l’appareil de lecture ne serait qu’une
étape vers le papier électronique. De l’avis d’Alex Andrachmes, explorateur
d’hypertexte, interviewé en décembre 2000, «c’est l’arrivée du fameux "papier
électrique" qui changera la donne. Ce projet du MIT (Massachusetts Institute of
Technology) qui consiste à charger électriquement une fine couche de "papier" -
dont je ne connais pas la formule - permettra de charger la (les) feuille(s) de
nouveaux textes, par modification de cette charge électrique. Un ebook sur
papier, en somme, c’est ce que le monde de l’édition peut attendre de mieux.»
Lucie de Boutiny, romancière multimédia, écrit pour sa part en juin 2000: «Et
voici le changement que j’attends : arrêter de considérer les livres
électroniques comme le stade ultime post-Gutenberg. L’ebook rétro-éclairé a pour
l’instant la mémoire courte: il peut accueillir par exemple dix livres contenant
essentiellement du texte mais pas une seule oeuvre multimédia riche en son et
images, etc. Donc ce que l’on attend pour commencer: l’écran souple comme une
feuille de papier légère, transportable, pliable, autonome, rechargeable,
accueillant tout ce que le web propose (du savoir, de l’information, des
créations...) et cela dans un format universel avec une résolution sonore et
d’image acceptable.»
Pierre-Noël Favennec, expert à la direction scientifique de France Télécom R&D,
explique en février 2001: «Si l’invention du livre-papier avait été faite après
celle de l’ebook, nous l’aurions tous trouvé géniale, Mais un ebook a un avenir
prometteur si on peut télécharger suffisamment d’ouvrages, si la lecture est
aussi agréable que sur le papier, s’il est léger (comme un livre), s’il est
pliable (comme un journal), s’il n’est pas cher (comme un livre de poche)... En
d’autres mots, l’ebook a un avenir s’il est un livre, si le hard fait croire que
l’on a du papier imprimé... Techniquement, c’est possible, aussi j’y crois. Au
niveau technologique, cela exigera encore quelques efforts (chimie,
électronique, physique...).»
Christian Vandendorpe, professeur à l’Université d’Ottawa et spécialiste des
théories de la lecture, résume les développements probables. «Le livre
électronique va accélérer cette mutation du papier vers le numérique, surtout
pour les ouvrages techniques, prédit-il dès mai 2001. Mais les développements
les plus importants sont encore à venir. Lorsque le procédé de l’encre
électronique sera commercialisé sous la forme d’un codex numérique plastifié
offrant une parfaite lisibilité en lumière réfléchie, comparable à celle du
papier - ce qui devrait être courant vers 2010 ou 2015 -, il ne fait guère de
doute que la part du papier dans nos activités de lecture quotidienne descendra
à une fraction de ce qu’elle était hier. En effet, ce nouveau support portera à
un sommet l’idéal de portabilité qui est à la base même du concept de livre.
Tout comme le codex avait déplacé le rouleau de papyrus, qui avait lui-même
déplacé la tablette d’argile, le codex numérique déplacera le codex papier, même
si ce dernier continuera à survivre pendant quelques décennies, grâce notamment
au procédé d’impression sur demande qui sera bientôt accessible dans des
librairies spécialisées. Avec sa matrice de quelques douzaines de pages
susceptibles de permettre l’affichage de millions de livres, de journaux ou de
revues, le codex numérique offrira en effet au lecteur un accès permanent à la
bibliothèque universelle. En plus de cette ubiquité et de cette instantanéité,
qui répondent à un rêve très ancien, le lecteur ne pourra plus se passer de
l’indexabilité totale du texte électronique, qui permet de faire des recherches
plein texte et de trouver immédiatement le passage qui l’intéresse. Enfin, le
codex numérique permettra la fusion des notes personnelles et de la bibliothèque
et accélérera la mutation d’une culture de la réception vers une culture de
l’expression personnelle et de l’interaction.»
= E Ink
Le développement du papier électronique débute dès 1997. On peut le définir
comme un support souple d’une densité comparable au papier plastifié ou au
transparent. Ce support peut être utilisé indéfiniment et le texte changé à
volonté au moyen d’une connexion sans fil. Si le concept est révolutionnaire, le
produit lui-même est le résultat d’une fusion entre trois sciences : la chimie,
la physique et l’électronique. Plusieurs équipes travaillent à des projets
différents, le plus connu étant E Ink.
Fondée en avril 1997 par des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts
Institute of Technology), la société E Ink met au point une technologie d'encre
électronique. Il s'agit d'une technologie à particules, dites
électrophorétiques. Très schématiquement, on peut la décrire ainsi : prises
entre deux feuilles de plastique souple, des millions de microcapsules
contiennent chacune des particules noires et blanches en suspension dans un
fluide clair. Un champ électrique positif ou négatif permet de faire apparaître
le groupe de particules souhaité à la surface du support, afin d’afficher, de
modifier ou d’effacer les données.
En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette
technologie, un écran de haute résolution à matrice active développé en
partenariat avec les sociétés Toppan et Philips. La commercialisation de cet
écran de 6 pouces est effective en avril 2004 pour le Librié de Sony, suivi
ensuite de l’iLiad d’Irex Technologies puis du Sony Reader en décembre 2006.
Dès ses débuts, E Ink envisage des livres et journaux électroniques sur support
souple, notamment ce que la société appelle provisoirement le RadioPaper, qui
donnera les nouvelles du jour via l'internet sans fil. Un projet qui deviendra
bientôt réalité dans les usines de Plastic Logic en Europe et de LG.Philips LCD
en Asie, avec des produits utilisant tous deux la technologie E Ink.
Fondée en 2000, la société britannique Plastic Logic est spécialisée dans le
développement et la production de papier électronique. Avec un poids infime de
62 grammes (un quotidien imprimé pèse 375 grammes), cet écran souple à matrice
active aura au départ quatre niveaux de gris. Le fait de plier le support souple
déclenchera le chargement d'une nouvelle page. Le téléchargement des livres et
journaux se fera par connexion WiFi. En janvier 2007, Plastic Logic annonce la
construction de son premier site de production de papier électronique dans la
région de Dresde, en Allemagne, avec début de production en 2008. Si l'affichage
des données se fera en noir et blanc dans un premier temps, la couleur est
prévue pour 2010 et la vidéo pour 2012.
La société coréenne LG.Philips LCD travaille quant à elle sur un prototype
d’écran flexible couleur. Un écran souple de 10,1 pouces est d'abord disponible
en noir et blanc en octobre 2005, suivi d'un écran souple de 14,1 pouces en mai
2006 puis d'un écran couleur de même taille en mai 2007. Le groupe japonais
Epson présente lui aussi un papier électronique ultrafin et de haute résolution
en avril 2007.
En mai 2007, la société E Ink présente le successeur de sa technologie E Ink
sous le nom de Vizplex Imaging Film, appelé plus simplement Vizplex, une
technologie EPD (electronic paper display) avec un chargement d’image deux fois
plus rapide (740 microsecondes au lieu de 1200), une image plus constrastée (20%
de plus) et huit niveaux de gris au lieu de quatre. Les premiers modèles
utilisant la technologie Vizplex seront produits dès l’été 2007 par PrimeView
International (PVI), qui est à ce jour le seul fabricant d’écrans EPD à matrice
active. Les futurs écrans souples auront une diagonale de 1,9 pouces, 5 pouces,
6 pouces, 8 pouces et 9,7 pouces. Ils équiperont divers appareils : téléphones
mobiles, lecteurs de MP3, accessoires PC, assistants personnels (PDA),
affichettes commerciales, dictionnaires électroniques, tablettes de lecture et
tablettes PC. La génération précédente (technologie E Ink) se limite aux écrans
de 6 pouces équipant les tablettes de lecture.
= Autres initiatives
Tout comme l'équipe d'E Ink, des chercheurs du Palo Alto Research Center (PARC),
le centre Xerox de la Silicon Valley, travaillent depuis 1997 à la mise au point
d’une technique d’affichage dénommée gyricon. Le procédé est un peu différent de
celui d’E Ink. Très schématiquement, la technologie est la suivante: prises
entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-alvéoles
contiennent des microbilles bicolores en suspension dans un liquide clair.
Chaque bille est pourvue d’une charge électrique. Cette fois, c’est une
impulsion électrique extérieure qui permet la rotation des billes, et donc le
changement de couleur, permettant ainsi d’afficher, de modifier ou d’effacer les
données. Intitulé SmartPaper, le matériau correspondant serait produit en
rouleaux, tout comme le papier traditionnel. La société Gyricon Media est créée
en décembre 2000 pour commercialiser cette technologie. Le marché pressenti est
d’abord celui de l’affichage commercial, qui utilise le système SmartSign,
développé en complément du SmartPaper. La vente d’affichettes fonctionnant sur
piles débute en 2004. Sont prévus ensuite les panneaux de signalisation, puis le
papier électronique et le journal électronique. La société cesse ses activités
en 2005. Les activités de développement se poursuivent ensuite au sein de
Xerox.
Un autre acteur d'importance est Nemoptic. Créée en 1999 en région parisienne
par Alain Boissier et une équipe du CNRS, la société Nemoptic développe et
produit des écrans à cristaux liquides (écrans LCD) bistables pour des
applications mobiles destinées au grand public et aux professionnels. Comme
indiqué sur le site web, «ces écrans fins et légers permettent d’obtenir des
images de haute résolution très contrastées et présentent un confort de lecture
équivalent au papier imprimé. La technologie de rupture BiNem® (Bistable
Nematic) de Nemoptic peut s’appliquer à de nombreux produits portables, comme
les livres éducatifs électroniques, les dictionnaires et journaux électroniques,
les PC ultra-portables, les téléphones portables, les jouets ainsi que les
étiquettes électroniques. Les écrans de Nemoptic possèdent plusieurs avantages :
haute résolution, consommation d’énergie nulle en état de veille, rapidité
d’affichage et faible coût. Les écrans Nemoptic sont déclinables en version noir
et blanc ou couleurs (jusqu’à 32.000).»
La compétition risque d’être rude sur un marché qui s’annonce très prometteur.
Reste à voir quels seront les modèles qui seront retenus par l'usager parce que
solides, légers, économiques et procurant un véritable «confort de lecture»,
sans oublier l'aspect esthétique et les possibilités de lecture en 3 D.
«On progresse», écrit en janvier 2007 Jean-Paul, webmestre du site hypermédia
cotres.net. «Les PDA et autres baladeurs multimédia ont formé le public à
manipuler des écrans tactiles de dimension individuelle (par opposition aux
bornes publiques de circulation et autres tirettes-à-sous). L’hypermédia est
maintenant une évidence. Il ne reste plus qu’à laisser se bousculer les
ingénieurs et les marketteurs pour voir sortir un objet rentable, léger,
attirant, peu fragile, occupant au mieux l’espace qui sépare les deux mains d’un
terrien assis dans le bus ou sur sa lunette WC : la surface d’une feuille A4 en
format italien, soit ± 800x600 pixels. Bien sûr, ce que montrera cette surface
ne sera pas en 2 D mais en 3 D. Comme les GPS prochaine génération, ou les
écrans de visée sur le cockpit d’un A-Win.»
10.5. Chronologie
* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.
1984: Psion Organiser, vétéran des agendas électroniques.
1986: Premier dictionnaire sur machine de poche, par Franklin.
1996 (mars): Palm Pilot, premier assistant personnel (PDA).
1996 (octobre): Projet @folio, baladeur de textes conçu par Pierre Schweitzer.
1997: E Ink développe une technologie de papier électronique.
1997: Gyricon, technologie de papier électronique développée par PARC.
1999: Rocket eBook, tablette de lecture conçue par Nuvomedia.
1999: Softbook Reader, tablette de lecture conçue par Softbook Press.
1999: Nemoptic développe une technologie d’encre électronique.
2000: Création de la société Plastic Logic.
2000 (janvier): Rachat de Nuvomedia et Softbook Press par Gemstar.
2000 (avril): Pocket PC, assistant personnel de Microsoft.
2000 (octobre): Premiers modèles du Gemstar eBook.
2000 (octobre): eBookMan, assistant personnel multimédia de Franklin.
2001 (janvier): Cybook, tablette de lecture de Cytale.
2001 (mars): Mobipocket Reader intégré aux modèles Palm.
2001 (octobre): Modèle européen du Gemstar eBook.
2001 (octobre): Mobipocket Reader intégré à l’eBookMan.
2001: Nokia 9210, premier smartphone du marché.
2002 (juillet): Arrêt de la commercialisation du Cybook par Cytale.
2003 (juin): Arrêt de la commercialisation du Gemstar eBook.
2003: Reprise de la commercialisation du Cybook par Bookeen.
2004 (avril): Librié, tablette de lecture de Sony.
2006 (avril): De Tidj, quotidien en version électronique nomade.
2006 (octobre): Sony Reader, tablette de lecture de Sony.
2007 (avril): Les Echos, quotidien en version électronique nomade.
2007 (avril): Projet de la première usine de papier électronique de Plastic
Logic.
2007 (mai): Vizplex, nouvelle technologie d'encre électronique de la société E
Ink.
11. UNE INFORMATION MULTILINGUE
[11.1. Premiers pas // 11.2. Anglais versus autres langues // 11.3. Langues
minoritaires // 11.4. Traduction // 11.5. Chronologie]
En 1998 et 1999, la nécessité d’un web multilingue occupe tous les esprits. Au
début des années 2000, le web, devenu multilingue, permet une large diffusion
des textes électroniques sans contrainte de frontières, mais la barrière de la
langue est loin d’avoir disparu. La priorité semble être la création de
passerelles entre les communautés linguistiques pour favoriser la circulation
des écrits dans d’autres langues, en améliorant notamment les outils de
traduction.
11.1. Premiers pas
A tort ou à raison, on se plaint souvent de l’hégémonie de l’anglais sur
l’internet. Celle-ci était inévitable au début, puisque le réseau se développe
d’abord en Amérique du Nord avant de s'étendre au monde entier. En 1997, on note
déjà la présence de nombreuses langues, mais il reste aux différentes
communautés linguistiques à poursuivre le travail entrepris. En décembre 1997,
Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web, déclare à Pierre Ruetschi dans la
Tribune de Genève: «Pourquoi les Francophones ne mettent-ils pas davantage
d’informations sur le web? Est-ce qu’ils pensent que personne ne veut la lire,
que la culture française n’a rien à offrir? C’est de la folie, l’offre est
évidemment énorme.» C’est chose faite dans les années qui suivent.
Consultant en marketing internet de produits et services de traduction, Randy
Hobler écrit en septembre 1998: «Comme l’internet n’a pas de frontières
nationales, les internautes s’organisent selon d’autres critères propres au
médium. En termes de multilinguisme, vous avez des communautés virtuelles, par
exemple ce que j’appelle les "nations des langues", tous ces internautes qu’on
peut regrouper selon leur langue maternelle quel que soit leur lieu
géographique. Ainsi la nation de la langue espagnole inclut non seulement les
internautes d’Espagne et d’Amérique latine, mais aussi tous les Hispanophones
vivant aux Etats-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au Maroc.»
En été 2000, les usagers non anglophones dépassent la barre des 50%. Ce
pourcentage continue ensuite d'augmenter, comme le montrent les statistiques de
la société Global Reach, mises à jour à intervalles réguliers. Le nombre
d’usagers non anglophones est de 52,5% en été 2001, 57% en décembre 2001, 59,8%
en avril 2002, 64,4% en septembre 2003 (dont 34,9% d’Européens non anglophones
et 29,4% d’Asiatiques) et 64,2% en mars 2004 (dont 37,9% d’Européens non
anglophones et 33% d’Asiatiques).