commerciaux sont des classiques de la littérature française - Le Tour du monde
en 80 jours de Jules Verne, Colomba de Prosper Mérimée, Poil de carotte de Jules
Renard, etc. - ainsi que deux inédits : Sur le bout de la langue de Rouja
Lazarova et La Coupe est pleine de Pierre Marmiesse. 00h00 passe aussi des
accords avec des éditeurs «traditionnels» pour publier en version numérique
certains de leurs titres imprimés.
En mars 2000, Michel Valensi, directeur des éditions de l’Eclat, lance le
concept du lyber, un terme «construit à partir du mot latin liber qui signifie à
la fois: libre, livre, enfant, vin». Dans lePetit traité plié en dix sur le
lyber, paru dans Libres enfants du savoir (éditions de l’Eclat, avril 2000), il
définit le lyber comme un livre numérique disponible gratuitement sur l’internet
dans son intégralité, selon le principe du shareware (partagiciel). Avec
invitation d’acheter un exemplaire pour soi ou ses amis, possibilité de signaler
l’adresse du libraire le plus proche où trouver le livre, et possibilité de
laisser des commentaires sur le texte en ligne. «Le lyber est une tentative de
cohabitation dynamique de ces supports. Le principe est simple: diffusion
simultanée d’un même contenu sur les deux supports. Livre papier et
document-en-ligne.»
A la même date, en mars 2000, Stephen King décide de distribuer sa nouvelle
Riding The Bullet uniquement par voie électronique, avec vente dans des
librairies en ligne. Suite à cette expérience qui s’avère un succès à la fois
médiatique et financier, l’auteur décide de se passer des services de Simon &
Schuster, son éditeur habituel. En juillet 2000, il crée un site web spécifique
pour débuter la publication en épisodes d’un roman épistolaire, The Plant. Cette
deuxième expérience s’avère beaucoup moins concluante que la première, le nombre
de téléchargements et de paiements ne cessant de baisser au fil des chapitres.
En décembre 2000, après la parution gratuite du sixième chapitre, l’auteur
décide de mettre The Plant en hibernation pendant une période indéterminée. Le
suivi médiatique de cette expérience pendant les six mois qu’elle aura duré
contribue largement à faire connaître le livre numérique, aussi bien chez les
professionnels du livre que dans le grand public. D’autres auteurs de
best-sellers prennent ensuite le relais, comme Frederick Forsyth au Royaume-Uni
et Arturo Pérez-Reverte en Espagne, mais cette fois en partenariat avec leurs
éditeurs respectifs.
Durant l’été 2000, Simon & Schuster, l’éditeur habituel de Stephen King, profite
de la vague médiatique entourant l’auto-publication d’un de ses auteurs-phare
pour se lancer dans l’aventure en créant SimonSays.com. Il décide aussi de
publier en version numérique seulement, sans correspondant imprimé, certains
titres de Star Trek, la série de science-fiction la plus vendue au monde, qui
compte six titres vendus par minute et quarante nouveaux titres publiés par an,
en incluant les histoires et récits basés sur les séries télévisées et les
films. Le premier titre numérique, The Belly of the Beast de Dean Wesley Smith,
est disponible en août 2000 pour 5 dollars US.
D’autres éditeurs emboîtent le pas à Simon & Schuster et débutent la vente de
certains titres en version numérique, par exemple le géant Random House et,
quelques mois plus tard, St. Martin’s Press, puis HarperCollins par le biais de
son service électronique PerfectBound.
En octobre 2000, les Presses universitaires de France (PUF) annoncent la
parution de quatre titres simultanément en version numérique et en version
imprimée. Ces quatre titres ont trait à l’internet: La presse sur internet de
Charles de Laubier, La science et son information à l’heure d’internet de
Gilbert Varet, Internet et nos fondamentaux par un collectif d’auteurs, et enfin
HyperNietzsche publié sous la direction de Paolo d’Iorio. Chose peu courante
chez les éditeurs français, le texte intégral d’HyperNietzsche est en accès
libre sur le site des PUF pendant deux ans.
En novembre 2000, pour convertir les auteurs qu’il publie à ce nouveau format,
Random House annonce que ceux-ci recevront 50% des bénéfices nets réalisés sur
la vente de leurs livres numériques, au lieu des 15% habituels. Si ce fort
pourcentage était déjà proposé par certains éditeurs électroniques comme le
londonien Online Originals, c’est la première fois qu’une maison d’édition
traditionnelle de réputation internationale fait un tel effort financier.
En janvier 2001, Barnes & Noble, autre géant du livre, se lance dans l’aventure
en créant Barnes & Noble Digital. Barnes & Noble est non seulement une chaîne de
librairies traditionnelles doublée d’une librairie en ligne, en partenariat avec
Bertelsmann pour cette dernière, mais aussi un éditeur de livres classiques et
illustrés. Pour attirer les auteurs, l’éditeur leur propose de leur verser 35%
du prix des livres numériques vendus sur son site et les sites affiliés. Un
pourcentage moindre que celui offert par Random House, mais nettement supérieur
à celui versé par les autres éditeurs en ligne qui, après avoir proposé un
pourcentage de 15% à l’origine, proposent un pourcentage d’environ 25% début
2001. L’opération de Barnes & Noble Digital vise bien sûr à convaincre les
auteurs de best-sellers de l’intérêt d’une version numérique à côté de la
version imprimée.
= Une progression régulière
Comme on le voit, si la vente de livres numériques débute dès mai 1998 avec la
commercialisation de quelques titres par les éditions 00h00, elle ne commence
vraiment à se généraliser qu’à l’automne 2000. Les titres disponibles sont
vendus soit directement par les éditeurs, soit par le biais des libraires, avec
impression à la demande grâce aux nouvelles technologies d’impression numérique
développées notamment par les sociétés Xerox, Océ et IBM.
Téléchargeables gratuitement, les principaux logiciels de lecture sont les
logiciels d’Adobe (Acrobat Reader en juin 1993, Adobe eBook Reader en janvier
2001, Adobe Reader en mai 2003), le Mobipocket Reader (lancé en mars 2000), le
Microsoft Reader (lancé en avril 2000) et le Palm Reader (lancé en mars 2001). A
l’exception du format PDF (portable document format) apparu dès 1993, les
formats utilisés sont basés sur l’OeB (open ebook), devenu en 1999 le format
standard des livres numériques.
On voit apparaître les premières librairies numériques, à savoir des librairies
vendant exclusivement des livres numériques, le plus souvent par téléchargement,
et dans plusieurs formats.
Outre le fait qu’il faille une machine pour le lire - mais, après tout, c’est ce
qui le caractérise, en attendant le papier électronique de demain - l’obstacle
majeur à la diffusion du livre numérique est le faible nombre de titres
disponibles. «Le volume de titres disponibles en format de lecture à l’écran est
ridicule par rapport aux quelque 600.000 titres existant en français», indique
en février 2001 Denis Zwirn, président de la librairie numérique Numilog. Mais,
dès cette date, nombre d’éditeurs numérisent - ou font numériser - leurs fonds,
à la perspective d’un marché naissant qui devrait connaître une forte expansion
dans les prochaines années. Editeurs en ligne et libraires numériques négocient
patiemment les droits auprès des éditeurs traditionnels, et ce non sans mal
puisque, à tort ou à raison, la profession reste très inquiète des risques de
piratage.
Selon Zina Tucsnak, ingénieur d’études en informatique au Laboratoire ATILF
(Analyse et traitement informatique de la langue française), interviewée en
novembre 2000, «l’ebook offre une combinaison d’opportunités: la digitalisation
et l’internet. Les éditeurs apportent leurs titres à tous les lecteurs du monde.
C’est une nouvelle ère de la publication.» Mais, à l'époque, le livre numérique
est encore dans l’enfance. Comme l’explique en janvier 2001 Bakayoko Bourahima,
documentaliste à l’ENSEA (Ecole nationale supérieure de statistique et
d’économie appliquée) d’Abidjan, «il faut voir par la suite comment il se
développera et quelles en seront surtout les incidences sur la production, la
diffusion et la consommation du livre. A coup sûr cela va entraîner de profonds
bouleversements dans l’industrie du livre, dans les métiers liés au livre, dans
l’écriture, dans la lecture, etc.»
Une des incidences sur la diffusion du livre est la vente de celui-ci «en pièces
détachées», à savoir un chapitre seul, ou une partie de livre, ou un article à
l’unité, ou encore une carte ou un tableau statistique. Ce type de vente débute
en 2002, à titre expérimental, par exemple chez Numilog ou encore dans la
librairie en ligne de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement
économiques).
Le prix du livre numérique est inférieur d’environ 30% à celui du livre imprimé.
Sa commande et sa livraison sont quasi immédiates via l’internet. Quant à sa
«taille» et son «poids», ils sont nuls, bien qu’en pareil cas il faille bien sûr
prendre en compte la taille et le poids de la machine nécessaire pour le lire.
En 2003, un assistant personnel (PDA) de type Pocket PC ou Palm Pilot pesant
environ 200 grammes permet d’emporter avec soi une quinzaine de romans de 200
pages. Un ordinateur ultra-portable disposant d’un disque dur de 6 Go
(gigaoctets), pesant moins de 1,5 kilo et équipé des logiciels de bureautique
standard permet de stocker environ 5.000 livres.
Quelle est la taille d’un fichier de livre numérique, et son temps de
téléchargement? En 2003, quelques exemples sont donnés à titre indicatif dans la
FAQ de Numilog. Une nouvelle de 50 pages représente un fichier de 150
kilo-octets. Le temps nécessaire à son téléchargement est de 37 secondes avec un
modem 56 K (kilobits par seconde) et de 3 à 6 secondes avec une connexion à haut
débit (câble ou DSL – digital subscriber line). Un roman de 300 pages représente
un fichier de 1 mégaoctet. Son temps de téléchargement est de 4 minutes avec un
modem 56 K et de 20 à 40 secondes avec une connexion à haut débit. Un guide
pratique de 200 pages incluant des tableaux représente un fichier de 1,5
mégaoctet. Son temps de téléchargement est de 6 minutes avec un modem 56 K et de
30 à 60 secondes avec une connexion à haut débit. Un livre illustré avec des
photos représente un fichier de 10 mégaoctets. Son temps de téléchargement est
de 41 minutes avec un modem 56 K et de 3 à 6 minutes avec une connexion à haut
débit.
Chez les adeptes du livre numérique, l’enthousiasme des années 2000 et 2001 fait
place à plus de mesure dans les années qui suivent. On ne parle plus du tout
numérique pour le proche avenir, mais plutôt de la publication simultanée d’un
même titre en deux versions, imprimée et numérique. Pour mettre en place ce
nouveau mode de distribution, la tâche est rude. Il faut constituer les
collections, améliorer les logiciels de lecture, rendre le prix des appareils de
lecture abordable et, plus difficile encore, habituer le grand public à lire un
livre à l’écran.
Alors que, en octobre 2000, l’eBook est l’une des vedettes de la Foire
internationale du livre de Francfort, il se fait beaucoup plus modeste les
années suivantes. La même remarque vaut pour le Salon du livre de Paris qui,
après avoir proposé un Village eBook en mars 2000, puis le premier sommet
européen de l’édition numérique – dénommé eBook Europe 2001 – l’année suivante,
n’organise pas de grande manifestation spécifique en 2002 et 2003. Il faut
attendre le Salon de 2006 pour observer à nouveau un réel engouement, avec une
vaste «plateforme numérique» rassemblant des imprimeurs numériques, des sociétés
de numérisation d’ouvrages et des fabricants de livres numériques.
Cependant, malgré le pessimisme relatif ayant succédé aux déclarations
enthousiastes, le livre numérique poursuit patiemment son chemin. Si sa
progression est lente, elle est constante. En 2001, le grand éditeur Random
House vend deux fois plus de livres numériques qu’en 2000. Tous éditeurs
confondus, les ventes de 2001 se chiffrent par milliers pour le New World
College Dictionary de Webster, les ouvrages de fiction de Stephen King et de
Lisa Scottolini, les livres d’économie et les manuels pratiques. Palm Digital
Media, grande librairie numérique pour assistant personnel (PDA), vend 180.000
livres en 2001, une augmentation de 40% par rapport à l’année précédente. Début
2002, PerfectBound, le service électronique de l’éditeur HarperCollins, propose
10% du catalogue imprimé sous forme numérique. A la même date, Random House
décide de publier systématiquement une version imprimée et une version numérique
pour ses nouveaux titres.
Conséquence d’un marché en pleine expansion, après avoir été conçus pour une
machine spécifique - soit un ordinateur soit un assistant personnel - les
principaux logiciels de lecture deviennent polyvalents. Si l’Acrobat Reader est
d'abord uniquement disponible sur ordinateur les premières années, Adobe lance
un Acrobat Reader pour assistant personnel en 2001, d'abord pour le Palm Pilot
(mai 2001), puis pour Pocket PC (décembre 2001). Si, à l’origine, le Mobipocket
Reader est destiné à la lecture sur assistant personnel, Mobipocket lance une
version pour ordinateur en avril 2002. La même remarque vaut pour le Palm
Reader. D'abord destiné au Palm Pilot et au Pocket PC, il s'étend à l'ordinateur
en juillet 2002.
Chose peu courante chez les concepteurs de logiciels, Mobipocket propose
d’emblée un logiciel de lecture «universel», utilisable sur tout assistant
personnel puis sur ordinateur, et manifeste très tôt un réel souci d’ouverture
aux autres formats. Le Mobipocket Publisher permet de créer des livres
numériques non seulement au format PRC (lisible sur le Mobipocket Reader) mais
aussi au format LIT (lisible sur le Microsoft Reader).
Après avoir fait cavalier seul en promouvant leur propre logiciel de lecture,
les constructeurs y mettent aussi du leur. L’assistant personnel Palm Pilot
permet de lire des livres numériques aussi bien sur le Palm Reader que sur le
Mobipocket Reader. Son principal concurrent, le Pocket PC de Microsoft, permet
de lire des livres sur le Microsoft Reader, le Mobipocket Reader et le Palm
Reader.
Vétéran des logiciels de lecture avec dix ans d’existence en 2003, l’Acrobat
Reader (devenu l’Adobe Reader en mai 2003) s’adapte régulièrement aux besoins du
marché. Pour ne prendre qu’un exemple, les utilisateurs d’autres logiciels
disent apprécier le reflowing, une technique leur permettant de reformater
automatiquement un livre et sa pagination en fonction de la taille de l’écran.
Le reflowing est autorisé par les formats basés sur l’OeB (open ebook). Alors
que ceci était impossible avec les versions précédentes de l’Acrobat Reader, le
format PDF n’étant pas basé sur l’OeB, les versions 5 et suivantes d’Adobe
Acrobat permettent de créer des documents PDF autorisant le reflowing, même si
la numérotation des pages du document initial reste figée. Quatre ans après, en
2007, il est possible de créer des PDF compatibles avec l'OeB.
Le nombre de titres s’accroît rapidement au fil des ans. En septembre 2003, le
catalogue de Numilog comprend 3 500 titres (livres et numéros de revues) en
français et en anglais, grâce à un partenariat avec une quarantaine d’éditeurs.
En décembre 2006, ce catalogue comprend 35.000 titres grâce à un partenariat
avec 200 éditeurs, dont 60 éditeurs francophones. La progression est tout aussi
rapide pour Mobipocket. En 2003, le catalogue comprend 6.000 titres en plusieurs
langues. En avril 2007, le catalogue comprend 39.000 titres en vente et 10.000
titres gratuits, et il est désormais diffusé par Amazon, qui a racheté la
société en avril 2005.
9.3. Chronologie
* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.
1993 (juin): Acrobat Reader, premier logiciel de lecture, lancé par Adobe.
1996 (mars): Palm Pilot, premier assistant personnel du marché.
1996 (mai): Fondation du DAISY Consortium pour définir un standard de livre
audionumérique.
1998 (mai): Premiers livres commerciaux lancés par les éditions 00h00.
1999 (septembre): Open eBook (OeB), standard de livre numérique.
2000 (janvier): Fondation de l’Open eBook Forum (OeBF).
2000 (janvier): Partenariat entre Microsoft et Barnes & Noble.com pour la vente
de livres numériques.
2000 (mars): Mobipocket Reader, logiciel de lecture de Mobipocket.
2000 (mars): Concept du lyber par Michel Valensi.
2000 (mars): Riding the Bullet, nouvelle de Stephen King, distribuée sur
l’internet.
2000 (avril): Pocket PC, assistant personnel de Microsoft.
2000 (avril): Microsoft Reader, logiciel de lecture utilisable sur Pocket PC.
2000 (juillet): Autopublication sur le web de The Plant, roman de Stephen King.
2000 (août): Partenariat entre Microsoft et Amazon pour la vente de livres
numériques.
2000 (août): Microsoft Reader disponible pour toute plateforme Windows.
2000 (août): eBooks Store de Barnes & Noble.com.
2000 (été): SimonSays.com, branche numérique de Simon & Schuster.
2000 (octobre): Premiers titres numériques des PUF (Presses universitaires de
France).
2000 (novembre): Conditions attractives pour la publication en numérique des
auteurs de Random House.
2000 (décembre): eBooks Store d’Amazon.
2000 (décembre): Arrêt de l’autopublication sur le web de The Plant, roman de
Stephen King.
2001: Premiers systèmes de DRM pour la gestion des droits numériques.
2001 (janvier): Adobe eBook Reader, logiciel de lecture pour livres sous droits.
2001 (janvier): Adobe Content Server, logiciel de gestion des droits numériques.
2001 (janvier): Barnes & Noble Digital, branche numérique de Barnes & Noble.
2001 (mars): Rachat de Peanutpress et de son logiciel de lecture par Palm.
2001 (mars): Palm Reader, logiciel de lecture de Palm.
2001 (avril): Partenariat entre Adobe et Amazon pour la vente de livres
numériques.
2001 (mai): Acrobat Reader disponible pour Palm Pilot.
2001 (décembre): Acrobat Reader disponible pour Pocket PC.
2002 (avril): Mobipocket Reader disponible pour ordinateur personnel.
2002 (juillet): Palm Reader disponible pour ordinateur personnel.
2002 (novembre): Microsoft Reader disponible pour tablette PC.
2003 (mai): L’Adobe Reader remplace l’Acrobat Reader et l’Adobe eBook Reader.
2004 (novembre): L’Adobe LiveCycle Policy Server remplace l’Adobe Content
Server.
2005 (avril): L’IDPF (International Digital Publishing Forum) succède à l’OeBF
(Open eBook Forum).
2005 (avril): Rachat de Mobipocket par Amazon.
10. LES SUPPORTS DE LECTURE
[10.1. Tablettes de lecture / Premiers modèles / Gemstar eBook / Cybook (Cytale
- Bookeen) / Autres tablettes récentes // 10.2. Assistants personnels (PDA) /
Psion / eBookMan (Franklin) / Palm Pilot et Pocket PC // 10.3. Nouveaux
appareils / Souhaits en l'an 2000 / @folio, baladeur de textes / Smartphones et
successeurs // 10.4. Le papier électronique / Souhaits en l’an 2000 / E Ink /
Autres initiatives // 10.5. Chronologie]
Les livres numériques sont d’abord lisibles sur l’écran de l'ordinateur. En
1999, pour plus de mobilité, on voit apparaître des appareils dédiés, sous forme
de tablettes électroniques. A partir de l'an 2000, les assistants personnels
(PDA) intègrent peu à peu des logiciels de lecture. Suit la lecture sur webpad
et tablette PC, puis sur téléphone portable et smartphone. Annoncé pour la fin
des années 2000, le papier électronique devrait permettre de concilier les
avantages du numérique et le confort d’un matériau souple proche du papier.
10.1. Tablettes de lecture
Une tablette électronique de lecture se présente comme une machine portable de
la taille d’un gros livre, avec un écran à cristaux liquides (appelé aussi écran
LCD: liquid crystal display) rétro-éclairé ou non, noir et blanc ou en couleur.
Elle fonctionne sur batterie et, selon les modèles, dispose d’un modem intégré,
d’un port USB et de connexions Bluetooth et WiFi, pour connexion à l’internet
et téléchargement des livres à partir de sites d’éditeurs ou de librairies
numériques.
= Premiers modèles
Apparues en 1999, les premières tablettes de lecture sont conçues et développées
dans la Silicon Valley, en Californie. Le modèle le plus connu, le Rocket eBook,
est créé par la société NuvoMedia, en partenariat avec la chaîne de librairies
Barnes & Noble et le géant des médias Bertelsmann. Un deuxième modèle, le
Softbook Reader, est développé par la société Softbook Press, en partenariat
avec les deux grandes maisons d’édition Random House et Simon & Schuster.
Plusieurs autres modèles ont une durée de vie assez courte, par exemple
l’Everybook, appareil à double écran créé par la société du même nom, ou encore
le Millennium eBook, créé par Librius.com. A cette époque, qui n’est pas si
lointaine, toutes ces tablettes électroniques pèsent entre 700 grammes et 2
kilos et peuvent stocker une dizaine de livres.
= Gemstar eBook
Lancés en octobre 2000 à New York, les deux premiers modèles de Gemstar eBook
sont les successeurs du Rocket eBook (conçu par la société NuvoMedia) et du
Softbook Reader (conçu par la société Softbook Press), suite au rachat de
NuvoMedia et de Softbook Press par Gemstar-TV Guide International en janvier
2000. Commercialisés en novembre 2000 aux Etats-Unis, ces deux modèles - le REB
1100 (écran noir et blanc, successeur du Rocket eBook) et le REB 1200 (écran
couleur, successeur du Softbook Reader) - sont construits et vendus sous le
label RCA, appartenant à Thomson Multimedia. Le système d’exploitation, le
navigateur et le logiciel de lecture sont spécifiques au produit, tout comme le
format de lecture, basé sur le format OeB (open ebook).
Le REB 1100 (18 x 13,5 centimètres) a une taille comparable à celle d’un (très)
gros livre broché. Son poids est de 510 grammes. Son autonomie est de 15 heures.
Il dispose d’un modem 36,6 K (kilobits par seconde). Sa mémoire compact flash de
8 mégaoctets permet de stocker 20 romans, soit 8.000 pages de texte. La mémoire
peut être étendue à 72 mégaoctets pour permettre un stockage de 150 livres, soit
60.000 pages de texte. L’écran tactile noir et blanc rétro-éclairé a une
résolution de 320 x 480 pixels. Le REB 1100 est vendu par la chaîne de magasins
SkyMall au prix de 300 dollars US.
Un peu plus volumineux, le REB 1200 (23 x 19 centimètres) a la taille d’un grand
livre cartonné. Son poids est de 750 grammes. Son autonomie est de 6 à 12
heures. Il dispose d’un modem 56 K et d’une connexion Ethernet. Sa mémoire
compact flash de 8 mégaoctets permet de stocker 5.000 pages. La mémoire peut
être étendue à 128 mégaoctets pour permettre un stockage de 80.000 pages.
L’écran tactile couleur rétro-éclairé a une résolution de 480 x 640 pixels. Le
REB 1200 est vendu par SkyMall au prix de 699 dollars.
La commercialisation du modèle européen, le GEB 2200, débute en octobre 2001 en
commençant par l’Allemagne. Le GEB 2200 a les mêmes caractéristiques que le REB
1200. Son poids est un peu supérieur (970 grammes) parce qu’il inclut une
couverture en cuir protégeant l’écran. Son prix est de 649 euros. Ce prix inclut
deux abonnements - un abonnement de six semaines à la version électronique de
Der Spiegel et un abonnement de quatre semaines à la version électronique du
Financial Times Deutschland - ainsi que deux best-sellers et quinze oeuvres
classiques.