gratuit, est l’Acrobat eBook Reader. Il permet de lire les fichiers PDF de
livres numériques sous droits, avec gestion des droits par l’Adobe Content
Server. Il permet aussi d’ajouter des notes et des signets, de choisir
l’orientation de lecture des livres (paysage ou portrait), ou encore de
visualiser leur couverture dans une bibliothèque personnelle. Il utilise la
technique d’affichage CoolType et comporte un dictionnaire intégré. Le deuxième
logiciel, payant, est l’Adobe Content Server, destiné aux éditeurs et
distributeurs. Il s’agit d’un logiciel serveur de contenu assurant le
conditionnement, la protection, la distribution et la vente sécurisée de livres
numériques au format PDF. Ce système de gestion des droits numériques (DRM)
permet de contrôler l’accès aux livres numériques sous droits, et donc de gérer
les droits d’un livre selon les consignes données par le gestionnaire des
droits, par exemple en autorisant ou non l’impression ou le prêt. En avril 2001,
Adobe conclut un partenariat avec la grande librairie en ligne Amazon, qui met
en vente 2.000 livres numériques lisibles sur l’Acrobat eBook Reader : titres de
grands éditeurs, guides de voyages, livres pour enfants, etc.
En dix ans, entre 1993 et 2003, l’Acrobat Reader aurait été téléchargé 500
millions de fois. Ce logiciel gratuit est désormais disponible dans de
nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes (Windows, Mac, Linux, Unix,
Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). En mai 2003, l’Acrobat Reader (5e
version) fusionne avec l’Acrobat eBook Reader (2e version) pour devenir l’Adobe
Reader (débutant à la version 6), qui permet de lire aussi bien les fichiers PDF
standard que les fichiers PDF sécurisés.
Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, dénommée Digital Media Store, avec
les titres au format PDF de grands éditeurs (HarperCollins Publishers, Random
House, Simon & Schuster, etc.) et des versions électroniques de journaux et
magazines (The New York Times, Popular Science, etc.). Adobe lance aussi Adobe
eBooks Central, un service permettant de lire, publier, vendre et prêter des
livres numériques, et l’Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de
bibliothèque de livres numériques. Très complet, le site Planet PDF permet de
suivre l’actualité du PDF. En novembre 2004, l’Adobe Content Server est remplacé
par l’Adobe LiveCycle Policy Server. Les versions récentes d’Adobe Acrobat
permettent de créer des PDF compatibles avec le standard Open eBook (OeB).
= OeB (Open eBook)
Les années 1998 et 1999 sont marquées par la prolifération des formats, dans le
cadre d’un marché naissant promis à une expansion rapide. Aux formats classiques
- format texte, Word, HTML (hypertext markup language), XML (extensible markup
language) et PDF (portable document format) - s’ajoutent des formats
propriétaires créés par plusieurs sociétés pour une lecture sur leurs propres
logiciels: Glassbook Reader, Rocket eBook Reader, Peanut Reader, Franklin
Reader, logiciel de lecture Cytale, Gemstar eBook Reader, Palm Reader, etc., ces
logiciels correspondant le plus souvent à un appareil donné: Rocket eBook,
eBookMan (Franklin), Cybook (Cytale), Gemstar eBook, Palm Pilot, etc.
Inquiets pour l’avenir du livre numérique qui, à peine né, propose presque
autant de formats que de titres, certains insistent sur l’intérêt, sinon la
nécessité, d’un format unique. A l’instigation du NIST (National Institute of
Standards and Technology, Etats-Unis) naît en juin 1998 l’Open eBook Initiative,
qui constitue un groupe de travail de 25 personnes (Open eBook Authoring Group).
Ce groupe élabore l’OeB (open ebook), un format basé sur le langage XML pour
normaliser le contenu, la structure et la présentation des livres numériques. Le
format OeB est défini par l’OeBPS (open ebook publication structure), dont la
version 1.0 est disponible en septembre 1999. L’OeB est un format ouvert et
gratuit appartenant au domaine public. Le format original est toutefois utilisé
uniquement par les professionnels de la publication, puisqu’il doit être associé
à un système de gestion des droits numériques (DRM).
Fondé en janvier 2000 à la suite de l’Open eBook Initiative, l’Open eBook Forum
(OeBF) est un consortium industriel international regroupant constructeurs,
concepteurs de logiciels, éditeurs, libraires et spécialistes du numérique (85
participants en 2002) pour développer le format OeB et définir les versions
successives de l’OeBPS. En avril 2005, l’OeBF change de nom pour devenir l’IDPF
(International Digital Publishing Forum). La version en cours de l’OeBPS date de
décembre 2006.
= LIT / Microsoft Reader
Lancé en avril 2000, le Microsoft Reader est un logiciel permettant la lecture
de livres numériques au format LIT (abrégé du terme anglais «literature»),
lui-même basé sur le format OeB. Dans un premier temps, le Microsoft Reader
équipe uniquement le Pocket PC, l’assistant personnel lancé à la même date par
Microsoft. Quatre mois plus tard, en août 2000, il est utilisable sur toute
plateforme Windows, et donc aussi bien sur ordinateur que sur assistant
personnel. Ses caractéristiques sont un affichage utilisant la technologie
Cleartype, le choix de la taille des caractères, la mémorisation des mots-clés
pour des recherches ultérieures, et l’accès d’un clic au Merriam-Webster
Dictionary.
Ce logiciel étant téléchargeable gratuitement, Microsoft facture les éditeurs et
distributeurs pour l’utilisation de sa technologie de gestion des droits
numériques (DRM), et touche une commission sur la vente de chaque titre. La
gestion des droits numériques s’effectue au moyen du Microsoft DAS Server (DAS:
digital asset server). Microsoft passe aussi des partenariats avec les grandes
librairies en ligne - Barnes & Noble.com en janvier 2000 puis Amazon.com en août
2000 – pour la vente de livres numériques lisibles sur le Microsoft Reader.
Barnes & Noble.com ouvre son secteur numérique en août 2000, suivi par
Amazon.com en novembre 2000. En novembre 2002, le Microsoft Reader est
disponible pour tablette PC, dès la commercialisation de cette nouvelle machine
par 14 fabricants.
= PRC / Mobipocket Reader
Face à Adobe et Microsoft, un nouvel acteur s’impose rapidement sur le marché,
sur un créneau bien spécifique, la lecture sur assistant personnel (PDA). Créée
à Paris en mars 2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting, la société Mobipocket
est financée en partie par Viventures, branche de la multinationale Vivendi.
Mobipocket conçoit le logiciel de lecture Mobipocket Reader, qui permet la
lecture de fichiers au format PRC (Palm resource). Gratuit et disponible en
plusieurs langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien), il est
«universel», c’est-à-dire utilisable sur tout assistant personnel. En octobre
2001, le Mobipocket Reader reçoit l’eBook Technology Award de la Foire
internationale du livre de Francfort. A la même date, Franklin passe un
partenariat avec Mobipocket pour l’installation du Mobipocket Reader sur
l’eBookMan, l’assistant personnel multimédia de Franklin, au lieu du partenariat
prévu à l’origine entre Franklin et Microsoft pour l’installation du Microsoft
Reader.
Si le Mobipocket Reader est gratuit, d’autres logiciels Mobipocket sont payants.
Le Mobipocket Web Companion est un logiciel d’extraction automatique de contenu
auprès des sites de presse partenaires. Le Mobipocket Publisher permet aux
particuliers (qui ont le choix entre une version privée gratuite et une version
standard payante) et aux éditeurs (version professionnelle payante) de créer des
livres numériques sécurisés utilisant la technologie Mobipocket DRM, afin de
contrôler l’accès aux livres numériques sous droits. Dans un souci d’ouverture
aux autres formats, le Mobipocket Publisher permet de créer des livres
numériques non seulement au format PRC, lu par le Mobipocket Reader, mais aussi
au format LIT, lu par le Microsoft Reader.
En avril 2002, la société lance une version du Mobipocket Reader pour ordinateur
personnel. Au printemps 2003, le Mobipocket Reader équipe tous les assistants
personnels du marché, à savoir les gammes Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan et
Psion, et les smartphones de Nokia et Sony Ericsson. A la même date, le nombre
de livres lisibles sur le Mobipocket Reader se chiffre à 6.000 titres dans
plusieurs langues (français, anglais, allemand, espagnol), distribués soit sur
le site de Mobipocket soit dans les librairies partenaires.
= PDB / Palm Reader
En mars 1996, la société Palm lance le Palm Pilot, un assistant personnel (PDA)
dont le succès est immédiat. Son système d’exploitation est le Palm OS,
développé par PalmSource, une division de Palm. Sept ans après, malgré la
concurrence de la gamme Pocket PC de Microsoft - lancée en avril 2000 - et des
modèles de Hewlett-Packard, Sony, Handspring, Toshiba et Casio, le Palm Pilot
reste l’assistant personnel le plus utilisé au monde, avec 23 millions de
machines vendues entre 1996 et 2002. Quant au Palm OS, il équipe 55% des
assistants personnels vendus en 2002, l'autre grande plateforme étant le système
d’exploitation Pocket PC de Microsoft, avec un pourcentage de 25,7%.
En mars 2001, Palm aborde le marché du livre numérique en faisant l’acquisition
de Peanutpress.com, éditeur et distributeur de livres numériques pour assistant
personnel, qui appartenait jusque-là à la société netLibrary. Le Peanut Reader
devient le Palm Reader, et le format correspondant devient le format PDB (Palm
database). D’abord utilisable uniquement sur les gammes Palm et Pocket PC, le
Palm Reader est utilisable sur ordinateur en juillet 2002. Le Palm Pilot est
équipé des logiciels de lecture Palm Reader et Mobipocket Reader.
Lors du rachat de Peanutpress.com par Palm en mars 2001, les 2.000 titres
numériques de Peanutpress.com - des best-sellers et des titres de grands
éditeurs - sont transférés dans la librairie numérique Palm Digital Media. A la
même date, le roman Dreamcatcher de Stephen King, dont on connaît l’intérêt pour
le numérique, sort simultanément en version imprimée chez Simon & Schuster et en
version numérique chez Palm Digital Media. Sont disponibles aussi chez Palm les
versions numériques des best-sellers de Michael Connelly, Michael Crichton, Anne
Rice et Scott Turow, ainsi que le Wall Street Journal et plusieurs magazines. En
mars 2002, Everything’s Eventual, le nouveau recueil de nouvelles de Stephen
King, est lancé simultanément par Scribner, une subdivision de Simon & Schuster,
et par Palm Digital Media, qui en propose un extrait en téléchargement libre. En
juillet 2002, les collections de Palm Digital Media se chiffrent à 5.500 titres
dans plusieurs langues. En 2003, le catalogue approche les 10.000 titres. Palm
Digital Media devient ensuite le Palm eBook Store.
= BRF (braille format)
Alphabet tactile inventé en 1829 par le français Louis Braille, le braille est
le seul système d’écriture accessible aux aveugles. Il s’agit d’un système de
six points composé de deux colonnes de trois points. La combinaison de ces six
points permet de former toutes les lettres de l’alphabet, les signes de
ponctuation et les symboles. Le braille est d’abord embossé sur papier au moyen
d’une tablette et d’un poinçon. A partir de la fin des années 1970, il est
produit à l’aide d’un afficheur braille piézo-électrique. A cet afficheur
succède la machine Perkins avec son clavier de six touches. Puis apparaît le
matériel informatique, par exemple le bloc-notes braille, qui sert à la fois de
machine à écrire le braille et, quand il est connecté à un ordinateur, d’écran
tactile permettant de lire l’écran de l’ordinateur. Le braille informatique peut
s’afficher sur huit points, ce qui permet d’augmenter par quatre le nombre de
combinaisons possibles.
Le document numérique permettant de dissocier contenu et présentation, on peut
désormais influer sur cette dernière en changeant la taille et la police des
caractères, en inversant les contrastes, en supprimant la couleur ou en la
modifiant, afin de faciliter la lecture des personnes malvoyantes. Les personnes
aveugles peuvent convertir le contenu au format BRF ou alors au format DAISY
pour lecture sur synthèse vocale.
= DAISY / livre audio
Quelle est l’origine du format DAISY, acronyme de «digital audio information
system» puis de «digital accessible information system»?
Depuis trente ans sinon plus, les personnes ayant un problème visuel peuvent
écouter des livres sur bandes magnétiques ou sur cassettes, enregistrés au fil
des ans par des centaines de bénévoles. Elles peuvent aussi se procurer en
librairie des livres audio sur cassettes et - plus récemment - sur CD-Rom.
Certains éditeurs proposent en effet une petite série de titres parfois
enregistrés par les auteurs eux-mêmes.
Fait récent, les technologies numériques permettent désormais de convertir
automatiquement un document numérique en «voix» pour lecture sur synthèse
vocale.
Si les techniques de synthèse vocale s’améliorent, de l’avis de certains, rien
ne remplace une vraie voix, c’est-à-dire une voix humaine, moins parfaite
peut-être, mais vivante, avec des nuances, des intonations, des inflexions, etc.
Or de nombreux organismes disposent d’enregistrements réalisés en analogique (à
savoir sur bandes magnétiques et sur cassettes) par des bénévoles. La
numérisation de tous ces enregistrements permettrait de les utiliser non
seulement dans la communauté desservie mais partout ailleurs. D’une part chaque
organisme pourrait accroître ses collections de manière exponentielle, d’autre
part de nouvelles bibliothèques audio pourraient être créées à moindre coût,
notamment dans les pays en développement.
Plusieurs organismes spécialisés décident d’unir leurs forces pour oeuvrer en
commun. Ils fondent en mai 1996 le DAISY Consortium, un consortium international
chargé d’assurer la transition entre le livre audio analogique et le livre
audionumérique. Sa tâche est immense: définir une norme internationale,
déterminer les conditions de production, d’échange et d’utilisation du livre
audionumérique, organiser la numérisation du matériel audio à l’échelle
mondiale. Les activités du consortium sont peu à peu mises en place: définition
des normes de spécification de fichiers à partir de celles du World Wide Web
Consortium (W3C), conception de logiciels de conversion des bandes son
analogiques en bandes son numériques, gestion d’ensemble de la production,
échange de livres audionumériques entre bibliothèques, définition d’une loi
internationale du droit d’auteur pour les personnes atteintes de déficience
visuelle, protection des documents soumis au droit d’auteur, et enfin promotion
de la norme DAISY à l’échelle mondiale.
La norme DAISY se base sur le format DTB (digital talking book), qui permet
l’indexation du livre audio et l’ajout de signets pour une navigation facile au
niveau du paragraphe, de la page ou du chapitre. Près de 41.000 livres audio
répondent à cette norme en mars 2003, 104.100 livres audio en mars 2004 et
129.650 livres audio en août 2005. D’autres formats possibles sont les standards
de compression audio utilisés pour la musique, comme le MP3 ou le WMA (Windows
media audio). En 2007, les collections enregistrées de livres du domaine public
sont nombreuses, et le plus souvent en accès libre, par exemple AudioLivres (en
français), LiteralSystems (en anglais), AudioBooksForFree (en anglais) et
LibriVox (multilingue).
9.2. Une tâche titanesque
= Une voie tracée par la presse
Le développement de la presse en ligne (dans les années 1990) est intéressant
parce qu’il préfigure celui du livre en ligne (dans les années 2000). Raison
pour laquelle on l’expose brièvement ici.
Au début des années 1990, les premières éditions électroniques de journaux sont
disponibles par le biais de services commerciaux tels que America Online ou
CompuServe. Suite à l'apparition du premier navigateur fin 1993 et à la
croissance rapide du web qui s'ensuit, les organes de presse créent leurs
propres sites. Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur
un site dénommé Times Online, avec possibilité de créer une édition
personnalisée. Aux Etats-Unis, la version en ligne du Wall Street Journal est
payante, avec 100.000 abonnés en 1998. Celle du New York Times est disponible
sur abonnement gratuit. Le Washington Post propose l’actualité quotidienne en
ligne et de nombreux articles archivés, le tout avec images, sons et vidéos.
Pathfinder (rebaptisé ensuite Time) est le site web du groupe Time-Warner,
éditeur de Time Magazine, Sports Illustrated, Fortune, People, Southern Living,
Money, Sunset, etc. On peut y lire les articles maison et les rechercher par
date ou par sujet. Lancé en 1992 en Californie, Wired, premier magazine imprimé
entièrement consacré à la culture cyber, est bien évidemment présent sur le web.
Mis en ligne en février 1995, le site web du mensuel Le Monde diplomatique est
le premier site d’un périodique imprimé français. Monté dans le cadre d’un
projet expérimental avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA), ce site est
inauguré lors du forum des images Imagina. Il donne accès à l’ensemble des
articles depuis janvier 1994, par date, par sujet et par pays. L’intégralité du
mensuel en cours est consultable gratuitement pendant deux semaines suivant sa
parution. Un forum de discussion permet au journal de discuter avec ses
lecteurs. En juin 1998, Philippe Rivière, responsable du site, précise que,
trois ans après sa mise en ligne, celui-ci a «bien grandi, autour des mêmes
services de base: archives et annonce de sommaire». Grâce à l’internet, «le
travail journalistique s’enrichit de sources faciles d’accès, aisément
disponibles. Le travail éditorial est facilité par l’échange de courriers
électroniques; par contre, une charge de travail supplémentaire due aux messages
reçus commence à peser fortement.»
Fin 1995, le quotidien Libération met en ligne son site web, peu après le
lancement du Cahier Multimédia, un cahier imprimé hebdomadaire inclus dans
l’édition du jeudi. Le site propose la Une du quotidien, la rubrique Multimédia,
qui propose les articles du Cahier Multimédia et les archives des cahiers
précédents, le Cahier Livres complété par Chapitre Un (les premiers chapitres
des nouveautés), et bien d’autres rubriques. La rubrique Multimédia est ensuite
rebaptisée Numériques.
Le site du quotidien Le Monde est lancé en 1996. On y trouve des dossiers en
ligne, la Une en version graphique à partir de 13 h, l’intégralité du journal
avant 17 h, l’actualité en liaison avec l’AFP (Agence France-Presse), et des
rubriques sur la bourse, les livres, le multimédia et les sports. En 1998, le
journal complet en ligne coûte 5 FF (0,76 euros) alors que l’édition papier
coûte 7,50 FF (1,15 euros). S’ils concernent le multimédia, les articles du
supplément imprimé hebdomadaire Télévision-Radio-Multimédia sont disponibles
gratuitement en ligne dans la rubrique Multimédia, rebaptisée ensuite Nouvelles
technologies.
L’Humanité est le premier quotidien français à proposer la version intégrale du
journal en accès libre. Classés par rubriques, les articles sont disponibles
entre 10 h et 11 h du matin, à l’exception de L’Humanité du samedi, disponible
en ligne le lundi suivant. Tous les articles sont archivés sur le site. En
juillet 1998, Jacques Coubard, responsable du site web, explique: «Le site de
L’Humanité a été lancé en septembre 1996 à l’occasion de la Fête annuelle du
journal. Nous y avons ajouté depuis un forum, un site consacré à la récente
Coupe du monde de football (avec d’autres partenaires), et des données sur la
Fête et sur le meeting d’athlétisme, parrainé par L’Humanité. Nous espérons
pouvoir développer ce site à l’occasion du lancement d’une nouvelle formule du
quotidien qui devrait intervenir à la fin de l’année ou au début de l’an
prochain. Nous espérons également mettre sur le web L’Humanité Hebdo, dans les
mêmes délais. Jusqu’à présent on ne peut pas dire que l’arrivée d’internet ait
bouleversé la vie des journalistes, faute de moyens et de formation (ce qui va
ensemble). Les rubriques sont peu à peu équipées avec des postes dédiés, mais
une minorité de journalistes exploitent ce gisement de données. Certains s’en
servent pour transmettre leurs articles, leurs reportages. Il y a sans doute
encore une "peur" culturelle à plonger dans l’univers du net. Normal, en face de
l’inconnu. L’avenir devrait donc permettre par une formation (peu compliquée) de
combler ce handicap. On peut rêver à un enrichissement par une sorte d’édition
électronique, mais nous sommes sévèrement bridés par le manque de moyens
financiers.»
La presse régionale est présente sur le web, par exemple Dernières nouvelles
d’Alsace et Ouest-France. Lancé en septembre 1995, le site des Dernières
nouvelles d’Alsace propose l’intégrale de l’édition du jour, tout comme des
informations pratiques: cours de la bourse, calcul des impôts, etc. Il offre
aussi une édition abrégée en allemand. Michel Landaret, responsable du site,
précise en juin 1998 que celui-ci «compte actuellement 5.500 lecteurs par jour».
Le quotidien Ouest-France est mis en ligne en juillet 1996. D’abord appelé
France-Ouest, le site est ensuite renommé Ouest-France, du nom du journal. En
juin 1998, Bernard Boudic, son responsable éditorial, relate: «A l’origine,
l’objectif était de présenter et relater les grands événements de l’Ouest en
invitant les internautes à une promenade dans un grand nombre de pages
consacrées à nos régions (tourisme, industrie, recherche, culture). Très vite,
nous nous sommes aperçus que cela ne suffisait pas. Nous nous sommes tournés
vers la mise en ligne de dossiers d’actualité, puis d’actualités tout court.
Aujourd’hui nous avons quatre niveaux d’infos : quotidien, hebdo (tendant de
plus en plus vers un rythme plus rapide), événements et dossiers. Et nous
offrons des services (petites annonces, guide des spectacles, presse-école,
boutique, etc.). Nous travaillons sur un projet de journal électronique total:
mise en ligne automatique chaque nuit de nos quarante éditions (450 pages
différentes, 1.500 photos) dans un format respectant typographie et hiérarchie
de l’information et autorisant la constitution par chacun de son journal
personnalisé (critères géographiques croisés avec des critères thématiques).»
Quelles sont les retombées de l’internet pour les journalistes? «Elles sont
encore minces. Nous commençons seulement à offrir un accès internet à chacun
(rédaction d’Ouest-France: 370 journalistes répartis dans soixante rédactions,
sur douze départements... pas simple). Certains utilisent internet pour la
messagerie électronique (courrier interne ou externe, réception de textes de
correspondants à l’étranger, envoi de fichiers divers) et comme source
d’informations. Mais cette pratique demande encore à s’étendre et à se
généraliser. Bien sûr, nous réfléchissons aussi à tout ce qui touche à
l’écriture multimédia et à sa rétro-action sur l’écriture imprimée, aux
changements d’habitudes de nos lecteurs, etc. (...) Internet est à la fois une
menace et une chance. Menace sur l’imprimé, très certainement (captation de la
pub et des petites annonces, changement de réflexes des lecteurs, perte du goût
de l’imprimé, concurrence d’un média gratuit, que chacun peut utiliser pour
diffuser sa propre info, etc.). Mais c’est aussi l’occasion de relever tous ces
défis, de rajeunir la presse imprimée.»
Tous sujets que l'on retrouve quelques années plus tard pour les débuts du livre
numérique: rapport accru de l'auteur avec ses lecteurs, mise en place de forums
de discussion, nécessité d'une formation technique, utilisation de sources très
diverses émanant de l'encyclopédie que devient le web, version payante versus
version gratuite, version numérique versus version imprimée, etc.
= Divers canaux de diffusion
Contrairement au livre imprimé, vendu dans les librairies, le livre numérique
est d’abord vendu par les éditeurs avant d’être vendu par les libraires, pour la
raison bien simple qu’il faut laisser le temps à ces derniers de créer une
structure qui n’existe pas. Par la suite, l’éditeur peut soit vendre directement
sur son propre site ses titres numériques, soit passer un partenariat avec une
librairie numérique, soit adopter simultanément les deux formules.