Les recettes de Rubriques à Bac sont consacrées à la réalisation de projets

éducatifs en Afrique. Par la suite, Gérard Fourestier aimerait développer des

bases de données dans d’autres domaines, par exemple l’analyse sociétale,

l’analyse sémantique ou l’écologie.

= Payant versus gratuit

Bases de données payantes à destination des organismes et des particuliers qui

en ont les moyens, ou bases de données gratuites à la disposition de tous? Au

début des années 2000, les outils dont on dispose pour créer et gérer des bases

textuelles à moindres frais permettent de pencher vers la deuxième solution,

tout au moins lorsqu’il existe une véritable volonté dans ce sens.

Emilie Devriendt, élève professeur à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris,

écrit en juin 2001: «L’avenir me semble prometteur en matière de publications de

ressources en ligne, même si, en France tout au moins, bon nombre de

résistances, inhérentes aux systèmes universitaire et éditorial, ne risquent pas

de céder du jour au lendemain (dans dix, vingt ans, peut-être ?). Ce qui me

donne confiance, malgré tout, c’est la conviction de la nécessité pratique

d’internet. J’ai du mal à croire qu’à terme, un chercheur puisse se passer de

cette gigantesque bibliothèque, de ce formidable outil. Ce qui ne veut pas dire

que les nouvelles pratiques de recherche liées à internet ne doivent pas être

réfléchies, mesurées à l’aune de méthodologies plus traditionnelles, bien au

contraire. Il y a une histoire de l’"outillage", du travail intellectuel, où

internet devrait avoir sa place.»

Professeur au département d’études françaises de l’Université de Toronto, Russon

Wooldridge est le créateur de ressources littéraires librement accessibles en

ligne. En 2001, sa tâche se trouve facilitée par TACTweb (TACT: text analysis

computing tools). Développé par John Bradley, informaticien au King’s College

London (Royaume-Uni), et par Geoffrey Rockwell, professeur à la McMaster

University (Canada), TACTweb est un logiciel de recherche de données textuelles

en ligne. En mai 2001, Russon Wooldridge explique: «La dernière version de

TACTweb permet dorénavant de construire des bases interactives importantes comme

les dictionnaires de la Renaissance (Estienne et Nicot ; base RenDico), les deux

principales éditions du Dictionnaire de l’Académie française (1694 et 1835), les

collections de la Bibliothèque électronique de Lisieux (base LexoTor), les

oeuvres complètes de Maupassant, ou encore les théâtres complets de Corneille,

Molière, Racine, Marivaux et Beaumarchais (base théâtre 17e-18e). À la

différence de grosses bases comme Frantext ou ARTFL nécessitant l’intervention

d’informaticiens professionnels, d’équipes de gestion et de logiciels coûteux,

TACTweb, qui est un gratuiciel que l’on peut décharger en ligne et installer

soi-même, peut être géré par le chercheur individuel créateur de ressources

textuelles en ligne.»

Autre exemple, le projet HyperNietzsche, lancé en 2000 sous la direction de

Paolo d’Iorio, chargé de recherches à l’Institut des textes et manuscrits

modernes (ITEM) du CNRS. Ce projet expérimental «vise à créer une infrastructure

de travail collectif en réseau, lit-on sur le site web. Cette infrastructure

sera d’abord appliquée et testée sur l’oeuvre de Nietzsche, pour être ensuite

généralisable à d’autres auteurs, à l’étude d’une période historique ou d’un

fonds d’archive, ou à l’analyse d’un problème philosophique. Il ne s’agit donc

pas seulement d’un projet de numérisation et de mise en réseau d’un ensemble de

textes et d’études sur Nietzsche, ni d’une édition électronique conçue comme un

produit confectionné et offert à la consultation, mais plutôt d’un instrument de

travail permettant à une communauté savante délocalisée de travailler de façon

coopérative et cumulative et de publier les résultats de son travail en réseau,

à l’échelle de la planète. Il ne s’agit pas seulement d’une bibliothèque de

textes électroniques en ligne, plus ou moins bien indexée, accompagnée d’un

moteur de recherche par mots-clés ou en texte intégral. C’est un véritable

système hypertextuel qui permet tout d’abord de disposer les textes et les

manuscrits de Nietzsche selon des ordonnancements chronologiques, génétiques ou

thématiques, et surtout d’activer un ensemble de liens hypertextuels qui relient

les sources primaires aux essais critiques produits par les chercheurs.» Le

texte intégral consacré à la présentation du projet est disponible pendant deux

ans en accès libre sur le site des PUF (Presses universitaires de France). Son

équivalent imprimé est publié en octobre 2000 dans la série «Ecritures

électroniques» de la collection «Que sais-je?».

En février 2003, Emilie Devriendt fait à nouveau le point: «Dans ce domaine que

l’on appelle parfois l’informatique littéraire, deux aspects du texte

électronique m’intéressent plus particulièrement, dans une perspective

d’enseignement ou de recherche: la publication de ressources textuelles, par

exemple littéraires, sur le web au format texte ou au format image (exemple:

Gallica ou la Bibliothèque électronique de Lisieux); la publication de bases de

données textuelles interactives, c’est à dire d’outils de recherche et d’analyse

linguistique appliqués à des textes électroniques donnés (exemple: la Nefbase du

Net des études françaises ou, si l’on veut citer une banque de données payante,

Frantext). Aujourd’hui ce type de ressources est relativement bien développé

(même si aucune "explosion" ne semble avoir eu lieu si l’on compare la situation

actuelle à celle d’il y a deux ou trois ans). En revanche, on ne peut

véritablement mesurer les usages qui en sont faits.»

8.3. Catalogues collectifs

= Premiers pas

Par le passé, on a pu reprocher aux catalogues de bibliothèques d’être austères,

peu conviviaux, et surtout de donner les références du document mais en aucun

cas l’accès au contenu. Depuis qu’ils sont disponibles sur l’internet, les

catalogues sont moins austères et plus conviviaux. Et surtout - rêve de tous qui

commence à devenir réalité - ils permettent l’accès aux documents eux-mêmes :

textes et images dans un premier temps, extraits sonores et vidéos dans un

deuxième temps. En 1998, les 2.500 oeuvres de l’Universal Library sont

accessibles par le biais d’un système expérimental (ESS: experimental search

system) intégré ensuite au catalogue en ligne de la Library of Congress.

L’avenir des catalogues en réseau tient à l’harmonisation du format MARC

(machine readable cataloguing) par le biais de l’UNIMARC (universal machine

readable cataloguing). Créé en 1977 par l’IFLA (International Federation of

Library Associations), le format UNIMARC est un format universel permettant le

stockage et l’échange de notices bibliographiques au moyen d’une codification

des différentes parties de la notice (auteur, titre, éditeur, etc.) pour

traitement informatique. Ce format favorise les échanges de données entre la

vingtaine de formats MARC existants, qui correspondent chacun à une pratique

nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au Royaume-Uni, USMARC aux

Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les notices dans le format MARC d’origine

sont d’abord converties au format UNIMARC avant d’être converties à nouveau dans

le format MARC de destination. UNIMARC peut aussi être utilisé comme standard

pour le développement de nouveaux formats MARC.

Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of

Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothèque nationale du Canada (qui

utilise CAN/MARC) décident d’harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un

programme de trois ans (décembre 1995 - décembre 1998) permet de mettre au point

un format MARC commun aux trois bibliothèques.

Parallèlement, en 1996, dans le cadre de son Programme des bibliothèques, la

Commission européenne promeut l’utilisation du format UNIMARC comme format

commun d’échange entre tous les formats MARC utilisés dans les pays de l'Union

européenne. Le groupe de travail correspondant étudie aussi les problèmes posés

par les différentes polices de caractères, ainsi que la manière d’harmoniser le

format bibliographique, tout comme le format du document lui-même pour les

documents disponibles en ligne.

A la fin des années 1990, de plus en plus de catalogues sont disponibles sur le

web, moyennant une interface spécifique. L’usager a souvent le choix entre deux

types de recherche, simple et avancée, et il peut sélectionner plusieurs

critères complémentaires tels que le nombre de notices souhaitées ou bien le

mode de classement. A réception du résultat, il dispose de plusieurs pages de

notices abrégées ou complètes. Les notices sélectionnées peuvent être copiées,

imprimées, sauvegardées ou bien envoyées par courriel. Des liens hypertextes

permettent de passer facilement d’une requête à l’autre.

Ces catalogues utilisent le protocole Z39.50, un standard de communication

permettant de chercher et récupérer des informations bibliographiques dans des

bases de données en ligne. Ce protocole est d'abord utilisé par le WAIS (wide

area information servers), un système de recherche créé au début des années 1990

pour consulter les index de bases de données situées sur des serveurs

consultables à distance, avant l'apparition des moteurs de recherche sur le web.

La version du Z39.50 en cours (norme ISO 23950: 1998) est utilisée par les

grands catalogues de bibliothèques disponibles sur le web, notamment par celui

de la Library of Congress. Ce protocole est également promu par la Commission

européenne pour favoriser son utilisation dans les pays de l’Union européenne.

Tous deux en accès libre, les catalogues de la British Library et de la Library

of Congress sont d’excellents outils bibliographiques à l’échelon mondial. En

mai 1997, la British Library lance son OPAC 97 (OPAC: online public access

catalogue), un catalogue en ligne permettant l’accès aux catalogues de ses

principales collections à Londres et à Boston Spa, soit 150 millions de

documents rassemblés depuis 250 ans. Catalogue expérimental, l’OPAC 97 est

ensuite remplacé par sa version définitive, le BLPC (British Library public

catalogue). Quant au catalogue de la Library of Congress, avec menus en anglais

et en espagnol, il s’agit du plus important catalogue en ligne au monde, avec un

grand nombre de notices en français.

Les catalogues collectifs visent à faire connaître les ressources disponibles à

l’échelon local, régional, national et international. C'est le cas par exemple

du Catalogue collectif de France (CCFr), mis en chantier en juillet 1997, qui

permet de «trouver des informations détaillées sur les bibliothèques françaises,

leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou spécifiques), connaître

précisément les services qu’elles rendent et interroger leur catalogue en

ligne». A terme, annonce-t-on en 1998, il permettra aussi de «localiser des

ouvrages (documents imprimés, audio, vidéo, multimédia) dans les principales

bibliothèques et demander le prêt ou la reproduction» de documents qui seront

remis à l’usager dans la bibliothèque de son choix. C’est chose faite en

novembre 2002. En juillet 2001, la gestion du CCFr est confiée à la Bibliothèque

nationale de France (BnF). Le CCFr regroupe les catalogues de la BnF et des

bibliothèques universitaires, ainsi que les catalogues des fonds anciens (avant

1811) et locaux des bibliothèques municipales et spécialisées. En décembre 2006,

le CCFr permet de localiser 15 millions de documents dans 160 bibliothèques

françaises.

= WorldCat et RedLightGreen

L’internet facilite la gestion de catalogues collectifs mondiaux. Le but premier

de ces catalogues est d’éviter de cataloguer à nouveau un document déjà

catalogué par une bibliothèque partenaire. Si le catalogueur trouve la notice du

livre qu’il est censé cataloguer, il la copie pour l’inclure dans le catalogue

de sa propre bibliothèque. S’il ne trouve pas la notice, il la crée, et cette

notice est aussitôt disponible pour les catalogueurs officiant dans d'autres

bibliothèques. Ce pari osé est tenté par deux associations, l’OCLC (Online

Computer Library Center) dès 1971 et le RLG (Research Libraries Group) dès 1980.

Quelque trente ans plus tard, l’OCLC et le RLG gèrent de gigantesques bases

bibliographiques alimentées par leurs adhérents, permettant ainsi aux

bibliothécaires d’unir leurs forces par-delà les frontières.

Fondée en 1967 dans l’Ohio (Etats-Unis), l’OCLC gère l’OCLC Online Union

Catalog, débuté en 1971 pour desservir les bibliothèques universitaires de

l’Etat de l’Ohio. Ce catalogue collectif s’étend ensuite à tout le pays, puis au

monde entier. Désormais appelé WorldCat, et disponible sur abonnement payant, il

comprend en 1998 38 millions de notices en 370 langues, avec translittération

pour les caractères non romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois,

coréen, persan, hébreu et yiddish). L’accroissement annuel est de 2 millions de

notices. WorldCat utilise huit formats bibliographiques correspondant aux

catégories suivantes: livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans,

documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques.

En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000

bibliothèques et centres de documentation sont disponibles dans 400 langues. En

2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays

permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient la

description du document ainsi que des informations sur son contenu: table des

matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l’auteur.

Devenue la plus grande base mondiale de données bibliographiques, WorldCat migre

progressivement sur le web, d’abord en rendant la consultation des notices

possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et bien

d’autres), puis en lançant en août 2006 une version web (bêta) de WorldCat en

accès libre, avec en sus un accès direct aux documents électroniques des

bibliothèques membres: livres du domaine public, articles, photos, livres audio,

musique et vidéos.

Fondé en 1980 en Californie, avec une antenne à New York, le RLG (Research

Library Group, qui devient ensuite le Research Libraries Group) se donne pour

but d’améliorer l’accès à l’information dans le domaine de l’enseignement et de

la recherche. Le RLG débute son propre catalogue sous le nom de RLIN (Research

Libraries Information Network). Contrairement à WorldCat qui n'accepte qu'une

notice par document, RLIN accepte plusieurs notices pour un même document. En

1998, RLIN comprend 82 millions de notices dans 365 langues, avec des notices

translittérées pour les documents publiés dans les langues JACKPHY et en

cyrillique. Des centaines de dépôts d’archives, bibliothèques de musées,

bibliothèques universitaires, bibliothèques publiques, bibliothèques de droit,

bibliothèques techniques, bibliothèques d’entreprise et bibliothèques d’art

utilisent RLIN pour le catalogage, le prêt inter-bibliothèques et le contrôle

des archives et des manuscrits. Une des spécialités de RLIN est l’histoire de

l’art. Alimentée par 65 bibliothèques spécialisées, une section spécifique

comprend 100.000 notices de catalogues d’expositions et 168.500 notices de

documents iconographiques (photographies, diapositives, dessins, estampes et

affiches). Cette section inclut aussi les 110.000 notices de la base

bibliographique Scipio, consacrée aux catalogues de ventes.

En 2003, RLIN change de nom pour devenir le RLG Union Catalog, qui comprend

désormais 126 millions de notices bibliographiques correspondant à 42 millions

de documents (livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores, etc.). Au

printemps 2004, une version web du catalogue est disponible en accès libre sous

le nom de RedLightGreen, suite à une phase pilote lancée à l’automne 2003. La

mise en ligne de RedLightGreen inaugure une ère nouvelle. C’est en effet la

première fois qu’un catalogue collectif mondial est en accès libre. Destiné en

premier lieu aux étudiants du premier cycle universitaire, RedLightGreen propose

130 millions de notices, avec des liens vers des informations spécifiques aux

bibliothèques d’un campus donné (cote, version en ligne si celle-ci existe,

etc.). Après trois ans d’activité, en novembre 2006, les usagers sont invités à

utiliser WorldCat, dont la version web (bêta) est en accès libre depuis août

2006. A la même date, le RLG est intégré à OCLC.

8.4. Chronologie

* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.

1967: Fondation d’OCLC (Online Computer Library Center).

1971: Débuts de l’OCLC Online Union Catalog, qui deviendra WorldCat.

1977: Lancement de l’UNIMARC, format universel de catalogage.

1980: Débuts du RLG (Research Libraries Group) et de son catalogue RLIN

(Research Libraries Information Network).

1994: Travlang, répertoire de dictionnaires de langues créé par Michael Martin.

1994 (janvier): Annuaire de l’UREC (Unité réseaux du CNRS).

1995: Frantext, base textuelle de l’Institut national de la langue française

(INaLF).

1995: A Web of Online Dictionaries, créé par Robert Beard.

1996: Adoption de l’UNIMARC par la Communauté européenne.

1996: Site de recherches et activités littéraires de Patrick Rebollar.

1996: Une Autre Terre, portail de science-fiction, créé par Fabrice Lhomme.

1996 (juin): Zazieweb, site d’actualité littéraire créé par Isabelle Aveline.

1997 (mai): OPAC (online public access catalogue) de la British Library.

1997 (juillet): Débuts du Catalogue collectif de France (CCFr).

1997 (décembre): Outils linguistiques de la société de traduction Logos.

1998: Rubriques à Bac, site créé par Gérard Fourestier.

1998: ESS (experimental search system) de la Library of Congress.

1999: yourDictionary.com, portail cofondé par Robert Beard.

1999 (décembre): WebEncyclo, première encyclopédie francophone en accès libre.

1999 (décembre): Britannica.com, première encyclopédie anglophone en accès

libre.

1999 (décembre): Mise en ligne de l’Encyclopaedia Universalis.

2000: Mise en ligne du Quid.

2000: HyperNietzsche, lancé sous la direction de Paolo d’Iorio.

2000 (mars): Mise en ligne de l’Oxford English Dictionary.

2000 (septembre): L’encyclopédie Encarta de Microsoft en accès libre.

2000 (septembre): Mise en ligne du Grand dictionnaire terminologique (GDT) par

l'Office québécois de la langue française (OQLF).

2001 (janvier): Laboratoire ATILF (Analyse et traitement informatique de la

langue française).

2001 (janvier): Wikipedia, grande encyclopédie coopérative fondée par Jimmy

Wales et Larry Sanger.

2003: RLIN devient le RLG Union Catalog, puis le RedLightGreen.

2004 (printemps): RedLightGreen, premier catalogue collectif mondial en accès

libre.

2006 (août): Le catalogue collectif mondial WorldCat en accès libre en version

bêta.

2006 (novembre): Disparition de RedLightGreen, et fusion du RLG avec l’OCLC.

2007 (mars): Citizendium, grande encyclopédie collaborative en ligne fondée par

Larry Sanger.

2007 (mai): Encyclopedia of Life, grande encyclopédie collaborative des sciences

de la vie fondée par un consortium.

9. LE LIVRE NUMERIQUE

[9.1. Formats de lecture / PDF - Adobe Reader / OeB (Open eBook) / LIT -

Microsoft Reader / PRC - Mobipocket Reader / PDB - Palm Reader / BRF (braille

format) / DAISY - livre audio // 9.2. Une tâche titanesque / Une voie tracée par

la presse / Divers canaux de diffusion / Une progression régulière // 9.3.

Chronologie]

Si le livre numérique commercial naît en mai 1998, il ne se développe

véritablement qu’à compter du deuxième semestre 2000, en tant que mode de

diffusion complémentaire de l’imprimé. De plus en plus de titres sont

disponibles en deux versions, imprimée et numérique, puis, au fil des ans,

uniquement en version numérique. Tout comme la version imprimée, la version

numérique se décline en plusieurs formats, y compris au format braille et audio.

En 2007, on compte des dizaines de milliers de livres numériques lisibles sur

ordinateur, PDA, téléphone, smartphone et tablette électronique.

9.1. Formats de lecture

Un format de lecture correspond à un logiciel donné. Un logiciel de lecture

permet de lire à l’écran un livre numérique tout en bénéficiant des

fonctionnalités suivantes: navigation hypertexte au sein du livre ou vers le

web, changement de la taille et de la police des caractères, surlignage de

certains passages, recherche de mots dans l’ensemble du texte, ajout de signets

ou de notes personnelles, choix de l’affichage en mode paysage ou portrait,

agrandissement des figures et graphiques, sommaire affiché en permanence, et

enfin formatage automatique du livre et de sa pagination en fonction de la

taille de l’écran (ce qu’on appelle le reflowing). Lancés en 2001 pour contrôler

l’accès aux livres numériques sous droits, des systèmes de DRM (digital rights

management) permettent la gestion des droits numériques en fonction des

consignes données par l’éditeur.

= PDF / Adobe Reader

Lancé en juin 1993 par la société Adobe et diffusé gratuitement, le premier

logiciel de lecture du marché est l’Acrobat Reader, qui permet de lire des

documents au format PDF (portable document format). Ce format permet de figer

les documents numériques dans une présentation donnée, pour conserver les

polices, les couleurs et les images du document source, quelle que soit la

plateforme utilisée pour le créer et pour le lire. Vendu en parallèle, le

logiciel Adobe Acrobat permet de convertir n’importe quel document au format

PDF.

Au fil des ans, le format PDF devient la norme internationale de diffusion des

documents électroniques, pour impression ou pour transfert d'une plateforme à

l'autre. Des millions de documents PDF sont présents sur le web pour lecture ou

téléchargement, ou bien transitent par courriel sous forme de fichier attaché.

L’Acrobat Reader pour ordinateur est progressivement disponible dans plusieurs

langues et pour diverses plateformes (Windows, Mac, Linux, Unix). En 2001, Adobe

lance également un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA), utilisable sur

le Palm Pilot (en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en décembre 2001).

Face à la concurrence représentée par le Microsoft Reader (lancé en avril 2000),

Adobe annonce en août 2000 l’acquisition de la société Glassbook, spécialisée

dans les logiciels de distribution de livres numériques à destination des

éditeurs, des libraires, des distributeurs et des bibliothèques. Adobe passe

aussi un partenariat avec Amazon.com et Barnes & Noble.com afin de proposer des

titres lisibles sur l’Acrobat Reader et le Glassbook Reader.

Les mutations du livre · 第 14 / 29 段