Le programme reprend en août 2006 sous le nouveau nom de Google Book Search,

dénommé Google Livres pour la version française. Google Book Search permet des

recherches par date, titre ou éditeur. La numérisation des fonds de grandes

bibliothèques se poursuit, axée cette fois sur les livres libres de droit, tout

comme le développement de partenariats avec les éditeurs qui le souhaitent. Les

livres libres de droit sont consultables à l’écran en texte intégral, leur

contenu est copiable et l’impression est possible page à page. Ils sont

également téléchargeables sous forme de fichiers PDF et imprimables dans leur

entier. Les liens publicitaires associés aux pages de livres sont situés en haut

et à droite de l’écran. Le conflit avec les éditeurs se poursuit lui aussi,

puisque Google continue de numériser des livres sous droits sans l’autorisation

préalable des éditeurs en invoquant le droit de citation pour présenter des

extraits sur le web. L’Authors Guild et l’Association of American Publishers

(AAP) invoquent pour leur part le non respect de la législation relative au

copyright pour attaquer Google en justice. Le feuilleton judiciaire promet de

durer.

Alexandre Laumonier, directeur des éditions Kargo, participe au programme Google

Livres en France. Dans La non affaire Google Livres, suite, un texte daté de

juin 2006 et publié sur le site de l’éditeur, il propose une analyse lucide des

véritables enjeux: «Sur le fond, au-delà des discours et des rebonds, au-delà

des problèmes juridiques à régler, au-delà des intérêts économiques et/ou

corporatistes que chacun(e) essaie de défendre, au-delà des technologies encore

balbutiantes, au-delà d’un antiaméricanisme primaire qui se révèle ici et là, au

fond les véritables interrogations que posent les transformations

technologiques, notamment lorsqu’elles impliquent certaines formes de savoir,

sont celles du partage de l’information, du savoir en tant que bien commun, des

qualités et des défauts de l’écriture numérique, qui permet désormais une

maniabilité du savoir comme jamais cela n’avait été possible auparavant.

Rarement trouve-t-on, dans les quelques discussions ici et là sur Google Livres,

les mots "bien commun", "partage du savoir", "démocratisation de l’écriture"...

Car c’est bien de cela dont il s’agit, au moment où l’on constate que

l’objet-livre, qui symboliquement et dans les faits, était jusqu’à maintenant le

seul garant d’une vérité, ne l’est plus (seulement).»

Michel Valensi, directeur des éditions de l’Eclat, passe lui aussi un

partenariat avec Google Livres en août 2005. Dans Faut-il une grande cuiller

pour signer avec Google? (version 2.0), un texte en ligne daté de septembre 2006

et disponible sur le site de l’éditeur, il explique: «Le projet Google Livres

est le premier projet de grande envergure (il en existait d’autres auparavant,

parmi lesquels le lyber lui-même; il en existera d’autres dans les mois à venir)

qui permet une entrée en force du Livre dans l’internet. Après la multiplication

des sites de toutes sortes sur les sujets les plus divers et la prolifération

épidémique des blogs (dont le terme même, onomatopéïque, dit toute la

profondeur: blog!) on en revient au Livre comme source première d’information.

On permet l’accès à une partie des contenus, on permet une recherche thématique

à l’intérieur du livre, on renvoie à d’autres livres, à l’éditeur, vers des

librairies, etc., mais jamais on ne se substitue au livre, dont la forme reste

omni-présente à travers l’image même des pages consultées. Contrairement aux

sites, on ne peut ni télécharger, ni imprimer. Paradoxalement, Google Livres

indique ainsi les limites d’une information infinie (qui est un leurre) surfant

de blogs en sites, et propose un retour (qui est une avancée) vers un médium

ancien, encore aujourd’hui sans équivalent.»

Fin 2006, Google scanne 3.000 livres par jour, ce qui représenterait un million

de livres par an. Le coût estimé serait de 30 dollars par livre - d'autres

sources mentionnent un coût double - et les collections actuelles se monteraient

à 3 millions de livres. Tous chiffres à prendre avec précaution, la société ne

communiquant pas de statistiques à ce sujet. A l’exception de la New York Public

Library, les collections en cours de numérisation appartiennent toutes à des

bibliothèques universitaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford, Californie,

Virginie, Wisconsin-Madison, Complutense de Madrid). S’y ajoutent début 2007 les

bibliothèques des Universités de Princeton et du Texas (Austin), ainsi que la

Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische Staatbibliothek

(Bavière, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la participation de la

première bibliothèque francophone, la Bibliothèque cantonale et universitaire

(BCU) de Lausanne (Suisse), pour la numérisation de 100.000 titres en français,

allemand et italien publiés entre le 17e et le 19e siècle, qui seront

consultables dans leur intégralité et téléchargeables au format PDF.

= Open Content Alliance

Parallèlement est lancée une autre initiative du même genre, mais cette fois

respectueuse du copyright et sur un modèle ouvert. En janvier 2005, l’Internet

Archive s’associe à Yahoo! pour mettre sur pied l’Open Content Alliance (OCA),

une initiative visant à créer un répertoire libre et multilingue de livres

numérisés et de documents multimédias pour consultation sur n’importe quel

moteur de recherche. L’OCA est officiellement lancée en octobre 2005. Un site de

démonstration, l’Open Library, présente quelques livres numérisés issus des

fonds de l’Université de Californie. Le but de l’initiative est de s’inspirer de

Google Livres tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres

sous droits sans l’accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et

le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.

L’OCA regroupe de nombreux partenaires: des bibliothèques et des universités

bien sûr, mais aussi des organisations gouvernementales, des associations à but

non lucratif, des organismes culturels et des sociétés informatiques (Adobe,

Hewlett Packard, Microsoft, etc.). Les premiers partenaires sont les

bibliothèques des Universités de Californie et de Toronto, l’European Archive,

les Archives nationales du Royaume-Uni, O’Reilly Media et Prelinger Archives.

Seuls les livres appartenant au domaine public sont numérisés, pour éviter les

problèmes de copyright auxquels se heurte Google. Les collections numérisées

alimenteront la section Text Archive de l’Internet Archive.

Qu’est-ce exactement que l’Internet Archive, l'organisme pilotant l'Open Content

Alliance? Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco, l’Internet

Archive a pour but premier de constituer, stocker, préserver et gérer une

«bibliothèque» de l’internet, en archivant la totalité du web tous les deux

mois, afin d’offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et

historiens, et de préserver un historique de l’internet pour les générations

futures. En octobre 2001, l’Internet Archive met ses archives en accès libre sur

le web grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de consulter

l’historique d’un site web, à savoir le contenu et la présentation d’un site web

à différentes dates, théoriquement tous les deux mois, à partir de 1996.

L’Internet Archive débute aussi la constitution de collections numériques telles

que le Million Book Project (10.520 livres en avril 2005), des archives de films

de la période 1903-1973, des archives de concerts live récents, des archives de

logiciels, etc. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le web.

En décembre 2006, l’Open Content Alliance franchit la barre des 100.000 livres

numérisés, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres par mois. A la même date,

l’Internet Archive reçoit une subvention de 1 million de dollars de la part de

la Sloan Foundation pour numériser les collections du Metropolitan Museum of Art

(l’ensemble des livres et plusieurs milliers d’images) ainsi que certaines

collections de la Boston Public Library (les 3.800 livres de la bibliothèque

personnelle de John Adams, deuxième président des Etats-Unis), du Getty Research

Institute, de la John Hopkins University (une série de documents liés au

mouvement anti-esclavagiste) et de l’Université de Californie à Berkeley (une

série de documents relatifs à la ruée vers l’or). En mai 2007, l’Open Content

Alliance franchit la barre des 200.000 livres numérisés.

= Autres initiatives

Si Microsoft est l’un des partenaires de l’Open Content Alliance, il se lance

également dans l’aventure à titre personnel. En décembre 2006 est mise en ligne

aux Etats-Unis la version bêta de Live Search Books, qui permet une recherche

par mots-clés dans les livres du domaine public. Ces livres sont numérisés par

Microsoft suite à des accords passés avec de grandes bibliothèques, les

premières étant la British Library et les bibliothèques des Universités de

Californie et de Toronto, suivies en janvier 2007 par celles de la New York

Public Library et de l’Université Cornell. Microsoft compte aussi ajouter des

livres sous droits, mais uniquement avec l’accord préalable des éditeurs. Tout

comme Google Book Search, Live Search Books permet de consulter les livres avec

les mots-clés surlignés. Par la suite, il sera possible de télécharger les

livres dans leur entier au format PDF. A ce stade, la base est beaucoup moins

riche que celle de Google Book Search et son moteur de recherche plus

rudimentaire. En mai 2007, Microsoft annonce des accords avec plusieurs grands

éditeurs américains, dont Cambridge University Press et McGraw Hill.

En Europe, certains s’inquiètent d’une soi-disant hégémonie américaine. En

septembre 2005, la Commission européenne lance une vaste consultation sur un

projet de bibliothèque numérique européenne, avec réponse requise en janvier

2006. Le projet est officiellement lancé en mars 2006. «Le plan de la Commission

européenne visant à promouvoir l’accès numérique au patrimoine de l’Europe prend

forme rapidement, lit-on dans le communiqué de presse. Dans les cinq prochaines

années, au moins six millions de livres, documents et autres oeuvres culturelles

seront mis à la disposition de toute personne disposant d’une connexion à

l’internet, par l’intermédiaire de la "bibliothèque numérique européenne". Afin

de stimuler les initiatives de numérisation européennes, la Commission va

cofinancer la création d’un réseau paneuropéen de centres de numérisation. La

Commission abordera également, dans une série de documents stratégiques, la

question du cadre approprié à adopter pour assurer la protection des droits de

propriété intellectuelle dans le cadre des bibliothèques numériques.» Cette

bibliothèque numérique européenne devrait être accessible à partir de la

Bibliothèque européenne, un portail commun aux 43 bibliothèques nationales

d’Europe lancé en janvier 2004 par la CENL (Conference of European National

Librarians) et hébergé par la Bibliothèque nationale des Pays-Bas.

7.6. Chronologie

* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.

1971 (juillet): Le Projet Gutenberg, fondé par Michael Hart.

1993: L’Online Books Page, créée par John Mark Ockerbloom.

1993 (avril): L’ABU, créée par l’Association des bibliophiles universels (ABU).

1994: Athena, bibliothèque numérique créée par Pierre Perroud.

1995 (mars): Internet Public Library (IPL), première bibliothèque de l’internet

sur l’internet.

1995 (septembre): Gabriel, serveur des bibliothèques nationales européennes.

1996 (avril): L’Internet Archive, fondée par Brewster Kahle.

1996 (juin): La Bibliothèque électronique de Lisieux, créée par Olivier Bogros.

1996: Mise en ligne du Bulletin des bibliothèques de France (BBF).

1997: Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

1997 (juillet): Cyberespace de la Bibliothèque des Nations Unies à Genève.

1998: Mise en ligne des enluminures de la Bibliothèque municipale de Lyon.

1999 (août): Serveur de la Library of Congress pour aveugles et malvoyants.

2000 (septembre): Premier site web de Handicapzéro.

2001 (octobre): Wayback Machine, sur le site de l’Internet Archive.

2002 (février): Bookshare.org, pour les personnes déficientes visuelles.

2003 (février): Portail généraliste de Handicapzéro.

2004 (janvier): Bibliothèque européenne, portail des bibliothèques nationales

européennes.

2004 (octobre): Google Print, première partie, à l’intention des éditeurs.

2004 (novembre): Google Scholar.

2004 (décembre): Google Print, deuxième partie, à l’intention des

bibliothèques.

2005 (août): Arrêt de Google Print.

2005 (octobre): Open Content Alliance, lancée par l’Internet Archive.

2005 (novembre): Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH).

2006 (mars): Projet de Bibliothèque numérique européenne.

2006 (août): Google Book Search (Google Livres).

2006 (décembre): Live Search Books, bibliothèque numérique de Microsoft.

8. UNE VASTE ENCYCLOPEDIE

[8.1. Outils de référence / Dictionnaires et encyclopédies / Dictionnaires de

langues / Annuaires et portails // 8.2. Bases textuelles / Quelques exemples /

Payant versus gratuit // 8.3. Catalogues collectifs / Premiers pas / WorldCat et

RedLightGreen // 8.4. Chronologie]

Au fil des ans, le web devient une vaste encyclopédie. On y trouve des

dictionnaires et des encyclopédies de renom, d'abord issus d’ouvrages imprimés

puis nés directement sur le web, ainsi que des dictionnaires de langues, des

annuaires, des portails, des bases textuelles, des catalogues collectifs, etc.

Si certains organismes facturent l’utilisation de leurs services, d’autres

tiennent à ce que les leurs soient en accès libre, pour favoriser la diffusion

libre du savoir. Des services payants passent en gratuit, à commencer par le

grand catalogue collectif mondial WorldCat.

8.1. Outils de référence

= Dictionnaires et encyclopédies

Un des premiers dictionnaires en accès libre est le Dictionnaire universel

francophone en ligne, qui répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions tout en

présentant «sur un pied d’égalité, le français dit "standard" et les mots et

expressions en français tel qu’on le parle sur les cinq continents». Issu de la

collaboration entre Hachette et l’AUPELF-UREF (devenu depuis l’AUF - Agence

universitaire de la Francophonie), il correspond à la partie «noms communs» du

dictionnaire imprimé disponible chez Hachette. L’équivalent pour la langue

anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accès au

Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

En décembre 1999 apparaissent sur le web plusieurs encyclopédies de renom,

parallèlement à leur version imprimée ou CD-Rom. La première encyclopédie

francophone en accès libre est WebEncyclo, publiée par les éditions Atlas. La

recherche est possible par mots-clés, thèmes, médias (cartes, liens internet,

photos, illustrations) et idées. Un appel à contribution incite les spécialistes

d’un sujet donné à envoyer des articles, qui sont regroupés dans la section

«WebEncyclo contributif». Après avoir été libre, l’accès est ensuite soumis à

une inscription préalable gratuite.

Mis en ligne à la même date, Britannica.com propose en accès libre l’équivalent

numérique des 32 volumes de la 15e édition de l’Encyclopaedia Britannica,

parallèlement à la version imprimée et à la version sur CD-Rom, toutes deux

payantes. Le site web offre une sélection d’articles issus de 70 magazines, un

guide des meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout étant accessible à

partir d’un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie

des cent sites les plus visités au monde. En juillet 2001, la consultation

devient payante sur la base d’un abonnement mensuel ou annuel.

Décembre 1999 est aussi la date de mise en ligne de l’Encyclopaedia Universalis,

avec 28.000 articles signés par 4.000 auteurs. Si la consultation est payante

sur la base d’un abonnement annuel, de nombreux articles sont en accès libre.

La mise en ligne d’encyclopédies de renom se poursuit en 2000 et 2001.

En mars 2000, les 20 volumes de l’Oxford English Dictionary sont mis en ligne

par l’Oxford University Press (OUP). La consultation du site est payante. Le

dictionnaire bénéficie d’une mise à jour trimestrielle d’environ 1.000 entrées

nouvelles ou révisées. Deux ans après cette première expérience, en mars 2002,

l’OUP met en ligne l’Oxford Reference Online, une vaste encyclopédie conçue

directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement payant. Avec

60.000 pages et un million d’entrées, elle représente l’équivalent d’une

centaine d’ouvrages de référence.

A la même date, le Quid, encyclopédie en un volume actualisée une fois par an

depuis 1963, décide de mettre une partie de son contenu en accès libre sur le

web. En septembre 2000, après avoir été payante, la consultation de

l’encyclopédie Encarta de Microsoft devient libre.

Issu du terme hawaïen «wiki» (qui signifie : vite, rapide), un wiki est un site

web permettant à plusieurs utilisateurs de collaborer en ligne sur un même

projet. A tout moment, ces utilisateurs peuvent contribuer à la rédaction du

contenu, modifier ce contenu et l'enrichir en permanence. Le wiki est utilisé

par exemple pour créer et gérer des dictionnaires, des encyclopédies ou encore

des sites d'information sur un sujet donné. Le programme présent derrière

l'interface d'un wiki est plus ou moins élaboré. Un programme simple gère du

texte et des hyperliens. Un programme élaboré permet d'inclure des images, des

graphiques, des tableaux, etc. L’encyclopédie wiki la plus connue est Wikipedia.

Créée en janvier 2001 à l’initiative de Jimmy Wales et de Larry Sanger,

Wikipedia est une encyclopédie gratuite écrite collectivement et dont le contenu

est librement réutilisable. Elle est immédiatement très populaire. Sans

publicité et financée par des dons, cette encyclopédie coopérative est rédigée

par des milliers de volontaires (appelés Wikipédiens), avec possibilité de

corriger et de compléter les articles. Les articles restent la propriété de

leurs auteurs, et leur libre utilisation est régie par la licence GFDL (GNU free

documentation license). En décembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million

d'articles rédigés par 13.000 contributeurs dans 100 langues. En décembre 2006,

elle compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix

sites les plus visités du web. En avril 2007, un CD payant est édité pour la

première fois avec une sélection de 2.000 articles de la version anglophone. En

mai 2007, la version francophone fête ses 500.000 articles (et un CD en 2008). A

la même date, Wikipedia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8

million en anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en

espagnol.

Fondée en juin 2003, la Wikimedia Foundation gère non seulement Wikipedia mais

aussi Wiktionary, un dictionnaire et thésaurus multilingue lancé en décembre

2002, puis Wikibooks (livres et manuels en cours de rédaction) lancé en juin

2003, auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote (répertoire de citations),

Wikisource (textes appartenant au domaine public), Wikimedia Commons (sources

multimédias), Wikispecies (répertoire d'espèces animales et végétales), Wikinews

(site d'actualités) et enfin Wikiversity (matériel d'enseignement), lancé en

août 2006. La fin 2007 voit le lancement d'un moteur de recherche dénommé Wiki

Search, qui utilise le réseau de contributeurs de Wikipedia pour classer les

sites en fonction de leur qualité.

Une nouvelle étape s’ouvre avec les débuts de Citizendium (qui se veut l’abrégé

de: The Citizens’ Compendium), une grande encyclopédie collaborative en ligne

conçue en novembre 2006 et lancée en mars 2007 (version bêta) par Larry Sanger,

co-fondateur de Wikipedia, mais qui quitte ensuite l’équipe de Wikipedia suite à

des problèmes de qualité de contenu. Citizendium est basé sur le même modèle que

Wikipedia (collaborative et gratuite) tout en évitant ses travers (vandalisme et

manque de rigueur). Les auteurs signent les articles de leur vrai nom et les

articles sont édités par des experts («editors») titulaires d'une licence

universitaire et âgés d'au moins 25 ans. De plus, des «constables» sont chargés

de la bonne marche du projet et du respect du règlement. Le jour de son

lancement (25 mars 2007), Citizendium comprend 820 auteurs et 180 experts.

Dans Why Make Room for Experts in Web 2.0?, une communication datée d’octobre

2006, Larry Sanger voit dans Citizendium l’émergence d’un nouveau modèle de

collaboration massive de dizaines de milliers d’intellectuels et scientifiques,

non seulement pour les encyclopédies, mais aussi pour les manuels

d’enseignement, les ouvrages de référence, le multimédia et les applications en

3D. Cette collaboration est basée sur le partage des connaissances, dans la

lignée du web 2.0, un concept lancé en 2004 pour caractériser les notions de

communauté et de partage et qui se manifeste d’abord par une floraison de wikis,

de blogs et de sites sociaux. D’après Larry Sanger, il importe maintenant de

créer des structures permettant des collaborations scientifiques et Citizendium

pourrait servir de prototype dans ce domaine.

Un appel qui semble déjà se concrétiser avec l’Encyclopedia of Life, nouveau

«compendium» dont le projet débute en mai 2007. Cette vaste encyclopédie

collaborative en ligne rassemblera les connaissances sur toutes les espèces

animales et végétales connues (1,8 million), y compris les espèces en voie

d’extinction, avec l’ajout de nouvelles espèces au fur et à mesure de leur

identification (il en existerait de 8 à 10 millions). Il s’agira d’une

encyclopédie multimédia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes

sonores et vidéos, avec une page web par espèce, et permettant aussi d’offrir un

portail unique à des millions de documents épars, en ligne et hors ligne. Outil

d’apprentissage et d’enseignement pour une meilleure connaissance de notre

planète, cette encyclopédie sera à destination de tous: scientifiques,

enseignants, étudiants, scolaires, médias, décideurs et grand public.

Ce projet collaboratif est mené par plusieurs grandes institutions (Field Museum

of Natural History, Harvard University, Marine Biological Laboratory, Missouri

Botanical Garden, Smithsonian Institution, Biodiversity Heritage Library). Son

directeur honoraire est Edward Wilson, professeur émérite à l’Université de

Harvard, qui, dans un essai daté de 2002, est le premier à émettre le voeu d’une

telle encyclopédie. Cinq ans après, en 2007, c'est chose désormais possible

grâce aux avancées technologiques de ces dernières années, notamment les outils

logiciels permettant l’agrégation de contenu, le mash-up (à savoir le fait de

rassembler un contenu donné à partir de très nombreuses sources différentes),

les wikis de grande taille et la gestion de contenu à vaste échelle. Consortium

des dix plus grandes bibliothèques des sciences de la vie (d’autres suivront),

la Biodiversity Heritage Library a d’ores et déjà débuté la numérisation de 2

millions de documents, dont les dates de publication s’étalent sur 200 ans. En

mai 2007, date du lancement officiel du projet, on compte déjà 1,25 million de

pages traitées dans les centres de numérisation de Londres, Boston et Washington

DC, et disponibles sur le site de l’Internet Archive.

Le financement initial est assuré par la MacArthur Foundation (10 millions de

dollars) et la Sloan Foundation (2,5 millions de dollars). 100 millions de

dollars US sont nécessaires pour un financement sur dix ans, avant que

l'encyclopédie ne puisse s'autofinancer. La réalisation des pages web débute

courant 2007. L’encyclopédie fait ses débuts à la mi-2008. Opérationnelle d'ici

trois à cinq ans, elle devrait être complète - c'est-à-dire à jour - dans dix

ans.

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