lecteurs déficients visuels, avec des livres pour la jeunesse, suivis ensuite
d'ouvrages de littérature générale. Les collections comptent 1 200 livres, dont
la moitié du domaine public. Catherine Desbuquois, gestionnaire de la
bibliothèque, explique en août 2007: «Le catalogue de la bibliothèque Hélène
progresse au rythme de la bonne volonté des éditeurs, qui commencent à envisager
les avantages du droit de prêt numérique, mais c'est un long travail de
pédagogie.» L'inscription est gratuite sur présentation d'un certificat médical.
A ce stade, la lecture est possible uniquement sur le bloc-notes braille Iris de
la société Eurobraille, qui coûte entre 6.595 euros et 11.910 euros selon les
modèles (prix d'août 2007), et dont le parc compte 700 unités seulement dans
toute l'Europe (en 2006). De ce fait, la bibliothèque touche un public réduit,
avec 123 lecteurs actifs et 217 lecteurs inscrits. «L'écart significatif entre
le nombre de lecteurs inscrits et le nombre de lecteurs actifs tient au fait que
beaucoup de personnes intéressées par la lecture numérique - mais non équipées
d'Iris - se sont inscrites dans l'attente de la mise en place du nouveau mode de
lecture sécurisé (PDF) auquel travaillent BrailleNet et la société Adobe
(France).» (extrait d'un document statistique de BrailleNet) Ce nouveau mode de
lecture est sécurisé au moyen d'un certificat numérique individuel déposé sur
un eToken, à savoir un système d'authentification sur clé USB. Disponible à
l'automne 2007, il permet d'augmenter la fréquentation de la bibliothèque
puisqu'une plateforme spécifique n'est plus nécessaire.
= Bookshare.org
Lancé par Benetech en 2002, Bookshare.org est à ce jour la plus grande
bibliothèque numérique mondiale destinée aux personnes ayant un problème visuel,
et son modèle est envié dans de nombreux pays.
Benetech est une société de la Silicon Valley (Californie) qui se donne pour
objectif de mettre les technologies au service de tous les êtres humains, et pas
seulement de quelques-uns. Dès ses débuts en 2001, Benetech décide de créer une
grande bibliothèque numérique à l'intention des personnes aveugles et
malvoyantes résidant aux Etats-Unis. L’idée étant que, à l’heure du numérique,
il est beaucoup plus rapide et économique de scanner les livres récents plutôt
que de les enregister sur cassettes (version audio) ou de les transcrire en
braille embossé (version imprimée). Le temps nécessaire se compte en heures ou
en jours, et non plus en semaines ou en mois. Et le coût se trouve réduit de
75%.
Bookshare.org est mis en ligne en février 2002. Après avoir soumis la preuve
écrite de leur handicap et s’être acquittés de la somme de 25 dollars pour
l’inscription, les adhérents ont accès à la bibliothèque moyennant un abonnement
annuel de 50 dollars. Scannés par une centaine de volontaires, les 7.620 titres
disponibles au départ sont proposés en deux formats, BRF et DAISY.
L’initiative de Bookshare.org constitue une avancée considérable. L’objectif de
l’association est assez différent de celui du NLS ou du RFB&D, dont le nombre de
titres est très inférieur et dont les textes sont enregistrés par des narrateurs
sous contrat (NLS) ou par des volontaires (RFB&D), avec un processus de contrôle
garantissant une qualité optimale et entraînant un coût assez élevé par livre.
Dans le cas de Bookshare.org, le but est de proposer une grande bibliothèque de
livres scannés à moindre coût au lieu d’une petite bibliothèque de livres de
grande qualité.
Il faut compter entre deux et quatre heures pour scanner le livre, le convertir
en texte grâce à un logiciel OCR, puis vérifier le fichier électronique obtenu
pour s'assurer qu'aucune page n'a été oubliée et que les paragraphes sont
distincts les uns des autres. Un second volontaire vérifie ensuite que les
informations relatives au livre (auteur, titre, date, copyright) sont correctes
et corrige éventuellement le fichier numérique au regard du livre original, en
fonction du temps qu’il souhaite y consacrer. Un logiciel convertit enfin le
livre aux formats BRF et DAISY. L’association distingue trois niveaux de qualité
pour le livre numérisé: excellent (pratiquement sans erreur), bon (avec quelques
erreurs) et correct (avec beaucoup d’erreurs, mais lisible), ceci en fonction de
la qualité du logiciel OCR utilisé. Le coût de production est estimé à 6 dollars
US pour un roman et 50 dollars pour un manuel d'enseignement dont le contenu est
entièrement vérifié au regard de l'original.
Si, jusque-là, moins de 5% des titres publiés aux Etats-Unis sont disponibles en
version braille ou en version audio, la seule limite devient celle du nombre de
volontaires scannant les livres. Nombreux sont ceux qui scannent déjà des livres
à titre privé, pour un usage personnel ou pour un membre de leur famille aveugle
ou malvoyant. L’association les incite donc à envoyer leurs fichiers et à
grossir les rangs de l’équipe actuelle, afin de proposer à terme plusieurs
dizaines de milliers de livres, y compris toutes les nouveautés.
Le nombre de livres et de volontaires augmente rapidement. En un an, de février
2002 à février 2003, le catalogue passe de 7.620 livres à 11.500 livres, et le
nombre de volontaires de 100 à 200 personnes. Le catalogue comprend 14.000
livres en août 2003, 17.000 livres en février 2004, 20.000 livres en janvier
2005, 23.000 livres en juillet 2005 et 30.000 livres en décembre 2006. 5.000
nouveaux livres sont ajoutés au cours de l’année 2006, avec un rythme de 100
livres par semaine. En mars 2005, Bookshare.org débute des collections en
espagnol, la deuxième langue du pays, avec un fonds initial de 500 livres, qui
passe à 1.000 livres en décembre 2006. A la même date, la bibliothèque compte
5.000 adhérents.
Bookshare.org propose aussi des oeuvres du domaine public en téléchargement
libre. Accessibles à tous, abonnés ou non, ces oeuvres sont disponibles en
quatre formats: HTML, TXT, BRF et DAISY. Toujours en tête de file lorsqu’il
s’agit de lecture pour tous, le Projet Gutenberg met à la disposition de
l’association l’ensemble de ses collections.
En juillet 2002, Bookshare.org passe un partenariat avec le service Braille
Press du Braille Institute of America pour proposer des éditions en braille
embossé à toute personne résidant aux Etats-Unis, moyennant un coût modique. Les
transcripteurs et correcteurs de la Braille Press produisent 13 millions de
pages par an à destination des écoles, des entreprises, des agences
gouvernementales et des particuliers. En février 2003, Bookshare.org s’associe
avec la société Pulse Data pour que ses livres puissent être facilement
téléchargés sur le BrailleNote, un assistant personnel destiné aux personnes
malvoyantes. En février 2004, Bookshare.org lance diverses formules
d’inscription à destination des écoles et des groupes. En avril 2004,
l'association LightHouse International débute une collection de livres sur
l’emploi et le développement professionnel à l'intention des membres de la
bibliothèque. En 2005, Bookshare.org procure un logiciel de synthèse vocale lors
de l’inscription. Il s’agit du Victor Reader de la société HumanWare (qui
remplace Pulse Data en janvier 2005).
Bookshare.org n’aurait pu voir le jour sans la volonté bien ancrée de l’équipe
de faire appliquer un amendement spécifique de la loi sur le copyright, le 1996
Chafee Amendment (U.S. Copyright Law, 17 U.S.C. § 121). Cet amendement autorise
la distribution d’oeuvres littéraires dans des formats adaptés, et ce auprès des
personnes handicapées visuelles, des personnes souffrant d’un handicap de
lecture (par exemple la dyslexie) et des personnes à motricité réduite (par
exemple les personnes ne pouvant tourner les pages d'un livre). Toute version
numérique doit obligatoirement inclure la mention du copyright, avec le nom de
l’éditeur détenteur des droits et la date originale de publication.
De plus, dès sa phase initiale, Bookshare.org s’assure du soutien de
l’Association of American Publishers (AAP), et prend en compte les diverses
remarques faites par l’AAP et plusieurs éditeurs. Le fait que les livres ne
puissent être utilisés que par la communauté concernée est strictement appliqué,
avec un système adapté de gestion des droits numériques - fichiers encryptés,
empreintes digitales, autres procédures de contrôle - et les infractions sont
immédiatement sanctionnées. De plus, plusieurs éditeurs et auteurs donnent à
Bookshare.org le droit de mettre leurs livres à la disposition de ses adhérents.
C’est le cas par exemple de O’Reilly Media, éditeur de manuels informatiques et
de livres sur les technologies qui, en mars 2003, passe un accord avec
Bookshare.org pour que ses livres soient intégrés aux collections dès
publication et convertis aux formats BRF et DAISY.
En mars 2006, suite à une phase pilote menée depuis 2004, Bookshare.org
s’associe officiellement avec la National Federation of the Blind (NFB) pour
proposer la lecture vocale de 125 journaux et magazines régionaux et nationaux.
Cette lecture était jusque-là réservée aux adhérents de la NFB, et possible
uniquement par téléphone au moyen d’une synthèse vocale. Les membres de
Bookshare.org peuvent désormais lire ces périodiques sur leur ordinateur. 150
titres sont disponibles en décembre 2006.
En mai 2007, Benetech lance un service international. 15% des collections - 4
600 livres en anglais et 600 livres en espagnol - sont disponibles à l'intention
des personnes ayant un problème similaire dans d'autres pays.
Qu’en est-il de Benetech, la société fondatrice de Bookshare.org? Benetech est
fondé en 2001 par Jim Fruchterman, pour prendre la suite d’Arkenstone, une
société spécialisée dans les appareils de lecture pour personnes aveugles.
Benetech conçoit, développe et met en oeuvre des technologies novatrices au
service du handicap, des droits humains, de l’alphabétisation, de l’éducation et
de la fracture numérique. Pour tous les projets qu'elle lance, la société
privilégie un retour sur investissement plus social que financier. Après avoir
lancé Bookshare.org, Benetech lance notamment Route 66, un logiciel de lecture
pour l’alphabétisation des adultes, et Martus, un logiciel sécurisé permettant
de recenser les atteintes aux droits de l’homme.
= Handicapzéro
Dans la Francophonie, l’association la plus active dans ce domaine est
Handicapzéro, qui a pour but d’améliorer l’autonomie des personnes handicapées
visuelles, à savoir 10% de la population francophone. L'association est créée en
1987 à partir du constat suivant: l’information visuelle est omniprésente, mais
les personnes aveugles et malvoyantes n’y ont pas accès. En France par exemple,
une personne sur mille est aveugle, une personne sur cent est malvoyante et une
personne sur deux a des problèmes de vue. Selon le Programme de prévention de la
cécité publié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2001, on dénombre
1,5 million de déficients visuels, dont 112.000 personnes aveugles et 250.000
personnes dont l'acuité visuelle est en dessous de 4 dizièmes.
Mis en ligne en septembre 2000, le site web de l’association devient rapidement
le site adapté le plus visité, avec 10.000 requêtes mensuelles. Suite à cette
première expérience réussie, l’association lance en février 2003 un portail
généraliste offrant en accès libre l’information nationale et internationale en
temps réel (en partenariat avec l’Agence France-Presse), l’actualité sportive
(avec le journal L’Equipe), les programmes de télévision (avec le magazine
Télérama), la météo (avec Météo France) et un moteur de recherche (avec Google),
ainsi que toute une gamme de services dans les domaines de la santé, de
l’emploi, de la consommation, des loisirs, des sports et de la téléphonie.
Les personnes aveugles peuvent accéder au site au moyen d’une plage braille ou
d’une synthèse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent paramétrer leur propre
«confort de lecture», à savoir la taille et la police des caractères ainsi que
la couleur du fond d’écran pour une navigation confortable, en créant puis en
modifiant leur profil selon leur potentiel visuel. Ce profil est utilisable pour
la lecture de n’importe quel texte situé sur le web, en faisant un copier-coller
dans la fenêtre prévue à cet effet. Les personnes voyantes peuvent correspondre
en braille avec des aveugles par le biais du site, l’association assurant
gratuitement la transcription et l’impression braille des courriers (4.000
caractères maximum) ainsi que leur expédition par voie postale dans les pays de
l’Union européenne. Handicapzéro entend ainsi démontrer «que, sous réserve du
respect de certaines règles élémentaires, l’internet peut devenir enfin un
espace de liberté pour tous».
L’association permet aussi à l’internaute de recevoir directement à son domicile
un document adapté à ses besoins, en braille, en caractères agrandis ou en
audio. 80.000 documents sont édités en braille et en caractères agrandis en
2005, et 90.000 documents en 2006, avec un champ d’action dans 15 pays. Par le
biais du site ou à partir du numéro vert de l’association, 20.000 personnes en
2005 et 25.000 personnes en 2006 bénéficient gratuitement des services de plus
de 200 collectivités et entreprises partenaires. Le site reçoit la visite de
200.000 visiteurs par mois. En octobre 2006, le portail adopte une nouvelle
présentation en enrichissant encore son contenu, en adoptant une navigation plus
intuitive pour la page d’accueil, en proposant des raccourcis de clavier, en
offrant un service amélioré pour l’affichage «confort de lecture», etc. Plus de
2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au cours de l'année
2006.
= Bibliothèque numérique pour le Handicap
Handicapzéro est l'un des nombreux partenaires de la Bibliothèque numérique pour
le Handicap (BnH), un projet novateur qui voit le jour en janvier 2006 à
l’initiative de la ville de Boulogne-Billancourt (région parisienne) et sous
l'égide d'Alain Patez, bibliothécaire numérique chargé de mission pour la BnH.
Celui-ci explique: «Projet à vocation nationale, la BnH repose sur la conviction
que l'édition numérique est le moyen d'accès à l'information et à la culture le
mieux adapté aux personnes en situation de handicap. L'objectif de la BnH est de
permettre à toute personne confrontée à un handicap de télécharger à distance
des livres numériques. Ces documents sont commercialisés dans le public, donc
non libres de droit de reproduction.»
La BnH se veut un service public proposant un accès adapté à l'édition, et non
un accès à l'édition adaptée. Elle propose un service de prêt de livres
numériques et de livres audio téléchargeables et chronodégradables (durée
limitée dans le temps). En 2006, lors de sa première année de fonctionnement à
titre expérimental en tant que projet d'étude et de recherche, la bibliothèque
compte 400 lecteurs, 971 titres (60% fiction et 40% documentaires) et 1.500
prêts. Chaque livre est disponible en cinq exemplaires numériques (permettant
cinq accès simultanés) et dix exemplaires audio (permettant dix accès
simultanés). Le prêt est de trois livres pour une durée de trois semaines. Les
personnes inscrites sont pour moitié des handicapés moteurs et pour moitié des
handicapés visuels.
Comment la BnH voit-elle le jour? Alain Patez est responsable des éditions
numériques à la Médiathèque Landowski de Boulogne-Billancourt depuis juin 2000.
L’ouverture de la BnH est précédée de deux expériences. Première expérience, un
service de prêt de tablettes de lecture Cybook qui débute en février 2002 au
sein de la Médiathèque Landowski. Le public intéressé s’avère être de grands
lecteurs, plutôt âgés, et des lecteurs malvoyants. Mais la société Cytale, qui
développe et commercialise le Cybook, cesse ses activités quelques mois plus
tard. Deuxième expérience, suite à un partenariat avec la société Mobipocket,
spécialisée dans la lecture et la distribution sécurisée de livres numériques,
la Bibliothèque numérique Landowski (BnL) crée en février 2003 un service de
prêt de livres d'une durée de deux semaines. Cette bibliothèque comprend 1 100
titres, essentiellement des oeuvres de fiction (65% de livres en français, 30%
en anglais, 5% en allemand et en espagnol). La BnL totalise 256 lecteurs et 1
020 emprunts pour l’année 2005.
En 2003, la BnL passe un partenariat avec l’Association du locked-in syndrome
(ALIS), - qui regroupe des personnes tétraplégiques et muettes communiquant
uniquement par clignement de paupières - pour que les malades de l’association
puissent avoir accès à la bibliothèque numérique. De ce partenariat émerge
l’idée d’une bibliothèque à vocation nationale pour les personnes handicapées.
Début 2005, un groupe est constitué avec des représentants de la ville de
Boulogne-Billancourt, l’Association du locked-in syndrome (ALIS), l’Association
française contre les myopathies (AFM), l’Association des paralysés de France
(APF) et la Mission handicap de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris
(AP-HP). Ce groupe décide en mai 2005 de développer une bibliothèque numérique
pour le handicap. Après approbation à l’unanimité par le conseil municipal de
Boulogne-Billancourt en septembre 2005, la BnH est lancée en janvier 2006. Son
comité technique de pilotage est composé des associations ci-dessus, auxquelles
s’ajoutent l’Association Valentin Haüy (AVH), le Groupement pour l’insertion des
personnes handicapées physiques (GIHP) et l’Union nationale des associations de
parents et amis de personnes handicapées mentales (UNAPEI).
Qu'est-ce exactement qu'une bibliothèque numérique du handicap? Alain Patez
explique en juin 2007: «Il faut lever une ambiguïté : le livre numérique n'est
pas à proprement parler de l'édition adaptée - braille, gros caractères... -
mais fournit un accès adapté à l'édition: il nécessite en effet une médiation
technique. C'est en particulier une orthèse de lecture pour certains types de
handicap : l’accès au texte imprimé est limité pour la manipulation dans le cas
de handicaps moteurs très lourds, tels les locked-in syndrome; ces difficultés
sont supprimées avec la fonction de défilement automatique du texte.»
Le financement des livres est pris en charge par la ville de
Boulogne-Billancourt et l'Association française contre les myopathies (AFM).
L'AFM finance également l'étude sur la lecture numérique (ELUPHA - Etude de la
lecture numérique pour les personnes handicapées) et le site de la bibliothèque
au regard des différents critères d’accessibilité. La plateforme technique est
entièrement gérée par la société Numilog, spécialisée dans la distribution de
livres numériques.
Denis Zwirn, président de Numilog, explique en juin 2007: «Numilog, en tant que
principal diffuseur français de livres numériques, fournit à la Bibliothèque
numérique pour le Handicap sa plateforme technique - permettant de gérer le prêt
des livres depuis un site dédié et adapté aux personnes non voyantes - et le
catalogue des livres prêtés. Ces livres et audiolivres sont issus des accords
passés par Numilog avec de nombreux éditeurs francophones, parmi lesquels entre
autres : Gallimard, POL, Le Dilettante, Le Rocher, La Découverte, De Vive Voix,
Eyrolles ou Pearson Education France. Ce projet est particulièrement important
pour Numilog, tant par les services qu'il rend à des personnes atteintes de
diverses formes de handicap, que par le fait qu'il démontre la valeur ajoutée
apportée par le numérique à la lecture et au développement de ses accès. Il
montre également la possibilité de proposer des modèles techniques et
économiques adaptés aux personnes handicapées et satisfaisant les éditeurs, dont
les droits sont parfaitement respectés au sein de cette bibliothèque numérique.»
La bibliothèque comprend 1.098 livres en juin 2007. Ces livres sont disponibles
en plusieurs formats. Le format PRC permet la lecture sur assistant personnel
(PDA) et sur smartphone. Le format PDF peut être lu avec JAWS, un logiciel de
lecture d’écran sur plateforme Windows utilisé par 80% des personnes aveugles.
Ces deux formats permettent notamment le défilement automatique du texte – le
lecteur n’est donc plus dépendant d’un tiers pour tourner les pages - et le
grossissement de la taille des caractères. Les livres audio sont au format WMA
(Windows media audio), lisible sur les logiciels Windows Media et Real Player,
tout comme sur baladeur WMA. Tous ces livres audio sont lus par des comédiens et
parfois par les auteurs eux-mêmes, et sont disponibles par ailleurs en librairie
sous forme de CD-Rom.
En septembre 2007, l'accès à la BnH est généralisé à toutes les personnes en
situation de handicap - aveugles et malvoyants, sourds et malentendants,
handicapés moteurs, handicapés psychiques et mentaux. Dans cette optique, Alain
Patez précise en juin 2007: «Je travaille au rapprochement de la BnH avec des
institutions ou des organisations nationales et internationales liées à la
question du handicap, de tous les handicaps. La BnH est d'abord et avant tout un
projet collaboratif, partenarial, et pourrait devenir un projet "sans
frontière". C’est notamment le cas avec la Bibliothèque nationale de France.
Concrètement, et dans un premier temps, les lecteurs handicapés pourront
télécharger des ouvrages de la BnH à partir des postes informatiques qui leur
sont dédiés.»
Il ajoute en août 2007: «La BnH s’adresse aux lecteurs quel que soit leur
handicap, leur lieu géographique ou leur support de lecture; le handicap peut
d’ailleurs être définitif ou temporaire, comme dans le cas d’une
hospitalisation. Un don important de Hewlett-Packard France va permettre à un
partenaire de la BnH, l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (région parisienne),
de créer le premier service de prêt de portables dans un hôpital public
français. De quoi favoriser le développement de la lecture numérique en milieu
hospitalier.»
7.5. Une future bibliothèque planétaire
En 2005, alors que le Projet Gutenberg poursuit tranquillement la mise en ligne
gratuite des oeuvres du domaine public, une tâche immense entreprise depuis
nombre d’années, le livre devient un objet convoité par les géants de l’internet
que sont Google, Yahoo! et Microsoft, d’une part par souci méritoire de mettre
le patrimoine mondial à la disposition de tous, d’autre part à cause de l’enjeu
représenté par les recettes publicitaires générées par les liens commerciaux
accolés aux résultats des recherches. L’Internet Archive considère quant à elle
qu’un projet de cette ampleur ne doit pas être lié à des enjeux commerciaux et
fonde à cet effet l’Open Content Alliance (OCA) pour fédérer un grand nombre de
partenaires dans l’optique d’une bibliothèque planétaire publique.
= Google Book Search / Google Livres
Le moteur de recherche Google décide de mettre son expertise au service du
livre. En octobre 2004, il lance la première partie de son programme Google
Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour pouvoir consulter à l’écran
des extraits de livres, puis commander les livres auprès d’une librairie en
ligne. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En
novembre 2004, Google lance Google Scholar, qui indexe la production
scientifique et universitaire disponible sur le web. En décembre 2004, Google
lance la deuxième partie de son programme Google Print, cette fois à destination
des bibliothèques. Il s’agit d’un projet de bibliothèque numérique de 15
millions de livres consistant à numériser plusieurs grandes bibliothèques
partenaires, à commencer par la bibliothèque de l’Université du Michigan (dans
sa totalité, à savoir 7 millions d’ouvrages), les bibliothèques des Universités
de Harvard, de Stanford et d’Oxford, et celle de la ville de New York. Le coût
estimé au départ se situe entre 150 et 200 millions de dollars US, avec la
numérisation de 10 millions de livres sur six ans, et une durée totale de dix
ans. En août 2005, Google Print est suspendu pour un temps indéterminé pour
cause de conflit avec les éditeurs de livres sous droits.