1998 (mai): 00h00, premier éditeur commercial de livres numériques, fondé par

Jean-Pierre Arbon et Bruno de Sa Moreira.

2000 (mars): Le lyber, concept de Michel Valensi, directeur des éditions de

l’Eclat.

2000 (mai): Création du Net des études françaises (NEF) par Russon Wooldridge.

2000 (septembre): Rachat de 00h00 par Gemstar-TV Guide International.

2000 (octobre): Fondation de la Public Library of Science (PLoS).

2001 (février): Luc Pire électronique, secteur électronique des éditions Luc

Pire.

2002 (septembre): Lancement du MIT OpenCourseWare en version bêta.

2003 (juin): Arrêt des activités de 00h00 et de la branche eBook de Gemstar.

2003 (septembre): Lancement officiel du MIT OpenCourseWare.

2003 (octobre): La Public Library of Science (PLoS) devient éditeur.

2005 (octobre): Livres des éditions O’Reilly Media mis en ligne gratuitement.

2005 (décembre): Lancement de l'OpenCourseWare Consortium.

7. LA MUE DES BIBLIOTHEQUES

[7.1. Bibliothèques numériques / Premiers pas / Numérisation: mode texte ou

image / ABU et Athena / Bibliothèque électronique de Lisieux / Gallica / Online

Books Page // 7.2. Bibliothèques traditionnelles / ARPALS, en milieu rural /

Cyberespace des Nations Unies / Enluminures de la Bibliothèque de Lyon /

Gabriel, serveur européen / De la conservation à la communication // 7.3. Du

bibliothécaire au cyberthécaire / Bibliothécaires et internet / Quelques

expériences // 7.4. Dans la lignée de Handicapzéro/ Premiers pas / Bookshare.org

/ Handicapzéro / Bibliothèque numérique pour le Handicap // 7.5. Une future

bibliothèque planétaire / Google Book Search - Google Livres / Open Content

Alliance / Autres initiatives // 7.6. Chronologie]

«Qu’il me suffise, pour le moment, de redire la sentence classique: "La

bibliothèque est une sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque,

et dont la circonférence est inaccessible."» Cette citation de Jorge Luis Borges

peut tout aussi bien définir la bibliothèque numérique. La numérisation du

patrimoine mondial est en cours, d'abord pour le texte, et ensuite pour l’image

et le son, avec la mise en ligne de centaines puis de milliers d’oeuvres du

domaine public, de publications littéraires et scientifiques, d’articles,

d’images, de bandes sonores et de films. Nombre d’entre eux sont en accès libre.

En 2005, le mouvement va en s’amplifiant avec l’entrée en lice des géants de

l’internet pour la constitution d’une bibliothèque planétaire.

7.1. Bibliothèques numériques

= Premiers pas

Objectif poursuivi par des générations de bibliothécaires, la diffusion

d’oeuvres du domaine public devient enfin possible à vaste échelle dans les

années 1990, puisque les livres peut désormais être convertis en fichiers

électroniques et transiter via l’internet.

Si certaines bibliothèques numériques naissent directement sur le web, la

plupart émanent de bibliothèques traditionnelles. En 1996, la Bibliothèque

municipale de Lisieux (Normandie) lance la Bibliothèque électronique de Lisieux,

qui offre les versions numériques d'oeuvres littéraires courtes choisies dans

les collections municipales. En 1997, la Bibliothèque nationale de France (BnF)

crée Gallica qui, dans un premier temps, propose des images et textes du 19e

siècle francophone. Une sélection de 3.000 livres est complétée par un

échantillon de la future iconothèque numérique. En 1998, la Bibliothèque

municipale de Lyon met les enluminures de 200 manuscrits et incunables à la

disposition de tous sur son site web. Trois exemples parmi tant d’autres.

Les bibliothèques numériques permettent à un large public d’avoir accès à des

documents difficiles à consulter parce qu’appartenant à des fonds anciens,

locaux, régionaux ou spécialisés. Ces fonds sont souvent peu accessibles pour

des raisons diverses: souci de conservation des documents rares et fragiles,

heures d’ouverture réduites, nombreux formulaires à remplir, longs délais de

communication, pénurie de personnel, qui sont autant de barrières à franchir et

demandent souvent au lecteur une patience à toute épreuve et une détermination

hors du commun pour arriver jusqu’au document.

Grâce à la bibliothèque numérique, la bibliothèque traditionnelle peut enfin

rendre compatibles deux objectifs qui jusque-là ne l’étaient guère, à savoir la

conservation des documents et la communication de ceux-ci. D’une part le

document ne quitte son rayonnage qu’une seule fois pour être scanné, d’autre

part le grand public y a enfin accès. Si le lecteur souhaite consulter le

document original, il pourra se lancer dans le parcours évoqué plus haut, mais

en connaissance de cause, grâce au «feuilletage» préalable à l’écran.

Selon la British Library, la bibliothèque numérique peut être définie comme une

entité résultant de l’utilisation des technologies numériques pour acquérir,

stocker, préserver et diffuser des documents. Ces documents sont soit publiés

directement sous forme numérique, soit numérisés à partir d’un document imprimé,

audiovisuel ou autre. Une collection numérique devient une bibliothèque

numérique si elle répond aux quatre critères suivants: 1) elle peut être créée

et produite dans un certain nombre d’endroits différents, mais elle est

accessible en tant qu’entité unique; 2) elle doit être organisée et indexée pour

un accès aussi facile que possible à partir du lieu où elle est produite; 3)

elle doit être stockée et gérée de manière à avoir une existence assez longue

après sa création; 4) elle doit trouver un équilibre entre le respect du droit

d’auteur et les exigences universitaires.

Dans Information Systems Strategy, un document disponible sur le site de la

British Library en 1997, Brian Lang, directeur de projet, explique que la future

bibliothèque numérique de la British Library n’est pas envisagée comme un

secteur à part, mais qu’elle fera partie intégrante d’une vision globale de la

bibliothèque. Si d’autres bibliothèques pensent que les documents numériques

prédomineront dans les bibliothèques du futur, la British Library n’envisage pas

une bibliothèque exclusivement numérique. Elle considère comme fondamentale la

communication physique des imprimés, manuscrits, partitions musicales, bandes

sonores, etc., tout en ayant conscience de la nécessité du développement

parallèle de collections numériques.

Hébergée par l’Université Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, Etats-Unis)

et reliée au catalogue expérimental (ESS : experimental search system) de la

Library of Congress, l’Universal Library insiste sur les trois avantages de la

bibliothèque numérique: 1) elle occupe moins de place qu’une bibliothèque

traditionnelle et son contenu peut être copié ou sauvegardé électroniquement; 2)

elle est immédiatement accessible à quiconque sur l’internet; 3) comme toute

recherche sur son contenu est automatisée, elle permet une réduction des coûts

importante et une plus grande accessibilité des documents.

A titre historique, le site Library 2000 présente un condensé des recherches

menées entre octobre 1995 et octobre 1997 par le MIT/LCS (Massachusetts

Institute of Technology / Laboratory of Computer Science). Pragmatique, le

projet Library 2000 étudie pendant deux ans les problèmes posés par le stockage

en ligne d’une très grande quantité de documents. Il développe un prototype

utilisant la technologie et les configurations de systèmes sensés économiquement

viables en l’an 2000, prototype grâce auquel plusieurs grandes bibliothèques

numériques sont mises en ligne à compter de l’automne 1997.

= Numérisation: mode texte ou image

Qui dit bibliothèque numérique dit numérisation. Pour pouvoir être consulté à

l’écran, un livre peut être numérisé soit en mode texte soit en mode image.

La numérisation en mode texte implique la saisie d’un texte. Elle consiste à

patiemment saisir le livre sur un clavier, page après page, solution souvent

adoptée lors de la constitution des premières bibliothèques numériques, ou alors

à scanner le livre et le convertir en texte grâce à un logiciel OCR (optical

character recognition), puis à contrôler le résultat à l’écran en relisant

intégralement le texte obtenu pour le comparer avec le texte scanné et le

corriger si nécessaire. Quand les documents originaux manquent de clarté, pour

les livres anciens par exemple, ils sont saisis ligne après ligne, de la

première page à la dernière. Contrairement à la numérisation en mode image, la

version informatique ne conserve pas la présentation originale du livre ou de la

page. Le livre devient texte, à savoir un ensemble de caractères apparaissant en

continu à l’écran. A cause du temps passé au traitement de chaque livre, ce mode

de numérisation est assez long, et donc nettement plus coûteux que la

numérisation en mode image. Dans de nombreux cas, il est toutefois très

préférable, puisqu’il permet l’indexation, la recherche et l’analyse textuelles,

une étude comparative entre plusieurs textes ou plusieurs versions du même

texte, etc. C’est la méthode utilisée par exemple par le Projet Gutenberg, fondé

dès 1971, ou encore la Bibliothèque électronique de Lisieux, créée en 1996.

La numérisation en mode image correspond à la photographie du livre page après

page. La version informatique est le fac-similé numérique de la version

imprimée. La présentation originale étant conservée, on peut feuilleter le texte

page après page à l’écran. C’est la méthode employée pour les numérisations à

grande échelle, par exemple pour le programme de numérisation de la Bibliothèque

nationale de France (BnF) et la constitution de sa bibliothèque numérique

Gallica. La numérisation en mode texte est toutefois utilisée pour les tables

des matières, les sommaires et les corpus de documents iconographiques, ce afin

de faciliter la recherche textuelle. Pourquoi ne pas tout numériser en mode

texte? La BnF répond sur le site de Gallica: «Le mode image conserve l’aspect

initial de l’original y compris ses éléments non textuels. Si le mode texte

autorise des recherches riches et précises dans un document et permet une

réduction significative du volume des fichiers manipulés, sa réalisation, soit

par saisie soit par OCR, implique des coûts de traitement environ dix fois

supérieurs à la simple numérisation. Ces techniques, parfaitement envisageables

pour des volumes limités, ne pouvaient ici être économiquement justifiables au

vu des 50.000 documents (représentant presque 15 millions de pages) mis en

ligne.»

Concepteur de Mot@mot, logiciel de remise en page de fac-similés numériques,

Pierre Schweitzer insiste sur l’utilité des deux modes de numérisation. «Le mode

image permet d’avancer vite et à très faible coût, explique-t-il en janvier

2001. C’est important car la tâche de numérisation du domaine public est

immense. Il faut tenir compte aussi des différentes éditions: la numérisation du

patrimoine a pour but de faciliter l’accès aux oeuvres, il serait paradoxal

qu’elle aboutisse à se focaliser sur une édition et à abandonner l’accès aux

autres. Chacun des deux modes de numérisation s’applique de préférence à un type

de document, ancien et fragile ou plus récent, libre de droit ou non (pour

l’auteur ou pour l’édition), abondamment illustré ou pas. Les deux modes ont

aussi des statuts assez différents: en mode texte ça peut être une nouvelle

édition d’une oeuvre, en mode image c’est une sorte d’"édition d’édition", grâce

à un de ses exemplaires (qui fonctionne alors comme une fonte d’imprimerie pour

du papier). En pratique, le choix dépend bien sûr de la nature du fonds à

numériser, des moyens et des buts à atteindre. Difficile de se passer d’une des

deux façons de faire.»

Si une bibliothèque numérique est d’abord une bibliothèque d’oeuvres numérisées,

ce terme s’applique aussi par extension à une collection organisée de liens vers

des oeuvres numérisées disponibles sur le web. C’est le cas de l’Online Books

Page, un répertoire d’oeuvres anglophones en accès libre créé en 1993 par John

Mark Ockerbloom. C’est également le cas de l’Internet Public Library (IPL),

fondée en 1995 pour répertorier les ressources disponibles sur l’internet.

D’autres bibliothèques numériques proposent à la fois des textes numérisés par

l’équipe en place et un ensemble de liens vers des oeuvres disponibles ailleurs.

C’est le cas d’Athena, bibliothèque numérique fondée en 1994 par Pierre Perroud

et hébergée sur le site de l’Université de Genève.

= ABU et Athena

L’ABU est la première bibliothèque numérique francophone du réseau. Fondée en

avril 1993 par l’Association des bibliophiles universels (ABU) dans la lignée du

Projet Gutenberg, elle est hébergée par le Centre d’études et de recherche

informatique (CEDRIC) du Conservatoire des arts et métiers (CNAM) de Paris. En

janvier 2002, les collections comptent 288 textes et 101 auteurs. Il ne semble

pas que d'autres textes aient été ajoutés depuis.

Ce nom ABU est aussi une référence à Aboulafia, petit ordinateur présent dans Le

pendule de Foucault, un roman d’Umberto Ecco dans lequel «s’entremêlent savoirs

anciens et high tech», et dont l’intrigue se situe justement au CNAM. Quant au

nom de l’association, «au départ, il s’agissait de biblioFiles universels, et

non de biblioPHiles, mais la préfecture de Paris n’a pas semblé saisir tout le

sel de ce néologisme», explique l’ABU sur son site.

Dans la FAQ (foire aux questions) présente sur le site, l’ABU donne les neuf

conseils suivants aux volontaires souhaitant scanner ou saisir des textes: 1)

pas de mise en page, mais un texte en continu avec des lignes d’environ 70

caractères et des sauts de ligne; 2) des sauts de ligne avant chaque paragraphe,

y compris pour les dialogues; 3) la transcription du tiret long accompagnant les

dialogues par deux petits tirets; 4) des majuscules pour les titres, noms de

chapitres et sections, avec un soulignement fait de petits tirets; 5) la

transcription des mots en italique par des blancs soulignés; 6) pas de

tabulation, mais des blancs; 7) les notes de l’auteur mises entre crochets dans

le corps du texte; 8) la pagination de l’édition originale entre crochets

(facultatif); 9) l’encodage final en ISO-Latin-1, qui est une extension de

l’ASCII.

Créée en 1994 et hébergée sur le site de l’Université de Genève, Athena est

l’oeuvre de Pierre Perroud, qui y consacre trente heures par semaine, en plus de

son activité de professeur au collège Voltaire (Genève). Pierre-Louis Chantre,

journaliste, raconte dans L’Hebdo n° 7 du 13 février 1997: «Il numérise des

livres, met en page des textes que des correspondants inconnus lui envoient,

crée des liens électroniques avec des livres disponibles ailleurs, tout en

essayant de répondre le mieux possible aux centaines de lettres électroniques

qu’il reçoit (mille personnes consultent Athena chaque jour). Un travail

artisanal qu’il accomplit seul, sans grande rémunération. Malgré des demandes

répétées, le Département de l’instruction publique de Genève ne lui paie que

deux heures par semaine.»

En 1997, le site bilingue français-anglais donne accès à 3.500 textes

électroniques dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences,

la période classique, la littérature, l’histoire, l’économie, etc. En décembre

1998, les collections comprennent 8.000 textes. Un des objectifs d’Athena est de

mettre en ligne des textes français. Une section spécifique (Swiss Authors and

Texts) regroupe les auteurs et textes suisses. On y trouve aussi un répertoire

mondial des ressources littéraires en ligne (Athena Literature Resources). Par

ailleurs, Athena propose une table de minéralogie qui est l’oeuvre de Pierre

Perroud et qui est consultée dans le monde entier.

Dans un article publié en février 1997 dans la revue Informatique-Informations,

Pierre Perroud insiste sur la complémentarité du texte électronique et du livre

imprimé. Selon lui, «les textes électroniques représentent un encouragement à la

lecture et une participation conviviale à la diffusion de la culture», notamment

pour l’étude et la recherche textuelle. Ces textes «sont un bon complément du

livre imprimé - celui-ci restant irremplaçable lorsqu’il s’agit de lire». S’il

est persuadé de l’utilité du texte électronique, le livre imprimé reste «un

compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds symboles: on

le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa

petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilité

renferme une densité qui nous fascine; comme l’homme il craint l’eau et le feu,

mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l’abri du Temps.»

= Bibliothèque électronique de Lisieux

En juin 1996 apparaît la Bibliothèque électronique de Lisieux, créée à

l’initiative d’Olivier Bogros, directeur de la Bibliothèque municipale de

Lisieux, en Normandie. Dès ses débuts, cette réalisation suscite l’intérêt de la

communauté francophone parce qu’elle montre ce qui est faisable sur l’internet

avec beaucoup de détermination et des moyens limités. Le site propose chaque

mois la version intégrale d’une oeuvre littéraire du domaine public. S’y

ajoutent les archives des mois précédents, une sélection d’oeuvres courtes du

19e siècle, une sélection du fonds documentaire de la bibliothèque (opuscules,

brochures, tirés à part), une sélection de son fonds normand (brochures et

bibliographies), et enfin un choix de sites normands et de sites littéraires

francophones.

En juin 1998, Olivier Bogros enregistre le nom de domaine bmlisieux.com et

déménage l’ensemble sur un nouveau serveur. A la même date, il relate: «Le site

a été ouvert en juin 1996. Hébergé sur les pages personnelles, limitées à 5

mégaoctets, de mon compte CompuServe, il est depuis quelques jours installé sur

un nouveau serveur où il dispose d’un espace disque plus important (15

mégaoctets) et surtout d’un nom de domaine. Les frais inhérents à l’entretien du

site sont à ma charge, la ville finance de manière indirecte le site en

acceptant que tous les textes soient choisis, saisis et relus par du personnel

municipal sur le temps de travail (ma secrétaire pour la saisie et une collègue

pour la relecture). Ce statut étrange et original fait de la Bibliothèque

électronique de Lisieux le site presque officiel de la Bibliothèque municipale,

tout en restant sous mon entière responsabilité, sans contrôle ni contrainte.

J’ai déjà rapporté dans un article paru dans le Bulletin des bibliothèques de

France (1997, n° 3, ndlr) ainsi que dans le Bulletin de l’ABF (Association des

bibliothécaires français) (n° 174, 1997, ndlr), comment l’envie de créer une

bibliothèque virtuelle avait rapidement fait son chemin depuis ma découverte de

l’informatique en 1994: création d’un bulletin électronique d’informations

bibliographiques locales (Les Affiches de Lisieux) en 1994 dont la diffusion

locale ne rencontre qu’un très faible écho, puis en 1995 début de la

numérisation de nos collections de cartes postales en vue de constituer une

photothèque numérique, saisie de nouvelles d’auteurs d’origine normande courant

1995 en imitation (modeste) du projet de l’ABU (Association des bibliophiles

universels) avec diffusion sur un BBS spécialisé.

L’idée du site internet vient d’Hervé Le Crosnier, enseignant à l’Université de

Caen et modérateur de la liste de diffusion Biblio-fr, qui monta sur le serveur

de l’université la maquette d’un site possible pour la Bibliothèque municipale

de Lisieux, afin que je puisse en faire la démonstration à mes élus. La suite

logique en a été le vote au budget primitif de 1996 d’un crédit pour l’ouverture

d’une petite salle multimédia avec accès public au réseau pour les Lexoviens

(habitants de Lisieux, ndlr). Depuis cette date un crédit d’entretien pour la

mise à niveau des matériels informatiques est alloué au budget de la

bibliothèque qui permettra cette année la montée en puissance des machines,

l’achat d’un graveur de cédéroms et la mise à disposition d’une machine

bureautique pour les lecteurs de l’établissement.... ainsi que la création en ce

début d’année d’un emploi jeune pour le développement des nouvelles

technologies.»

En juillet 1999, 370 oeuvres sont disponibles en ligne. A la même date, Olivier

Bogros explique: «Les oeuvres à diffuser sont choisies à partir d’exemplaires

conservés à la Bibliothèque municipale de Lisieux ou dans des collections

particulières mises à disposition. Les textes sont saisis au clavier et relus

par du personnel de la bibliothèque, puis mis en ligne après encodage. La mise à

jour est mensuelle (3 à 6 textes nouveaux). Par goût, mais aussi contraints par

le mode de production, nous sélectionnons plutôt des textes courts (nouvelles,

brochures, tirés à part de revues, articles de journaux...). De même nous

laissons à d’autres (bibliothèques ou éditeurs) le soin de mettre en ligne les

grands classiques de la littérature française, préférant consacrer le peu de

temps et de moyens dont nous disposons à mettre en ligne des textes excentriques

et improbables. (...) Nous réfléchissons aussi, dans le domaine patrimonial, à

un prolongement du site actuel vers les arts du livre - illustration,

typographie... - toujours à partir de notre fonds. Sinon, pour ce qui est des

textes, nous allons vers un élargissement de la part réservée au fonds normand.»

L’année 2000 marque le début du partenariat de la Bibliothèque électronique de

Lisieux avec l’Université de Toronto. Lancé officiellement en août 2000, LexoTor

est une base de données utilisant le logiciel TACTweb (TACT: text analysis

computing tools) et permettant l’interrogation en ligne des oeuvres de la

bibliothèque, ainsi que des analyses et des comparaisons textuelles. Le projet

est issu de la rencontre d’Olivier Bogros avec Russon Wooldridge, professeur au

département d’études françaises de l’Université de Toronto, lors d'un colloque

organisé par ce dernier en mai 2000 à Toronto («colloque international sur les

études françaises valorisées par les nouvelles technologies d’information et de

communication»). Deux ans après, en mai 2002, un deuxième colloque international

sur le même sujet est organisé cette fois par Olivier Bogros à Lisieux.

En septembre 2003, la bibliothèque électronique approche les 600 textes. En

décembre 2006, les collections comprennent 930 oeuvres et 20 galeries d'images,

le tout représentant 327,1 Mo (mégaoctets) sur une capacité de stockage de 600

Mo.

= Gallica

Secteur numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Gallica est

inauguré en 1997 avec des images et textes du 19e siècle francophone, «siècle de

l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes

synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique». A

l’époque, le serveur stocke 2.500 livres numérisés en mode image complétés par

les 250 volumes numérisés en mode texte de la base Frantext de l’INaLF (Institut

national de la langue française). Classées par discipline, ces ressources sont

complétées par une chronologie du 19e siècle et des synthèses sur les grands

courants en histoire, sciences politiques, droit, économie, littérature,

philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose aussi un

échantillon de la future iconothèque numérique, à savoir le fonds du photographe

Eugène Atget, une sélection de documents sur l’écrivain Pierre Loti, une

collection d’images de l’Ecole nationale des ponts et chaussées sur les grands

travaux liés à la révolution industrielle en France, et enfin un choix de livres

illustrés de la Bibliothèque du Musée de l’homme.

Les mutations du livre · 第 8 / 29 段