«Un jour de l'année 1753, suivant toutes les probabilités, une affaire
de peu d'importance amena l'abbé de l'Épée dans une maison de la rue des
Fossés-Saint-Victor qui faisait face à celle des Frères de la doctrine
chrétienne. La maîtresse du logis était absente; on l'introduisit dans
une pièce où se trouvaient ses deux filles, soeurs jumelles, le regard
attentivement fixé sur leurs travaux à l'aiguille. En attendant le
retour de leur mère, il voulut leur adresser quelques paroles; mais quel
fut son étonnement de ne recevoir d'elles aucune réponse. Il eut beau
élever la voix à plusieurs reprises, s'approcher d'elles avec douceur,
tout fut inutile. À quelle cause attribuer ce silence opiniâtre?
»Le bon ecclésiastique s'y perdait. Enfin, la mère arrive, le visiteur
est au fait de tout. Les deux pauvres enfants sont sourdes-muettes.
Elles viennent de perdre leur maître, le vénérable P. Vanin ou Tanin,
prêtre de la Doctrine chrétienne de Saint-Julien des Ménétriers à Paris.
Il avait entrepris charitablement leur éducation au moyen d'estampes qui
ne pouvaient leur être d'un grand secours. En ce moment décisif, un
rayon du ciel révèle à l'étranger sa vocation. Sans aucune expérience
dans l'art difficile dont il va sonder les profondeurs inconnues, il est
déjà tout prêt à se sacrifier.
»À partir de ce jour, il remplira auprès des deux infortunées la place
que le P. Vanin laisse vide. Après avoir mûrement réfléchi aux moyens
par lesquels il pourra remplacer chez elles l'ouïe et la parole, il
croit entrevoir, _dans le langage des gestes_, la pierre angulaire que
le ciel destine à soutenir l'édifice intellectuel du sourd-muet[83].»
Cet homme de bien, ce zélé prêtre, c'était l'abbé de l'Épée, né à
Versailles le 25 novembre 1712, fils d'un expert des bâtiments du roi,
chrétien pieux qui, de bonne heure, forma l'âme de l'enfant à la vertu;
mais cependant, contradiction étrange! par l'instinct de l'égoïsme
paternel, il ne vit pas sans répugnance la vocation qui, dès l'âge de
dix-sept ans, appelait le jeune homme à l'honneur du sacerdoce. Il
fallut à Charles Michel une énergie réelle pour triompher de cette
opposition; mais, dit très-bien son biographe: «Il était écrit au ciel
que, nouveau pontife du Dieu vivant, il servirait d'intermédiaire entre
le Tout-Puissant et les ouailles égarées qui l'attendaient.»
Par malheur, l'entêtement de certaines idées, et non plus l'opposition
de ses parents, vinrent tout à coup l'arrêter sur le seuil même du
temple, et, pendant plusieurs années, le détournèrent de sa vocation
pour le jeter dans une autre carrière (le barreau), où ses débuts
semblaient lui promettre de brillants succès. Mais, sentant bien qu'il
n'était point là dans la voie indiquée par la Providence, il accueillit
avec empressement les offres bienveillantes de l'évêque de Troyes, qui,
après lui avoir conféré les ordres, le nomma l'un des chanoines de sa
cathédrale.
Après la mort du digne évêque, l'abbé de l'Épée revint à Paris;
l'attitude qu'il prit, dans les trop fameuses discussions entre
jansénistes et molinistes, l'exposa aux censures de l'autorité
diocésaine, et l'on a regret à dire que ce blâme il le méritait; car,
bien qu'il eut signé l'acte d'adhésion à la bulle _Unigenitus_,
condamnation du jansénisme, et dans des termes qui attestaient, suivant
le biographe, «la droiture de son âme et la pureté de son intention,» il
ne put s'abstenir de restrictions qui n'étaient point, à son insu sans
doute, dans le même esprit de soumission. Cette faute, il ne faut point
la dissimuler; «car, dit très bien l'abbé Bouchet, son génie et sa
bienfaisance ne l'ont malheureusement pas mis à l'abri des faiblesses
humaines... et quand même nous écririons la vie d'un saint, nous
croirions de notre devoir d'historien de chercher et de montrer en lui
quelque point vulnérable dans son existence. Le sort des hagiographes,
dans leurs vies de saints, est de ne nous montrer que le beau côté de
leur héros, ce qui nuit à la vérité historique et en fausse les
conséquences morales; car, avec de telles vies, les lecteurs s'imaginent
toujours que les saints ne sont pas des hommes comme eux, et qu'eux,
lecteurs, étant hommes, ils ne peuvent être saints.
»..... Mais notre pénible tâche d'historien une fois remplie, nous ne
persistons pas moins à croire que la question de bonne foi et l'immense
charité de l'ami des sourds et muets lui auront fait trouver grâce
devant Celui qui est le Dieu de vérité, mais qui est aussi et surtout le
Dieu de charité: _Deus caritas est_.»
Mais précisément on a plus de peine à comprendre que l'abbé de l'Épée, à
cette époque de sa vie, parut incliner vers les doctrines outrées du
jansénisme, alors que sa piété douce, facile, aimable, ne trahissait
rien des allures hautaines et intolérantes de la secte. Le bon abbé
avait eu par lui-même la preuve qu'il n'est pas de prédication plus
éloquente que celle de la douceur, de la charité, puisque par ces moyens
seuls il avait ramené à la vérité le protestant Ulrich, venu du fond de
la Suisse pour demander ses conseils, et qui, après quelques entretiens,
n'avait pas hésité à abjurer l'hérésie de Calvin, quoi qu'il dût lui en
coûter par la suite. En effet, après cet acte courageux, n'ayant pu
retourner dans sa famille, il se trouvait à Paris presque réduit à la
détresse. L'abbé, devenu son ami et qui souffrait pour le néophyte de
cette situation, insistait pour qu'il acceptât, afin de s'en aider, une
somme de six cents livres, dont il pouvait disposer:
«Vous m'avez enseigné, répondit généreusement Ulrich, combien est
agréable au Ciel l'état de l'homme qui travaille en paix dans
l'indigence et qui souffre les privations sans murmurer; vous m'avez
inculqué vos principes. Après ce don, tous les autres me seraient
inutiles; de plus nécessiteux jouiront de vos largesses. J'ai appris de
vous à aimer Dieu, mes frères et le travail: je suis riche de vos
bienfaits.»
Ulrich, d'ailleurs, devait être prophète. L'abbé de l'Épée, en dépit des
obstacles venant de lui-même ou du dehors, conduit comme par la main
par la Providence dans sa voie véritable, et ramené à sa sainte mission
par la circonstance racontée plus haut (la rencontre des deux
sourdes-muettes) ne devait plus s'en écarter. Les succès qu'il avait
obtenus au moyen du langage des gestes et de cette mimique ingénieuse,
sorte de langue universelle que, plus tard, l'abbé Sicard devait
compléter, lui attirèrent bientôt d'autres et nombreux élèves.
L'attention publique fut éveillée, et cette humble école avait peine
parfois à contenir l'affluence des visiteurs, entre lesquels un jour se
trouvèrent l'empereur d'Allemagne, Joseph II, et l'ambassadeur de
Catherine, l'impératrice de Russie.
Ces résultats ne pouvaient que surexciter le zèle de l'abbé qui, vu le
nombre toujours croissant des élèves, était incessamment entraîné à
développer son établissement. Il possédait, quand il en jeta les
premiers fondements, un patrimoine d'environ 7,000 livres de revenu,
d'autres disent 12,000, et au bout de quelques années, l'OEuvre avait
presque tout absorbé encore qu'il eût eu plus d'une fois recours à la
bourse de son digne frère, architecte du roi, et qu'il s'imposât pour
tout ce qui le concernait lui-même, la plus stricte économie: «Il se
dépouillait, dit M. Berthier, pour couvrir ses enfants d'adoption, et
traînait des vêtements usés pour qu'ils en portassent de bons... Durant
le rude hiver de 1788, il se refusait même du bois, malgré les
infirmités de la vieillesse, et ce ne fut que, vaincu par les instances
réitérées de ses élèves en larmes, qu'il renonça à cette privation
volontaire. Longtemps encore après, il leur répétait en soupirant:
«Mes pauvres enfants, je vous ai fait tort de trois cents livres au
moins.»
Ne sent-on pas ses yeux se mouiller en lisant de telles paroles, aussi
bien que l'admirable lettre dans laquelle il remerciait Joseph II de
l'offre qu'il lui faisait de demander pour lui une abbaye au roi de
France, et dans le cas d'insuccès de lui en donner une dans son empire?
«Je suis confus, Sire, de vos bontés. Si, à l'époque où mon entreprise
n'offrait encore aucune chance de succès, quelque médiateur puissant eût
sollicité et obtenu pour moi un riche bénéfice, je l'aurais accepté pour
en faire servir les ressources au profit de l'Institution. Mais je suis
vieux; si Votre Majesté veut du bien aux sourds-muets, ce n'est pas sur
ma tête, déjà courbée vers la tombe, qu'il faut le placer, c'est sur
l'OEuvre elle-même: il est digne d'un grand prince de la perpétuer pour
le bien de l'humanité.»
Voici comment le bon prêtre avait fait la connaissance de l'empereur.
L'abbé de l'Épée disait d'habitude sa messe de fort bonne heure dans la
chapelle Saint-Nicolas, à l'église Saint-Roch, sa paroisse. Un matin, au
moment de monter à l'autel, il cherche vainement des yeux l'enfant qui,
d'ordinaire, servait la messe; mais bientôt il voit, agenouillé à sa
place, un inconnu simplement vêtu, quoique avec un air d'élégance et de
distinction, qui, devinant l'embarras du prêtre, s'était offert de
lui-même pour suppléer l'absent, ce qu'il fit à l'édification de l'abbé:
celui-ci, sa messe et l'action de grâces terminées, remercie l'étranger
et l'invite à visiter son établissement. L'inconnu s'empresse
d'accepter et, après avoir tout vu de ses yeux, tout examiné à loisir
avec l'air du profond intérêt, il quitte la maison en glissant dans les
mains de l'abbé un objet enveloppé d'un papier:
«Voici, dit-il, un léger souvenir de ma visite.»
C'était une magnifique tabatière avec le portrait de l'empereur
d'Autriche, enrichi de diamants. L'inconnu était Joseph II lui-même. La
tabatière et le portrait ne quittèrent plus, dès lors, la poche de
l'abbé, mais je doute qu'il en ait été de même des diamants.
Cependant le prince, tout ému encore de sa visite à la maison des
sourds-muets, en parla dans les termes les plus chaleureux à sa soeur, la
reine Marie-Antoinette, qui voulut à son tour connaître l'établissement
et n'en sortit pas moins enthousiasmée. Sans doute elle ne contribua pas
peu à appeler sur l'institution l'intérêt de Louis XVI, qui lui accorda,
bientôt après, une pension de 6,000 livres sur sa cassette particulière.
Il est juste de dire qu'avant cet acte de la munificence royale, le
généreux secours du duc de Penthièvre et de plusieurs autres personnes,
dans les moments critiques, n'avaient pas manqué à l'OEuvre. Des motifs,
tirés de la dignité, ne permirent pas à l'abbé de l'Épée d'accepter les
riches présents que Catherine II lui faisait offrir par son ambassadeur;
il n'en témoigna pas moins de sa gratitude, demandant qu'on lui envoyât
un jeune russe sourd et muet pour l'instruire, afin qu'il pût à son tour
devenir l'instituteur des autres infortunés en Russie, où l'on
établirait une école comme cela avait eu lieu pour l'Autriche.
Maintenant, faut-il avec des biographes appeler un excès de zèle la
conduite de l'abbé de l'Épée, dans la mystérieuse affaire du jeune
Solar, émouvant épisode, dont s'inspirait quelques années après Bouilly,
pour son drame représenté avec tant de succès, et qui n'a pas nui à la
popularité de l'abbé de l'Épée.
Un jour de l'année 1775, que celui-ci s'était rendu à l'Hôtel-Dieu, «un
enfant vêtu d'une casaque grise et coiffé d'un bonnet de coton blanc,
costume uniforme de l'hôpital, lui est présenté par la mère
Saint-Antoine, chargée du service de la salle. À une seconde visite,
cette religieuse conjure l'abbé de le retirer de cette hôpital pour
l'instruire. Il l'interroge, les gestes du sourd-muet lui donnent à
entendre qu'il appartient à des parents riches, que son père boîtait et
qu'il est mort; que sa mère est restée veuve avec quatre enfants,...
qu'il y a dans la maison des domestiques et un grand jardin qui rapporte
beaucoup de fruits; qu'un cavalier enfin, après l'avoir mené bien loin,
l'a abandonné, le visage couvert d'un masque et d'un voile sur la
grand'route. Son maintien, son air distingué sous les haillons de la
misère, et sa pantomime expressive semblent confirmer cette déposition
de l'orphelin» qui, lorsqu'il fut instruit, la confirma par des
explications plus précises.
De ces explications et des longues et patientes recherches qui
suivirent, non sans résultat, l'abbé fut amené à conclure que le
sourd-muet, Joseph (nom qu'on lui donna), devait être le fils du comte
de Solar, mort naguère, et auquel sa veuve n'avait survécu que peu de
temps; et il n'hésita pas à réclamer devant la justice en faveur de son
pupille. De là un long et curieux procès qui, à cette époque, passionna
l'opinion publique, généralement sympathique à l'abbé de l'Épée, et une
lutte avec la famille réelle ou prétendue de l'orphelin, reconnu par
quelques-uns de ses parents, mais traité par d'autres d'imposteur. Le
Châtelet, saisi de l'affaire, admit les prétentions de Joseph et, par
deux fois, lui donna gain de cause. Mais la partie adverse, en appela
devant le Parlement; celui-ci supprimé, le procès se trouva suspendu;
dans l'intervalle, les deux seuls protecteurs de Joseph, le duc de
Penthièvre, qui lui faisait une pension, et l'abbé de l'Épée moururent,
ce qu'on attendait peut-être. Deux ans après, l'affaire ayant repris son
cours, les plaidoiries entendues, le nouveau Tribunal de Paris (24
juillet 1792) infirma l'arrêt des premiers juges, et déclara Joseph non
fondé dans sa demande, en lui interdisant de porter à l'avenir le nom de
comte de Solar.
Le jeune homme, à qui cet arrêt sans appel ôtait toute espérance, seul
maintenant, sans appui, sans amis, prit une résolution énergique; il
s'engagea dans un régiment de dragons, partant pour la frontière, et
trois mois après il périssait glorieusement sur le champ de bataille.
D'autres disent qu'il mourut des suites de ses fatigues dans un hôpital.
Tel fut le dénouement de cette aventure étrange, qui reste à toujours
une énigme, un problème, ce qui n'empêche pas d'admirer le dévouement du
bon abbé, qu'il ait été ou non déçu par les apparences militant, à
défaut des preuves décisives, en faveur de son malheureux protégé.
Mais les fatigues et les émotions de ce procès, ajoutées à tant
d'années de privations et de labeurs, contribuèrent sans doute à hâter
la fin du vénérable prêtre qui, le 23 décembre 1789, s'éteignit
doucement, au milieu de sa famille adoptive en pleurs, après avoir reçu,
dans les sentiments de la plus fervente piété, les derniers sacrements
des mains de M. l'abbé Marduel, curé de sa paroisse. Pendant sa maladie
on l'entendit plusieurs fois répéter ces touchantes paroles: «Grâce à
Dieu, je n'ai jamais commis de ces fautes qui tuent les âmes; mais je
suis épouvanté quand je réfléchis combien j'ai mal répondu à une telle
faveur d'en haut... Ce sont les grands combats qui font les grands
saints; Dieu a tout fait pour mon salut, et je n'ai rien fait qui
réponde à l'excellence de sa grâce.»
L'humilité de l'abbé de l'Épée lui fermait les yeux sur ses mérites;
certes il n'arrivait pas les mains vides devant Dieu celui qui, par ce
merveilleux langage, inventé par le coeur plus encore que par le génie,
avait ouvert et ouvre encore les portes du Ciel à tant de pauvres âmes
qui, sans lui, n'auraient point connu la lumière. L'apôtre infatigable
de ces infortunés, longtemps à cause de leur infirmité, traités en
parias, ne mérite-t-il pas au moins la même récompense, les mêmes
louanges que le courageux missionnaire qui va, par delà les mers et les
déserts, porter l'évangile aux pauvres idolâtres? car tels abrutis
qu'ils paraissent, grâce à ce don précieux de la parole, ne sont-ils pas
moins étrangers encore à toute tradition, à toutes notions concernant la
divinité, l'âme, la conscience, que les malheureux sourds-muets, qui,
faute de moyens de communication avec les autres hommes, restaient comme
murés dans leur complète ignorance? Qu'on juge à ce point de vue
supérieur de l'immense bienfait résultant de la découverte de l'abbé de
l'Épée[84], qui dans son livre intitulé: _Véritable manière d'instruire
les sourds-muets_, va jusqu'à dire: «D'après les exemples contenus dans
ce chapitre (XIII), on conviendra sans doute qu'il est possible de faire
entendre aux sourds-muets les mystères de notre religion, et qu'ils
doivent même les mieux entendre que ceux qui ne les ont appris que dans
leur catéchisme[85].»
À l'appui de cette affirmation, qui paraît si hardie d'abord, je dirai
qu'ayant eu plusieurs fois l'occasion d'entendre, c'est-à-dire de voir
les prédications qui se font le dimanche, à Saint-Roch, par un digne
successeur de l'abbé de l'Épée, aux sourds-muets, je ne me lassais pas
d'admirer l'éloquence naturelle, la vivacité d'accent, l'onction surtout
de ce langage des gestes, si expressif, que moi, qui ne le comprenais
point dans le détail, je n'en étais pas moins touché profondément, sûr
que l'orateur parlait à ses ouailles attentives des choses du ciel, de
Dieu, de l'âme et de l'éternité.
C'est dans l'église Saint-Roch, où l'abbé de l'Épée fut inhumé, que se
trouve le monument élevé à sa mémoire par les sourds-muets
reconnaissants. Il est dû au ciseau du sculpteur Préault qui, dans cette
circonstance, dit-on, a fait preuve, à son grand honneur, de plus de
désintéressement encore que de talent.
Une statue de l'abbé de l'Épée, dont une souscription a fait les frais,
s'élève également sur une des places de Versailles, où se voit aussi la
statue de Hoche, autre gloire de cette noble cité.
Par un décret de l'Assemblée nationale, qui ne fut pas toujours si bien
inspirée (1791), l'Institution des sourds-muets, reconnue solennellement
d'utilité publique, se trouva consolidée. Peu d'années après elle fut,
par mesure administrative, transférée dans le vaste local qu'elle occupe
aujourd'hui encore. Des fenêtres élevées d'une maison située en face, et
que naguère habitait l'un de nos amis, nous avons souvent admiré le beau
et grand jardin dont les murs bornent à droite la rue dite de _l'Abbé de
l'Épée_.
[83] Ferdinand Berthier, sourd-muet. _Vie de l'abbé de l'Épée_, in-8º,
1832.
[84] Il est juste de dire que, bien qu'il n'eût pas eu connaissance de
leurs ouvrages, l'abbé de l'Épée avait été précédé dans cette carrière
de dévouement par les Espagnols Paul Bronet et Ramire, et aussi les
Anglais et les Allemands.
[85] La _Véritable manière d'instruire les sourds-muets_, in-12, 1784..