des Comités, il faisait agir Dufourny qui attaquait Desfieux et Proli
aux Jacobins, et les faisait même arrêter le 12 octobre. Quand Chabot
dénonça à son tour ses anciens amis hébertistes pour se sauver, ce fut
Robespierre qui dénonça le 1er frimaire, aux Jacobins, l'avant-garde
hébertiste. Outre Dufourny, les hommes que Fabre lance en avant sont,
dans l'esprit de Robespierre, Guffroy, rédacteur du journal _Le
Rougyff_, Bourdon de l'Oise qui attaque 'Bouchotte, le 9 frimaire, à la
Convention, Camille Desmoulins qui fait paraître _Le Vieux Cordelier_,
le 15 frimaire, Philippeaux qui attaque Ronsin et Rossignol dans de
nombreux pamphlets.
(15) Mot barré: dénoncer (France).
(16) Voir nos articles _Une candidature de Fabre d'Eglantine_, _Fabre
d'Eglantine fournisseur aux armées_, _Fabre d'Eglantine et les femmes_,
etc. (_Annales révolutionnaires_, 1911, t. IV, et 1914, t. VII).
(16 bis) Ici, dans le manuscrit de Robespierre, un mot barré: notoires
(France).
(17) Mots barrés: il les fit décréter d'arrestation (France).
(18) Le 27 frimaire, Fabre d'Eglantine avait dénoncé Maillard, Vincent
et Ronsin, qui furent décrétés d'arrestation.
(19) Mots barrés: les conspirateurs (France).
(20) Mots barrés: ne trouvant rien contre eux, Fabre parut (France).
(21) Mots barrés: ne soutint pas (France).
(22) Le 14 pluviôse, 2 février 1794, Voulland, au nom du Comité de
Sûreté générale, proposa de remettre en liberté Ronsin et Vincent.
Danton, tout en appuyant la mise en liberté qui fut votée, affectait de
prendre la défense de Fabre d'Eglantine, leur dénonciateur. Il faut
comparer les notes de Robespierre avec le rapport qu'il écrivit sur la
conspiration de Fabre d'Eglantine, et qui figure dans les pièces
annexes du rapport de Courtois. On doit remarquer que ce passage des
notes n'a pas été utilisé par Saint-Just dans son rapport définitif.
(23) Mots barrés: c'étoit Pache, c'étoit Hanriot qu'ils inculpoient,
c'étoit Bouchotte, c'étoit le principe (France).
(24) Mot barré: déclarèrent (France).
(25) Mots barrés: où ils vouloient s'introduire (France).
(26) Le 22 frimaire, Barère ayant annoncé à la Convention que les
pouvoirs du Comité de Salut public étaient expirés, Bourdon de l'Oise
insista pour qu'on procédât à son renouvellement. Il fut appuyé par
Merlin de Thionville, et la Convention décréta qu'un scrutin aurait
lieu le lendemain pour ce renouvellement. Mais le lendemain, 23
frimaire, le montagnard Jay de Sainte-Foy fit décider la continuation
des pouvoirs du Comité sortant. Il n'y eut pas de scrutin.
(27) On trouve l'écho de ce bruit dans les correspondances de l'époque.
(Lettre de Barras et Fréron du 30 frimaire dans le _Moniteur_, t XIX,
p. 64.)
(28) Mots barrés: a corrigé (France).
(29) _Le Vieux Cordelier_.
(30) Mots barrés: cette doct... (France).
(31) Le 30 frimaire, la Convention fut littéralement assiégée par une
foule de femmes qui réclamaient la liberté de leurs parents détenus.
Peu après, à la même séance, une députation de Lyonnais protesta contre
les barbares exécutions ordonnées à Lyon par Fouché et Collot
d'Herbois. Aucune trace de tout ce passage des notes de Robespierre
dans le rapport de Saint-Just, à l'exception de la phrase suivante:
"Que diroi-je de l'aveu fait par Danton qu'il avoit dirigé les derniers
écrits de Desmoulins et de Philippeaux?" (p. 18)
(32) Le 25 brumaire, les deux filles du girondin Lauze-Deperret avaient
sollicité un secours de la Convention pour retourner dans leur pays.
Sur la proposition de Merlin de Thionville et de Philippeaux, la
Convention avait voté le principe de ce secours et chargé son Comité
des secours publics de lui faire un rapport sur les pensions
alimentaires à accorder aux femmes et aux enfants des condamnés. Un
secours fut accordé à la veuve et aux enfants de Gorsas, sur la
proposition de Briez, le 13 pluviôse.
(33) Robespierre fait sans doute allusion aux affaires Gaudon et
Chaudot. Le marchand de vin Gaudon, condamné à mort pour accaparement,
avait été l'objet d'un sursis le 2 nivôse, sa condamnation avait été
ensuite annulée le 7 nivôse. Danton et son ami Bourdon de l'Oise
avaient contribué à le faire remettre en liberté. Le notaire Chaudot,
compromis dans l'affaire de Baune-Winter (prêt de 100 000 livres
sterling aux trois fils du roi d'Angleterre), avait été condamné à
mort, le 25 pluviôse, pour avoir entretenu des intelligences avec les
ennemis de la France. A la demande de Clauzel et de Vadier, la
Convention avait ordonné, le 26 pluviôse, qu'il serait sursis à son
exécution. Mais le sursis fut levé, le 29 pluviôse, sur le rapport
d'Oudot, au nom des Comités de législation et de Sûreté générale.
Chaudot, qui avait été le notaire de d'Espagnac, fut guillotiné. Le 29
pluviôse encore, le dantoniste Gufîroy avait pris sa défense.
(34) France fait remarquer en note que Robespierre écrit toujours
Demoulins, de même qu'il écrit Dumourier, Défieux, Henriot, Simon.
(35) Mot barré: louant (France).
(36) On voit que Robespierre, qui avait déjà essayé, aux Jacobins,
d'atténuer les torts de Camille, le représente ici encore comme un
égaré de bonne foi. Saint-Just le jugera plus sévèrement: "Camille
Desmoulins, qui fut d'abord dupe et finit par être complice, fut, comme
Philippeaux, un instrument de Fabre et de Danton... Comme Camille
Desmoulins manquoit de caractère, on se servit de son orgueil. Il
attaqua en rhéteur le gouvernement révolutionnaire dans toutes ses
conséquences; il parla effrontément en faveur des ennemis de la
Révolution, proposa pour eux, un comité de clémence, se montra très
inclément pour le parti populaire, attaqua, comme Hébert et Vincent,
les représentans du peuple dans les armées; comme Hébert, Vincent et
Buzot lui-même, il les traita de proconsuls. Il avoit été le défenseur
de l'infâme Dillon, avec la même audace que montra Dillon lui-même
lorsqu'à Maubeuge il ordonna à son armée de marcher sur Paris et de
prêter serment de fidélité au roi. Il combattit la loi contre les
Anglais, etc." (p. 19).
(37) Mots raturés: mais il fut (France).
(38) Les relations étroites de Danton avec les Lameth ne sont pas
douteuses. Voir notre étude: Danton dans les mémoires de Théodore
Lameth (_Annales révolutionnaires_ de janvier 1913).
(39) Ici une phrase raturée par Robespierre: "C'est par la protection
de Mirabeau que Danton fut nommé administrateur du département de
Paris, en 1790, dans le temps où l'Assemblée électorale était
décidément royaliste." (France). Cette phrase n'en figure pas moins
textuellement dans le discours de Saint-Just: "Ce fut par la protection
de Mirabeau que tu fus nommé administrateur du département de Paris
dans le temps où l'Assemblée électorale étoit décidément royaliste."
(Rapport, p. 10). L'accusation de Robespierre, concernant le
remboursement de la charge de Danton, se retrouve dans diverses sources
contemporaines, notamment dans les mémoires de Lafayette, t. III, p.
84, note. Robinet a publié la quittance du remboursement fait à Danton,
mais ce document officiel ne prouve pas que Danton n'eût pas touché
irrégulièrement d'autres sommes. Le directeur de la liquidation
Dufresne de Saint-Léon, ami de Talleyrand et de Talon, fut fortement
soupçonné d'avoir une comptabilité secrète. Compromis dans la
découverte de l'armoire de fer et traduit au tribunal criminel de
Paris, il fut acquitté à un moment où l'influence de Danton au
gouvernement et à Paris était encore puissante.
(40) France fait remarquer en note que cet alinéa et le suivant ont été
bâtonnés d'un trait de plume. Il croit que Saint-Just est l'auteur de
ce trait de plume. Il me paraît plutôt que c'est Robespierre lui-même,
car Saint-Just a maintenu la phrase dans son rapport: "Tous les amis de
Mirabeau se vantoient hautement qu'ils t'avoient fermé la bouche. Aussi
tant qu'a vécu ce personnage affreux, tu es resté presque muet" (p. 10).
(41) Ce passage a été reproduit par Saint-Just: "Dans ce temps-là tu
reprochais à un personnage rigide, dans un repas, qu'il compromettait
la bonne cause, en s'écartant du chemin où marchoient Barnave et
Lameth, qui abandonnoient le parti populaire" (p. zo). C'est en mai
1791, sur l'affaire des colonies, que Robespierre rompit définitivement
avec les Lameth et Barnave. Mais leur évolution à droite datait déjà de
quelques mois.
(42) Mots barrés: les derniers numéros (France).
(43) Mots barrés: qui avait fort improuvé la... assez entachée
d'aristocratie (France).
(44) Saint-Just a recueilli cette anecdote en l'enjolivant dans son
rapport: "On racontoit comme une preuve de la bonhomie de Fabre, que
celui-ci se trouvant chez Desmoulins au moment où il lisoit à quelqu'un
l'écrit dans lequel il demandoit un comité de clémence pour
l'aristocratie, et appeloit la Convention la Cour de Tibère, Fabre se
mit à pleurer. Le crocodile pleure aussi." (p. 19).
(45) Je n'ai pas retrouvé ce passage dans le rapport de Saint-Just.
(46) Voir la séance des Jacobins du 18 nivôse an II.
(47) Mots barrés: aux crimes des conspirateurs (France).
(48) "Faux ami, tu disois, il y a deux jours, du mal de Desmoulins,
instrument que tu as perdu et tu lui prêtois des vices honteux."
(Rapport de Saint-Just, p. 17.)
(49) Cette dernière entrevue de Danton avec Robespierre doit être
distincte de celle que Daubigny a racontée dans ses _Principaux
événements_, p. 49, car Daubigny ne nomme pas Laignelot parmi les
convives du repas chez Humbert. Il doit s'agir de l'entretien rapporté
dans les Mémoires de Barras.
(50) Les pressentiments de Robespierre étaient justifiés. Laignelot,
qui était un ami de Daubigny (_Principaux événements_, p. 98), se
rangera parmi les thermidoriens.
(51) Mots barrés: n'a jamais (France). Cet homme désigne Danton.
(52) A l'Assemblée électorale du département de Paris qui nomma les
députés à la Convention.
(53) Mot barré: projets (France).
(54) Mots barrés: Fabre s'était fait fournisseur de l'armée, il avait
(France). "Tu enrichis Fabre pendant ton ministère." (Rapport de
Saint-Just, p. 12).
(55) Voir notre article: Fabre d'Eglantine, fournisseur aux armées,
dans les Annales révolutionnaires, 1911, t. IV, p. 532-534.
(56) n ne peut s'agir ici que du premier rapport de Saint-Just fait
devant les Comités et que Robespierre a sous les yeux quand il écrit
ses notes.
(57) "Tu donnas des ordres pour sauver Duport; il s'échappa au milieu
d'une émeute concertée à Melun par tes émissaires pour fouiller une
voiture d'armes." (Saint-Just, p. 12). Adrien Duport fut détenu dix
jours dans les prisons de Melun. Un jugement du tribunal de cette
ville, rendu sur l'initiative de Danton, le remit en liberté le 17
septembre 1792. Voir les lettres de Danton publiées par
Mortimer-Ternaux, _Histoire de la Terreur_, t. III, p. 354 et 557.
Robespierre présente les faits d'une façon plus exacte que Saint-Just.
(58) Sur le rôle de Danton dans l'élargissement des deux chefs
feuillants Charles Lameth et Adrien Duport, voir les extraits des
mémoires de Théodore Lameth, que nous avons publiés dans les _Annales
révolutionnaires_, 1913, t. VI, p. 9-13 et 17-27. Avec son cynisme
ordinaire, Danton prétendra devant le tribunal révolutionnaire qu'il
avait donné "les ordres les plus précis pour arrêter Duport".
(59) Voir la conversation que Robespierre eut avec Petion et Danton à
la Commune, le 4 septembre, dans la brochure de Petion intitulée:
_Discours sur l'accusation intentée à Robespierre_, Bûchez et Roux, t.
XXI, p. 107-108.
(60) Ce passage n'est que le développement d'une note plus sommaire de
Robespierre, que nous avons publiée en tête, p. 84.
(61) Exact. Voir la lettre de Kellermann, en date du 21 septembre 1792,
où il fait un vif éloge de Dumouriez. _Archives parlementaires_, t.
LII, p. 100.
(62) Voir le discours de Dumouriez à la barre de la Convention le 12
octobre 1792. _Archives parlementaires_, t. LII, p. 472.
(63) "Les traîtres n'étoient que trop unis pour notre malheur: dans
toutes leurs lettres à la Convention, dans leurs discours à la barre,
ils se traitoient d'amis et tu étois le leur. Le résultat de
l'ambassade de Fabre fut le salut de l'armée prussienne, à des
conditions secrètes que ta conduite expliqua depuis." (Saint-Just, p.
13.)
(64) Mot barré: or (France).
(65) Mots barrés: qui se croient (France).
(66) "Le parti de Brissot accusa Marat; tu te déclaras son ennemi; tu
t'isolas de la Montagne dans les dangers qu'elle courait. Tu te fis
publiquement un mérite de n'avoir jamais dénoncé Gensonné, Guadet et
Brissot, tu leur tendois sans cesse l'olivier, gage de ton alliance
avec eux contre le peuple et les républicains sévères. La Gironde te
fit une guerre feinte..." (Saint-Just, p. 12.)
(67) Le 4 septembre à la mairie.
(68) "Méchant homme, tu as comparé l'opinion publique à une femme de
mauvaise vie; tu as dit que l'honneur étoit ridicule, que la gloire et
la postérité étoient une sottise." (Saint-Just, p. 17.)
(69) Mots barrés: tous les soirs (France).
(70) Exact. On n'a que l'embarras de les nommer: Westermann, Fabre
d'Eglantine, Villain dit d'Aubigny, Latouche-Chephtel,
Lalligant-Morillon, Osselin, etc.
(71) "Tu disois que des maximes sévères feroient trop d'ennemis à la
République." (Saint-Just, p. 14.)
(72) Mots barrés: il me disoit un jour (France).
(73) Mot barré: me (France).
(74) Mots barrés: en feignant de partager nos principes (France).
(75) "Tu te trouvois dans des conciliabules avec Wimpfen et d'Orléans."
(Saint-Just, p. 14.) Saint-Just a supprimé le nom de Robert.
(76) Mot barré: persuader (France).
(77) Mot barré: impuissante (France).
(78) Mots barrés: de l'Univ... (France).
(79) Chabot dans sa réponse à Lanjuinais (séance de la Convention du 16
décembre 1792) et Camille Desmoulins (dans son _Histoire des Brissotins_)
ont reconnu que Robespierre combattit la candidature de Philippe-Egalité
à la Convention.
(80) Saint-Just a inséré tout ce passage dans son rapport: "Ce fut toi
qui fis nommer Fabre et d'Orléans à l'assemblée électorale où tu vantas
le premier comme un homme très adroit et où tu dis du second que,
prince du sang, sa présence au milieu des représentants du peuple leur
donneroit plus d'importance aux yeux de l'Europe. Chabot vota en faveur
de Fabre et d'Orléans" (p. 12).
(81) Mot barré: présentée (France).
(82) C'est le 27 mars 1793, au moment où les premiers bruits de la
trahison de Dumouriez arrivaient à Paris, que Robespierre proposa à la
Convention de décréter que tous les parents de Capet seraient tenus de
sortir sous huit jours du territoire français.
(83) Mot barré: cherchèrent (France).
(84) C'est dans la séance du 4 avril 1793 que Philippe-Egalité et
Sillery furent décrétés d'arrestation à vue, sous la garde d'un
gendarme. Sillery demanda lui-même que les scellés fussent apposés sur
ses papiers. "Quand il s'agira de punir les traîtres, dit-il, si mon
gendre est coupable, je suis ici devant l'image de Brutus; je fais le
jugement qu'il porta contre son fils." (_Archives parlementaires_,
t. LXI, p. 301).
(85) "Fabre et toi fûtes les apologistes de d'Orléans, que vous vous
efforçâtes de faire passer pour un homme simple et très malheureux;
vous répétâtes souvent ce propos. Vous étiez sur la Montagne le point
de contact et de répercussion de la conjuration de Dumouriez, Brissot
"t d'Orléans." (Saint-Just, p. 16.)
(86) Mot barré: maintenant (France).
(87) Mots barrés: il avoit été le rédacteur (France).
(88) Mots barrés: si on ne suppose pas un concordat tacite entre lui
et La Fayette (France). Tout cet alinéa a passé presque textuellement
dans le rapport de Saint-Just (p. 10 et 11). Sur le rôle de Danton dans
l'affaire du Champ-de-Mars, voir mon livre sur _Le Club des Cordeliers
pendant la crise de Varennes_ et l'article de M. G. Rouanet: Danton
en juillet 1791, dans les _Annales révolutionnaires_, 1910, t. III,
p. 514-521.
(89) "Que dirai-je de ton lâche et constant abandon de la cause
publique au milieu des crises, où tu prenois toujours le parti de la
retraite?" (Saint-Just, p. 11.)
(90) Mots barrés: contre les persécutions (France).
(91) Voir notre article: Danton sous la Législative, dans les _Annales
révolutionnaires_, t. V. 1912, p. 301-324, et notre livre _Danton et la
Paix_.
(92) Mots barrés: une portion (France).
(93) Mots barrés: que son intention étoit de (France).
(94) Sur les intrigues de Danton et de ses amis avec la Cour, à la
veille du 10 août, voir notre article: Westermann et la Cour à la
veille du 10 août (_Annales révolutionnaires_, 1917, t. IX, p. 398 et
sq.) et l'extrait des Essais historiques de Beaulieu sur les rapports
de Fabre d'Eglantine avec le ministre de la Marine Dubouchage (_Annales
révolutionnaires_, 1914, t. VII, p. 565). Tout ce passage des notes de
Robespierre a passé dans le rapport de Saint-Just (p. 11 et 12). Le
mémorial de Lucile Desmoulins confirme l'exactitude des notes de
Robespierre sur l'attitude de Danton dans la nuit du 9 au 10 août.
(95) Mot barré: comment (France).
(96) "Tu nous avois dit: je n'aime point Marat." (Saint-Just, p. 15.)
C'est à la séance du 25 septembre 1792 que Danton répondit aux attaques
girondines en désavouant Marat. "Il existe, il est vrai, dans la
députation de Paris, un homme dont les opinions sont pour le parti
républicain ce qu'étoient celles de Royou pour le parti aristocratique:
c'est Marat. Assez et trop longtemps on m'a accusé d'être l'auteur des
écrits de cet homme. J'invoque le témoignage du citoyen qui vous
préside [Petion]..., etc."
(97) Quand Louvet attaqua Robespierre, le 29 octobre 1792, Danton garda
en effet le silence sur ses accusations. Dans cette même séance, il se
désolidarisa une fois de plus d'avec Marat et il ajouta: "Je le
déclare hautement, parce qu'il est temps de le dire, tous ceux qui
parlent de la faction Robespierre sont à mas yeux ou des hommes prévenus
ou de mauvais citoyens."
(98) Mots barrés: il se vanta même (France).
(99) Voir notamment le discours de Danton, en date du 21 janvier 1793:
"Je vous interpelle, citoyens, vous qui m'avez vu dans le ministère, de
dire si je n'ai pas porté l'union partout. Je vous adjure, vous Petion,
vous Brissot, je vous adjure tous, car enfin, je veux me faire
connaître; je vous adjure tous, car enfin je veux être connu, etc."
Celui du 27 mars 1793: "Etouffons nos divisions; je ne demande pas de
baisers partiels, les antipathies particulières sont indestructibles,
mais il y va de notre salut..."
(100) Mots barrés: se défendit (France).
(101) Allusion à la séance du 1er avril 1793. Accusé par Lasource de
complicité avec Dumouriez, Danton se taisait quand l'extrême gauche se
leva tout entière et l'invita à monter à la tribune pour se disculper.
(102) Mots barrés: il commençait par un éclat de tonnerre et finissait
par des propositions de paix. Il montrait la colère du p... (France).
(103) Mots barrés: parla comme un orateur du côté droit (France). Voir
les séances de la Convention des 27 et 30 mars 1793.
(104) Danton défendit adroitement le général Stengel contre Carra, à la
séance du 10 mars 1793; quand ce général et son collègue Lanoue furent
interrogés à la barre, le 28 mars, Danton intervint encore en leur
faveur.
(105) Danton fit l'éloge de Beurnonville à la séance du 11 mars 1793.
Tout l'essentiel de ce passage est passé dans le rapport de Saint-Just:
"Dans les débats orageux, on s'indignoit de ton absence et de ton
silence; toi, tu parfois de la campagne, des délices de la solitude et
de ta paresse; mais tu savois sortir de ton engourdissement pour
défendre Dumouriez, Westermann, sa créature vantée et les généraux ses
complices" (p. 13).
(106) Danton demande de nouvelles levées d'hommes le 10 mars, le 27
mars, le 31 mars 1793. Saint-Just a repris, en l'aggravant,
l'accusation de Robespierre: "Tu savois amortir le courroux des
patriotes; tu faisois envisager nos malheurs comme résultant de la
foiblesse de nos armées, et tu détournois l'attention de la perfidie
des généraux pour t'occuper des nouvelles levées d'hommes" (p. 13).
Saint-Just a même soupçonné que Danton poussait à ces levées dans une
intention scélérate: "A ton retour de la Belgique, tu provoquas la
levée en masse des patriotes de Paris pour marcher aux frontières. Si
cela fût alors arrivé, qui auroit résisté à l'aristocratie qui avoit
tenté plusieurs soulèvements? Brissot ne désiroit point autre chose, et
les patriotes mis en campagne n'auroient-ils pas été sacrifiés? Ainsi
se trouvoit accompli le voeu de tous les tyrans du monde pour la
destruction de Paris et de la liberté" (p. 14).
(107) Voir l'article de M. G. Rouanet: Danton et la mort de Louis XVI
(_Annales révolutionnaires_, 1916, t. VIII, p. 1-33); et nos articles:
Danton, Talon, Pitt et la mort de Louis XVI (_Ibid_., p. 367-376),
Danton, Dannon, Pitt et M. J. Holland-Rose (_Ibid_., t. IX, p. 103 sq.)
et notre livre _Danton et la Paix_.
(108) C'est dans son discours du 1er avril 1793 que Danton fit l'éloge
de Delacroix: "Oui, sans doute, j'aime Delacroix; on l'inculpe parce
qu'il a eu le bon esprit de ne pas partager, je le dis franchement,
je le tiens de lui, parce qu'il n'a pas voulu partager les vues et
les projets de ceux qui ont cherché à sauver le tyran..., parce que
Delacroix s'est écarté, du fédéralisme et du système perfide de l'appel
au peuple..., etc." (Discours de Danton, édition Fribourg, p. 352-353).
(109) Saint-Just a accentué dans son rapport ce passage de Robespierre:
"Tu t'associas dans tes crimes Lacroix, conspirateur depuis longtemps
décrié, avec l'âme impure duquel on ne peut être uni que par le noeud
qui associe des conjurés. Lacroix fut de tout temps plus que suspect:
hypocrite et perfide, il n'a jamais parlé de bonne foi dans cette
enceinte; il eut l'audace de louer Mirabeau; il eut celle de proposer
le renouvellement de la Convention; il tint la même conduite que toi
avec Dumouriez; votre agitation étoit la même pour cacher les mêmes
forfaits. Lacroix a témoigné souvent sa haine pour les jacobins" (p.
13).
(109 bis) France fait remarquer que les huit alinéas précédents sont
bâtonnés sur le manuscrit.
(110) Mot barré: douleur (France).
(111) Mots barrés: voulant faire arrêter (France).
(112) Le dimanche 2 juin 1793, au moment où la Convention s'aperçut
qu'elle était cernée par la garde nationale parisienne, Danton
s'indigna, demanda une enquête du Comité de Salut public et s'écria:
"Je me charge, en son nom, de remonter à la source de cet ordre [donné
par Hanriot]. Vous pouvez comptez sur son zèle à vous présenter les
moyens de venger vigoureusement la majesté nationale, outragée en ce
moment."
(113) Mots barrés: bassesse et le lâche syst... (France).
(114) Mots barrés: après avoir fait cet ouvrage, il aborde Hanriot à la
buvette et... (France).
(115) Mots barrés: que lui et quelques-uns de ses collègues (France).
(116) "Tu vis avec horreur la révolution du 31 mai. Hérault, Lacroix et
toi demandâtes la tête d'Hanriot, qui avoit servi la liberté, et vous
lui fîtes un crime du mouvement qu'il avoit fait pour échapper à un
acte d'oppression de votre part. Ici, Danton, tu déployas ton
hypocrisie: n'ayant pu consommer ton projet, tu dissimulas ta fureur;
tu regardas Hanriot en riant, et tu lui dis: _N'aie pas peur, vas
toujours ton train_, voulant lui faire entendre que tu avois eu l'air
de blâmer par bienséance, mais qu'au fond tu étois de son avis. Un
moment après tu l'abordas à la buvette et lui présentas un verre d'un
air caressant, en lui disant: _Point de rancune_. Cependant, le
lendemain tu le calomnias de la manière la plus atroce, et tu lui
reprochas d'avoir voulu t'assassiner. Hérault et Lacroix t'appuyèrent."
(Saint-Just, p. 16.)
(117) Dans le rapport de Saint-Just, ces traits précis ont disparu sous
cette affirmation vague: "Ne t'es-tu pas opposé à la punition des
députés de la Gironde?" (p. 16).
(118) C'est à la séance du 7 juin 1793 que Danton fit cette proposition.
(119) "Mais n'as-tu pas envoyé depuis un ambassadeur à Petion et à
Wimpfen dans le Calvados?" (Saint-Just, p. 16). Voir à ce sujet notre
étude: Danton et Louis Comte, dans les _Annales révolutionnaires_,
1912, t. V, p. 641-660.
(120) A la séance du 11 août 1793, Delacroix déclara que la mission de
la Convention était terminée et qu'on devait prendre les mesures
nécessaires pour mettre en vigueur la Constitution nouvelle proclamée
la veille dans la grande Fédération anniversaire du 10 août Saint-Just
a retenu ce grief (p. 20).